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1699 - Between the lines

Publié le par Arthémisia

La porte est lourde. Elle se referme derrière moi dans un bruit sourd.

La pièce n’est pas très grande, trapézoïdale. Mais très haute. Et sans lumière.

Quelques personnes, des ombres se tiennent de l’autre côté.

Je m’adosse à un mur. Il fait froid. Il est froid. J’essaie de coller le maximum de mon corps sur ce mur, de ne pas creuser les reins, d’étaler mes omoplates, d’étendre mes bras à plat. J’ai laissé tomber mon sac au sol.

J’ai envie de m’accroupir. De m’asseoir par terre. Pourquoi je ne le fais pas ? Quelle peur ? Je l’ignore.

J’ai entendu le bruit sépulcral de la porte.

Deux ou trois ombres sortent. D’autres rentrent. Elles ne m’intéressent pas. Je sais seulement qu’elles sont là. Elles aussi collées contre les murs.

Mon souffle m’occupe. Mon ventre m’occupe.

Plus que les bruits amortis de la rue qui sourdent par la minuscule fente lumineuse là-haut, tout là-haut.

Il va falloir sortir. Je vais prendre froid.

 

Arthémisia © juillet 2013

 

Avec : Daniel Libeskind - Intérieur de la Tour de l’Holocauste Between the lines (autrement et mal nommé le Musée Juif) – Berlin

Photo de

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Versus 31/07/2013 09:30

"la minuscule fente lumineuse là-haut, tout là-haut."
Oui!

Arthémisia 31/07/2013 10:33

Comme Liebeskind, je laisse à chacun la lecture qu'il veut/peut avoir de cette fente lumineuse. Le lieu est si tragique.
A noter que tous les visiteurs ne décrochaient pas leurs yeux de cette fente...