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1722 - EFFET DE NEIGE

Publié le par Arthémisia

1722 - EFFET DE NEIGE

Je voudrais qu’il neige. La neige ajoute du sens, peut-être un sens nouveau, aux rues. Elle prend le dessus, et affirme ce qu’elle veut.

La nuit se fait alors plus vide, plus anéantie. Un silence de velours enfantin emballe tout. Une absence grandit.

Sous les arbres, l’air tremble. Moi aussi.

Il faudrait rétrécir l’espace. Ou se rétrécir soi-même, devenir un flocon, voleter et puis fondre là-bas au coin de l’oreiller.

Il faudrait peut-être pleurer.

© Arthémisia – mars 2014

Avec : Guiseppe de NITTIS – Effet de neige

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fazou 13/04/2014 18:19

ça faisait un moment que je n'étais pas venue et le nouvel habillage de ton blog m'a accueillie comme un nouveau vêtement posé autour de tes écrits et images… avec en haut la cime des palmiers… ;) comme quoi ça ne va pas être facile d'attirer la neige vers chez toi… ;)))

Arthémisia 13/04/2014 18:24

Le nouvel habillage n'est pas à 100% ce que je voulais -notamment ce rose-rouge que je n'arrive pas à changer- mais bon!
Et oui, la neige n'est pas souvent présente de par chez moi. D'ailleurs je sens la douceur s'installer lentement de jour en jour et les lumières de l'été arriver. Inéluctable....!

Désirée 10/04/2014 07:47

Il y a des larmes qui ne peuvent sortir. Je ne sais pas l'expliquer. Peut-être que justement, inconsciemment, on ne veut pas être "soulagée"? Pourtant ça fait tellement de bien de pleurer. Parfois.

Arthémisia 17/04/2014 16:23

Point de "il faut" c'est sur!
Juste beaucoup d'adresse pour cette grave partie de mikado....

Désirée 17/04/2014 08:16

Je ne saurai te répondre Arthi tant j'ai le sentiment que l'être humain n'est pas taillé d'un seul tenant mais fait de myriade de petits bout d’étoffes un peu mitées. Nous sommes si complexes, si contrariés par le "formatage" que ce qui devrait nous être naturel ne l'est plus. Les "il faut" de notre société nous ont fait beaucoup de mal à vrai dire.

Quand à la puce, elle est atteinte d'une maladie pour l'instant incurable. On tient un tigre en respect avec un mikado si tu vois ce que je veux dire ;)

Arthémisia 15/04/2014 21:32

C'est étrange de dire que pleurer ne soulage pas toujours, surtout par le fait qu'on ne souhaite pas être soulagé.
En fait dans les moments de grande détresse, il ne faudrait peut être écouter que ses yeux et répondre à leur nécessité et pas à celle de quelque chose du côté du stéréotype, du formatage.
Dans l'espoir que cette puce aille mieux...

Désirée 14/04/2014 07:59

Non, pas tous ne méritent nos larmes. Là je suis bien d'accord. Souvent la rage a pris le dessus, est venue en cataplasme grossier sur une vilaine blessure.

J'ai une enfant malade, j'ai vécu en l'accompagnant depuis treize ans dans son chemin de douleur des expériences assez difficiles pour un parent aimant. Je me souviens d'un soir d'immense solitude dans une chambre d'hôtel près de l'hôpital où elle est soignée. J'ai appris de mauvaises nouvelles et je n'arrive pas à pleurer. J'ai le sentiment qu'il "faut que ça sorte" et je me force à les verser ces larmes. Cela ne m'a pas "soulagée". C'est à cela que je pensais tu vois, ma fille chérie était là-bas toute seule (et je savais combien c'était dur pour elle qui est un agneau) et moi j'étais là dans cette belle chambre froide. Inconsciemment, par une sorte d'empathie romantique un poil stupide, je ne voulais pas être "soulagée". Pourtant si je n'avais pas fait ce blocage j'aurai été bien plus claire et efficace le lendemain. Au lieu d'être une pauvre loque.
Je rejoins donc ce que tu écris "se montrer combien on est capable de surmonter la douleur". Ô combien imbécile non? Et contre-productif.

Arthémisia 10/04/2014 12:39

Tu écris " Peut-être que justement, inconsciemment, on ne veut pas être "soulagée"...à moins qu'on se dise/qu'on veuille ...même inconsciemment...ne pas avouer être blessée, et montrer, voire SE montrer combien on est capable de surmonter la douleur.
Et puis, est ce que tout et tous méritent qu'on verse des larmes?
Il me semble ...actuellement...que seuls la maladie, la souffrance, et la mort méritent les pleurs.
Je sais... que ce que je dis là est dur. Parfois, il faut aussi apprendre à se blinder, tout simplement pour ne pas sombrer....même si je sais très bien combien pleurer peut aussi soulager.
Peut être faudrait -il alors apprendre à mériter nos larmes?

anonymousfocuser 04/04/2014 08:36

Ton texte est vraiment superbe. Je ressens tout à fait ce qu'il signifie (pour moi).

Arthémisia 07/04/2014 23:34

Il faut juste qu'elle ose. Je le sais très bien.
Merci Ren, pour ces mots doux.

ren 07/04/2014 22:42

-



Cette larme quitte tes yeux enneigés,
D’un léger vent, balayée,
Egarée au creux de l’oreiller,
…. Et l’air qui veille, si léger.

Qu’il pourrait au fond,
Tout dissimuler, cacher … faire semblant
Broyer , comme d’autres, font au noir ; du blanc,
Sous la multitude, des flocons

Le temps long, chavire, sur ce qui s’étire,
Et les pleurs rétrécissent ton espace,
Une neige avant de fondre, muée en glace.
La perle blanche alors, partie s’évanouir –

Au milieu des cristaux,
Quitte son poids de plume,
Et se jette dans l’écume,
De ton propre ruisseau.

Arthémisia 04/04/2014 23:20

Quelque chose à vivre alors?

rien 30/03/2014 16:07

J'aime beaucoup le silence des paysages enneigés ainsi que la nouvelle esthétique du blog. Et pourquoi pas pleurer mais pas trop hein ?

Arthémisia 30/03/2014 16:18

Je suis persuadée que pleurer peut faire beaucoup de bien. Mais on ne peut le faire sur commande. Ne pas pouvoir pleurer c'est aussi tout garder en soi, et cela fait des poches de poison qui rongent de l'intérieur.
Quant à la neige...tu sais très bien que par chez moi elle est plutôt rare.
Pour ce qui est de l'esthétique du blog...je voulais changer mais ce rouge-rose du haut ne me plait pas beaucoup...mais je ne sais pas comment mettre une autre couleur : les CSS et autre http me sont langues étrangères. Alors je m'en contente!

M. 27/03/2014 22:30

Tu voudrais la neige, mais la neige lisse et absente les choses et le temps..c'est bien pour un jour puis il faut qu'elle s'ébroue au soleil. Fondre comme un pleur avant de s'ouvrir à nouveau au soleil.(ne jamais rétrécir)

Arthémisia 30/03/2014 15:36

"Je saurai me taire,

Sur le chemin solitaire,

Et garder le secret,

Quand je te reconnaîtrai"


Tu as grandement raison d'écrire cela, Ren. Merci pour ces lignes

Ren 30/03/2014 14:45

Je verrai passer,

Un blanc léger caressé,

Un rayon de soleil,

Au sortir du sommeil,

-

Qu’aucun songe n’encombre…

Juste une légère ombre,

Un contour des sens,

Marquant ta présence.

-

Je saurai me taire,

Sur le chemin solitaire,

Et garder le secret,

Quand je te reconnaîtrai

-

( extrait de http://ecritscris.wordpress.com/2013/12/25/la-neige-nue-nest-jamais-venue-rc/ )

Arthémisia 27/03/2014 22:34

J'ai écrit cela sans vraiment savoir où j'allais. Et puis à la relecture, je m'y sens des velléités de disparition, de recouvrement et de disparition, de ...plus rien.
Il faut probablement, oui, tu as raison, du soleil pour se développer.