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1726 - Une Relation

Publié le par Arthémisia

…On fréquente les gens pendant des années, parfois des dizaines d’années, en s’habituant peu à peu à éviter les questions personnelles et les sujets réellement importants ; mais on garde l’espoir que plus tard, dans des circonstances plus favorables, on pourra justement aborder ces sujets, ces questions ; la perspective indéfiniment repoussée d’un mode de relation plus humain et plus complet ne s’efface jamais tout à fait, simplement parce que c’est impossible, parce qu’aucune relation humaine ne s’accommode d’un cadre définitivement étroit et figé. La perspective demeure, donc, d’une relation « authentique et profonde » ; elle demeure pendant des années, parfois des dizaines d’années, jusqu’à ce qu’un définitif et brutal (en général de l‘ordre du décès) vienne nous apprendre qu’il est trop dard, que cette relation « authentique et profonde » dont on avait caressé l’image n’aurait pas lieu, elle non plus, pas davantage que les autres…

 

Michel HOUELLEBECQ – Les Particules élémentaires

 

Avec : L’Arbre du pardon – Sir Edward BURNE-JONES - 1881

Commenter cet article

thomthomchan 13/05/2014 17:14

http://lesartistes.pagesperso-orange.fr/Vitrail-Tibertine-Sibyl-de-Burne-Jones.html


heu, pardon

et à bientôt

thomas

Arthémisia 13/05/2014 22:58

Un régal que ce pré-raphaélite.

thomthomchan 13/05/2014 17:11

http://lesartistes.pagesperso-orange.fr/images/Vitrail%20-%20Tibertine%20Sibyl%20-%20Burne-Jones.jpg

Thomas

thomthom 13/05/2014 16:27

tsssss! Arthi !
Trop noir , bcp trop noir, je trouvais ce texte..de houuuuuuelebequq (Michel, prenóm promettrant l´aide dans les heures noires )
Peut - être le titre (arbres de pardon) animait à danser un peu....

(Au moment ma disque-dur est abîme,
peut être par faire du streaming trop souvent...)



Descends ô nuit, dans ta splendeur,
Drapée en ton manteau féérique
Et, portant ta coupe magique,
Apaise, apaise enfin nos cœurs!
Descends sur nous, ô nuit de grâce,
Délivre-nous de notre angoisse ;
Berce notre âme de ton chantant,
Comme une mère son enfant.

Basile Joukovski




Les choses ne sont pas facile..ils semblent lourdes ..

Par change j´ai le nounours entretemps avec moi..il y a vingt mille ans que j´ai un dragon
rouge et je suis en train de trouver une girafe.
Sa manière chaloupée et lentement, mouvements toutes en douceur......me fais rêver
Arthi, tout en sachant que tu es très loin d´ici ..
tu sais beaucoup ...tu est à la page ...
...
pourtant l´image Burne -Jones est très efroyable..
ca me dis plus:
http://www.bing.com/images/search?q=burne+jones&qpvt=burne+jones&FORM=IGRE#view=detail&id=31C6A4ADAA7F8860BD1A5B43260E0886A2B1C527&selectedIndex=483

Peut - être le cadre au function publique et accessible pour vraiment toute le monde est
en effet un peu trop écart et figé, ....en contradicition ,..... eigentlich.

des bises de

Thomas,

qui se dis, tout va bien ....quand il n ´a pas de la force personelle de temps en temps..

Tout va bien

Arthémisia 13/05/2014 22:57

eh oui, Thomas, les choses ne sont pas faciles...
Je devrai échanger un peu plus souvent avec toi car ton regard si imagé sur la vie et ton français si doux sont des baumes pour mon coeur. Je me réjouis que l'ours te fasse des câlins...J'ai moi-même quelques tortues (et une nouvelle que mon fils a baptisée Atmosphèra!) pour accompagner mes nuits.

Tout va bien? Non! Tout ne va pas bien : nos forces nous manquent trop souvent. Mais l'amitié, "l'authentique et la profonde" sont toujours là.
Je t'embrasse fort et ...fort.
Arthi

rien 12/05/2014 15:37

Je vais finir par me mettre à lire Houellebecq. Après un poème ici même lu et apprécié voilà maintenant ce texte, merci du partage.

Arthémisia 12/05/2014 15:42

Le lire au moins pour s'en faire une idée. Après je ne dis pas que c'est un auteur positif!

Désirée 12/05/2014 10:10

C'est quoi une relation "authentique et profonde"? Que doit-on y révéler de soi-même? D'un côté je me dis que dans l'absolu ne faut-il pas accepter ceux que l'on appellent nos "amis" tels qu'il sont? Les aimer tels qu'ils sont, avec leurs failles et leurs murs impossibles à franchir? Ne faut-il pas aimer avant tout, respecter les silences et les ombres, respecter l'autre? Enfin je sais pas, j'ai connu une relation comme cela ceci dit, ou rien n'était dit que du superficiel. Mon égo en a pris un coup, je voyais ce manque de confiance comme un mépris. Je le vois d'ailleurs toujours comme du mépris parce que je pense que ça en est même s'il ne dit pas son nom. C'est pas facile les relations humaines. Et je suis très brouillon sur le sujet, pardon chère Arthi :)

Arthémisia 30/05/2014 21:03

Aucun problème Désirée. Je n'ai pas senti du tout d'agressivité dans tes propos. Ce sont ceux d'une personne qui elle-même s'interroge donc qui fait preuve d'intelligence!

Quant à Samouraï, je le découvre et furette bcp sur ses blogs. Il me semble avoir fait ce que j'appelle "un beau parcours" ce qui étaye amplement ses pensées que pourtant je ne trouve pas péremptoires. Il me semble ouvert et à l'écoute des autres bien plus que certains autres qui ont des idées beaucoup moins arrêtées. Cette "curiosité" a une grande valeur pour moi.
Mais je parle dans son dos et je n'aime pas faire ça!!

Désirée 30/05/2014 08:19

A me relire je me dis que mon commentaire pourrait paraître un brin agressif. Il y manque le ton que j'aurai mis pour poser ma suite de questions: celui des enfants qui s'interrogent. Il n'y a pas la moindre agressivité chez moi, avec l'âge je deviens aussi lisse et ronde qu'un galet. Mes douces pensées t'accompagnent Arthi.Quand à mon copain Samouraï, il est un peu casse-pied parce qu'il est persuadé d'avoir raison, et c'est souvent le cas mais pas toujours. ^^ C'est à partir de choses qu'il a écrites que j'ai fini par regarder mes parents comme des personnes faillibles et pas des monolithes inattaquables. Mais il ne le sait pas et ça le ferait râler sans doute que c'est aussi grâce à cela que j'ai pu les "pardonner" (houuuu le vilain mot) être en paix, enfin heureuse.

Arthémisia 12/05/2014 15:51

Qu'est ce qu'une relation authentique et profonde? Pour moi, c'est une relation qui apporte du bien, du bon, du beau (Kant sors de ce corps!) aux deux parties, une relation de don. Je sais : ça fait bisounours. Et pourtant quand on vole à la surface des choses, n'a-t-on pas, une fois rentré chez soi, la sensation d'être passé à côté d'un meilleur possible, ne se retrouve-t-on pas dans un sorte de néant, sur une surface éternellement plate et incolore, une surface inhabitée? Une grande solitude.
Il me semble que quand on ne (se) donne pas ce n'est pas systématiquement par mépris : peut-être est-ce tout simplement par urgence,pudeur, manque d'implication. Alors pourquoi ne pas appeler cela tout simplement une non-amitié?
Je ne sais pas si moi-même je suis claire!
En tout cas merci de ton comm.

samourai 12/05/2014 09:14

Je n'aime pas Houellebecq, sans l'avoir trop lu. Mais j'aime beaucoup ce texte.
Pourquoi illustrer ça avec l'arbre du pardon ? le pardon est un poison !

Arthémisia 15/05/2014 23:20

Je devrais lui faire lire mon blog....
Merci pour tes mots et ton écoute si avisée, Samouraï. Il me semble ne plus rien pouvoir dire sur elle sans devenir quelqu'un qui me dégoûterait. L'abstention a dans ce cas la saveur du miel.

samourai 15/05/2014 23:14

Merci pour le lien, je l'avais déjà lu.
>Trop fière aussi surement pour avouer que le pb pouvait/peut venir d'elle qui se croit si parfaite.
Ceci est l'apparence qu'elle donne. Pour être aimée, elle doit être parfaite. Alice Miller appelle ça la grandiosité, c'est le résultat du chantage affectif subi.
Elle n'est pas trop fière pour s'avouer, elle a trop mal pour regarder, c'est pas pareil. Elle a besoin de compation, de témoin bienveillant de sa souffrance. Mais il faut aussi qu'elle accepte de se livrer, de poser le masque, avec une personne qui ne la juge pas, pas facile quand on a cette apparence monstrueuse ;-)
Tant qu'elle ne trouvera pas la personne capable de la tenir dans les bras pour chialer cette terreur enfantine de déplaire, elle restera dans l'automystification, car cela a été pour elle la seule manière de survivre à cet âge où l'on est infiniment dépendant. Maintenant, elle ne craint plus rien, et elle peut poser son masque, avec l'aide d'une personne bienveillante.

Arthémisia 15/05/2014 07:30

C'est promis, Papa, j'éplucherai des légumes et ferai du poisson à la vapeur....euh...suis démotivée pour cuisiner en ce moment : ne cuisiner que pour moi ne me fascine pas. Plus.
Mais tu peux venir dîner quand tu veux (à condition de prévenir un peu avant parce qu'il faut que ...je range!) : je sais et aime bcp popoter.
Aïe! dans le cas de cette personne dont je parle, c'est dingue comme tu as tout de suite très bien analysé la question ; elle exprime sa colère, elle hurle, elle est aigrie, mais cela ne la libère pas car ce qu'elle combat ce n'est pas l'autre mais -bien qu'elle ne le sache pas et surtout ne veuille pas le savoir- c'est contre elle qu'elle se bat, contre ce qu'elle n'a pas su/pu (eh oui, merci papa, merci maman...) être. Trop fière aussi surement pour avouer que le pb pouvait/peut venir d'elle qui se croit si parfaite. Et c'est elle qui consomme énormément d'énergie à s'autodétruire et en même temps à verser son fiel sur les autres.
http://corpsetame.over-blog.com/2014/02/1718-dans-le-vif.html
Belle soirée Samouraï

samourai 14/05/2014 22:47

Manger chinois, quelle idée, tout vient déjà de là bas ;-) et c'est bourré de glutamate, très mauvais.
Sur le pardon, je ne vois pas en quoi être contre le bourreau serait être contre la victime !
Refuser de pardonner ne veut pas dire ressasser à vie : quand on exprime la colère, sur la bonne cible (même sans confrontation) on se libère.
Si la personne dont tu parles ne se libère pas, c'est que sa véritable colère n'est pas celle-là.
Souvent, on devient victime en reproduisant une situation antérieure. Non respecté par nos parents, on va se soumettre dans une relation où on est pas respecté. Mais la véritable source de la colère n'est pas le profiteur qui jouit de la personne soumise, c'est le parent qui a éduqué la victime.
Car la colère au bon endroit, ça libère, c'est certain, et rien d'autre ne le peut.
Le pardon "méthode coué" où on se persuade, mène souvent à la dépression, car il consomme beaucoup d'énergie au déni des souffrances bien réelles qui ont été endurées, et non criées.

Arthémisia 14/05/2014 00:25

La Poésie de H. : j'en ai déjà donné un extrait là --> http://corpsetame.over-blog.com/1707
J'ai beaucoup ri avec ta métaphore de la cuisine d'autant que je ne cuisine presque plus, m'habituant aux plats du chinois, du japonais ou aux pizzas du coin de ma rue.

Quant au pardon, je m'en veux d'avoir extrapoler mon avis sur la chose à partir d'un fait important de ma vie; disons que pour faire court, nous étions 2 face à une possibilité de pardon. Moi je l'ai fait et j'ai la sensation très fort de m'être sortie avec bonheur d'une histoire qui a été et est encore très sale pour la seconde personne qui n'a pas voulu (je n'ai pas dit pu) le faire et qui continue à ressasser un passé qui la ronge et lui interdit la poursuite d'une vie qui aurait pu être sereine.
Pour te paraphraser, je dirais : pardonner c'est continuer avec le pardon et donc avec l'autre. Ne pas pardonner c'est continuer sans le pardon et CONTRE l'autre ce qui finit par être contre soi-même...
Zut, ça sent un peu trop le vécu tout ça.

samourai 13/05/2014 10:43

Merci pour ta réponse qui me donne envie de lire la poésie de Houellebeck. J'aime bien la cuisine, et je comprends bien qu'on puisse mettre une image avec des mots dans la même assiette ;-)
Sur le pardon j'avais essayé de mettre en forme ce que j'en pense ici : http://ppm00.blogspot.fr/2012/03/pardon-et-culpabilite.html
Je ne vois pas en quoi "ne pas pardonner" empêcherait de "continuer".
Pardonner, c'est continuer avec. Ne pas pardonner, c'est continuer sans ;-)
Je ne sais pas si je suis très clair moi non plus ;-)

Arthémisia 12/05/2014 11:42

Tu. Vous.
Je me perds.
Oups!

Arthémisia 12/05/2014 11:39

J'ai commencé par "La Carte et le territoire" que je n'avais pas particulièrement aimé, et même qui m'avait un peu dérangée par son rapport irrespectueux à l'Art (comparaison d'une scène sanglante de crime avec un Pollock...). Puis j'ai lu de sa poésie : noire, ...oui, d'une pureté noire. Là oui, j'ai aimé, peut-être tout simplement parce que je m'y suis retrouvée.
Et je viens de finir les Particules. La condition humaine dans tout ce qu'elle a de solitaire, me va elle aussi très bien. Je ne peux pas me voiler la face : je préfèrerai toujours Schiele à Renoir! Autant dire que je ne supporte pas le sucre, la croute dorée et superficielle. Houellebecq, ça parle direct, ça ne triche pas.
Quant au pardon, (qui n'est pas une illustration ; les oeuvres que je place "en accompagnement" des textes que je publie ici ne sont surtout pas ça mais des AVEC, quelque chose de l'ordre d'une possibilité, d'une lecture étendue, d'une poursuite, d'un après possible, d'un "aller plus loin". Surtout pas imposé. Alors oui, ce pardon, il est pour moi (et probablement pas pour les autres...encore que...) ce qui pourrait peut-être autoriser l'authentique et le profond ; j'entends :
- se pardonner à soi-même de ne pas avoir su/pu passer du côté de l'authentique et du profond (pour toutes les raisons possibles qui seraient trop longues à développer;
- pardonner à l'autre de ne pas l'avoir fait lui-même .

Je me suis longtemps posé la question de ce pardon : néfaste? ou pas?
L'avoir expérimenté dans un des moments les plus durs de ma vie me pousse à penser qu'il peut être porteur de vie, simplement parce que malgré tout (et tous!) il nous faut continuer. Mais peut-être vois-je ce pardon simplement comme une absence de jugement?

J'ai fait long. Pardonnez- moi!!!! euh....j'ai dit pardon? !!!!!!
Merci de ton passage ici Samouraï ; je rôde un peu chez toi moi aussi, dans tous tes chez toi depuis peu. Il faut que je creuse encore un peu avant de me lâcher : pourtant je m'y sens déjà à l'aise. Il me semble que c'est bon signe.