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1735 - Elle était l’air (…« sur » une première séance d’hypnose)

Publié le par Arthémisia

 

Qu’était-elle ? Elle ne le savait plus et ne le sait toujours pas. Cela n’a d’ailleurs plus vraiment d’importance.

Elle s’était d’abord sentie s’enfoncer dans le fauteuil, aspirée lentement dans une faille sous sa chair, rentrée de façon incontrôlable dans ce mou engloutissant, mais aussi rassurant, qui se refermait de plus en plus sur elle, ce sable, cette terre, cet immense ventre qui la réchauffait et repoussait au loin les questions.

C’est seulement là que son corps a commencé à perdre son importance ; il ne disparut pas mais fut oublié, pour quelques temps.

Sa main gauche prit son envol, décolla du fauteuil, suspendue à des centaines de petits ballons, et cela sans qu’elle n’ait décidé de quoi que ce soit, alors que la droite restait posée là, pesant lourdement.

Puis tout son corps fut emporté. Elle survolait des champs devenus un patchwork de verts, suivait le ruban argenté d’une route qui croisait le cyan d’un fleuve. L’horizon s’élargissait ; le temps était mort et l’espace perdait ses dimensions.

Elle était l’air.

Le mal était resté dans la faille, qui s’était refermée sur elle-même. Elle l’imaginait tombant jusqu’au noyau terrestre où il brûlait.

Elle était l’air et le resta toute la journée, en se disant qu’il faudrait absolument recommencer cette expérience.

Arthémisia © décembre 2014

 

Avec : Marcel Duchamp, Disk Inscribed with Pun for Anemic Cinema, 1926

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ren 15/06/2015 21:33

Non, pas ... et toi ?

Arthémisia 15/06/2015 21:37

Oui : le billet que j'ai écrit est totalement autobiographique. Ce fut un moment absolument magique, la meilleure des thérapies.

ren 15/06/2015 15:49

Une brise soudaine le poussait , léger, oh, si léger,

contre le banc, au pied de la buvette.

Il était cette enveloppe, qu’habite la lumière.

Une lumière que personne ne voit , même pas lui,

Mais qui n’a pas de secret, et donnait la couleur de son regard.

Un regard d’ombre, qui ne connaît du corps, que la pensée fugitive

D’une apparition d’années.

Ces années qui même en accumulées n’ont pas serti leur poids à l’épaisseur des jours. Il est, l’âme légère et le corps absent.

Et la brise le portait, un peu plus loin, avec la poussière.., quand le corps n’existe plus , à proprement parler : léger, léger.

RC – 19 juin 2012

Arthémisia 15/06/2015 20:38

Ren, as-tu fait une expérience d'hypnose ?

le musicien du dimanche 31/12/2014 00:54

Le rose, c'est la vie. Du sang et de la lumière.
Au théâtre c'est le genre d'exercice de relaxation (quand j'en faisais) que l'on peut faire en plus introspectif mais dirigé vers le tout que nous sommes. C'est l'histoire de la goutte d'eau qui suinte de notre cerveau et qui doit arriver jusqu'au pied en passant par tous les organes possibles et imaginables. Pas loin de La Hon (j'ai appris récemment que c'etait féminin) de Nikki de St Phalle. Ta description me fait aussi un peu penser à ces publicités télévisuelles que Perrier (tm) a eu la bonne idée de remettre au goût du jour, telles quelles! "L'eau, l'air, la vie" une drôle de bonne idée.
J'étais en fait passé auparavant lire l'article et ça m'avait fait plaisir aussi de lire le mot "Cyan". Je repasse pour te le dire. Dans toutes les langues, on s'efforce de faire en sorte que les mots décrivant les couleurs soient aussi beaux que les dites couleurs. En pensant en cyan (je n'ai pas été voir l'étymologie) je pense bêtement à séant, sciant, sillon, sion, zion... Enfin, à part le fait que ça siffle, rien de vraiment bleu. Et pourtant ça coule. ça s'écoule.
C'est un beau mot musical qui peut aller jusqu'à vider l'air ou le remplir. Ces poumons que l'on peut parfois représenter en bleu pour dire la vie, les veines qui la conduit jusqu'au cœur. Rose par temps clair. :)

Arthémisia 03/01/2015 17:42

Oulala ! Je suis interdite d'alcool jusqu'à nouvel ordre : les médicaments et l'opération que je viens de subir me l'interdisent (mais je me rattraperai !!! Promis!)
Oh !... con(g)! comme on dit par chez nous : le mot con est bien masculin alors que la "chose" est elle féminine. Et de même, les divers mots pour nommer l'organe sexuel masculin sont aussi souvent féminins : cela est sûrement fait pour qu'on s'emmêle (et pas que les pinceaux!).

Je te promets un mail privé dans la semaine prochaine : je sors demain de "ma" maison de convalescence et sans pour autant regagner mon chez-moi (ce sera pour plus tard...), vais me retrouver au calme dans l'univers douillet et rassurant de l'appart' de ma louloute. J'ai vraiment besoin de temps pour me requinquer ; je pense que tu le comprends.
A très vite, ailleurs.
Porte-toi bien!
Arthi

le mdd 03/01/2015 13:50

Avec cet air-là, y'a de quoi être étheré effectivement :)
je n'avais jamais vu l'image du flacon en question. Ceci dit, de Duchampienne, tu pourrais passer a duchampagne en ces fêtes! ^^ (Bon j'arrête)
Pour le projet de La Hon, à la fac, les profs(en majorité masculine) qui nous en parlait le mettaient au masculin. Moi je m'étais pas posé la question même et surtout quand j'ai compris un peu plus tard le rapport avec le con, qui est donc lui aussi masculin.
Nikki de St Phalle, d'origine -presque- étrangere mais parlant assez bien le français, n'aurait-elle pas voulu glisser une coquetterie féministe? Il y a des chances.

A ton "Si on" je ne peux répondre que d'un même Son. Avec attention.
Il me semble avoir perçu ton petit voyage oui. J'en ai fait un moi aussi. J'ai du prendre les billets au bon moment car j'en suis ma foi, bien revenu.

Arthémisia 31/12/2014 15:32

Pour poursuivre la métaphore duchampienne, probablement que cet air était celui "de Paris" (-->> http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-airsdeparis/images/xl/Photo-ADP-009.jpg) ce qui explique doublement mon "planage" ...accro que je suis à Duchamp. "C'est fou...non?"
Comment imaginer que le projet Hon soit autre chose que féminin : on y rentre bien par sa vulve, non?!!! Une expérience à vivre....qui doit être encore plus troublante pour les femmes (hétéro) que pour les hommes (hétéro)!

J'ai rapidement trouvé sur Wikitruc, que le mot Cyan "provient du grec κυανός, kuanos, bleu sombre, ou du sanskrit shyam (« cyan »)." Je n'en sais pas plus. D'accord bien sûr pour la sifflante, que je trouve aussi très interrogative puisque en cyan j'entends aussi "si on?...."
Et oui, "Si on " savait ce que 2015 nous réserve....
Le meilleur pour toi, voilà ce que je souhaite.
ps : je prendrai le temps de répondre à ton mail : il y a bcp de choses qui doivent être révélées en privé. Merci de ta patience ; je suppose que tu as compris que je reviens de...loin.
Kisses.
Arthi

ppm 29/12/2014 11:14

L'illustration est torride, elle sent l'Ubu, le contrepet, l'homophonie, tous les ingrédients d'une anarchie coquine.
Merci de partager cette expérience bizarre que je ne connais pas, mais qui me parle. En relaxation on peut aussi sentir des choses comme ça. Retourner dans le ventre, en plus, c'est la saison ;-)

Arthémisia 30/12/2014 06:09

Les Rotoreliefs sont des disques sur lesquels Marcel Duchamp a dessiné des cercles excentrés ; il les faisait tourner sur un phonographe et cherchait ainsi à créer l'illusion d'un objet en 3 dimensions.
Celui que j'ai choisi de présenter ici comme "avec" est bien sûr encore plus "élaboré" puisqu'il propose un texte...et quel texte! N'est pas Marcel Duchamp qui veut...autant dire un artiste dont tout l'oeuvre est intensément érotique, même - et surtout - ses réalisations les plus absconses.
J'avoue que j'en suis une fan...doublée d'une amoureuse.... inconditionnelle!

Pour ce qui est de mon expérience hypnotique, c'est vrai qu'elle a commencé comme une séance de relaxation. Mais très vite l'accent a été mis sur la "circulation" de ma respiration, et de manière complétement involontaire, celle-ci est devenue libre m'entraînant avec elle. Ce fut un moment divin...que je recommencerai probablement très vite. Un moment de paix.
Belle fin d'année ppm.

rien 28/12/2014 11:46

Comme elle est intéressante cette expérience ! Et que ça fait du bien de lire à nouveau tes mots par ici. S'alléger : tout un programme. Meilleurs voeux

Arthémisia 28/12/2014 13:17

Ne programmons rien : laissons nous juste porter par les petits ballons!
Merci pour tes vœux, Rien. Pour 2015 je te souhaite de merveilleux envols !

Bifane 27/12/2014 20:29

Ah ça oui, tous les jours même !
C'est un peu le rêve de l'oiseau, avec ce raffinement de se désincarner, comme se désincarcérer, de tout ce qui pèse et plombe et retient désespérément au sol... Joli moment à partager l'envolée...
Mes meilleurs vœux Arthémisia !

Arthémisia 27/12/2014 20:44

La professionnelle de santé (une neuro-psychologue) qui m'a accompagnée pour cette séance, appelle cela la dissociation.
Ce fut un moment très déstabilisant (parce qu'inhabituel) mais qui m'a soulagée très profondément tant physiquement que psychiquement, et ceci dans la durabilité : F.A.B.U.L.E.U.X !!!! Ca vaut tous les médicaments du monde...

Merci de tes voeux, Bifane.
J'ai simplement envie de te souhaiter une très bonne santé ; ça peut paraître banal mais pour avoir vécu récemment des moments très pénibles de douleur et d'angoisse, je n'ai pas honte de dire que la santé est devenue à mes yeux un essentiel à privilégier dans ce que je formule comme voeux pour les gens que j'aime.