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1745 - Les Perspectives fallacieuses

Publié le par Arthémisia

Dans le cœur fendu des après, s’est glissé, une étonnante sensibilité à laquelle elle n’était pas préparée.
 
Elle ne s’appartient plus, s’absente dans les larmes, tout  autant que dans des pactes qu’elle signe avec l’ombre rose d’un renouveau auquel elle s’obstine à croire.
Ses mouchoirs roulés en boule remplissent-ils le fond de ses poches de lucidité ?
Ou faut-il qu’elle continue de fantasmer sur des perspectives fallacieuses ?
 
Toute assurance s’est évanouie.
De son ignorance, elle tremble.
 

Arthémisia © janvier 2015

Avec : image volée chez Mohamad Nur Shafiq

...et petit clin d’œil à Ren

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rechab 27/01/2015 10:40

Mais que peut-on savoir des après ?
Croit-on être plus lucide avec des mouchoirs roulés en boule ( qui ne sont pas de cristal)...?

-
merci pour le clin d'oeil éléphantesque... :-) --
L'illustration montre bien qu'avoir une vue globale n'est pas évident ( de notre petit point de vue )

Arthémisia 27/01/2015 16:24

Les après -même si on veut s'obstiner à les prévoir- ne sont jamais ce qu'on a imaginé. C'est bien ce qui les rend encore plus bouleversants. On pleure de perdre tous ses repères. Et on se leurre autant à se raccrocher à d'autres qui ne sont peut-être eux-aussi que des illusions. On est fatigué, fané, amoché, abîmé, désorienté, désemparé devant cette situation nouvelle, cette instabilité dans laquelle le paysage a changé alors qu'on en n'a pas la carte.
Il faut tout découvrir à nouveau, prendre une audacieuse confiance en soi et en les autres, s'accrocher le plus possible, de tout son être aux branches de la vie. En espérant que l'arbre ne soit pas mort.

https://arbrealettres.files.wordpress.com/2012/12/gustav-klimt-arbre-de-vie-tree-of-life-klimt-lg.jpg

Quant à ta dernière réflexion, elle m'amène à dire que d'avoir une vue qui ne s'arrête pas au simple rétinien, c'est ça qui n'est pas évident. Car les ophtalmos, ne sont guère que de savants géomètres!

le mdd 15/01/2015 02:40

S'il y a des larmes, c'est un peu comme le processus de capillarité, quand ça remonte mû par une énergie "naturelle". Quelque chose doit sortir et c'est par là que ça se passe.
Par là que ça passe.
ça circule, autrement dit. C'est pas comme le systeme de refroidissement d'un moteur mais pas loin.
C'est intéressant cette production. Et puis ça nettoie. Les larmes c'est aussi fait pour ça. On est des producteurs, toute notre vie. Et déjà de soi.
Faut juste faire attention de pas prendre froid quand même et bien ravitailler afin de continuer d'en produire de la matière. Au cas où :)
Sans ça...

Arthémisia 27/01/2015 19:01

J'aime beaucoup ton interprétation si positive des larmes qui -pour reprendre ta métaphore de la voiture- seraient une sorte de carburant, ou du moins un liquide nécessaire pour poursuivre l'avancement.
L'idée du lavage aussi, me convient bien.
En fait on pourrait voir là une forme de source ; oui, pleurer est un retour aux sources, aux sources de la vie, au plus profond de notre intime. C'est pour cela probablement que dans de telles situations nous nous sentons si fragiles, comme des enfants, que dis-je, des foetus, au creux du ventre de nos mères.
Le problème étant alors qu'elles ne sont plus là pour nous entourer de leurs chairs, et qu'il faut nous débrouiller tout seuls...ou pratiquement, faute de bras accueillants. Alors oui : produire de la matière, s'entourer de notre propre chaleur qui ne peut qu'attirer l'Autre. Je sais, ça peut paraître absolument idiot aux yeux de certains, mais je pense que celui qui prend soin de lui, qui veille au grain en pratiquant largement son humanité, reçoit toujours. C'est mon côté bisounours (ou catho, c'est comme on veut !) qui ressort.
Parce que ça ne doit jamais être "sans ça" mais toujours "avec ça"...

marlene04 14/01/2015 14:10

La seule certitude, c'est qu'on n'atteint jamais toute la vérité.

Arthémisia 15/01/2015 08:43

Je croyais vivre (+ ou - ) dans une forme de vérité. L'éducation et les aléas de la vie m'avaient rendue très forte ; je faisais l'admiration de beaucoup par ma joie de vivre, ma détermination, ma volonté, ma pugnacité, mon énergie. Je dis cela sans forfanterie : je croyais en moi.
Et puis j'ai dû apprendre que je ne suis pas Wonder Woman, apprendre que je pouvais souffrir, m'effondrer dans les bras d'inconnu(e)s, me sentir dans une faiblesse (physique et psychologique) et une dépendance d'Amour comme jamais, réaliser que j'ai (corps et âme) de très grosses failles, et continuer à pouvoir me regarder sans avoir honte de ce, qu'en si peu de temps, je suis devenue.
Cette difficulté n'est pas de l'orgueil, mais je suis obligée d'admettre qu'avant je n'étais pas plus dans la vérité (ni ce que je pourrais appeler "ma vérité) que je le suis maintenant. La différence est cette prise de conscience ....qui déstabilise beaucoup.
Il me faudra certainement beaucoup de temps et d'Amour pour me sentir bien. Si actuellement je cherche une vérité, elle s'appelle la vie.
Belle journée Marlène04.

Cédric 14/01/2015 10:52

C'est beau !

Arthémisia 14/01/2015 11:52

C'est difficile. Tu le sais.

Désirée 14/01/2015 07:01

Je suis perplexe. Je ne saurais dire si ce texte colle à l'actualité ou à ta vie...

Arthémisia 14/01/2015 13:57

Ce que Bifane appelle le partage, n'est pas exclu. Pourtant je ne souhaite à personne de vivre cette douloureuse et déstabilisante aventure. Désolée pour toi, Désirée.
Je crois au temps ...qui apaise. Et ça, je le partage volontiers avec toi.

Désirée 14/01/2015 13:53

Je n'ai pas osé l'affirmer mais il y avait en moi une résonance, ce qui courait entre tes mots je l'avais connu, reconnu.

Arthémisia 14/01/2015 07:34

Quand je l'ai écrit, c'était quelque chose d'infiniment personnel. Un texte simple mais sur lequel pourtant je suis revenue plusieurs fois, dans ma nuit éveillée.
Ce n'est qu'au petit matin, peut-être quand certaines brumes m'eurent quittée, que j'ai pris conscience qu'il pouvait avoir cette "valeur" plus universelle. Comme la douleur que fait naître le doute...

Bifane 14/01/2015 06:39

Bon sang oui ! c'est tout juste ça. Je crois que nous devons être nombreux à partager aussi ce brouillard de l'âme.

Arthémisia 14/01/2015 07:23

...mais je ne sais pas si ça la (me) rassure de savoir qu'elle (je) n'est (ne suis) pas seule. Quand on peut partager ses doutes avec quelqu'un qui a des certitudes ou même simplement une forme de savoir(s), même si on ne les cautionne pas, il me semble que cela apaise, dans le sens où OUI ! cela peut nous faire croire que des solutions existent.