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1754 - Mémoire blessée

Publié le par Arthémisia

Tu sentais le vivant.

Je t’ai laissé partir

Pour que dure

Notre amitié fleurie.

Mais,

Dans le souffle du temps,

Un à un,

Ses pétales tombent,

Sans fruit.

Et,

Dans le vase,

Ne restera bientôt

Qu’une eau plate,

Silencieusement croupie,

Délicieusement croupie.

Arthémisia © février 2015

Avec : Fleurs fanées – Fantin LATOUR

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Christophe 01/03/2015 20:53

Ce poème est une magnifique métaphore, très aboutie.

Arthémisia 01/03/2015 21:00

Merci! Je ...ne sais quoi dire tant il est vécu...

volti 10/02/2015 01:37

Plusieurs vases tronent dans le salon de mon âme et mes souvenirs...je sais qu'il faut..avancer..changer l'eau, le vase, je rechigne...l'air ambiant est peu fleuri du coup...et pourtant, j''aime l'air frais, les parfums purs...allez savoir...j' aime Arthi, tes mots sur ces instants personnels et fragiles.

Arthémisia 10/02/2015 07:42

Ayant comme tu le sais, perdu l'odorat, je ne peux plus me fier qu'à mes autres sens, qui, comme, me l'ont expliqué mes médecins, commencent à le compenser, et le feront probablement de plus en plus.
Un autre phénomène, non négligeable d'ailleurs, intervient également : c'est la mémoire. Ainsi quand je passe par exemple la main dans un bouquet de basilic, je n'en sens pas le parfum si présent, mais, arrivent alors à mon esprit, les mille moments agréables où j'ai mangé des petites salades grecques (tomates/feta/basilic) avec le premier homme de ma vie qui était en passe de se convertir à la religion orthodoxe ( tu comprendras plus loin pourquoi je te raconte ça), et les pâtes du pauvre (comme on appelle ce plat dans la famille) autant dire des pâtes à peine égouttées auxquelles on ajoute un filet d'huile d'olive, de l'ail et bcp de basilic frais haché, et qui sont un délice de fin de mois!
C'est étrange que je te parle du basilic. Cela me fait repenser au fait que ce soit la première plante qui a repoussé sur le Golgotha, au lieu précis où a été crucifié le Christ et qu'on en ait entouré son tombeau. Les orthodoxes utilisent d'ailleurs cette plante pour fabriquer leur eau bénite.
Il flotte par-ici un parfum de résurrection, tu ne trouves pas? et même au fond de l'eau croupie. N'oublions-pas (loin de toute allusion religieuse quelconque cette fois-ci) que le premier symbolisme du végétal est celui du caractère cyclique de l'existence : naissance, maturation, mort, transformation. Pour faire court : il y a de l'espoir !...même au creux le plus profond de nos fragilités.
Je t'embrasse, ma Volti.

Bifane 04/02/2015 12:11

Faudrait pas les laisser s'en aller... Et en même temps, aimer c'est pas enfermer... Ce serait comme ces gens qui aiment les oiseaux... en cage... Quelle tristesse !
Comment faire alors ? Juste vivre et laisser vivre, aimer et souffrir d'aimer... Il nous reste les beaux souvenirs que ça nous a donné, c'est déjà ça...

Arthémisia 04/02/2015 12:19

Oh,oui! il est hyper, super, maxi important de garder au chaud ce souvenir. Il entretient nos forces, un peu comme un médicament qui agirait avec un effet rémanent ad vitam aeternam. C'est juste un peu (hum, hum...beaucoup...) difficile de jeter l'eau du vase, une fois les fleurs fanées...