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1757 - L’Agenda (Le blanc vs les couleurs)

Publié le par Arthémisia

C’est tout blanc.

Depuis trois mois.

Tout blanc, nu et froid.

Tout blanc de vide, de mauvais sommeil, d’immenses plages dont on ignore le sol, tout blanc de neige non foulée, muette, isolée, perdue.

Tout blanc d’absence.

Tout blanc de presque mort.

Mais, soudain, apparaissent des couleurs, peu d’abord, puis, qui se répètent, et reviennent plus fortes, plus nombreuses, multipliées, plus resserrées, plus assurées : du rouge, du vert, de l’orange, des couleurs avec lesquelles d’ordinaire on n’écrit pas, et qui, ici, en claquent d’autant plus, des couleurs de baffe, de celles qu’on n’oublie pas. Dans la g…

On ne peut pas oublier.

Il ne faut pas oublier.

Ces cris nous sautent aux yeux, hachant les pages comme autant de douleurs.

Réunions. Rendez-vous. Début de…Fin de…Formations. Ça sonne dans tous les coins. Ça écorche le cœur.

Et ça fait peur.

Aussi.

Arthémisia © février 2015

Avec : Agenda Moleskine (clic)

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Désirée 11/03/2015 08:45

Après la parenthèse blanche où apprendre à regarder la mort en face, retomber dans la vie c'est rude. On est un temps en décalage en regardant l’agitation sans en faire partie. Comme être hors du manège et regarder les chevaux de bois tourner en rond, très vite. Etre encore soi-même le dos contre l'espace de non-vie, cet espace qui n'est pas vraiment la mort mais pas non plus la vie. Cela revient le goût des couleurs mais on oublie jamais les terres blanches...

Arthémisia 11/03/2015 13:26

Retomber dans la vie, c'est terrifiant : on ne sait plus, on a oublié, on est perdu, les routines, les mécanismes sont effacés, on se sent, comme tu le dis, en dehors, observateur de notre propre vie qui ne nous semble pas dans la vie. Et puis on a peur, de ce qui peut revenir, que la mort se rapproche, qu'elle ne nous lâche pas. Peur aussi d'avoir une vision trop "rose" de la vie, celle qui malgré tout est encore là et risque peut-être de recommencer à noircir. En fait on doit retrouver notre confiance en nous, nous réapproprier notre corps et nos pensées, être plus qu'un être humain réduit à sa souffrance, être un être vivant.

Christophe 01/03/2015 20:35

C'est si joliment dit, si bien décrit.
On écrit toujours avec son sang...

"La violence et l'ennui

Nous d'une autre trempée et d'un singulière extase...(...)"
etc...

Arthémisia 01/03/2015 20:58

Merci pour tes mots rassurants, Christophe ; j'écris très irrégulièrement accaparée par d'autres choses importantes mais aussi épanouissantes et j'ose espérer ne pas trop perdre la main...ou du moins mes mots.

Oui, je ne sais pas écrire (ni dessiner, ni peindre...ni vivre peut-être?) autrement qu'avec mes tripes.
Je te renvoie à ce qui j'ai publier hier ( http://corpsetame.over-blog.com/2015/02/breves-de-fin-de-mois-de-fevrier-2015.html ) et à la citation que je faisais de Gabriel MATZNEFF :

"Le Bonheur écrit blanc."
@ Gabriel MATZNEFF interviewé par François BUSNEL dans la Grande Librairie (France 5) le jeudi 27 février 2015

Il n'est pas besoin de plus de commentaires...

Juliette 28/02/2015 18:00

petit bonjour d'une mal voyante qui a du fermer son blog, qui peut encore ire avec un Ipad et peindre un peu, "anamorphoses"petits arbres ronds".......
La vie ne fait pas de cadeaux...
Bravo pour avoir maintenu le cap avec toujours autant de talent
bises
Juliette

Arthémisia 28/02/2015 18:52

Bonsoir et merci Juliette pour tes mots d'amitié.
Non, la vie ne fait pas de cadeaux...Mais parfois elle en fait de très très beaux. C'est ce qui m'a aidé à traverser les moments pénibles et même affreusement douloureux que j'ai traversés, notamment très récemment. Je tiens par l'Amour des autres. Seule, je ne suis rien. Je ne suis pas la Wonder Woman que je pensais être. Je l'ai découvert sur le tard et j'ai beaucoup de retard à rattraper si je veux continuer à pouvoir me nourrir de cet Amour qui m'a été donné de façon incommensurable en ces moments où j'étais à peine un être humain. Je ne peux dire que bêtement "Merci" alors que cela mérite tellement plus. Alors oui, je continue !

Pascal 15/02/2015 11:39

Toutes les couleurs
se sont réunies
pour donner naissance
au blanc si lumineux

Arthémisia 15/02/2015 19:38

Oui ..et non : elles ont construit un horrible blanc qu'il a fallu gérer dans la couleur...oups! la douleur...
Et ce n'était vraiment pas un arc-en-ciel.

le mdd 15/02/2015 00:57

Ces couleurs, elles sont à toi, elles sont en toi.
Elles circulent et elles sont venues jusqu'a toi.
Elles sont venues, elles sont là.
Avec le blanc tu peux les éclaircir
Sans blanc, ces couleurs seraient...sombres. Ou aveugles.

Arthémisia 15/02/2015 02:14

Dieu sait combien j'aime les couleurs, mais là, elles m'agressent : elles sont porteuses du travail, celui pour lequel je n'ai plus de motivation et qui, dans mon état physique actuel, m'angoisse très fort. Celui qui -je sais que j'y vais fort en disant ça- a créé un terrain très très favorable pour ce que tu sais.

Jusqu'à présent c'est le blanc qui agissait ainsi envers moi. Vas lire ça : http://corpsetame.over-blog.com/article-17906020.html
Tu comprendras pourquoi...

Là je sais très bien que c'est MOI-MÊME qui écrit en couleurs dans mon agenda, qui y note ça en rouge, ou ça en orange, etc.... C'est une façon de me faire encore plus visualiser (la violence de) ce retour au travail, de me faire prendre conscience de façon factuelle d'une chose que je redoute, de m'infliger cette prise de conscience quotidiennement afin que je m'y habitue avant la date. "Ca" me dit : "tu vas retourner bosser. Tu dois le faire, parce qu'il faut que tu remplisses ton compte en banque, que tu garde ton autonomie financière"...mais je me sens quasi incapable de le faire, tant physiquement que psychologiquement. Malheureusement au bout de 90 jours d'AT...mon salaire a été divisé par 2.
Et oui, ces couleurs sont ...sombres.

rien 14/02/2015 19:40

Même pas peur, enfin presque.
Qu'il est beau ce carnet qui a vécu !

Arthémisia 14/02/2015 19:45

On dit ça...On dit ça...mais quand il faut retourner à la mine (dixit Bifane en privé...j'ai bien aimé son expression très parlante!),on n'en mène pas large.
Quant au carnet, ce n'est pas le mien, même si j'écris souvent dans des Moleskine. Les miens, je ne peux pas les prendre en photo [surtout l'actuel ;-) ] : ils sont vraiment trop torturés ...euh...je veux dire triturés!

Bifane 14/02/2015 08:08

Effrayant, en effet, ce quotidien mortifère et sa continuelle célébration de décérébration...

Arthémisia 14/02/2015 08:20

En parlant de décérébration tu ne crois pas si bien dire!!! La suite en privé....