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1762 - La Fin du vide

Publié le par Arthémisia

Dans le lit occupé par ses mains

Elle entend le rêve trop rêvé,

La mer, son bruit contre la coque,

Sa saveur sur l’épaule de l’Autre,

Le soleil enveloppant son habit de naissance,

Leurs yeux clos, en osmose de partance,

Et la fin, la fin du vide.

Arthémisia © mars 2015

Avec : James TURREL – (1943 - ), The Light inside, 1999, Néons et lumière ambiante – Museum of Fine Art, Houston © James Turell

 

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rechab 19/04/2015 19:20

si tes mains offrent, qui offrira tes mains,
tes mains qui offrent le plaisir des trembles,
les yeux rieurs d’un enfant, le chant du merle merveilleux,

qui offrira tes mains avec les caresses modelant la chair ou la glaise,
la coupe vide de la prière entre tes mains ouvertes,
alors que tout se tend vers la douleur de n’être,
l’étonnement de naître à chaque instant sans raison,
depuis la saison verte enfuie loin devant, si pleine d’une promesse
impossible à concevoir, que tu peux seulement tenir tes mains ouvertes,

les yeux fermés


- Jean Mambrino

-

Arthémisia 22/04/2015 08:15

Ayant fait, comme tu le sais, l'expérience définitive et malheureuse de la perte d'un sens, je pense que le fait de fermer les yeux, (n'est-ce pas toi qui m'a parlé récemment de porter des oeillères sur les oreilles?), doit provoquer -comme me l'ont évoqué mes neurologues quant à mon anosmie - :

1°) - un surdéveloppement d'un, voire de plusieurs des autres sens de manière compensatoire ;

2°) - une action nouvelle des phénomènes mnémoniques. La vue occultée, le corps et l'esprit commémorent les instants passés, reconnaissent (au sens quasi biblique du verbe connaître) les gestes, ce qui fut fait, accompli, la présence corporelle de l'autre, le mouvement comme ce qui est à son origine : l'élan.

Je me demande simplement si cela se fait inconsciemment ou bien si la volonté voire le désir, participent de façon + ou - raisonnée et active, comme un appel, à pérenniser ce qu'il faut bien appeler le plaisir ...ou du moins une forme de bien-être.

rechab 20/04/2015 08:46

et j'ai moi-même fait cette variation, hier...

--
Les yeux fermés,

C'est ainsi que l'on voit mieux,

Que l'on sent mieux,

Et la brise , les feuilles légères des peupliers,

Elles s'agitent, tremblent

Les branches ploient aussi

à l'arrivée insouciante des oiseaux de passage .

Les peupliers, dont justement,

les feuilles ont qualifié l'arbre, de leur mouvement,

les trembles.

-

Les yeux fermés,

C'est ainsi que l'on voit mieux,

Que l'on sent mieux,

La caresse du temps,

Et celle du toucher,

L'arrivée insouciante des mains de passage

Qui modèlent autant la chair que la glaise,

Et le rire de l'étonnement de l'être,

A porter tes gestes,

Les yeux fermés.


-

Arthémisia 20/04/2015 08:30

C'est très très étrange que tu me proposes ce poème qui parle des yeux rieurs des enfants alors que je viens de répondre à un autre de tes comm. ( http://corpsetame.over-blog.com/2015/03/1763-le-message-d-or.html ) en parlant de l'or de la vie qui nous fait plisser les yeux et rire comme des adolescents.
Ce texte de Mambrino est sublime ; il va vraiment falloir que j'investisse dans quelques uns de ses livres : tu m'as contaminée! Et je me sens de grandes affinités avec cet auteur. Merci du partage, René.

marlene04 10/03/2015 00:06

Des mots forts et a la fin, cette chute magnifique !

Arthémisia 10/03/2015 07:02

C’est simplement (la)…ma vie…

Bifane 09/03/2015 11:11

Quand la place du rêve devient justement celle où l'on est, où l'on respire... Ces instants de vie, où elle est belle à en souffler toutes les ombres de l'existence...

Arthémisia 09/03/2015 20:45

Disons pour faire court que je suis passée par une toute petite porte.
A toi aussi une belle soirée.

Juliette 09/03/2015 20:42

Ce que tu écris est beau Arthémisia, tes mots touchent l'âme, peu importe les croyances ou les non croyances des uns et des autres.
J'ignore ce que tu as enduré, mais je souhaite de tout coeur que le plus beau reste à venir à chaque jour qui passe dans la tendresse, la douceur de l'amitié et la poésie.
Passe une douce soirée :-)

Arthémisia 09/03/2015 17:34

Je l'avais bien compris comme ça.
Pourtant personnellement, et encore plus depuis les derniers événements tragiques de ma vie, je sais la présence de l'Autre. Je n'ai jamais eu d'exigence envers lui ; il est venu, en nombre, m'offrir ses bras pour me porter, accompagner mes chagrins, m'écouter et m'encourager. M'aimer, je ne peux pas mettre d'autre mot sur ça. Et cela m'a fait grandir, avancer, comprendre que je peux, que je dois tout oser si je ne veux pas me perdre.
Cela n'avait aucune nuance : c'était, et ça l'est encore, juste des tombereaux d'Amour, vifs, au sens "vivants" du terme. Au point d'en être bouleversée aux larmes.
Du grand ou du petit -quelle importance?- je crois à la présence rassurante, chaleureuse, et aimante de l'Autre. Si ce n'était pas le cas, je ne me serais pas faite opérée et ne serais plus de ce monde. L'Autre m'a donné ce que je ne cherchais plus et je l'ai reçu comme un comblement d'âme. Aujourd'hui, je suis (un peu plus) rassurée, sur moi surtout, car de l'Autre je n'ai jamais douté, et sur mes capacités à l'accueillir. Cela ne se vit pas en silence ni en paix mais avec une joie d'exultation, et d'exaltation.

Juliette 09/03/2015 11:44

Mon errance est seulement virtuelle Arthémisia, et c'est davantage une taquinerie de ma part. Dans la vie, je suis rieuse. En fait je voulais rejoindre une plateforme qui me permette de communiquer plus aisément avec mes copines brodeuses qui sont aux US pour la plupart.
Quant au grand Autre, je n'y crois pas, mais pourtant je me fonds dans les bras de la tendresse. Il ne faut pas confondre l'exigence intellectuelle et la vie, même si elles ne sont pas sans lien. Tout est une question de nuances, de couleurs, et aussi de silence et de paix.

Arthémisia 09/03/2015 11:36

Réflexion très juste : le rêve c'est de l'air, de l'azur habité, le chant qui transporte, un hymne à la respiration, au voyage. Il apporte le léger, le fou, le flou et chasse l'accablant, le chargé, le pesant, le grossier du quotidien, du raisonnable.
Merci de ta visite Bifane.

Juliette 09/03/2015 10:38

S'il n'y avait que du plein, il n'y aurait pas de place pour nos rêves en osmose.
Tes peau aime sont magnifiques Arthémisia :-)
Bonne journée
Juliette ou Antigone (errance virtuelle)

Arthémisia 09/03/2015 11:01

Tu erres. Les aires, je pense, doivent avoir des limites même invisibles, pas des frontières, ni des murs mais celles des bras de l'Autre, celles qui rassurent et tout simplement aiment, offrent, et accueillent. Celles-ci évitent de tomber dans des gouffres sans fond.