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396 - Brèves de juin 2007

Publié le par Arthémisia

Voici, vous avez l'habitude, quelques mots égrainés ici ou ailleurs et qui m’ont émue, troublée, attristée, fait réfléchir, rire, pleurer…pendant ce pluvieux moi de juin :
 
 
 
 
 
"Mes chers compatriotes,
je décrète : est nommée porte-parole de " mon petit gouvernement personnel et portatif " Mademoiselle Arthémisia. "
 
 
"Mon chant sera-t-il assez doux pour éviter l'oubli..."
@ Mahina
 
 
 
 
"... mes cris de douleur sont muets. "
 
 
 
 
"Insidieusement suave et vraiment surprenant."
 
 
"L’amour est cette chance que nous avons de donner."
 @ El Greco
 
" Il faut vivre vite ; la mort vient tôt. "
@ Laurent MORANCE qui cite James DEAN
 
 
 
"...cueillir l’âme de l’autre c’est comme embrasser les seins d’une femme."

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395 - Le Festin nu

Publié le par Arthémisia

 
Pourquoi Le Festin nu de William BURROUGHS est-il édité dans une collection de science fiction ? (Folio SF)
En effet ce roman est pour moi le récit autobiographique, à peine voilé, de la vie de cet écrivain longtemps maudit, marginal et drogué, bisexuel et ayant tué son épouse d’une balle en pleine tête lors d’un « jeu » sinistre  à la Guillaume Tell sous l’emprise de l’alcool (ça doit laisser des traces ?...)
Interdit aux USA pour obscénité jusqu’en 1966, ce roman, je vous préviens tout de suite, n’est pas un roman pour fillette et ne ménage en aucune façon le lecteur tant par l’univers qu’il décrit que par son style  si déroutant.
BURROUGHS nous plonge dans un monde chaotique, celui de l’Interzone, son paysage intime, peuplé de monstres terrifiants, et d’humains sans humanité, se livrant à une danse sexuelle, macabre et décalée, voir totalement  hilarante – à vous de juger- et associant les plaisirs le plus vils dépeints le plus crûment à un instinct de mort omniprésent. Car c’est bien une marche de mort que mène BURROUGHS vers ce qu’il appelle le temps blanc, marche infernale et fantasmatique dans l’algèbre du besoin, celui de la drogue, mais en même temps (dé)marche analytique conduite quasiment scientifiquement (BURROUGHS s’est intéressé à la médecine et à l’anthropologie…) et avec des effets de style très perturbants pour le lecteur tels le cut-up (bribes de textes découpées et mélangées au hasard) ,  ou encore la répétition lancinante de situations les plus triviales (d’hallucination, de dépendance, d’abus sexuels et notamment homosexuels…).
« Traitant de ce problème médical, Le Festin nu est fatalement brutal, obscène et répugnant. La maladie et ses détails cliniques ne sont pas pour les estomacs délicats » dit-il lui –même.
 
J’ai retrouvé dans cette lecture les ambiances glauques de la musique de Tom WAITS (avec lequel j’ai appris que BURROUGHS a travaillé), la peinture si douloureusement « crachée » de Jean Michel BASQUIAT ou encore de Jackson POLLOCK…et, cela me parait une évidence pour la déroutante trame littéraire et les errements intimes, un lien fort avec L’Ulysse de James JOYCE.
Ames sensibles s'abstenir...
 
Copyright © Arthémisia – juin 07
 

Avec : photo extraite du film de David CRONENBERG – Le Festin nu (libre interprétation du livre parait-il) 

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394 - La Sieste

Publié le par Arthémisia

 
 
 
 
 
14 heures : sieste.
[((]
16 heures : fin de sieste.
[))]
Le temps passe trop vite…

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393 - Vieillir, la belle affaire....

Publié le par Arthémisia

 
 
Louis Chedid
ROULEZ, ROULEZ JEUNESSE
Paroles: Louis Chedid - Alain Souchon, musique: Louis Chedid


Roulez, roulez jeunesse
A fond la caisse.
Sur la voie express,
Faites-vous des caresses.
Donnez-vous des rendez-vous partout,
Dans les champs, dans les choux,
Dans les rues, sur les clous,
L'amour un point c'est tout.
Faites-vous des baisers tout de suite,
Des serments sur le grand huit.
Le temps passe à toute vitesse,
Roulez jeunesse.

Banana, touffu, tout fou,
Iroquois,
Abdominaux, bien dans sa peau,
Bien dans ses sapes aussi,
Banané par les années,
Nettoyé,
Vachement avachi, calvitie.

Faut que ça godille, faut que ça bouge.
Piste noire, piste rouge,
Faut que ça balance, faut que ça tourne,
Tchacapoum.
Attention on devient vite un ex
Tout mou comme du latex,
Un vieux machin d'occase
Tournez Teppaz.

Banana, touffu, tout fou,
Iroquois,
Abdominaux, bien dans sa peau,
Bien dans ses sapes aussi,
Banané par les années,
Nettoyé,
Vachement avachi, calvitie.

Il sera bien temps de vous étendre en Flash-backs
Quand sera passé le temps des tendres Luna-parks.
Roulez, roulez jeunesse,
Banana...
Roulez, roulez jeunesse,
On devient vite un ex
Banana...

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392 - Séquence 5

Publié le par Arthémisia

 
De nouveau Orchis- mauve nous lance un défit sur le blog de Papier Libre :
"Dans mon demi-sommeil je faisais des rêves étranges, vifs et évanescents qui disparaissaient comme une bulle de savon......"  
 
Jonathan Littell - Les Bienveillantes

Cela vous est certainement déjà arrivé ,
sinon inventez, décrivez ces rêves....
je suis sûre que vous serez brillants
.
 
Voici ma proposition.:
Séquence n°5
Classe de Terminale
 
v     Incitation :
 
« Je faisais des rêves étranges, vifs et évanescents » 
JONATHAN  LITTELL (Les Bienveillantes)
 
v     Objectifs :
 
o       questionner la représentation des rêves.
o       Découvrir le surréalisme.
 
v     Consignes/contraintes :
 
o       Vous réaliserez une production plastique qui donne à voir un espace de vie fragile qui réponde à l’incitation.
o       Cet espace sera habité.
 
v     Matériaux et techniques : libres
 
v     Critères évalués et barème :
 
o       Partis pris des choix plastiques (matériaux, composition, qualités d’évocation onirique) :                        / 10 points
o       Maîtrise et qualités techniques :               / 10 points
 
----O----
 
 
La réponse de l’élève Arthémisia à la séquence n°5 :
 
Une vidéo :
 
On y voit une petite fille blonde de 7/8 ans dans un jardin.
Elle tient dans sa main une très grosse clef dorée dont elle plonge l’anneau dans un bol de faïence de Delft rempli d’eau savonneuse.
Puis l’enfant approche la clef de sa bouche et soufflant de toutes ses forces dans l’anneau en fait sortir une énorme bulle de savon.
 
Aussitôt, elle recommence. Inlassablement…Les bulles se multiplient.
 
La caméra s’approche des bulles en mettant hors champ la fillette ; la mise au point est faite sur les dizaines de bulles qui flottent légèrement dans l’air et envahissent l’espace.
 
Elles contiennent toutes un homme, nu, toujours le même, lové contre la paroi transparente. Il dort, paisiblement.
 
Zoom arrière.
Les bulles éclatent, disparaissent, entraînant l’image eidétique de l’homme dans leur explosion.
 
La fillette n’est plus là non plus.
Seule, une femme blonde est assise immobile dans le fond du jardin, une grosse clef d’or entre les mains.
 
Elle pleure.
 
 
Copyright © Arthémisia – juin 2007
Illustration : Bente D.-Nielsen

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391 - Différence d'age

Publié le par Arthémisia

 

 

 
 
Soudainement la vie imprévisible creusa un large sillon dans ses journées tranquilles et recroquevillées.
Le destin ne suivit plus la paroi lisse des ans, usée par trop de pas. D’une étrange craquelure du ciel jaillit une clarté encore confuse et tendre.
 
Lui, le fleuve, hier timide devint bouillonnant. Il osa, grossit, se dilata et plongea comme un adolescent, avec fureur. Il se débattait, la nuit, depuis tellement longtemps aux creux des oreillers, ceux dans lesquels on verse les mots qui ne peuvent s’entendre. Ceux dans lesquels, tout seul, on crache son plaisir honteusement et silencieusement.
Il en avait parcouru des cailloux, des roches, des rivages boueux, et des plaines plus larges avant de découvrir, les yeux et la bouche grands ouverts, la vastitude de son assurance.
Il avait grandi. Aujourd’hui, il était grand.
 
Lui, ce fleuve était la vie, la vie qui se vidait en elle, l’emplissant là subitement, en une explosion terrible issue de ses simples mots, de ses notes d’espoir, de ses « à peine » murmures prononcés tellement bas qu’ils froissent l’âme pour toujours. De toutes petites choses, d’infimes et imperceptibles nuances, qu’elle avait cependant entendues car son cœur n’était pas encore éteint totalement. Il vieillissait mais elle veillait.
 
L’éternité se jouait d’elle, se déguisait en verdeur printanière, en soleil, en Beauté retrouvée. Elle lui tenait la main, et toutes deux, elles avançaient de concert vers de nouvelles heures qui s’illuminaient comme des feux d’artifices et ne comptaient plus leurs soixante minutes.
 
Lui, ce fleuve, il avait barbouillé le temps de couleurs, frénétiquement, sauvagement.
D'une couleur particulière surtout, l'orange, sa couleur préférée.
 
Il aurait pu être son fils.
 
Copyright © Arthémisia – juin 2007
 
Illustration : Lucas CRANACH – L’Age d’or

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390 - Le Tunnel d'or

Publié le par Arthémisia

 
 
 
Splendide, je n'ai pas d'autres mots pour  cette chanson de Aaron...
 
Regarde il gèle là sous mes yeux
Des stalactites rêvent trop vieux
Toutes ses promesses qui s’évaporent
Vers d’autre ciel vers d’autres ports

Et mes rêves s’accrochent à tes phalanges
Je t’aime trop fort ça te dérange
Et mes rêves se brisent sur tes phalanges
Je t’aime trop fort
Mon ange mon ange

De mille saveurs une seule me touche
Lorsque tes lèvres effleurent ma bouche
De tous ses vents un seul m’emporte
Lorsque ton ombre passe ma porte

Et mes rêves s’accrochent à tes phalanges
Je t’aime trop fort ça te dérange
Et mes rêves se brisent sur tes phalanges
Je t’aime trop fort
Mon ange mon ange

Prends mes soupirs donne moi des larmes
A trop mourir on pose les armes
Respire encore mon doux mensonge
Que sous ton souffle le temps s’allonge

Et mes rêves s’accrochent à tes phalanges
Je t’aime trop fort ça te dérange
Et mes rêves se brisent sur tes phalanges
Je t’aime trop fort
Mon ange mon ange

Seul sur mon sort en équilibre
Mais pour mon corps mon coeur et libre
Ta voix s’efface de mes pensées
J’apprivoiserai ma liberté

Et mes rêves s’accrochent à tes phalanges
Je t’aime trop fort ça te dérange
Et mes rêves se brisent sur tes phalanges
Je t’aime trop fort
Mon ange mon ange

...tout le reste de l'album Artificial Animals Riding On Neverland est du même acabit...sans parler de la voix du chanteur d'une gravité qui vous chavire...

 

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389 - Sur la piste...

Publié le par Arthémisia

 
 
« La littérature est un agencement et n’a rien à voir avec de l’idéologie… »
« Ecrire n’a rien à voir avec signifier, mais avec arpenter, cartographier, même des contrées à venir… »
 
Gilles DELEUZE
Félix GUATTARI
  (Rhizome)
 
 
« Dans le tissu du poème doit se trouver un nombre égal de tunnels dérobés, de chambres d’harmonie, ainsi que d’éléments futurs, de havres au soleil, de pistes captieuses et d’existants s’entr’appelant. Le poète est le passeur de tout cela qui forme un ordre. Et un ordre insurgé. »
 
René CHAR
 (Sur la poésie)
 
 
Suis-je sur la piste?…
 
 

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388 - Le Jour point où nul soleil ne luit

Publié le par Arthémisia

 
:0040:
 
 
Le jour point où nul soleil ne luit ;
Où nulle mer ne s’étale, les eaux du cœur
Surgissent avec leurs marées ;
Et fantômes brisés, des vers luisants plein la tête, les choses de lumières
Se pressent à travers la chair vers les os dénudés.
 
Une chandelle entre les cuisses
Echauffe jeunesse et semence et consume le ferment de la vie :
Quand la semence est endormie,
Le fruit de l’homme se déride aux étoiles,
Brillant comme la figue ;
Quand la cire fait défaut, la chandelle dévoile sa mèche.
 
L’aube point derrière les yeux ;
Brassé de pôle à pôle, le sang circule
Tel une mer, de la tête aux pieds,
Ni cernés ni traqués, les flots exubérants du ciel
Fusent à la verge
Devinant à travers un sourire l’huile des larmes.
 
La nuit dans les orbites arrondit,
Telle une lune de poix, la limite des globes,
Le jour éclaire l’os ;
Où nul froid ne sévit, la morsure des rafales
Dépouille l’hiver de ses robes ;
Une taie printanière pend aux paupières.
 
Le jour point sur des parcelles secrètes,
Des recoins de pensées où la pensée embaume sous la pluie ;
Quand meurt la logique,
Le secret de la glèbe pousse à travers l’œil,
Et le sang gicle dans le soleil ;
Dessus les terrains vagues l’aube fait halte.
 
(Traduction de Hélène Bokanowski.)
 
Prenez encore quelques minutes pour laisser vivre plus profondément en vous les émotions de ce poète gallois qui mêle avec une grande virtuosité une réflexion intime et presque lyrique (dans tous les sens du terme puisque Dylan THOMAS -1914-1953- utilisa largement la radio pour diffuser ses textes) à une démarche quasi romantique (surtout dans les poèmes que je qualifierai de « descriptifs »).
Profondément attaché à ses origines bien qu’écrivant en anglais et non en gallois, Dylan mena une vie de débauche et de stupres ce qui ne l'empêcha pas de nous livrer des splendeurs, notamment ses poèmes de jeunesse.(cf. la série des 18 et la série des 25 poèmes). C'est le cas de ce texte dans lequel cette crudité des images qu'on retrouve souvent chez lui,   laisse cependant le lecteur (la lectrice…) en pleine contemplation (...extase?)
 
Copyright © Arthémisia- juin 07
 

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387 - Pompe funèbre

Publié le par Arthémisia

 
 
Vous savez sans doute que, dans des temps anciens, pour s'assurer que quelqu'un était bien décédé, l'usage voulait qu'une personne en charge de cette vérification morde violemment un des doigts de pied de la victime (en général le gros orteil).
Si rien ne se passait, la personne était déclarée morte. C'est donc de là que vient l'appellation de "croque-mort".
Cette fonction de croque-mort, qui était en fait une vraie charge (comme les bourreaux) se transmettait de père en fils depuis la nuit des temps.

Mais un jour, catastrophe : le dernier croque-mort, bien que père de nombreux enfants, n'avait eu aucun garçon !
Après concertation, sa fille aînée reprit donc sa charge. Mais une des premières victimes qu'elle eut à traiter était un jeune homme décédé d'une maladie grave : blessé aux jambes, la gangrène l'avait gagné et on lui avait coupé les 2 jambes jusqu'aux cuisses avant qu'il ne meure des suites de l'opération.

Là, je suis certaine que, vous me voyez arriver avec mes gros sabots ! La jeune fille examina la situation et mordit donc avec précaution le premier membre inférieur qu'elle put trouver.

Ce fut à cette époque, et très précisément dans ces circonstances, qu'on passa de l'expression "croque-mort" à celle de : "pompe funèbre".

Amis de la poésie, à bientôt...

Avec : Vincent VAN GOGH - Chaussures

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