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499 - Brèves d'octobre 2007

Publié le par Arthémisia

 
 
Octobre court à sa fin.
Comme d’habitude j’aime à me remémorer, vos mots de tendresse et d’émotion glanés ça et là sur le net. Ils prouvent que nous sommes de la même famille. Merci pour eux d'autant que ce mois ci ils sont pléthore.
(NB :   les filles sont désormais en rose et les garçons en bleu!)
 
 
 
"Il n'y avait qu'un Tadzio et elle est morte."
@ Anonyme
 
"J’ai enseveli mon visage
Dans l’écume de tes cheveux,
Et pour garder ton image, 
Athée, j'ai prié tous les dieux... "
@
Fleur bleue
 
"Si nous sommes sur un vaisseau plénipotentiaire, où est l’ambassadeur ?"
@ Alex qui cite une réplique de La Guerre des étoiles.
 
"L'agonie se tapie non loin de celui qui se nie"
 
"Certains mots bloquent les commentaires....dommage ..."
 
"Une femme pour un homme, c'est ce qu'il y a de plus loin au monde."
@ Chris qui cite Christian BOBIN
 
"Comme tout ce qui existe est beau, par la seule force qu'il a d'exister."
Terry qui cite Jean GRENIER
 
"...Voi siete gioia e risu
Di tutti i scunsulati
Di tutti i tribulati
Unica speme..."
@ Misterwind
 
"...qui a fait que mes pieds sont devenus des veilleurs de pierre?..."
@ Mahina
 
 
Comme à chaque fin de mois, je vous invite à aller voir dès demain la mise à jour du site de Cyr sur lequel je publie régulièrement quelques petites...bricoles....ce mois ci sur le thème de la santé, de l'hygiène et de la médecine. 

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498 - La Rive

Publié le par Arthémisia

 
 
 
Tu marches.
Arpenteur. Tu marches dans la forêt.
Elle te gagne. Elle t’a gagné.
Ses chemins te guident. Ils sont tes traces, ta voie. Ton lacis amoureux. Ton all-over.
 
Des arbres morts jalonnent tes nuits sans fin. Un craquement plus sec, plus nerveux n’arrive même pas à t’arrêter.
Tu marches.
 
Tu n’as pas de crainte, ni celle des feuilles sanglantes, ni celle de la terre d’ombre, ni celle du silence jaspé des pierres.
Tu n’as même pas la crainte de toi-même.
Tu marches.
 
Que cherches tu ? L’air parfumé par la peau ? La pierre caressée par la main ? La mousse arrachée par l’iris ? Le bois cassé par l'oreille?
Tu cherches toujours. Tu cherches encore.
Tu marches.
 
Et soudain l’eau, la berge.
Tes pieds s’enfoncent. Tu sens le monde. La rive se rend maîtresse de toi. 
Piétine là ! Piétine la encore !
Jusqu’à la faire jouir.
 
Copyright © Arthémisia - octobre 2007
 
Illustration : Gustav KLIMT - Le bois

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497 - One beat at a time

Publié le par Arthémisia

 Une voix chtonienne...
 
 
 
 
 
 

        No Coltrane

        No Midnight Blue

        No letters of regret

        No poems

        No wine

        No cigarettes

        To remind me of you

 

        One beat at a time....

 

 

        La suite est là....

 
 
Merci à mon lutin pour le CD...

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496 - Mon Rêve

Publié le par Arthémisia

Une nouvelle fois, voilà Juliette de Papier libre… et ces mots tentateurs.  
 
Aujourd’hui elle nous propose d’utiliser dans notre production la phrase extraite d’une conversation de hasard :
 
" et en plus il ne savait pas nager ! "......
 
 
 
J’ai commis ça :
 

J’en connais qui vous emmènent à tire d’aile par dessus les montagnes enneigées.

 

J’en connais qui galopent plus vite que l’antilope à travers les savanes.

 

J’en connais qui font voile de tous vents au moindre alizé.

 

Lui, il voulait juste vivre. Il était sans ambition.

 

Et je l’ai vu tomber tout droit, à pic,  à peine ralenti par sa pénétration dans l’eau. L’espace d’un très court instant, je l’ai suivi mais il a très vite disparu dans les profondeurs du lac.

 

A la surface se déployaient mollement des cercles concentriques qui finirent par disparaître dans les roseaux de la berge.

 

Je suis restée longtemps à contempler le miroir inerte y cherchant encore la mémoire de ce rêve qui ce soir là avait sombré. Et en plus il ne savait même pas nager.

 

Seules les larmes survivent dans l’eau des lacs. 

Copyright © Arthémisia - octobre 2007

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495 - Le Dos

Publié le par Arthémisia

 

 
 
"Le visage se lit comme une nouvelle,
le dos comme un poème chiffré."
 
Georges BANU
(in L'Homme de dos - Peinture et théatre)
 
Avec : Jean Dominique INGRES - La Baigneuse Valpinçon

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494 - La Biche*

Publié le par Arthémisia

 
 
 
Elle t’avait probablement reconnu, à ton pas.
Là-bas, elle s’est immobilisée. Elle a déposé sur nous son regard de velours.
Le silence chaud grandissait.
Des effluves humides et lourdes montaient de la terre. Mes jambes coulaient.
La nuit était sereine, de fusain doux frottée.
J’ai laissé ma main glisser sur tes écorces brunes, lentement, très lentement. Ton sexe l’a attrapée.
Ma paume en garde encore ton empreinte chantée.
La biche s’en est retournée.
 
Copyright © Arthémisia - octobre 2007
 
Illustration : Biche mongole en bronze - XIXème siècle

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493 - La Chevelure

Publié le par Arthémisia

 
 
 
 
 
 
 
Voici THE monument de la poésie française mais tellement agréable à relire....
 
 
 
Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir !

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !
Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.

J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève !
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :

Un port retentissant où mon âme peut boire
A grands flots le parfum, le son et la couleur ;
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé !

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?
 
Charles BAUDELAIRE évidemment...
 
 
Illustration : John William WATERHOUSE - La Sirène

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492 - Quand même

Publié le par Arthémisia

 
 
 
 
Derrière la pensée optative
Des matins devenus rengaine
Se cache la terreur de l’impossible
Résignation.
Le jour allume ses cierges dans mes yeux baissés
Et dans mes trèfles à quatre feuilles
Ma supplique éreintée, parfaitement connaît
La mortelle continuation.
 
Croisant toujours les doigts
J’entends pourtant dans le néant
Couler l’eau masculine qui réclame sa fleur. 
Y répond  mon sahel ignoré,
La faille solitaire quêtant la pierre idolâtrée,
La berge blonde, bronzée.
 
Et l’espace grandit encore avec les heures
Amassant la suite ininterrompue
De nos présences oubliées,
De ton cri comblé de vide,
De cette guerrière que je ne suis pas,
Nous retenant l’un et l’autre au-delà des désirs
Dans l’impalpable horreur
Du temps.
 
Au spectacle cru de mon sommeil latent,
Je t’attends dans ma nuit
En priant.
 
Quand même.
 

 

Copyright © Arthémisia - octobre 2007
 
 
 
Avec : Extrait d'une oeuvre de Pierre SOULAGES - Photo Copyright © Arthémisia

 

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491 - (C)rayonner

Publié le par Arthémisia

 
 
 
 
J’aime te regarder (c)rayonner
 
Copyright © Arthémisia - octobre 2007
 
Illustration  : Marie Jeanne CARPENTIER - Homme dessinant
 

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490 - Bobo-dioulasso

Publié le par Arthémisia

Voilà une œuvre d’Henri ROUSSEAU (dit le Douanier Rousseau) que Juliette sur le blog papier libre m’a proposée d’utiliser comme source d’inspiration à mes élucubrations littéraires.
Et cette fois ci je vous écris du Burkina Faso...
 
 
 
 
 
 
Bobo-dioulasso, le 15 octobre 2007
 
Maman,
 
 
Ne t'inquiète pas. Je vais très bien.
 
D’accord, je le reconnais, Jules Edouard est un beau parti. Si je l’avais épousé, je n’aurais probablement manqué de rien. J’aurais pu pavoiser dans sa Ferrari au derby d’Epson, faire mes courses chez Fauchon et m’habiller au Faubourg Saint Honoré. Je n’avais même pas besoin de finir mes études, m’avais tu dit.
 
Eh bien, tu as raison. Mes études, je ne les terminerai pas. Et Jules Edouard peut épouser ma sœur et lui faire plein de bébés.
 
J’ai  rencontré Tarzan la semaine dernière dans les allées du parc Montsouris. Il y jouait de la flûte. Mieux que Jean Pierre Rampal. Il pleurait aussi. Il était plein d’amertume mais si beau, Maman, si beau… Je suis sûre que toi aussi tu aurais craqué.
 
Il m’a dit qu’on l’avait trompé, qu’on lui avait dit que la France était un beau pays mais il n’y a rencontré que méfiance, indifférence et arrogance.
 
Il m’a parlé de son Afrique, de sa forêt, là où les arbres poussent loin du béton, là où les fleurs géantes viennent nous caresser. Il m’a parlé des lions qu’on ne promène pas en laisse, et des oiseaux au ventre orangé. Il m’a parlé des éléphants joueurs et des serpents dorés.  Il m’a parlé de la futilité de posséder et du bonheur de rêver.
 
Maman, il ne m’a pas trompée.
Maman, je suis heureuse. Ne viens pas me chercher.
 
Je t’embrasse tendrement.
 
Jane
 
Copyright © Arthémisia - octobre 2007

Avec: Henri ROUSSEAU -  Le Rêve. 

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