Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

597 - Brèves de février 2008

Publié le par Arthémisia

Vous en avez pris l’habitude : voici de vos mots grappillés à droite et à gauche et qui ont retenu mon attention durant ce dernier mois, et il y en a beaucoup...
 
 
"Tout ce qui monte converge."
@ joruri
qui cite Teilhard de Chardin
 
« Lorsque l'animâle se tait, qu'en est-il de sa virilité ? »
@ maxime
  
"...le magnifique c'est l'alter ! "
@ don
 
"L'amour à deux , c'est la vie tumultueuse et vraie."
 
"Par les doigts et le ventre, reçoit de mon regard plein de tendresse."
 
"Si non è vero, è bene trovato !"
("si ce n'est pas vrai, en tout cas, c'est bien trouvé, inventé…".)
@  kl.loth 
 
"...prendre son bon temps."
@ io
 
"Je n'écoute pas ceux qui parlent mais j'entends ceux qui pensent."
@ entité
 
"Ne compte sur personne pour être
Ou tu passeras ton temps à paraître".
 
"Chaque équivoque, chaque malentendu suscite la mort; le langage clair, le mot simple peut seul sauver de cette mort"
@ Amanieu 
qui cite Camus (L'Homme révolté)

Voir les commentaires

596 - Festival de ROMANS

Publié le par Arthémisia

En février 2007, le premier festival de Romans a récompensé 27 amateurs dans 9 catégories artistiques. Des lauréats sélectionnés parmi 2.000 candidats dont le point commun était d’utiliser Internet pour s’exprimer et mettre en ligne des créations originales. Ce fut une première édition encourageante, saluée par de très nombreux observateurs.

Les 18, 19 et 20 avril 2008, le festival de Romans ouvrira sa deuxième édition et relèvera une nouvelle fois le défi de déceler les meilleurs talents du web. Plus de catégories, plus d’événements dans la ville, plus de moyens de s’exprimer et de partager l’acte créatif, plus d’occasions de rencontrer les artistes dans leur univers, une organisation renforcée et une ambition décuplée feront de ce deuxième festival le rendez-vous unique de celles et ceux qui s’expriment sur Internet et qui veulent partager leur talent pour se faire connaître.
 
Je me suis inscrite cette année dans la catégorie Nouvelles Erotiques.
 
 
A compter de demain, et ce pendant tout le mois de mars, vous pouvez
voter pour moi
sur le site du festival. Par avance, merci!
 
Festival de Romans
 
 
 

Voir les commentaires

595 - Bon appétit bien sur!*

Publié le par Arthémisia

  http://www.atlantedellarteitaliana.it/immagine/00001/15OP1174AU21.jpg

 

 

Avec  : Francesco URBINI - Testa de cazzi - Assiette en porcelaine - 1536

Voir les commentaires

594 - Le Jardin suspendu

Publié le par Arthémisia

 

http://arts.clg.berlioz.online.fr/doc3e/figurationnarrative/erro%20for%20unesco2003.jpg

 
 
Toi qui parles les secrets des couleurs de mes nuits
 
 Toi dont les doigts chantent le long sommeil qui fuit
 
 Toi qui sais les urgences de toutes mes galaxies
 
 Toi le naufrage, le vent et la mer en furie
 
 Toi la forêt des gestes d’une attente accomplie
 
 Toi qui habilles l’ombre jusque dans mes midis
 
 Toi le fieffé truand, le blouson noir, l’ami
 
 Toi qui violas la mort pour capturer la vie
 
 Toi le riche trésor d’un verbe qui jaillit
 
 Toi la caresse interne, le regard qui se dit
 
 Toi l’homme du présent que le temps me dénie
 
  
Je te cherche
Où es tu?
 
Ô toi mon tournesol, mon jardin suspendu…
 
 
Copyright © Arthémisia - février 2008
 
Avec : Gudmundur ERRO – Fresque pour l’UNESCO

Voir les commentaires

593 - L'Extrémité

Publié le par Arthémisia

 
 
Elle se sentait p’tit bout de rien. Elle avançait dans le désert grouillant.
Elle avait placé sa pensée dans le ciel, tourné ses yeux vers le ciel. Elle marchait la tête en l’air, buvant goutte après goutte les miraculeuses saturations de son espoir, assurant fièrement, par sa progression pourtant zigzagante, sa confiance qu’elle ne voulait pas perdre, faute de vie.
Elle flottait douloureusement  au-dehors des autres.
Elle avançait mais elle n’avait plus pieds depuis longtemps.
 
Ses fruits mûrs pesaient sur l’arbre. Il se sentait lourd et plein. Plein comme un été finissant.
Sa main portait déjà trace de vendanges.  Une  terre grasse, qui parlait le secret, coulait dans ses veines.
Il avait tout posé sur la table, et l’écorce, et le temps. Sa mémoire gravide se taisait dans un souterrain aux parfums perdus.
Mais il n’avait pas renoncé. Son pas interdit cherchait toujours le rose.
 
Le jugement fut sans appel.
Intensité fit loi.
Ils se rencontreront, dans l’apprivoisement de la mort.
Ce sera sûrement trop tard pour une autre extrémité.
 
Copyright © Arthémisia - février 2008
 
 
On est responsable pour toujours de ce qu’on a apprivoisé
 
 Antoine de SAINT EXUPERY  - Le Petit Prince.
 
Illustration : Antoine de SAINT  EXUPERY  - Le Renard et le Petit Prince

Voir les commentaires

592 - Nulle part

Publié le par Arthémisia

Une lecture récente....

 
Les anciens nommèrent Léthé le fleuve qui sépare et unit le royaume des morts et celui des vivants.
Ses eaux miséricordieuses donnent l’oubli  à qui les boit.
Les morts oublient les vivants.
 
Voici les premières lignes et le thème de Nulle Part, livre de Pierre MAUBE, qui a obtenu le prix Troubadours en 2006.
C’est un tout simple recueil de poèmes courts, voire très courts, dans lesquels les morts prennent la parole, ou plutôt font le silence, font silence, font l’expérience du silence, d’un silence.  
Le style est dépouillé, réduit à l’essentiel, au mot qui fait l’image, très souvent  végétale (Nous apprenons la patience des feuilles), à l’immobilité, à l’épaisseur du temps ( Avons-nous d’autre nom que celui de patience,..), développé très souvent en alexandrins.
La manière de Pierre MAUBE est époustouflante  de pureté, de simplicité, de pudeur aussi, pour dire  le départ, l'éloignement, avec une retenue qui frôle le mutisme. En virtuose, il sait garder l'essentiel...
Et même si la mort y rôde,  ce recueil n'est pas triste mais plutôt au combien apaisant,  un peu comme une chanson, de celles qu'on fredonne avant le départ, avant le sommeil. Car Pierre MAUBE page après page y construit un rapprochement, le rapprochement secret, magique et hors du temps des vivants et des morts.
 
A lire comme une retraite intérieure. Peut-être, pour essayer d’approcher une certaine tranquillité ?
 
Editions : Cahier de poésie verte – Collection Trobar.
ISBN n° 2-905422-38-6
 
Merci à Gentle13 et à Juliette. Ils savent pourquoi.
 
Illustration : Gustave DORE – Dante englouti dans le Léthé

Voir les commentaires

591 - Substitution*

Publié le par Arthémisia

Juliette est mon amie.
Connaissant son penchant
Pour une certaine couleur,
J’lui envoie d’temps en temps
Quelques petites fleurs.
Et voilà la coquine
Qui délaisse le narcisse
Et les myosotis
Et fait de mon Iris
Sa nouvelle consigne !
 
Je ne peux m’défiller,
Alors je lui demande,
D’ gentiment accepter
Mes vers de contrebande !
 
 

 
On m’a parlé de vous
Vous disant masculine,
Vous décrivant phallique
Et même misogyne,
Erigeant  votre hampe
Dès les premiers soleils,
Merveille des merveilles
Sous les feux de la rampe.
 
Or vous m’offrez, Madame,
Au seuil de vos jupons
Les clefs et le sésame
D’un tendre Panthéon.
 
Dans la violente saga
De votre encre jetée
Mon regard est gaga
De toutes vos voluptés.
Pétale après pétale
Vous dessinez, charmante
L’image végétale
De mon envie piaffante.
Mon œil caresse vos voiles,
Découvre votre fente
qui  torture tel Tantale
Ma nature bandante.
 
Car ma belle est au loin ;
Sur vous je pose l’index.
Comprenez mon besoin :
La vie est si complexe !
 
Ce soir Miles Davis
Joue pour vous « Blue in green ».
Permettez donc Iris
Que mon doigt vous taquine…
 
Copyright © Arthémisia - février 2008
 
Illustration: : photo © Arthémisia

Voir les commentaires

590 - Les Nornes

Publié le par Arthémisia

 
 
« D’ici vinrent des filles
Savantes en toutes choses,
Trois, venant de la mer,
Qui s’étend sous l’arbre ;
L’une est appelée Urd,
Verdandi l’autre
-elles gravaient des bâtonnets-
La troisième est Skuld
Elle ont fait les lois
Elles ont fixé les vies
Des fils des hommes.
 
Extrait de la Völuspa ou Prédiction de la voyante – Poème scandinave.
 
 
 
« Je regardais en moi et je voyais l’image de ma destinée. Je contemplais ses yeux fixes. Qu’ils fusent pleins de sagesse ou de folie, qu’ils exprimassent l’amour ou la perversité la plus profonde, peu importait. Il ne fallait vouloir que soi, que sa propre destinée. »
 
Hermann HESSE - Demian
 
Avec  : Nornes tissant les fils du destin au pied de l'Yggdrasil 

Voir les commentaires

589 - Sculpture fondante*

Publié le par Arthémisia

 
Le soleil fait rage.
Lui frappe fort, aussi.
Il engage la gouge,
Creuse l’étier annonceur de l’arôme,
Polit la lumachelle rose,
Lustre le mystère de la coquille.
 
La bête sort. Elle naît,
Corps de lumières et d’ombres,
Eclatant de ses regards
Sous la reconnaissance de la cascade.
 
Le choc est rude,
Tout empli du silence musical de la faim.
 
…De la faim flamboyante, excessive,
Qui avance emmiellée et ruisselle entre eux,
Collante félicité de leur accord majeur,
En tatouages nacrés de leurs fondants hivers,
Eyes cream gouachés sur la mémoire des chairs
Si mordues d’aquateinte
Torrents lustraux,
Epure lactée de leur innocence gourmande et infantile.
 
Ils fondent.
 
Copyright © Arthémisia - février 2008
 
 
Avec : Will COTTON – Ice cream cavern

Voir les commentaires

588 - Des Figues

Publié le par Arthémisia

 
 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Si tu veux
Nous irons ensemble
Tous les deux
Vers le vieux figuier.
Il aura
Des fruits noirs qui tremblent
Sous le vent
Qui vient d’Orvilliers.
 
Tu iras
L’âme renversée
Sur ta vie
Et je te suivrais.
Le ciel bas
Tiendra nos pensées
Par la lie
D’un malheur secret.
 
Tu prendras
L’un des fruits de l’arbre
Et soudain
Le feras saigner
Et ta main
Morte comme marbre
Jettera
Le don du figuier.
 
Le vent vert
Plein du bruit des hêtres
Ouvrira
La geôle du ciel
Je crierai
Comme un chien
Sans maître
Tu fuiras
Dans le grand soleil.
 
 
Catherine POZZI
 

 

"Il tendit la main vers le figuier stérile: "Sois maudit, plus jamais tu ne porteras de fruits"...
 
 Luc 13 :6-9
(merci joruri)
 
 
IllustrationPhoto © Arthémisia  

Voir les commentaires

1 2 3 > >>