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810 - Brèves de novembre 2008

Publié le par Arthémisia

Tous différents et pourtant je retrouve un peu de moi en chacun de vous....
Sans l'avoir fait exprès, je m'aperçois que vos phrases écrites à la suite l'une de l'autre créent un texte qui fait sens.
Merci pour ça et pour tant d'autres choses. 

 

 

 

"J'aime ce silence intérieur, qui sans échos me serait insupportable. "
@
Entité

 

 

"...il est 3h du mat , j'ai froid , il pleut sur mes larmes...."
@ Gérard

 

 

«... et mon corps n'est plus qu'une flamme violente... »
@ Juliette

 


" Je sors des années grises, j'entre dans la lumière. Je suis libre. J'existe."
@
anonyme qui cite Le CLEZIO - (Ritournelle de la faim)

 

 

"Nous n'aimons pas les prières et pourtant nous prions puisque c'est la forme dévastée de l'amour,..."
@ Franck


 

" Elle m'a dit :  je suis toute nue et mon pull est posé à l'endroit sur la côte d'azur."
@ Pasmonkov


 

« Tant que nous  accepterons nos vies comme des chaînes, l'horizon sera court et nos yeux lointains. »
@ Paco


 

"La vie n'est pas d'échapper à la tempête mais de danser dans la pluie."
@
Gentle 13

 

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809 - La Statue du couloir (conte surréaliste)

Publié le par Arthémisia

 

D'où vient-il ?

Comment est-il arrivé là ?

Le double battant du sas qu'il vient de franchir claque dans son dos, sèchement.

Neigeux, le couloir déroule devant lui son long ruban sans rien pour le rythmer. Seules les portes de  droite répondent en vis-à-vis aux portes de gauche sous la lumière blafarde et meurtrière des plafonniers hurlants.

Dans sa tête s'enroule encore pleine de sucre la voix de la femme blonde. Oui, oui, c'est bien ça. Pas d'erreur ; vous êtes attendu.

Il est nu. Où sont ses papiers ? Son portefeuille? Qui est-il ? Il ne sait plus...

Sur sa tempe, glissent encore de grosses gouttes de pluie. La moquette est humide, désagréable comme une éponge, sous ses pieds.

D'une porte de gauche lui parviennent trois voix d'hommes. Il tend l'oreille. Il voudrait comprendre. Il ne perçoit pas leurs mots, juste quelques souffles, quelques cris.

Une petite fille en rouge, passe la tête dans l'entrebâillement de la porte suivante. "Où vas-tu?" lui crie  sa maman qui la retient. La porte se referme sur la gamine.

La lumière s'éteint. Une veilleuse bleue comme la mort, appelle sa main. Plusieurs cliquetis métalliques scandent le ré-allumage des néons.

Où sont ses affaires ? Son sac ? Ses vêtements ? Il devrait avoir froid. Mais non. L'air est doux, presque tropical.

Une femme de ménage africaine enturbannée le dépasse en  poussant son chariot qui couine. Il aime les couinements.

Elle se retourne sur lui et trinque à sa santé en buvant du champagne au goulot.

La statue de marbre au fond du couloir se cache dans ses draps blancs. Elle le regarde. Ils rient.

Où est-elle? La lumière s'est éteinte de nouveau. La veilleuse vite, vite !

Une main effleure son ventre. Elle est douce comme la mémoire.

Mais la femme de ménage veut déjà ramasser le tas de draps tombé sur le sol. Il lui en vole un et s'y enroule, assis par terre sur la moquette humide.

Que font ses papiers, là?

Il boit, le champagne chaud au goulot.

Demain, il partira.

Il a rendez-vous avec le vent.

 

Copyright © Arthémisia - Nov 2008

Avec : François BAROIS - Vénus callipyge

 

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808 - Le Large

Publié le par Arthémisia

 

 

Nous sommes venus, appelés, élus peut-être ? Où sommes-nous ? Qui donc nous a choisis ?

 

Aurions nous oublié le fait des choses, attirés par un sans forme, un sans lieu, un sans nom,  un sans temps ? Serions nous devenus des voyageurs sans cartes, des Magellan, des Vasco de Gama, des allants droits devant, ignorants de nos routes, avec juste le vent pour nous pousser, la mer pour nous porter?

 

Et l'Autre, majuscule, devant, à côté, autour, rassurant, présent, si simplement, dans sa nudité de partage. L'Autre et sa main, son souffle, sa peau, son sexe.

 

Nous avons renoncé à choisir, n'écoutant que la nécessité de nos adéquations. Nous sommes, agglutinés dans notre tragédie. Les importances ont fondu, alimentant les ruisseaux du non. Il n'y a plus rien, rien que nous, ce doux immense, ce deux immense, intense, incandescent.

 

Nous n'imitons plus. Nous découvrons. Le large.

 

Copyright © Arthémisia - Nov 2008

Avec : Gustave le GRAY -  Brick en mer - 1856

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807 - Je me maquille à tes yeux*

Publié le par Arthémisia

 

 

Au jaillir de tes yeux j'ai recueilli tes poudres,

 

Tes cendres d'eau salée, tes folles mers rugueuses,

 

Tes bois d'ors brûlés, tes feux d'automne sombres.

 

 

 

J'en ai enduit mon corps, et le champ de mon sexe,

 

Lors d'incantations tendres, de caresses chamaniques,

 

Le cœur glissant en rêve tel un vaisseau fantôme,

 

Porté par ton parfum de voyage au-delà.

 

 

 

Ainsi  près de ma peau, j'ai suivi ton regard,

 

Maquillée par tes terres, tes ocres, tes ciments.

 

Je me sentais ce soir au plus près de ta main,

 

Oui...je me sens tout  bas au plus près de ta faim.

 

 

Copyright © Arthémisia - Nov 2008

 

 

Avec  : Gustave MOREAU - Salomé ou l'Apparition (Extrait)

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806 - Journal de bord.

Publié le par Arthémisia

 

 

 

 

 

Le dernier était noir. Très très noir. D'un coton qui, à force d'être manipulé, devint très vite de cendres, charbonneux Germinal.

 

Il fut noirci aussi, densément et serré par une armée de fourmis grouillantes, écrasées, griffées, transpercées, tuées. Une armée de tueuses, occises. Il fut champ de bataille. Verdun. Apocalypse.

 

C'est un deuil, un terril, un crêpe, une chemise noire, une honte.

 

Récemment, j'ai clos ce château hanté, dans lequel gisent encore quelques cadavres à peine refroidis.

 

Une tortue marine m'accompagne aujourd'hui.

 

Je n'écris plus ; je nage.

Dans une nouvelle mer.

 

Copyright © Arthémisia - Nov 2008

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805 - L'Etoile a pleuré rose...

Publié le par Arthémisia

 

L'étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles,

 

 

L'infini roulé blanc de ta nuque à tes reins

 

 

La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles

 

 

Et l'Homme saigné noir à ton flanc souverain.

 

 

 

Arthur RIMBAUD

 

 

Avec : Dominique FIGARELLA - Sans titre - chewing gum

 

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804 - 10 X10 (Le Décaméron)

Publié le par Arthémisia

  http://www.lockportstreetgallery.com/Dalis/LeDecameron/CLediableenEnfer.jpg

.

 

Quand on fait des études scientifiques (mes premières et les plus petites...), on passe bêtement à coté des merveilles de la littérature.

 

Voilà quelques années que j'ai entrepris de rattraper le temps perdu et de lire les classiques qui ont échappé à mon adolescence.

 

Mes lectures de l'été dont il faut que je vous parle (enfin !), m'ont d'abord portée vers le

 

DECAMERON

de

BOCCACE

 

Par les thèmes qu'il aborde, et la forme même du livre, ce Décaméron est un des livres les plus importants de la fin du Moyen Age.

 

L'histoire en est connue ; Florence est ravagée par la peste. Dix jeunes gens (7 femmes et 3 hommes) de l'aristocratie fuient l'horreur de la maladie et se retrouvent dans la campagne environnante, dans un lieu paradisiaque, un jardin des délices, où la Nature particulièrement accueillante laisse libre cours au plaisir de ....l'échange verbal et au développement de la poésie et du divertissement.

 

Chacun des protagonistes va, sur un thème choisi par le roi ou la reine du jour élu par eux, raconter une courte histoire pour divertir les autres et ceci pendant dix jours. Cela fera donc cent récits.

 

Nous nous trouvons ainsi pour la première fois de l'histoire de la littérature dans le cadre de ce que nous appellerions de nos jours, des nouvelles.

 

Leur thème : l'Amour.

 

Le livre  pose un questionnement varié et imagé sur la société de l'époque...paysans, marchands, notables, bourgeois, clergé... n'épargnant personne, variant les regards, et nous éclairant sur les problèmes sociaux et moraux. Florence était alors très prospère mais derrière la respectabilité de façade des notables, des commerçants, des religieux...se cache, là une femme qui abuse son mari, là un faux jardiner qui se fait embaucher dans un couvent et devient l'amant de toutes les nonnes, là un libertin qui meurt d'épuisement sexuel....On ne s'ennuyait pas  au Moyen Age!

 

Mais au-delà du croustillant, il faut bien sûr retenir que BOCCACE bouleverse la pensée (nous ne sommes pas loin de la Renaissance) et donne à l'homme un rôle majeur dans la maîtrise de sa vie personnelle par son courage, son intelligence et ses qualités spirituelles, qualités qu'il utilise pour trouver le bonheur terrestre, le plaisir et la satisfaction de ses désirs. La morale chrétienne est bousculée et la liberté de sentiments et de mœurs clairement revendiquée et sans tabou.

 

Il est  important de noter qu'il  développe l'Amour sur un mode courtois, ou picaresque,  ou grivois, ou drôle, ou grave...BOCACE  donne toujours la part belle aux femmes.

 

D'aucuns le lui ont d'ailleurs beaucoup reproché. Et quand je dis d'aucuns...

 

A noter que PASOLINI en a tiré un film sulfureux et polisson qui a mon sens est assez loin du ton élégant et raffiné de BOCCACE mais cela fait bien longtemps que je l'ai vu.

 

..et Salvador Dali une série de magnifiques dessins à voir ...

 

Copyright © Arthémisia - Nov 2008

Avec : Salvador DALI - Le Diable en Enfer.

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803 - L'Eveil

Publié le par Arthémisia


 

Ouvre les yeux avec moi devant le jour.

Ne cherche rien. Ne regarde rien. Ne va pas là ou là.

Oublie les questions ; elles ne te font pas homme.

Abandonne-toi à l'espace de l'éveil, à l'affleurement des sens, à la naissance.

Laisse simplement les choses venir à toi, se cogner contre ton iris, gicler en mille couleurs virtuoses et peindre ta rétine du Beau de ce matin.

Ne saute pas. Laisse toi tomber.

Ne pleure plus.

Laisse-toi aimer.

Copyright © Arthémisia - Nov 2008

Avec : Henri  TOULOUSE LAUTREC - Au lit

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802 - Sous la pluie*

Publié le par Arthémisia


Le ciel était méchant et la pluie de torrents.

Comme des enfants, nous sautions par-dessus les flaques.

Main dans la main.

Copyright © Arthémisia - Nov 2008

Avec: fantaisie ...trouvée là...http://www.outils-passion.com

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801 - Crème chocolatée au piment d'Espelette...

Publié le par Arthémisia

 

 

Ne fuyez pas ! Vous n'êtes pas sur un blog de cuisine !

Je vous propose juste une petite recette aphrodisiaque.

Pour réaliser 2 jolies petites crèmes au chocolat sans cuisson qui émoustilleront votre partenaire (n'est-ce pas Messieurs ?), il vous faut :

  • - 1 avocat bien mûr;
  • - 3 c à soupe de cacao amer en poudre;
  • - 3 c à soupe de miel ;
  • - 1 pincée de sel;
  • -  du piment d'Espelette en poudre;
  • - 1 poignée de framboises.

Mixer la chair de l'avocat, le cacao, le miel et le sel dans un robot ménager.

Assurez-vous que le mélange est onctueux avant de le déposer dans de jolies  tuiles, de jolies coupes ou (l'idéal mais on en trouve que l'été) des fleurs de pâtissons.

Décorez des framboises.

Saupoudrez au moment de servir avec le piment d'Espelette.


Et n'oubliez pas de mettre au défi votre partenaire de trouver les ingrédients de cette recette...et de lêcher ses babines...



« Heureux chocolat, qui après avoir couru le monde, à travers le sourire
des femmes, trouve la mort dans un baiser savoureux et fondant de leur
 bouche. »


Jean Anthelme  BRILLAT-SAVARIN
(merci Lung Ta pour cette citation)

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