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1035 - Sur la route des écureuils

Publié le par Arthémisia


 

A l’ombre des grands parasols verts,

Sur la route des écureuils,

Se tisse, à contre courant

Le lien du rien construire.

 

 

Croise ! Croise ! Fille de chaine,

Fils de trame,

L’écheveau chevelu

Des mots demis tus,

Des mots demis têtus.

 

Qui es-tu ? Qui étais-tu ?

Je le sais mal et tu ne me sais pas.

 

Non, non ! Surtout ne rien construire.

Parce qu’il est trop tard.

Parce qu’on en n’est plus là.

 

Il faudrait juste s’endormir dans la paix,

Dans la toile d’araignée,

L’étoffe des insatiables,

Dessous les grands parasols verts

Sur la route des écureuils.

 

On est tant quand on est.

 

 

Copyright © Arthémisia – oct 09

 

Avec : Claude VIALLAT -  Filet – 1970

Musée d’Art Moderne de la ville de Paris

Photo Copyright © Arthémisia – Juillet 09

Commenter cet article

Bifane 09/10/2009 21:29


Oui, Arthi, j'entends bien, j'entends mieux.
J'avoue que la contruction à deux, quoique je la vive au quotidien et qu'elle se passe plutôt bien, n'a jamais présenté un réel intérêt à mes yeux. Peut-être ai-je vu assez tôt les dégâts que
causait cette illusion pour n'avoir pas encie de m'y projeter quand mon tour est venu ? Je ne sais pas. J'ai mieux aimé prendre les choses comme elles venaient, avec cette légèreté dont tu parles,
justement, à ceci près qu'elle ne découlait pas d'un désenchantement, mais plutôt d'une approche naturelle des événements.
Je suis plus sensible à la construction personnelle des êtres, qui me parait plus durable, plus tangible et qui, paradoxalement, va moins dans le sens d'un refermement sur soi, trop courant dans le
système exclusif du couple.

En revanche, je n'ai pas compris ce que ton ami Entité voulait dire ?

Peut-être que je suis trop bavard et que j'aurais dû éviter cette discussion ? Peut-être pas... Quelquefois, je suis trop long à la compronette...

Je te souhaite une bonne soirée, Arthi.


Arthémisia 09/10/2009 21:40



Tu es dans le vrai et moi j'ai été bien trop longtemps dans le faux!
Les dégats se paient aujourd'hui.

Tu n'es pas trop long à la comprenette : j'ai moi-même très souvent (on me l'a fait remarquer plusieurs fois), un discours alambiqué et mystérieux -notamment parce qu'il est issu de faits
 personnels et intimes, d'un ressenti complexe capturant des significations vivantes qui font un écho saturant dans mes tripes!
  
Quant aux mots d'Entité, prends les s'il te plait comme un compliment pour les tiens.
Pour le reste il fait allusion au billet 977 et à son commentaire :
http://corpsetame.over-blog.com/article-33863643-6.html#c

Merci de ton intelligence, de coeur et d'esprit.
Bises
Arthi



entité 09/10/2009 20:09


Je ne suis jamais intervenu sur les commentaires.Le discours intelligent, empreint d'un certain humaniste,me pousse à laisser Bifane à rechercher  chez
toi, La coalescence,et peut-etr mon com sur majuscule..


Arthémisia 09/10/2009 21:00



Merci Entité de ton intervention. La coalescence est bien le mot à employer pour exprimer ce partage aérien comme une toile d'araignée sur laquelle homme et
femme dansent sans autre idée qu'eux mêmes.
Je t'embrasse.
Arthi



Bifane 09/10/2009 17:39


Négatif, pas tant que ça, non. Mais là où je ne te suis, c'est de songer à mener une construction... à terme !
Pourquoi à terme ?
De mon point de vue, la construction est commencée depuis longtemps, ébranlée, restaurée, fissurée, réparée, mais achevée, ça, certainement pas.
De fait, ces rencontres dont nous parlons, et qu'il me semble voir d'un oeil assez proche du tien, demeurent positives : tu parles d'en tirer jouissance, plaisir. Ce sont des mots. Les miens
disent la même chose en d'autres termes. Et tant ce que j'y vois que ce que tu y ressens contribue à nous avancer un peu plus loin, à nous apporter un peu plus d'humanité, à nous sensibiliser à
certaines choses qui nous demeuraient indifférentes ou confuses, à nous réconcilier un peu avec la vie et le genre humain.
Pour moi, ce ne sont là qu'autant de pierres ajoutées à notre lente et continuelle édification, laquelle ne sera sans doute jamais achevée.
Pourquoi demanderais-je à quiconque de construire avec moi quelque chose d'abouti, d'achevé. Quand il serait achevé, ne serait-il pas du même coup fini et vidé ? Et moi-même, ai-je seulement achevé
une seule chose dans mon existence ?
Il n'empêche, tu parlais des pages écrites qui s'accumulent, tant de pages, tant de vie, tant d'épreuves traversées, défaites et victoires, échecs et réussites. Il nous suffit de nous retourner sur
les années passées pour voir ce que nous y sommes devenus, comme nous avons changé, comme les choses de la vie nous ont formés. Et cela, c'est à mes yeux la construction, l'unique, qui fait un être
par l'enseignement qu'il prend dans l'existence.


Arthémisia 09/10/2009 20:57



Ok...enlevons le "à terme"!
Reste à savoir si nous parlons de notre construction personnelle ou d'une construction à deux.
Bien sûr que la construction intime de chacun commence dès sa naissance.
Ce dont je parlais et pour lequel je vois moins d'amplitude de réalisation, c'est la réalisation d'une construction duale qui, passé un certain nombre d'année de vie et dans un projet commun
nouveau, une nouvelle vie, me parait pas du tout une obligation au profit de rapports plus directs, moins projectifs mais cependant peut être -et même surement(!) - plus authentiques. Une sorte
d'accord joyeux et léger que les débuts ambitieux de la vie d'un jeune couple occultent vite très souvent par engloutissement dans son projet.
Suis-je plus claire?




Bifane 09/10/2009 11:10


"Ne rien construire... parce qu'on n'en est plus là..."
Mais savons-nous seulement où nous en sommes au juste ? Et quand notre chemin en croise un autre, ressemblant comme un frère, semblable comme d'une âme soeur, quoique nous n'en sachions rien pour
l'histoire, rien pour le détail, rien pour ce qui fut et qui sera, ni le pourquoi ni le comment, n'y a-t-il pas pourtant quelque chose d'indéfinissable que nous y reconnaissons, un sentiment dans
le vague qui se mêle et se confond à quelque chose de nous, d'intime et de secret ?
Et si ce n'était chaque fois qu'un fragment de la lente et continuelle "construction" de l'être ? Plus sûre et plus grande à mesure de l'importance des croisements...
A soi seul, qu'apprend-on de sa nature et des aspirations profondes qui l'ont formée, et continuent de lui donner forme ? Il me semble que l'oeil de l'autre nous prête le regard le plus clair que
nous puissions avoir sur nous-mêmes. Pas de quoi le "savoir" lui pour autant : l'autre garde infiniment sa part d'inconnu, mais il nous livre quelque chose de lui dans ce qu'il nous enseigne
de nous. Et ces choses se font sans qu'on y pense, sans qu'on le veuille, par le seul désir d'avoir un échange vrai, authentique, où l'âme s'épanche sans se voiler, se laisse deviner sans s'étaler,
et admet qu'on la lise puisqu'elle-même est reçue à la lecture de l'autre.
Ce qui nous trompe peut-être, c'est cette volonté puérile, parfois, de vouloir nous attacher l'autre. De le garder à nous, quand nous savons bien pourtant qu'il ne peut appartenir qu'à lui seul,
comme c'est aussi le cas pour nous-mêmes.
Il faudrait savoir échanger dans l'enthousiasme, laisser la fièvre nous pousser et nous entraîner, jouir de la magie profonde qui s'y donne en cadeau, et ne jamais déborder de ce plaisir dans la
vaine passion de posséder... Alors peut-être saurions-nous aimer et donner autant qu'il est possible à l'être humain...


Arthémisia 09/10/2009 15:47



Ton propos m’interpelle et je ne sais qu’en penser car au risque de te paraitre très négative je porte  un regard peut-être désabusé mais qui me parait lucide sur ce moment d’arrêt où nous pouvons éventuellement faire le point de notre vie, moment où la vie est
déjà bien avancée dans son parcours où nous pouvons nous retourner, où il a y déjà beaucoup de fait (ou de pas fait !!) mais où « l’en face » se réduit et où le nouveau est un mot
oublié. Ce moment où l’histoire est déjà beaucoup écrite, et où l’Autre, le frère, de toute façon arrive trop tard pour mener une construction ample jusqu’à terme.


Ce temps là est me semble –t-il   un temps à réserver non à une attente vaine,
ou à des remords stériles mais à la joie, aux joies, des liens tissés, peut-être flottants, pas trop serrés, des captations au vol, des fièvres légères et ludiques que la routine et le blasé
d’une vie se sont acharnés à détruire.


Pas de grands projets, de plans sur la comète, de fondations puissantes : réservons les jours à venir rien qu’au bonheur de
l’échange de la caresse, des mots doux et des pensées aériennes. Voilà quel est ce chemin d’écureuil.


 


 



Fbd 09/10/2009 09:15


Pénélope…


Arthémisia 09/10/2009 10:37



il y a de ça....



... 08/10/2009 17:49


...


Arthémisia 08/10/2009 17:59



http://corpsetame.over-blog.com/article-29519793.html



... 08/10/2009 17:47


...


Arthémisia 08/10/2009 17:59



http://corpsetame.over-blog.com/article-29519793.html



caphadock 08/10/2009 10:57


Je viens de découvrir qui me parait très beau et enrichissant.
La balade du chemin des écureuils me plait beaucoup.
Je vais aller fouiner dans votre blog et vous ferait par de mes pensées et vous invite à venir sur mon blog qui je pense vous plaira.


Arthémisia 08/10/2009 13:27



Merci de votre visite caphadock. En me balladant rapidement chez vous avant de reprendre le boulot , j'ai cru comprendre que nous sommes voisin.
A bientôt.
Arthémisia



Semeuse 08/10/2009 09:09


J'aime ces mots d'enfants..." Non, non", ce sont des mots d'enfants...


Arthémisia 08/10/2009 13:20



http://www.dailymotion.com/video/x2s46f_souchon-alain-jai-dix-ans_music