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1047 - Je

Publié le par Arthémisia





« Car Je est un autre. Si le cuivre s’éveille clairon, il n’y a rien de sa faute. »


Arthur RIMBAUD

 

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Jean-Marc 08/11/2009 00:45


Un autre texte (de Michaux) qui traite de l'ennemi dans la glace :

http://anonymousfocuser.skynetblogs.be/post/7423407/dans-ma-chambre-deja-si-petite


Arthémisia 08/11/2009 17:52



Je te réponds ailleurs....



anonymousfocuser 31/10/2009 21:58


"On veut être trop quelqu’un. Il n’est pas de moi. Il n’est pas dix moi. Il n’est pas de moi. Moi n’est qu’une position d’équilibre"

Postface de Plume. Henri Michaux.


Arthémisia 01/11/2009 17:05



Et si je te parlais de ma gémellité?
sourire



Jean-Marc 30/10/2009 20:06


Cela me rappelle un petit texte que j'avais écrit il y a quelque temps et qui reprend également cette citation de Rimbaud :


La pensée occidentale toujours pense l'homme comme sujet : je pense (donc je suis), je décide, j'agis, je vis,  je me rends maître et possesseur de la nature.


Pourquoi ne pas renverser cette proposition et considérer au contraire que l'homme est dicté, qu'il est agi, qu'il est objet (par exemple d'une expérience) ?


Rimbaud écrivait : "On ne devrait pas dire "je pense" mais "on me pense". Je est un autre".


Gendlin aurait dit : "Something is living us" , littéralement : "Quelque chose nous vit".


Nous vivons dans un mystère, nous sommes portés, nous sommes vécus. Ce mystère est immanent, tellement proche de nous (il nous traverse) que nous ne pouvons le percevoir (nous y sommes "collés").


Un passant m'objecte : "Comment peux-tu le prouver ?"
 
Ce n'est pas une affirmation, ce n'est qu'une simple supposition. La notion selon laquelle l'homme (ou même n'importe quel être vivant)  est sujet/acteur, est tellement implicite dans nos
conceptions habituelles (et dans notre langage) que je trouvais intéressant de la remettre en question, de l'inverser.
 
"Mais qu'est-ce que cela peut nous faire ?"
 
Si l'homme est effectivement sujet, il a raison de vouloir contrôler, de se crisper pour obtenir ce qu'il désire. Par contre, s'il est objet/agi, il lui serait plutôt nécessaire d'écouter. Et
comme c'est au travers du corps, organiquement, qu'il est "au monde", qu'il est  "engagé", "ouvert", c'est par le corps que cette écoute doit avoir lieu.


http://anonymousfocuser.skynetblogs.be/post/7210997/inversion


Arthémisia 30/10/2009 21:43



L’importance siège me semble t-il dans l’expérience que nous avons de ce Je et du regard que nous
portons, ou du moins que nous pouvons porter sur cette expérience en évitant les traumatismes de la confrontation avec cette partie de nous qui nous est étrangère, donc
étrange.


Mais les acquis de l’éducation tendent à nous formater, à nous décrire sous forme d’une entité si
particulière, qu’il nous est difficile de nous admettre autre, de nous comprendre multiple. L’habitude sociétale veut caser l’un dans cette boîte et l’autre dans cette
autre.


Mais nous sommes mouvants, grandissants, et un jour le moule ne nous convient
plus.


Nous avons oublié ce qui nous composait au profit de notre seule image. Et nous ne nous
reconnaissons plus.


Nous avons quitté le monde pour un profil stéréotypé, cadré et étouffant et nous ne sommes plus ni
sujet ni objet. Nous sommes en morceaux.


 


Gardons nous sujet et objet, préservons notre parti pris, nos désir et nos regards sur l’Autre,
écoutons mais surtout, surtout, n’oublions pas que nous sommes de la chair et de la pensée, comme tu le dis « quelque chose qui nous vit », du vivant et qu’à ce titre, nous  devons avant tout nous respecter nous-mêmes quand bien même notre image dans la glace est parfois difficile à accepter.


 


Merci de ton intervention très intéressante,  Jean Marc.


Belle soirée.
Arthi 



aliscan 28/10/2009 19:25



Silence, un miroir me remplace
J’ai beau tourner le dos, je vois
Dans cette glace

Quelque chose qui n’est pas moi
Le regard des autres, je crois
S’est incrusté,

Sous ces rides, c’est ma jeunesse
Qui froisse comme du papier
A lettres.



Arthémisia 28/10/2009 22:29



Merci aliscan de nous parler si joliment de cette étrange état qui nous fait nous sentir étranger à nous mêmes.
Effrayant...



Ut 26/10/2009 22:40


Pas que ma belle: on ne peut pas vivre uniquement par le regard des autres. Il nous faut aussi notre intime; nos intimes, bien souvent.


Arthémisia 26/10/2009 22:42



Probablement mais pas que...
Parole d'expérience!!!!



Ut 26/10/2009 14:43


Je est tellement plein d'autres....!
Même sur les photos je ne me reconnais pas.. alors l'ennemi dans le miroir.... Quand j'étais petite, je me regardais dans les yeux jusqu'à voir une des autres de moi et m'enfuir en courant.....
Il faudrait ne vivre qu'avec celui de soi qu'on préfère... :)


Arthémisia 26/10/2009 21:38



Celui de soi qu'on préfère...je crois que c'est peut-être celui qui vit dans le regard de celui ou celle qui nous aime et sans qui nous avons
beaucoup de mal à vivre à l'aise avec tous ces nous pluriels....
Ce nous qu'on aime c'est bien ce nous rassuré, aimé, qui sait qu'il peut plaire.



O. 26/10/2009 09:29


fascinant ce "je" devenu autre
Bisous


Arthémisia 26/10/2009 21:35



Je le vois plutôt comme un JE pluriel, un Je plusieurs, dont il nous faut conjuguer toutes les parties, les plus agréables comme les plus compliquées.
Pas facile. Pas facile....
Bises O.
Arthi



LungTa 26/10/2009 07:01


je est un autre ?
en tout cas il n'est pas nous

je t'embrasse

frédéric qui est un autre


Arthémisia 26/10/2009 21:32



Nous est qui?
Tu le sais toi, Frédéric?
Je T'embrasse...même si je ne suis pas tout à faire certaine que ce soit TOI!