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1087 - La Nuit de l'autre

Publié le par Arthémisia


GOYA sabbatdesorcieres

 

Le réverbère danse avec les lauriers et jette des ombres de Sabbath dans la chambre.

Les sorcières s’invitent, mettent le feu artificiel à la nuit fissurée, sacrifient les étoiles.

Par l’embrasure des rideaux, le Diable poétise son slam de rue.

La nuit accouche d’un autre.

On n’est plus seul.

 

Copyright © Arthémisia – déc.09

 

Avec : Le Sabat des sorcières - Francisco de Goya y Lucientes

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ren 11/06/2011 16:50



Un parcours dans le musée éteint ,  chacun muni d'une  lampe  de poche...


 


C’était le reflet furtif,  des rais 
rapides  sur le sol


Des points de lumière mouvants, les lucioles  épaisses


Qui virevoltaient et s’écrasaient  sur  les
pieds, des visages


Blancs


Blancs d’une vie arrêtée dans la pierre


Noirs d’une vie coulée dans le bronze


Cet enchantement nous décrivait cette balade nocturne,


le blanc, le noir  alternativement


et quelquefois un trait de couleur  - c’était un doré juxtaposé à
un bleu profond


la grâce d’une main retournée, d’un voile soulevé, et d’un visage poupin


 


Puis les contre-jours mobiles poursuivaient leur quête,


Vaguement inquiets qu’aux gestes  suspendus, la vie ne
revienne


Derrière leur passage.


Qu’au labyrinthe posé ne se cache le faune.


Et rassurés de la présence lointaine  d’autres lucioles


Dans l’enfilée des salles,  et du parquet à chevrons qui
grince,


et du marbre claquant sous les escarpins.


 


Sans  s’attarder , du neutre cartel explicatif, à une signature
pâteuse,


La Diane baroque, suivait notre passage, d’un regard pas tout à fait gris


Peut-être.


L’aube  était loin, l’art  était
une  surprise, une  marche d’obstacles


Une source close  d’étoiles, en élans contenus.


Du solennel en douceur de marbre, j’aurais pu souligner la courbe d’une jambe,


La douceur d’une joue, la rudesse d’une glaise de métal.


 


Pourtant, de notre passage, il  fallait laisser au jour, aux
gardiens somnolents,


La pâte fougueuse des Delacroix éteints,


la généalogie des portraits flamands qui chuchotent


En silence, le temps des étoffes précieuses et batailles 
lointaines.


Aux amateurs indiscrets, les heures sanglantes de Judith à Holopherne


Et la lumière tranchante du
Caravage,                    revenue à la nuit


 


 


12 juin 2011


 


 



Arthémisia 11/06/2011 18:53



Les chambres silencieuses sont des musées terribles.


 


Je rêve encore de me laisser un jour enfermer dans le Musée de l'Hermitage et d'aller me coucher comme le faisait Tchaikovski sur les statues de marbre. Celle -ci était parait-il sa
préférée.


Elle est de Giovanni Abel DUPRE.



anonymousfocuser 29/12/2009 21:43


La nuit est couseuse d'étoiles.


Arthémisia 29/12/2009 21:56



Nuit ,petite main...


Les grands esprits se rencontrent!
J'avais hésité à te renvoyer à cet article ayant lu ta réponse à mon comm. à ta "Nuit placenta"....

sourires...



fbd 29/12/2009 18:08


Oui, comme une année accouche d'une autre, une naissance d'une renaissance


Arthémisia 29/12/2009 21:00



Tu ne crois pas si bien dire....



marlou 29/12/2009 14:47


On est tour à tour fée ou sorcière...Les deux faces d'une médaille
Bonnes fêtes.


Arthémisia 29/12/2009 14:54



Femme alors est le terme adéquat!
A toi aussi de belles choses
Arthi



nora 29/12/2009 10:53



A l’échancrure


du réel


et de l’infinité,


tu reviens de tes rêves


tel un coquillage


sous l’onde     rutilant


terne      sous la
lumière.



Arthémisia 29/12/2009 11:06



...pourvue de quelques traces.
Merci pour ces mots si lucides, Nora.



Ut 29/12/2009 10:37


Wha un tableau de Goya, et tes mots si beaux par dessus! C'est un magnifique cadeau!
Et c'est tellement.... tellement présent!
Ces mots là, mot à mot, sont une merveille : ils écoutent la nuit et tout ce qu'on n'y entend pas...
Il y a des sorcières, oui.... et une fée pour traduire!


Arthémisia 29/12/2009 11:04



Moi, une fée? tu veux rire... Je danse avec les sorcières, car c'est la nuit, seulement la nuit que je danse.



simone 29/12/2009 09:07


L'enfer c'est une conspiration de femmes.
Quel magnifique tableau!


juliette 29/12/2009 08:57


Dans la nuit on est parfois si seul que l'on crée, que se créent des êtres de fantasmes
Bisous


Arthémisia 29/12/2009 10:57



Peut être est cela notre réalité?



laurence 29/12/2009 07:07


Les ongles noirs et les cagoules
 menottées
  enfourchent des mots
 percutés
par les chaos
sur fond de vie
 identique
je reste là à les regarder
xanaxé  dans le rêve d'une humanité
utopique




Arthémisia 29/12/2009 11:09


Xanaxé...
J'aurai tant aimé que ce soit le prénom d'une nymphe ou même d'une gorgone.
Un café
me suffira. Chacun ces béquilles.