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1152 - La Collusion silencieuse.

Publié le par Arthémisia


Pour répondre à la dernière consigne de Juliette sur  Papier libre …:


Le silence….


 http://www.mutanteggplant.com/vitro-nasu/wp-content/uploads/2009/01/baselitz2.jpg

 

 

Dimanche 28 mars.

Il faisait encore froid malgré les fleurs, déjà, sur les arbres qui bordaient la place solitaire. Une petite fille ce matin en avait arrachées quelques unes, les plus humbles, les plus dociles, et les avait jetées dans les flaques. Quelquefois, l’enfant n’est pas beau.

 

T. traversa le grand green cube, le col relevé, l’écharpe enroulée trois fois autour du cou, l’œil plein de pluie. Il détestait cet espace inhospitalier, artificiellement brillant, muet. Cependant il marchait déjà depuis longtemps avec détermination, dans le désert mouillé. Il lui fallait avancer.

 

Néanmoins T. sentit que le spectacle liquide l’appelait à une collusion. Contre qui ? Il l’ignorait.

 

Il sortit son appareil photo de son sac, et se pencha au dessus d’une nappe d’eau. Le miroir lui renvoya son mensonge couronné d’efflorescence.

Autoportrait.

 

T. savait que ce soir, sur l’ordinateur, il mettrait la photo à l’envers, la tête en bas, sa tête en bas. L’eau de la flaque l’avait trompé ; ce n’était pas lui qu’il avait vu, mais son reflet, inversé. Alors il ferait faire encore un demi tour à cette tête qui l’accompagnait tous les jours histoire de voir si elle le supportait.

 

T. sauta à pieds joints dans la flaque. Eut-elle mal ?

Il était déjà loin quand on entendit crier.

 

Une petite fille traversait la place.

 


© Arthémisia – mars 10

 

 

 

Avec : Georg BASELITZ

 …j’ignore le titre de cette œuvre….

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l'oeil qui court 09/02/2011 16:44



L'enfant attendait depuis longtemps.


Il avait d'abord sauté d'un pied sur l'autre,


Contourné la plaque d'eau


Suivi les boursouflures du tronc.


Cela faisait longtemps que l'enfant attendait.


Il s'assit sur le rocher.


Tranquillement.


Attendit ainsi un moment.


Se pencha. Ramassa une pierre.


Prit un élan du bras pour taper sur son siège.


Se retrouva jeté à terre.


Le rocher charriait de gros yeux.



Arthémisia 09/02/2011 18:57



La terre aurait -elle senti le geste qui couvait? J'aime beaucoup cette idée de réaction tellurique!



bleu virus 04/04/2010 23:48



Quelle tirade ! je comprends que tu te sois senti concerné mais lorsque je dis rejoindre la véhémence de Joruri 'est à ça que je pense:


"L’économie n’a pas besoin d’être égoïste pour fonctionner.  C’est simplement le but ultime qui doit changer. » En clair, faire le bien autour de soi au lieu d’accumuler des richesses
pour soi" (blog Lung Ta).


C'est mots ne sont pas une utopie ils sont un choix de vie. Tu défends l'Educ et tu as raison. Nous avons une école humaniste et c'est sans doute bien. Je dis sans doute parce que quand
je trouve que lon apprend trop aux jeunes générations des notions concernant  un passé dépassé (pour soutenir l'édifice  qui develloppe les élites, donc un système
trés inégaliatires dans le système capitaliste) dans le sens que juste quelques uns  en feront quelquechose de concret dans leur vie, alors qu'on enseigne pas assez le monde
contemporain dans lequel on vie compréhension de la géopolitique du présent, connaissane de nos voisins européens. Il y à dépoussiérer! à coté de ça on enseigne m^me plus l'apprentissage
d'un instrument de musque au collège...


Ce que tu dis sur le beau est l'exact vérité, tout cela  me nourrit aussi au quotidien; comment vivre sinon sans les paysages, la musique, la beauté, ...


Je comprends que tu te sentes investi d'une "mission" en ce qui concerne les jeunes que tu enseignes. Sans doute il ya bien plus que l'aspect connaissance qui compte car biensure tenir un
pinceaux participe du developpement de la personnalité, de la connaissancve de soi même.


Je crois que les arts quelques qu'ils soient n'ont pas une assez grande part dans notre éducation. On pourrait developper des tas de vertus en poussants ces domaines. Ainsi aurai -on une chance
de voir des humains réellement humains. Et pas des hordes de supporter comme au paris st germain.


Et puis c'est vrai on résonne trop souvent par rapport à soI. L'education s'adresse à toute les classes (comme le permis de conduire d'ailleurs) et dans tous les coins de france. On ne peut donc
pas généraliser avec seulement la projection de notre propre situation m^me si c'est celle qui biensure en premierr plan nous interesse. Nous sommes interdépendants. Tous le monde doit
savoir pour que la société dans son ensemble se porte mieux. En cela je crois en l'education national.


Tu l'as sans doute compris quand je dis le beau c'est pas productif c'est pour le temps libre ... C'est juste en rapport avec la place que on lui octroit notement dans le système éducatif. Le
beau anoblit, détend, donne de l'espoir, rassure, éléve, ...Mais sans doute sommes nous tous si didfferent que cela ne nous atteind pas de la même façon. Autrement aurions nous seulement besoin
d'être humain dans un monde qui aurait atteind l'aspect de perfection ???!


Bises



Arthémisia 05/04/2010 00:09



  Bon je crois que nous sommes à peu près sur la même longueur d’ondes.


 


Je ne défends pas l’Education Nationale car elle a plein de mauvais côté à commencer par (quelque chose que je constate de plus en plus) je veux parler d’une
forme de tentative d’adhésion politique :  lors des séminaires de formation qui deviennent quasiment des débats politiques et dans lesquels la pédagogie semble reléguée au fond de
l’isoloir) les intervenants vont jusqu’à taper sur  des ministres ou anciens ministres . Ca m’écoeure. Il me semble que le cœur du problème n’est pas de savoir si Mr truc à fait mieux de Mr
Bidule mais de savoir comment nous pouvons faire progresser nos enfants. En ce qui se met en place en ce moment, qui s’appelle le socle commun de compétences et de connaissances, un gros
saucisson sorti tout droit de l’Europe n’est qu’un nivellement pas le bas. Passons. Là n’est pas notre débat.


 


Ce que je défends c’est mon droit d’enseigner ma matière dans le respect de l’enfant, du programme et de moi-même bien sûr.


 


Ca va te faire rire mais tu parles de mission et je crois en ce mot, un peu comme je crois à la grande responsabilité que j’ai d’avoir 9 classes toutes les
semaines entre mes « pattes ». Eduquer, instruire ce n’est peut être pas aller à la perfection mais au moins mener le mieux possible chaque élève sur le début de son chemin de vie. A 14
ans on est fragile et tout peut très vite basculer, je t’assure, Virus.


 


Nous ne courons pas vers un idéal mais un mieux. Ce n’est déjà pas si mal…



bleu virus 02/04/2010 00:22



Jai bien fait de passer j'y ai appris un mot: "collusion", qui me rappelle que l'^tre humain n'est décidement pas un ange surtout lorsque le groupe  le fait se sentir bien plus fort qu'il
n'est en r"éalité lorsqu'il se retrouve seul!


..les mots de Joruri touchant d'humanité et dont les propos véhements touchant à l'éducation sont bien prés des idées de mon expèrience de vie. Certes, toi tu ne veux pas transformer ces
gamins en machine à fric. Pourtant c'est bien là le système qui les attend! il est alors normal qu'ils y prenne une place et si possible la plus haute, soyons logique!


Le beau c'est fait pour l'oeil, pour les moments de détente, ou les moments volées, ça n'a rien de productif en soi, certain ni sont d'ailleur pas sensible. C'est tellement subjectif come
notion. Ex ( vu à la tv excuse moi pour la source) : une chinoise contemple de loin  les cheminée d'une usine, son usine, celle qui l'a fait vivre, qui peut être va la "tirer" vers les
classes moyennes. Elle dit qu'elle trouve cela beau (les cheminée fumantes! avec la nature autour) Moi je trouve cela horrible, pas...laid parceque laid c'est aussi subjectif, mais horrible comme
vision. Pourtant, elle, elle trouve cela beau.


Ce qui est beau c'est voir l'homme  créer de l'harmonie autour de lui, le voir  prendre du recul sur sa condition quelle qu'elle soit,c'est ne pas le voir moutonner sous
prétexte que la raison du groupe est forcement la meilleur, le voir s'extraire de toute les formes de pensées uniques qui  ne sont pas les siennes (nous sommes si differents les uns ds
autres et avons tant de liberté en nous)


Alors seulement je m'arrangerais avec les cheminées en les peignants!


bises


 



Arthémisia 02/04/2010 08:36



Bonjour Virus,


J’ai failli me mettre en colère.


Et pour plusieurs raisons.


 


A-   Non, ce n’est pas le système fric qui attend les enfants et il n’est pas normal qu’ils prennent la place la plus haute dans ce
système. Ce n’est pas logique ! Le système personne n’est obligé d’y adhérer, Virus, personne.
On peut avoir des milliers de raisons de vivre différentes que celle de faire du fric. (Si tel était mon cas je ne serai pas dans l’Education Nationale). Il existe encore des gens pour qui la
valeur de vie n’est pas la richesse financière. Bien sur que ce système existe : il nous saute à la gorge à longueur de journée mais nous ne sommes pas forcés d’y être assujettis. C’est
justement à cela que l’école sert aussi, pas qu’à faire des « bons citoyens , bien dans le moule », mais surtout à la construction de l’individu (je reprends des mots du programme
d’Arts Plastiques), à la croisée du sensible et de l’intelligible.(bulletin officiel spécial n°6 du 28 août 2008 *)


 


B – le Beau n’est pas fait que pour l’œil. Le Beau est fait pour l’entendement, la réflexion,
l’intelligent, le sensible et certainement pas que le rétinien ! Le Beau réunit les hommes et ce de manière universelle.  


 


C- pour les moments de détente, ou les moments volés. !!!!! C’est la meilleure celle
là 


Tu n’as pas honte de dire ça ! De dire ça à moi !


Le Beau c’est tous les jours, toutes les minutes qu’il se vit et doit se vivre. La fleur, la femme, la
voiture, la maison, le ciel, l’arbre, la musique, le chant, la main, le partage, l’infini élan de l’homme vers sa terre, vers l’homme, vers l’Autre….(j’en passe et des meilleures…) tout cela
c’est du Beau. Il n’y a pas que les malheureux tableaux des malheureux musées ! Celui qui se peigne le matin devant sa glace après avoir choisi les vêtements qui lui plaisent, celle qui joue
avec ses fards, ceux qui dressent la jolie table pour accueillir leurs amis, celle qui range ses livres soigneusement dans sa bibliothèque, mais aussi (et peut-être surtout) celui qui
écoute l’autre pleurer, qui accompagne l’enfant, qui prend la main du vieillard, qui fait l’amour…enfin pour résumer…qui AIME, Virus, ne fait-il pas du Beau ?


 


D- le beau n’a rien de productif : mais c’est encore heureux,
Virus !!!!


Voici un copié/collé de la célèbre préface de Mademoiselle de Maupin de Th. GAUTIER. Elle
 t’expliquera bien mieux que moi ce qui fait le Beau et ce qui fait l’utile.


 


« Rien de ce qui est beau n'est indispensable à la vie. - On supprimerait les fleurs, le monde
n'en souffrirait pas matériellement ; qui voudrait cependant qu'il n'y eût plus de fleurs ? Je renoncerais plutôt aux pommes de terre qu'aux roses, et je crois qu'il n'y a qu'un utilitaire au
monde capable d'arracher une plate-bande de tulipes pour y planter des choux.
  A quoi sert la beauté des femmes ? Pourvu qu'une femme soit médicalement bien conformée, en état de faire des enfants, elle sera toujours assez bonne pour des économistes.
   A quoi bon la musique ? à quoi bon la peinture ? Qui aurait la folie de préférer Mozart à M. Carrel, et Michel-Ange à l'inventeur de la moutarde blanche ? Il n'y a de vraiment beau
que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid, car c'est l'expression de quelque besoin, et ceux de l'homme sont ignobles et dégoûtants, comme sa pauvre et infirme nature. -
L'endroit le plus utile d'une maison, ce sont les latrines. Moi, n'en déplaise à ces messieurs, je suis de ceux pour qui le superflu est le nécessaire, - et j'aime mieux les choses et les gens en
raison inverse des services qu'ils me rendent. Je préfère à certain vase qui me sert un vase chinois, semé de dragons et de mandarins, qui ne me sert pas du tout, et celui de mes talents que
j'estime le plus est de ne pas deviner les logogriphes et les charades. »


 Théophile Gautier
(1811-1872)


Préface de Mademoiselle de Maupin (1835)


 


Ta pauvre chinoise pour réagir comme elle le fait, a été endoctrinée. On en revient au productif, au
rentable, au pouvoir du pouvoir et ce pouvoir là, je te rassure il n’a pas encore cours en France. En France on montre aux élèves les œuvres qu’on veut ; aucune ne  nous est imposée par
qui que ce soit. Bien sûr on essaie de montrer des œuvres phares, emblématiques des mouvements, des périodes historiques. Car notre matière et l’histoire des Arts qui est une nouvelle matière au
programme depuis cette année avec épreuve au Brevet National des collèges (enseignée par TOUS les enseignants et pas seulement ceux d’A. P.) , s’ancre dans une réalité historique. Elles font
partie d’une culture humaniste nécessaire à la construction d’un citoyen (attention je ne dis pas formatage !)


 


Bien au-delà de l’idée restreinte que les A.P. n’enseignent que des techniques, garde, je t’en prie à
l’esprit, que derrière la tenue du pinceau ou du crayon se cachent aussi l’acquisition de l’autonomie, que derrière une analyse d’œuvre comme « la Liberté guidant le peuple » de
Delacroix ou un travail de groupe le questionnement est aussi celui des compétences sociales et civiques. Et j’oublie plein de trucs comme les aspects géographiques, sociologiques, scientifiques
etc….


 


Les enjeux du Beau et de son approche scolaire ne sont pas que l’harmonie (je crois que c’est le mot
français que je déteste le plus) mais surtout la confrontation des idées, des savoirs, et des savoir-faire, l’apprentissage des savoir-être. Ce qui est Beau pour un prof ce n’est pas le charmant
petit bouquet de fleurs que l’élève aura sagement recopié d’un catalogue « j’apprends à dessiner les fleurs » , mais la joie de la création, la joie que les élèves prennent à
produire.


 


Je te laisse le lien vers le programme d’Arts Plastiques de collège qui sera peut être du chinois pour toi
par moment mais dans  lequel chaque parent peut trouver matière à changer sa vision de l’enseignement de cette matière qui existe depuis 1970 au programme de collège (avant on ne faisait que
du dessin !)


 


*http://media.education.gouv.fr/file/special_6/28/0/programme_arts_general_33280.pdf


 


Ouf, j’ai fait long, désolée mais là tu as touché un point sensible, autant dire ce qui fait ma
vie…


 


Bises


Arthi



francis 01/04/2010 22:57



 


Croire à l’égalité des chances pour les études est un leurre, même avec la meilleure pédagogie
du monde, celui qui n’a pas envie d’apprendre n’apprendra pas et d’autres qui voudront bien n’auront pas les capacités  intellectuelles,c’est
 ainsi, les différences existent dès la naissance,l’égalité est un leurre,il y aura toujours des plus intelligents,des plus malins,des plus
virulents,des plus calmes. On a toujours le choix entre être du « bon côté » ou de celui de la délinquance  ,si en terminale  il est encore besoin  d’expliquer cela,en effet il y a  du soucis à se
faire…,mais c’est vrai que les consignes données pour l’obtention du bac,faussent
singulièrement  l’évaluation réelle des élèves…



Arthémisia 01/04/2010 23:24



Je n’ai pas dit que je croyais à l’égalité des chances pour les études ; mais je crois que nous sommes là nous les enseignants mais aussi toute la communauté
éducative, les parents, le milieu associatif sportif et culturel…pour donner des chances à tous, les biens comme les mauvais pourvus en entendement, les sages et les respectueux et les
trublions.


Il m’est arrivé aussi de voir des « qui n’avaient pas envie d’apprendre » changer complètement de cap en cours d’année scolaire.


Tout est possible à condition qu’on y mette une bonne dose de motivation ! Il me semble qu’un prof motivé, voire même passionné, est le premier exemple
d’allant pour ses élèves. Question de foi peut-être ?


Ou peut-être ai-je trop lu un pédagogue plus du tout dans l’air du temps (hum…), je veux parler de Célestin Freinet.


Je sais que quelque part, traîne en moi une petite parcelle d’utopie et d’aveuglement.


En tout cas, si je ne pensais pas cela, je ne serai plus dans l'E.N.



laure K 01/04/2010 22:12



que de voix pour un silence ! ... "l' enfant n'est pas beau", je comprends bien pourquoi je crois, même si aujourd' hui c'était jour de soupe aux fleurs chez nous ... j' aime beaucoup la
perception/description que tu fais de cette scène. 


ps: la reflexion de Joruri sur la mère, je dois la prendre pour moi?



Arthémisia 01/04/2010 22:20



Rires!!!!!


Silence mais collusif!


Je ne me  permettrai pas de faire un rapprochement quelconque entre les propos de Joruri et ta mère. Tu sais, toi, et là est l'importance. Prends si
cela te convient.


Chacun fait sa lecture. Et je la respecte.



francis 01/04/2010 20:20



Je pense ( donc je suis ), je choisis car avoir le choix c 'est d'être libre,je ne juge pas
j 'évalue car " avant de voir,il faut entrevoir " ( donc pas de Burka   ) et ne je suis pas un " nantis " ,le
plus grand mal de notre société c 'est l'ignorance avec tout son cortège de clichés et d'amalgames ...


http://www.youtube.com/watch?v=yiGLg53_eis


 



Arthémisia 01/04/2010 21:10



Pour penser encore faut-il être en capacité de le faire, s'être entraîner à le faire, avoir pu librement exercer son libre arbître, donc être stimulé à le
faire. Ca aussi ça se travaille à l'école!


Le plus grand mal de notre société, voyons Françis, c'est le fric car il supplée ou du moins fait l'effet de suppléer au savoir, au faire, au réflexif, et au
plaisir de faire fonctionner son corps, sa tête et son coeur.


Ce n'est pas un cliché. C'est mon constat quotidien.



joruri 01/04/2010 19:29



Je n'ai ici l'intention d'étriper personne. même si en ce moment prendre le risque de me faire la morale est sacrément téméraire.


Mais tu es là, toi. peut-être que tu te demandes parfois je suis si ignoble chez les autres, et si rarement et brièvement chez toi, alors je vais te le dire: j'ai entendu ta souffrance, et je
t'ai aimé. Non comme femme, mais comme âme. Par bien des cotés tu es parfois prévisible et irritante seulement moi,
ceux qui souffrent vraiment, je leur tends la main, je ne pense pas, je ne choisis pas, je ne juge pas. Penser est un luxe de nantis.



Arthémisia 01/04/2010 19:35



Sourires....


J'essaie de te comprendre. Je t'accueille et te remercie très très fort pour ta "grande " main tendue. Je l'ai vue.



joruri 01/04/2010 16:58



Cher francis, on peut dire que tu choisi ton jour...


Mais bon, tu ne me connais pas. Continue.



Arthémisia 01/04/2010 17:48



Il me plait, Joruri qu'on arrive à discuter ici et sans s'étriper. Je te souhaite un bon jour, des bons jours à venir!


Continue!



francis 01/04/2010 16:41



Je viens de lire votre « dialogue » je trouve les propos cohérents,et assez justes pour la plus part. Cependant j’ai
toujours un peu de mal avec la généralisation des jugements ;par exemple


« l’immonde télé », « les politiques à nettoyer au…Karcher ,les mornes normes » etc…
Je sais des programmes télé,sur ART par exemple,qui valent mille cours d’histoire,d’art,de géographie etc…
  « Politique  Etymologie : Lat. politicus, le grec vient de ville, cité ; sanscrit, pur, s. f.
purî, s. f. ville, rapportés à la racine pri (i long), emplir, qui est dans puru et dans le grec, beaucoup. Du grec, ville, voudrait donc dire la foule, la multitude. »



Vivre ensembles, les uns avec  les autres et non «  à côté des uns et des autres » nécessite des règles, des normes,il n’y a pas de liberté
sans responsabilité,il n’ y a pas de démocratie sans l’intelligence de la nuance et de l’équité. Chaque individu a sa propre histoire,son propre parcours,qu’il soit d’ailleurs
« propre » ou entaché d’ombres…,peut importe,l’important c’est de toujours regarder d’un œil nouveau,de ne pas devenir sa propre prison en se créant soi – même les barreaux
nommés :
amertume,haine,esprit de revanche,voire de vengeance …J’ai vu récemment «  La Rafle » film que je recommande à plus d’un titre….,eh bien au final,il y a de…l’optimisme ,oui,car en
chacun de nous existe la bonté,la volonté de s’élever au-delà de la souffrance et de l’horreur. Nous vivons une époque transitoire,où malheureusement les « vieux réflexes » de la peur
du changement,de la remise en question,nous enferment dangereusement vers le dicta du « bien penser »,du  « bien dire »,du
communautarisme sectaire. Je m’interroge toujours sur l’impact du « populisme » dans les périodes difficiles qui fait par exemple désigner du doigt telle ou telle catégories
socioprofessionnelle à cause des revenus annuels…Il faut que tout le monde assume les conséquences,les retombées des choix de vie «  aide – toi et le ciel t’aidera » en premier,ensuite
la solidarité sociale,non pas comme une
  « béquille à vie »,mais pour conduire vers la dignité et la liberté.



Arthémisia 01/04/2010 17:47



Francis, relis bien ce que j’ai écrit. Si je parle de l’immonde télé, c’est bien parce que :



1 - elle n'offre aux enfants et aux ados qu’une image falsifiée de la vie, un monde où l’idéal est la possession, un monde où se vomit une superficialité
écoeurante. N’oublions pas que les jeunes sont sensibles à ces attraits, qu’ils sont souvent dans l'incapacité d’avoir des partis pris affirmés d’identité, que leur monde c’est le groupe,
qu’ils sont des proies faciles pour toutes les manipulations marchandes, et qu’ils tombent comme des mouches dans le mimétisme imposé par les modes.





2 - elle est passive (donc absente du FAIRE, du plaisir du faire).  Le spectateur et spécialement le jeune (j’en reviens à mon idée de parti-pris) est
un vase dans lequel le média verse, et verse encore ses inepties débilitantes, ses grossièretés, sa daube ;





3 - et que les rares programmes qui pourraient les faire « grandir », ils ne les regardent pas, parce que …je le dis haut et fort, leurs parents
ne les regardent pas ! Je sais je n’enseigne pas à Henri IV…



 


Quant à la norme, si tu veux parler d’un cadre de respect, de vie en bonne intelligence, de responsabilités, de justice (j’en passe et des meilleures), il
est bien évident qu’il doit exister. Mais c’est bien en développant l’intelligence, en travaillant sur la responsabilisation, en se questionnant sur la justice, en posant des questions
ouvertement aux jeunes sur ce qui fait leur quotidien qu’on arrive à leur faire vivre une vie avec les uns et les autres. La loi doit être comprise et acceptée. Sinon on fait vite des hors la
loi.


Bien sur « aide toi, le ciel t’aidera »…mais aussi, et pourquoi pas….aidons les, aidons nous ?


 



joruri 01/04/2010 16:14



Il y en a à qui ça pourrait rappeler leur mère dans les mauvais jours...



Arthémisia 01/04/2010 17:32



Je ne te parlerai pas de la mienne.
D'autant qu'il ne s'agit ici (puis-je dire bêtement?) que de la mort.


 



joruri 01/04/2010 15:36



Il faut avouer que l'œuvre exposée aujourd'hui à sa part dans les propos tenus.


C'est ce qui reste quand même la ténèbre s'est enfuie !



Arthémisia 01/04/2010 15:40



Un pétinement.


A l'envers. Donc ce qu'on en perçoit.


Comme quoi une image ne peut rester une image...:


http://corpsetame.over-blog.com/article-1154-la-goutte-qui-fait-deborder-le-vase-ou-parce-qu-une-image-ne-doit-pas-rester-qu-une-image-47067760.html


 



joruri 01/04/2010 14:39



Je ne lutte pas contre. je lutte pour. Pour la vie. Ce qui n'empêche pas la lutte d'être sans merci. ce temps est passé, mais réveille, par inadvertance, cette rage là, et cours !


Tu sais ce que c'est d'être né et de devoir commencer sa vie en défendant la sienne chaque jour en face d'institutions débilitantes comme l'école- qui est la machine à transformer des hommes en
consommateurs, la famille, les mornes normes, les coups, les injures, les prisons, les brutes, les caméras de surveillance, les politiques bons à purger au karcher ? Connais-tu la lutte pour
avoir le droit d'être humain ?


 



Arthémisia 01/04/2010 15:32



Eh bien moi, pauvre petite prof d'Arts Plastiques, arrivée dans le système de l'Education nationale un peu par hasard et sur le tard, dis toi que c'est bien
ce qui m'y a le plus choquée quand j'ai débuté. Et c'est encore ce contre quoi je lutte, dans les murs du mammouth, quotidiennement, pour que chaque élève ai le droit à sa place.


Seulement il faut encore que le malheureux, car il n'y a pas d'autre adjectif, m' arrive avec encore un tantinet de "fraîcheur", de liberté (revois au besoin
la vidéo sur la prof d'A.P. que je t'ai envoyée dernièrement) et la tête pas encore trop formatée par ...les images qu'il reçoit aussi dehors, la pub, L'IMMONDE TELEVISION, le discours immensément consummériste des parents qui n'imaginent la réussite de leur enfant que par le compte en banque qu'il remplira par son
futur job (ou pire ...sa future activité...j'ose le dire, illicite). Car réussir sa vie pour 99 % des parents que je reçois et des élèves qui hantent ma classe, c'est accumuler du
fric.


Alors là, oui, je me rebelle! parce que moi, je n'enseigne pas à mes élèves comment entasser des billets de banque. J'essaie de leur montrer, de leur faire
découvrir ou redécouvrir le Beau, de leur donner le goût et l'élan vers ce Beau, et de leur faire comprendre qu'il y a bien plus de PLAISIR (j'emploie ce mot dans toute son amplitude) à faire,
qu'à acheter.


Car être humain pour moi c'est surtout faire, avec ses mains, sa tête, son coeur, son âme et tutti quanti!


Si je transforme un peu mes élèves, c'est juste en leur ouvrant la porte, en l'entrebaillant très peu parfois, afin qu'ils sachent qu'il existe autre chose
que du normatif, du copié/collé, du bling-bling et de l'envie non assouvie (celle qui justement peut les conduire derrière les barreaux dont tu parles).


J'ai ma part d'utopie. Joruri, ne me l'enlève pas : j'ai encore des années d'enseignement à faire et je crois au petit miracle journalier, tu sais celui qui
t'amène un élève à la fin du cours, celui qui te demande ce qu'on a écouté pendant les 2 heures du cours (parce que tu essaies de proposer d'autres choses que des crachas de rue alors que tu n'es
même pas prof de musique!)  et qui, quand tu lui auras parlé un peu de Glen GOULD et de BACH, revient la semaine suivant avec un CD vierge pour que tu lui graves les
préludes.


Ce n'est pas à toi que je vais dire que Dieu, ou peut-être un dieu, existe. Il m'arrive de le rencontrer dans ma classe.
Heureusement. Et je le remercie.


 



joruri 01/04/2010 10:52



Moi un jour, après une journée et une nuit de train, on m'a abandonné dans un centre à l'autre bout su pays. On était alignés avec nos bagages à la main à la queue leu leu. On nous distribuait
une sorte de trousseau un uniforme, et tout un tas de devoirs. Arrivé à la hauteur des femmes distribitrices, l'une d'elle se tourna vers sa collègue en disant: " Qu'est-ce qu'il a l'air con
celui-là". Elle ne savait pas que j'étais capable de la pousser au suicide. Quand je suis reparti, des mois plus tard, tout le monde priai pour ne plus jamais me rencontrer nulle part et avait
appris à se montrer poli. j'étais capable de me suicider pour qu'ils soient accusés de meurtre.


 



Arthémisia 01/04/2010 13:08



Certainement vivais tu de grandes souffrances.


Mais par réaction, contre qui luttais tu? Les autres? Toi? Ou la mort...?



Ut 01/04/2010 09:15



Hum Arthi.... Je suis en admiration devant les mots écrits et ordonnés et fléchis, réfléchis, torturés, qui reflètent une parole presque anodine d'une belle journée à photos devant la vitre d'une
oeuvre.... Tu es magnifique et brillante... tu es la fleur mouillée sur l'arbre qui ne peut pas comprendre comment il te faudrait éclore!


Je t'embrasse si tendrement!



Arthémisia 01/04/2010 09:22



Et pourtant tu peux deviner ce que Dieu et T. savent :  combien ce texte fut mouillé.


Moi aussi je t'embrasse fort.


Arthi


ps: merci de ton entousisame devant mon écriture somme toute souvent très "crachée".


Et merci pour la fleur. Si je m'attardais trop sur elle je serai capable de pleurer alors zou! au boulot!



francis 01/04/2010 08:23



« Dans un monde éloigné du nôtre
À un temps raconté par d’autres
Vivait un jeune homme qui admirait les oiseaux
Icare son nom, il regardait tout en haut
Dans ce monde, maintenant le nôtre
En ce temps ignoré par les autres
Vit un homme en quête de douceur
Hélas depuis longtemps, il ne vit que douleur
Dans un monde peut-être imaginaire
Un jeune homme vécu l’extraordinaire
Pour l’aider à fuir, son père lui fit cadeau
Une paire d’ailes pour voler, voler bien haut
Dans ce monde, près d’ici sur terre
Un homme rencontra une femme pas ordinaire
Elle était belle, douce et agréable
De cette beauté grisé, sentiment incroyable
De ce monde, éloigné du nôtre
Cette histoire racontée par d’autres
Du jeune homme, grisé volant bien trop haut
Et ses ailes brûlées, il mourut dans les eaux
Dans ce monde, maintenant le nôtre
En ce temps ignoré par les autres
Le cœur d’un homme craint de s’effondrer
Devant la douleur d’une fausse amitié »



Arthémisia 01/04/2010 08:28



Merci. En grisant j'avais réussi à lire!


(phrase à lire totalement au deuxième degré!)



francis 01/04/2010 08:18



« Quelquefois, l’enfant n’est pas beau… » c’est le cas quand « l’enfant roi  » est le mode
« d’éducation »…T ne fait – il pas que d’expérimenter le syndrome d’Icare :


 


«  Dans un monde éloigné du nôtre
À un temps raconté par d’autres
Vivait un jeune homme qui admirait les oiseaux
Icare son nom, il regardait tout en haut
Dans ce monde, maintenant le nôtre
En ce temps ignoré par les autres
Vit un homme en quête de douceur
Hélas depuis longtemps, il ne vit que douleur
Dans un monde peut-être imaginaire
Un jeune homme vécu l’extraordinaire
Pour l’aider à fuir, son père lui fit cadeau
Une paire d’ailes pour voler, voler bien haut
Dans ce monde, près d’ici sur terre
Un homme rencontra une femme pas ordinaire
Elle était belle, douce et agréable
De cette beauté grisé, sentiment incroyable
De ce monde, éloigné du nôtre
Cette histoire racontée par d’autres
Du jeune homme, grisé volant bien trop haut
Et ses ailes brûlées, il mourut dans les eaux
Dans ce monde, maintenant le nôtre
En ce temps ignoré par les autres
Le cœur d’un homme craint de s’effondrer
Devant la douleur d’une fausse amitié » 



http://pdesmots.blogspot.com/


 


Celà  écrit ,à part le cri...je ne vois pas le rapport avec le...silence.SILENCE on tourne



Arthémisia 01/04/2010 08:26



T fait chaque jour l'expérience de l'enfant. Comme moi et peut-être encore plus intensément que moi. Là n'est pas la question.
Les mots "Quelquefois, l’enfant n’est pas beau… " sont les miens...et simplement une image. La métaphore d'une douleur, bien
sur. D'un arrachement.


Ce qui m'importait ici c'était plus le résultat plastique de l'acte que l'acte ou  l'acteur
lui-même  autant dire les fleurs mortes flottants dans la flaque d'eau...