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1153 - Deux nous

Publié le par Arthémisia

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C’est con de penser à ça maintenant, à 6 heures du matin.  

Il n’y a rien qui nous sépare au fond. Nous sommes probablement et simplement hors de vue. Provisoirement.

Je sais : il y a du provisoire qui dure. (Ce n’est pas à moi qu’il faut parler des canapés qui ne sont jamais lits.)

J’ai pourtant la forte sensation de te voir, de te voir plus. Et mieux. C’est peut-être  une déformation professionnelle, tu sais celle qui me fait me fabriquer des images, là dans ma tête, bien avant de (ne jamais) les réaliser en vrai sur le papier blanc, celui du jour.

Il faut que je t’avoue un truc : je crois bien que je t’aime.

Oulala ! J’ai peur de n’avoir pas dit ces mots depuis au moins dix ans. On vieillit tu sais, on vieillit et les mots perdent de la valeur. Enfin pour ceux à qui on les dit.

Mais ça, je veux dire aimer,  c’est un truc qui ne peut pas fonctionner à sens unique.

Avec toi, au moins on est deux. C’est rassurant. Parce que l’histoire n’est pas finie. Enfin, je ne crois pas. T’en penses quoi, toi ?

…Je sais : c’est con de penser à ça maintenant, à 6 heures du matin.  

Rendors-toi.

Je vais bosser.

© Arthémisia – avril 10

Avec : Pablo PICASSO – Petite fille sautant à la corde – 1950

- Plâtre, céramique, osier, boîte métallique, chaussures, bois et fer- Musée Pompidou.

Copyright © Estate of Pablo Picasso/Artists Rights Society (ARS), New York

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fazou 04/04/2010 15:57



un beau texte.



Arthémisia 04/04/2010 17:35



Ce n'est peut être qu'une belle pensée?


Bon dimanche de Pâques, Françoise.



gballand 04/04/2010 07:26



Suater à la corde avec le verbe aimer... il vaut mieux ne pas s'emmêler les pinceaux !



Arthémisia 04/04/2010 17:34



Tout doit probablement dépendre de la personne à laquelle on le dit.


Bon dimanche de Pâques.


Arthi



juliette 03/04/2010 17:33



Partir bosser en laissant derrière soi ce qu'on aime, en fait on ne le laisse pas, il nous accompagne, comme une ombre



Arthémisia 03/04/2010 21:03



Comme un être, vivant!



Servanne 03/04/2010 16:54



Le décalage entre la profondeur des pensées et les realias qui nous font sortir du lit et en vitesse ...ça fonctionne à merveille !


Allez je repars mais je garde des choses en moi ...


 


Bisous artistiques



Arthémisia 03/04/2010 21:03



ET moi donc! Il ya des choses dont on ne peut se défaire même au boulot!


Bises


Arthi



francis 03/04/2010 07:52



" D'une fille en manque de son père "...eh ben voilà,commençons par le début et le plus important  au lieu
d'avancer masquée et fardée d'images et de mots " définitifs " Léo avait raison :


« Quand j'emprunte des paradoxes, je les rends avec intérêts.
J'enrichis mes prêteurs qui deviennent alors plus intelligents.
Le taux usuraire de l'astuce n'est jamais assez élevé.
Je ne sais pas d'où je viens mais je sais que je suis là…


…Il y a l'amour... peut-être. C'est une solution, une solution à un problème qui reste un problème. Alors... Rien.
Une solution... Un problème... Par quoi commencer?
On donne et on te prend. Celui qui prend a l'impression qu'il donne...
Arrange-toi avec ça, si tu peux. Il y a derrière les yeux des gens, une cité privée où n'entre personne.
Une cité avec tout le confort d'imagination possible. Les gens que tu vois chez toi, sont d'abord chez eux. Ils ne te voient pas.
Ils se singularisent dans l'immédiate et toujours constante défense de soi. Ils ont peur. Ils sont terribles, les gens.
Ceux que tu appelles tes amis, ce sont d'abord des gens remplis du moi qui les tient en laisse.
L'homme est un "self made dog"... »


 


ps. un p'tit coucou au passage à " JORURI " qui a une idée  bien particulière du ...dialogue,  à se " nourrir
" chez lui on doit souvent s'endormir le ventre...vide


 


 



Arthémisia 03/04/2010 14:42



Relis l’en-tête de mon blog, Francis. Ma proposition ici est de mettre en rapport texte et image. Je pose, je dépose et ceci le plus religieusement du monde,
 une image que j’appelle un « avec » en parallèle de mon texte. Elle peut aider à la lecture, donner des pistes ou n’être qu’un prolongement d’un discours que mes lecteurs
peuvent trouver abscons, elliptique voire verbeux. On m’en a déjà fait la réflexion. Je m’en moque. Mais il n’est pas masqué, pas fardé.


Je n’écris pas pour me cacher. C’est même tout le contraire. J’écris pour moi avant tout. Je ne me vends pas, ne vends pas mes mots, ni ma pensée. Je dis,
c’est tout.


Ce texte bien sûr est avant tout pour lui (il est d’ailleurs classé dans la catégorie  «  for you ».


Puisque tu évoques l’idée du prendre et du donner, il ne s’agit ici que d’un simple don, celui de ma parole (d’Amour) et je n’ai que cette solution et j’en
suis fière, à un homme à qui j’ai bcp pris et qui fort heureusement m’a appris à ne pas être un dog mais à me construire non en tenant les autres
en laisse mais dans le lacis des « faveurs » humaines enrubannées.


Se faire soi-même OK, (la vie n’est-elle pas toujours qu’une histoire entre soi et soi – dixit en substance Yves NAVARRE) mais dans le nid, la
maison, voire le cocon humain.


Donc point de peur, aucune idée de guerre ou de rapport de force (tu parles de défense), car je me plais comme mon père, à garder les yeux grands ouverts et
laisse à chacun le droit de ne pas tourner son regard vers moi ;


 


Quant à Joruri, son dialogue, il l’entretient principalement avec (son) Dieu. Ceci n’exclue aucunement humain. C’est peut-être justement pour cette raison
que ses mots deviennent parfois violents. Mais je ne suis pas son ombre. Ni son émule. Je ne parlerai pas à sa place. Il a sa part, sa grosse part d’enfer. Je sais, cela ne pardonne
rien.


Mais il m’a simplement tendu la main à maintes fois, et rien que pour cela il est et reste mon ami.


Amitié.


Arthémisia



Max 03/04/2010 06:28



... tout à l'heure, vers 4h, Brel m'a réveillé, bien sûr c'était un rêve. J'en étais tout "imprégné" de la veille. L'écoute attentive de l'interview de
Knokke 71 que je ne connaissais pas, induite par le "com" posé ci-dessus.


Brel a été un "mauvais" père. Il a fait, il a défait, il a filé. Je suis certain pourtant que ses trois filles ont retrouvé le chemin de son coeur. Dans mon
rêve qui se passait dans un bureau (université ?) Brel rentrait et je lui "sautais" dessus en lui disant "Jacques ! C'est incroyable comme je t'entendais nettement dans ton
interview..."


Ton père, Arthi, tu l'as en toi comme j'ai le mien en moi. Un père qui ne m'a guère parlé pluis d'une demi-heure en un demi-siècle. Je crois alors qu'il faut
tout "fabriquer". Fabriquer une vie, fabriquer un père, fabriquer un coeur, fabriquer des amours. Attends, tout ça c'est pas du bluff, c'est pas du toc, c'est pas fabriquer de la "fausse
monnaie". C'est construire. C'est faire. Action de vie. Vitale. Obligatoire !


La seule chose monumentale que je retiens de ce que dit Brel c'est "FAIT !" Conjugué à l'impératif. Impératif dont je sens la conséquence
criminelle, si elle n'est pas faite justement, pas entreprise.


Car, "après" ou  "plus tard", c'est trop tard, toujours trop tard.  Du moins pour cette vie...


On n'est en manque que de soi. Que de ce que l'on a pas fait. Je te sens très proche Arthi. Je te sens forte comme un roc de granit breton
balayé par une tempête comme celles dont la mer d'Iroise a le secret ! Un roc, survivant aux siècles, survivant à tout.



Arthémisia 03/04/2010 14:23



Tu as des rêves extras !


Personnellement je n’ai pas eu à fabriquer mon père. Ce qui a été est encore présent de façon puissante et certainement enjolivée (la mort nous fait souvent
idéaliser les êtres que nous avions en affection).


Pas de bluff, de toc, pas de fausse monnaie. Avec lui, j’ai toujours payé cash.


Construire. Faire. Comme ces verbes me parlent ! Ils durent, durent et sont la principale raison de mon Amour.


Ce que je n’ai pas fait ? Ce que je ne ferai pas ? Il y a plein de choses ! Je ne suis pas aveugle. Et je me sais…un peu ( !). Mais peut
être que le non fait donne bcp plus de valeur au fait ?


 


Quant au granit breton….en lisant ça, je suis morte de rire. Et j’aimerai savoir s’il existe des pierres dures à l’extérieur et très friables en leur
centre...à moins que ça ne soit l’inverse ….mais ça je sais :


« Plus l’enveloppe extérieure se fane plus se fait clair et brillant et fort le noyau. » écrivait NOVALIS ( in Les Disciples de
Saïs) .


 


Proche ? A touche-touche probablement. Il est des sensations qui ne trompent pas, Max.


Je t’embrasse.


Arthémisia



châtaigne 02/04/2010 23:43



"Je crois.." de moins en moins sûr ? craintes ou précautions?



Arthémisia 03/04/2010 01:54



Ni les unes ni les autres. Juste un zeste de pudeur.


D'une fille en manque de son père. 



Max 02/04/2010 22:34



la mort des mots : ... le désert de l'incommunicabilité, la porte close. Et ça ça tue.


"Bon, dis l'homme, je vais me rendormir en pensant à ces mots, en les serrant contre moi..."



Arthémisia 03/04/2010 01:52



N'y pense pas trop Max. Ca fait mal et ça empêche de dormir.


Arthémisia (presque 02h du matin...)



Bifane 02/04/2010 14:14



A la réflexion, il me semble n'avoir jamais eu ce genre de réflexion qu'en des moments a priori incongrus. Ce sont peut-être les seuls où l'esprit se libère suffisamment pour pouvoir aborder nos
rivages les plus intimes ?



Arthémisia 02/04/2010 14:51



Tu as raison Bifane, ce sont souvent en ces moments de basculement, ces moments où on est plus tout à fait là et par encore tout à fait ailleurs, ces espèces
de no man lands, de zones qui semblent inhabitées tant par les autres que par nous, ces moments de grande vacuité, que viennent à nous les mémoires les plus fortes.


Quel dommage qu'ils ne puissent durer! Le bon est toujours si court....


 



laure K 02/04/2010 12:00



laisser venir la cadence, j' aime beaucoup ce lâcher de phrases à l' autre, c'ets touchant de le partager ici, si seulement mon autre s'attardait à me lire ...



Arthémisia 02/04/2010 14:49



Il y a abscence et absence. Il y a autre et autre. Le mien ne lit plus mais sait, j'en suis certaine.


Merci pour tes passages et tes lectures personnelles, Laure K.


 


 



Semeuse 02/04/2010 10:04







Arthémisia 02/04/2010 10:06



Je prends !


Et je rends....



francis 02/04/2010 09:51



 


«  Mourir n’est rien,mais vieillir… »


Jacques Brel


http://www.youtube.com/watch?v=cKRyMJ36jLw



Arthémisia 02/04/2010 10:03



Merci pour l'interview de Brel.
Il dit qu'il n'a pas bien compris les femmes. Que dirait-il aujourd'hui où le rêve des femmes est très très loin de pondre un oeuf  et de garder un homme (sic) : mon Dieu
ce que cette vision des femmes est datée, réac et très très machiste! N'est ce pas le bon moyen de garder bobonne à la maison et de la réduire à l'état de pondeuse et de servante dépendante de
son maître de mari ?...


Et pourtant il me semble que bcp d'hommes pensent encore ça des femmes!





Quant au vieillir, pour les êtres il n'est que douleur. Mais on lutte!
Pour les mots, il me semble que leur mort est pire: elle est le silence, le désert de l'incommunicabilité, la porte close. Et ça ça tue.



Ut 02/04/2010 08:37



"On vieillit et les mots perdent de leur valeur"... comme association à la distance que met la vie entre nous et eux ; comme association à l'immédiateté que met la mort entre nous et eux (lui,
ici)....


Magnifique!



Arthémisia 02/04/2010 08:42



Merci Ut.


Comme quoi la vie peut faire se perdre le mot et la mort le renforcer...