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1187 - Les Coins sans poussière

Publié le par Arthémisia

 

http://ww3.ac-poitiers.fr/arts_p/bodegon/ARCHIVES/angle/morel3.jpg

 

 

Il fait fond dans le pot d’or. Ca colle. Ca brille très fort mais ça colle.

Ce n’est qu’une histoire un peu triste. Et poussiéreuse. Il y a toujours de la poussière dans les coins, quoi qu’on y fasse.

Le chemin est parsemé d’images, de vieilles images rancies auxquelles on ne peut plus s’attacher. D’ailleurs elles tombent toutes seules du mur en faisant un bruit que personne n’entend. Sauf elle.

 

Devant  la tragédie du paysage, de son paysage, elle est  devant le temps. Il lui faut avancer. Il lui faut s’arracher à l’enracinement dans la terre d’ombre. Marcher. Marcher. Sur les images.

 

Alors que la soupape chuchote et tournicote, avant que tout pète, qu’elle prenne vraiment le pot au feu dans la figure, elle lui faut limoger la porcelaine. L’argenterie ne rie plus, non plus. Le terne sonne le terme.

Il lui faut partir vers ce qui fait peur.

 

Quelqu’un qu’elle ne saurait nommer, lui a dit : « La vie est au coin de la rue. »

Ce n’est qu’une expression frappée au coin du bon sens.

Dans ces coins là pourtant elle a la vague sensation qu’il n’y a pas de poussière.

 

Alors elle a décidé qu’elle n’emmènerait pas de balai.

 


Avec : Œuvre de François MORELLET – Exposition A Angles vifs – CAPC – Bordeaux – Eté 2004

 

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O. 24/05/2010 19:11



N'y a-t-il pas une certaine excitation à chercher l'aventure au coin de la rue.


Encore faut-il bien choisir sa rue


 


Bises



Arthémisia 24/05/2010 20:41



Où ceux qui la fréquentent....


Bises


Arthi



nicolas 21/05/2010 22:41



OK Merci


A+


Nicolas



Arthémisia 22/05/2010 09:40



Je les collectionne!


 



nicolas 21/05/2010 06:43



Je vien sde voir votre blog il est intéressant vous êtes un peu poête...


Bonne continuation


Nicolas, Montréal



Arthémisia 21/05/2010 21:33



Un peu?....


Merci de votre passage, Nicolas et bravo pour votre travail. J'aime bcp votre tortue.


 



poete enrage 20/05/2010 10:22



En chaque coin demeure un danger et d'autres choses



Arthémisia 20/05/2010 12:56



En chaque coin demeure une aventure, une découverte. La vie...put....! La vie!



châtaigne 19/05/2010 20:39



Je suis profond-aimant avec tout ce que tu dis être ta vie...mais les lieux m'importent aussi ...avec les nuages qui me font vagabonder. Merci pour ton blog où je passe  chaque jour
souvent sans laisser de traces.



Arthémisia 19/05/2010 20:58



Merci de tes visites et de toutes tes pensées sensiblement évoquées.


Belle soirée.


Arthi



châtaigne 19/05/2010 19:20



"S'arracher à l'enracinement" laisser l'argenterie ternir et les images s'affaisser, aller à un autre coin de rue pour se surprendre ? être surprise? Ne pas se figer , sentir qu'il y a un
mouvement, une palpitation possible.Le balai peut te sevir pour accrocher ton baluchon de nomade.


Je parle facilement mais je suis une terrienne..et j'essaie de faire des courants d'air sur la poussière. ( préfères-tu les bulbes aux racines? )



Arthémisia 19/05/2010 19:36



OK pour le baluchon de nomade. Je ne suis pas terrienne; je ne m'attache pas spécialement aux lieux mais plus aux  gens et aux objets qui les entourent.
Histoire de les lire mieux.





Pas de bulbes ni de racines pour moi.


Je préfère les pollens et les sèves, les pigments et les jus...Questions de couleurs, celles du temps qui passent probablement. Et de leurs traces, bien
sûr.


Celles qui s'impriment dans les chairs amantes, aimantes, aimantées et que rien ne peut enterrer, celles qui font la foi.En soi.



lutin 19/05/2010 10:34



La poussière que l'on ne peut pas atteindre est celle que l'on a dans la tête, c'est la même que l'on croit voir dans tous les coins alors que la serpillière a fait son travail, tout vient du
cerveau, inutile de secouer le chiffon à la fenêtre il n'en tombera rien, la poussière de l'intérieur est en vase clos.



Arthémisia 19/05/2010 17:13



A secouer alors. Se secouer, réagir et ne pas se laisser envahir par les nauséaux miasmes de non-vie.



UtEh ben dis donc! 19/05/2010 07:49



Cette histoire d'image qui tombe... c'est ça Arthi!... D'aucun n'ont pas le courage de l'entendre même se froisser, et continuent à ne pas vivre, puisqu'ils sont par terre, effacé ; piétinés
souvent.  D'autres ont assez de ciel dans l'âme pour vouloir renaître vers l'inconnu.... S'il en est besoin, j'allumerai une étoile dans mon ciel, pour qu'il éclaire le tien les jours de
tempête, de vent, de trop nuages.


Suis ton écriture si belle et vraie!


Je t'embrasse.


 



Arthémisia 19/05/2010 17:12



Elle avance au milieu des images déchues, déçue de la disparation des couleurs et des lumières qui font une vie.


Elle garde le regard tendu vers les étoiles. Merci de l'accompagner.


Moi aussi je t'embrasse


A.



francis 19/05/2010 06:49



Coincé dans un  coin, comme un coing,je me dis que «  la culture c’est comme la confiture… » 


Et çà m’en bouche un …coin 


http://www.youtube.com/watch?v=EqKxdRCYl2I


 




Arthémisia 19/05/2010 07:01



Gloup....Quelle souffrance!


Evidemment ce n'est pas du tout mon univers...


Chacun sa tasse de thé. J'en reprends une gorgée et retourne  vite à mes livres, histoire que tous sachent combien je me la
péte.



frédéric 19/05/2010 03:54



J'ai bien peur qu'il y ait de la poussière dans tous les re-coins fussent-ils de rue


mais cela n'empêche pas de jouer le balais dans une danse renouvelée tous les jours comme on polit une tuile pour en faire un miroir.


Je te souhaite une belle journée, celle qui vaut la peine d'être vécue, celle qui vient, celle qui est


frédéric



Arthémisia 19/05/2010 06:34



L'expérience est faite. Le boeuf fut aiguilloné, le char huilé et entretenu.Et pourtant plus rien n'avance.


Il me semble qu'une autre voix existe, celle du marcher seul, de l'aller seul ...derrière le nuage. De toute façon cela fait bien longtemps qu'il n'y a
personne pour danser avec nous devant le miroir.


Merci pour la journée. Je vais faire qu'elle soit belle même si à 6h30 du matin je n'ai qu'une envie : retourner au lit!


De belles heures à toi aussi mon ami.


Je t'embrasse.


Arthi



tilk 19/05/2010 00:36



superbe fin....et puis j'adore tes jeux de mots..en somme un bel article


besos


tilk



Arthémisia 19/05/2010 06:22



Merci Tilk.


J'y ai réfléchi encore cette nuit : il n'y a que les sorcières qui ont besoin de balai.


Bises


Arthi