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1203 - Croire au Phénix

Publié le par Arthémisia


En réponse à la dernière consigne de Juliette sur Papier libre…évoquer les braises et les cendres…..

 

http://givethemhell.files.wordpress.com/2008/07/pic0001_06402.jpg



 

 

Je l’ai toujours dit : je ne voulais pas être incinérée.

Et pourtant une fois de plus tu ne m’as pas écoutée.

 

Moi je rêvais de funérailles en grandes pompes, d’une Toccata de Bach, d’un cercueil d’acajou et de bronze, d’odeurs de cire et d’encens à vous soulever le cœur et l’âme et de mes amis effondrés.

Je rêvais d’un éloge lu par elle ou par lui, un éloge de ceux qui font tomber les jeunes filles sur leur prie-Dieu et pleurer même les plus durs machos.

Je rêvais de reniflements, d’yeux rougis, de condoléances graves.

Et surtout je rêvais de retrouver le premier homme de ma vie, là-bas.

 

Tu as dû penser que tout cela était prétentieux, inutile, et égoïste. Et que de toute façon je ne serai plus là pour le voir.

 

Mais tu as tout bien fait ; ni elle ni lui de sont venus. Pas prévenus. Il parait que nous n’étions plus amis depuis longtemps. Ca c’est toi qui le dit.

Et puis ça t’a coûté moins cher.

 

Que vas tu faire de moi maintenant ? Tu pourrais me poser sur la cheminée sauf que tu…. n’as pas de cheminée. Tu pourrais te servir de moi comme cale-porte. Je l’ai déjà vu faire. Tu pourrais me jeter dans la mer ou encore m’oublier au fond du jardin.

Oublier…

 

Tu dois t’imaginer que désormais j’erre dans mon obscur. Et que ça, ça ne change pas beaucoup de ma vie.

Alors pourquoi mourir ? Pourquoi devenir cendres si c’est pour continuer comme avant?

 

Mais je vais t’en apprendre une bien bonne : il existe des gens qui aiment la vie en très grand. Ici, je me sens déjà à l’étroit. Ca doit être mon côté expansif, comme tu disais.

 

Au fait, crois-tu au Phénix ?

 

 

Copyright © Arthémisia – juin 10

 

Avec : Katsushika HOKUSAI – Phénix

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bleu virus 14/06/2010 12:00



Nous voulons tous être des maitres et pas des élèves !!! pourtant l'apprenti (la première lame du tarot) nous l'enseigne ;



Arthémisia 14/06/2010 17:24



Et pourtant je crois que tu généralises : personnellement j'aime tellement apprendre que je préfère être élève que prof.


Mais "on paie mal un maître en ne restant toujours que son élève".


Friedrich NIETZSCHE - Ainsi parlait Zarathoustra - Edt au sans pareil- 1983, page 89


 



bleu virus 13/06/2010 19:41



J'adore ce texte tragi-comique pour l'éclairage qu'il apporte sur un des evenement qui nous est des plus insuportable à éprouver: notre propre disparition. Comme dit le chanteur Raphaël: "finir
ainsi, mon Dieu quelle déconvenue !!! Qu'adviendra t-il de nous  pour ceux qui restent? bons ou mauvais souvenirs ? Pourquoi, pour QUI sont venus ceux qui nous précédaient ? qu'avons
nous retenu ? oublié ? Creuser un chemin est une saine entreprise au moins d'autre l'emprunterons du moins si il convient ! sinon que dire qu'il n'y a de sens que dans le bon sens d'accepter la
vie comme elle vient!


  (lunette de circonstance!) et des bisesss



Arthémisia 13/06/2010 20:37



Ce qui me parait le plus désagréable c’est de ne pas être écouté(e) même au –delà de la vie. Le bon sens devrait surtout dans
ces moments être simplement teinté de respect.


 


Bises


Arthi









lutin 10/06/2010 13:03



Et oui même mort on est encore encombrant comme nous l'étions avant de mourir, avant la naissance qu'étions nous, là c'est le trou de mémoire.



Arthémisia 10/06/2010 13:10



Pour ce qui est de la mort, tu as raison lutin


Quant à avant la naissance, je sais aussi combien le non voulu peut encombrer....
Mais je sais aussi combien le non voulu peut aussi être aimé!


Point de rêgle devant le sourire de l'enfant...



joruri 10/06/2010 00:00



Je suis dans les Orcades. http://gemmes.hautetfort.com/


Le phoenix qui se lévera, ce sera le soleil.



Arthémisia 10/06/2010 06:03



Jolie région...je suppose...



joruri 09/06/2010 23:02



Feu et cendre...Ça résume tout l'univers.


 


la verdure et les filles c'est juste pourf taire semblant...la matière est préstidigitatrice. Prestige digitâteur...


(je passe entre le corps et l'âme, en voyou masqué de la nuit.


Seule la nuit me dévoile.)


Le phoenix, c'est le feu sans fin recommencé. pauvre bête...



Arthémisia 09/06/2010 23:08



Comme la nuit me dévoile!....



Ut 09/06/2010 11:51



Whaou! Il y a tellement de choses là dedans!


J'adore, j'adore, j'adore!!!!


Reste en vie : nous avons besoin de ce rouge et de ce côté expansif, comme on dit!... La braise n'a pas fini de clignoter ses feux sarcastiques; son rire pétillant ; son parfum unique ;
ses sursauts magiques... Toi, quoi!


Et derrière la braise... il sera toujours temps, parce que tu as raison : l'éternité, c'est trop étroit.



Arthémisia 09/06/2010 16:40



Seules les POt-iches doivent supporter l'étroitesse de leur petit confort, de l'oubli visqueux de la vie (et de la mort) asseptique et
sage. 


Rien que d'y penser, j'en ai la nausée.