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1209 - Celles qui vont à Sainte Anne

Publié le par Arthémisia

 

http://www.histoire-image.org/photo/fullscreen/gal53_redon_001z.jpg

 

 

 

D’une cuillère d’argent, elles mènent à leur bouche

Les pétales du matin comme leur dernière cartouche.

 

Elles aiment le café dans une tasse chocolat

Car elles ont de son culte tout un apostolat.

 

Elles portent de grands chapeaux, orange comme le vent,

Arpentant les rues grises aux regards dépravants.

 

Elles ont de ces richesses qu’on ne prête qu’aux folles

Celles qui n’ont rien à faire de tout le protocole.

 

Elles détestent, c’est sûr, le magnifique écran

Qui à l’horreur fait suivre le désodorisant.

 

Aux cafards des familles elles préfèrent le chant,

L’araignée pour compagne et ses mots attachants.

 

Elles aiment les bâtards, excentriques, bouffons,

Les vers blasphématoires, et Verlaine, et Villon,

 

Les truffiers de couloirs, les peintres de trognons,

Les éjaculatoires des couleurs qui disent « non ».

 

Elles ne cherchent plus rien ou peut être Egon Schiele ;

Rembrandt ou bien Bacon les rendent immobiles.

 

Restez en canapé, sûrs de vos possessions.

La Beauté les fait vivre. Gardez votre pognon !

 

Vous le savez très bien ;  rentrez dans vos chenils :

Elles courent à Sainte Anne, ces pauvres imbéciles !

 


 

Copyright © Arthémisia – juin 10




Avec : La Folie – Odilon REDON - 1833 – 36x31 cm –

Musée d’Orsay – © Photo RMN - G. Blot

Commenter cet article

juliette 25/06/2010 17:58



C'est toi en gros et en détail, je m'y retrouve aussi, je suis ton amie





Bises tendres



Arthémisia 25/06/2010 18:03



Evidement ! Mais pas du tout physiquement!!!! Encore que je trouve ses yeux
fantastiques.


Bises


Arthi qui ne sent pas seule!



iskander 20/06/2010 10:12



Les belles de Saint-Anne au clocheton fêlé


Ont la fibre sensible et l'écorchure au coeur.


Quand je vais à mon train m'abrutir, me saouler,


Je les vois affolées, mes impossibles soeurs.



Arthémisia 20/06/2010 11:53



Merci pour les alexandrins et bravo!


Rien n'est impossible, Iskander...La Folie dont je parle est quelque chose qui peut se partager avec un grand bonheur.



Stellamaris 19/06/2010 08:55



Superbe ! Bises.



Arthémisia 19/06/2010 10:05



L'alexandrin ne rend pas le regard de l'autre sur la fantaisie  plus accueillant....



joruri 17/06/2010 20:00



regarde globalement tes commentateurs (trices) sont franchement bienveillants, à part deux trois mauvias coucheurs. Tu es envirronée de choses positives, ne te ferme pas à elles. On dit souvent
cela dans mon milieu: "laisse-toi aimer".



Arthémisia 17/06/2010 20:25



Je sais très bien cela. Je crois qu'ils me font tous du bien, du beau et du bon!


Pourquoi ce blog m'est il si nécesssaire?....


Ca en emmerde d'autres! Mais je m'en contre fiche!!!


Merci à tous!!!!


Merci à toi, Joruri.



joruri 17/06/2010 19:46



les fleurs sont des pénis. Tout le monde sais ça.


Que symbolise la fleur ? l'amour naissant ! Trouves-tu cela méprisable ?


Et bien honnêtement, je préfère les fleurs aux dépressions nerveuses et aux lamentations. Et c'est moi qui ai raison. Et en plus, tu le sais !



Arthémisia 17/06/2010 19:50



Je ne méprise pas les fleurs. Je m'en suis même offert pour la  fête de mères! Un bouquet de pénis, tu te rends compte!!!!



joruri 17/06/2010 19:30



Arrghh, je n'aime pas Voulzy...


Tu l'as fais exprès !


Lis l'intention par delà les mots. Tu pourrais être surprise.



Arthémisia 17/06/2010 19:34



Désolée. Je croyais que les fleurs...


 



joruri 17/06/2010 19:14



Ben si je me fais du souci. Et pas seulement pour toi. C'est normal quand on n'est pas complètement indifférent envers son prochain!


 



Arthémisia 17/06/2010 19:23



Tu n'as aucune raison de t'en faire.


Je ne vais pas plus mal qu'hier ni que demain; Je tiens.


Et puis voilà un cadeau pour toi: 


http://www.youtube.com/watch?v=qEH8bVrLk1A






joruri 17/06/2010 18:51



@ Ut. Ton attitude par rapport à Arthy est très gentille. je ne pense pas qu'il y ait d'incompréhension, en tout cas je ne ressens pas cela. De mon coté comme j'ai appris à me préserver de
certaines influences, y compris artistiques, qui m'étaient néfastes, j'ai envie de faire entendre que s'il y a un beau qui fait vivre, il y en a un autre qui a le charme du diable et fait mourir.


Pour le reste rassure-toi, je n'ai pas une ombre d'animosité à l'égard d'arthy, ce serait d'une débilité achevée. Disons que c'est plutôt un souci.



Arthémisia 17/06/2010 18:56



un souci? Joruri ! Il est hors de question que quiconque se fasse du soucis pour moi!  et surtout pas toi!


Ca ira mieux dans quelques mois.



joruri 17/06/2010 18:42



Observe les faits: Tu as choisi le thème de la folie, tu as écris sur des insectes peu rassurant, et vois comment tu te sens ce soir. Tu touches du doigt ce que je voulais dire: tu deviens ce qui
sort de toi, c'est une des fondamentales de l'existence...


Voilà pourquoi je n'aime guère que des gens qui certes ont du talent s'en servent pour répandre leur mal-être au lieu de servir. Oh il m'arrive d'être en rogne, mais au moins j'essaie de faire
mourir ma colère de faim au lieu de l'alimenter.


"L'homme se nourrit de la parole qui sort de sa bouche"...Règle d'or et vérifiable par quiconque...



Arthémisia 17/06/2010 18:52



Je n'ai pas choisi le thème de la folie : il m'est attribué ! c'est là toute la différence!!!!


J'écris sur ce qu'est ma vie. Faudrait il que je me taise pour aller mieux?


Faudrait il que je cautionne tout ce contre quoi je suis et qui m'est imposé? Faudrait-il que je dise "Amen" ?


Faudrait il que je regarde des conneries à la télé pour passer pour quelqu'un de sensé? Faudrait il que je rampe, que je me nie, que je renonce à
moi?


Faudra- t-il que la nouvelle que je suis en train d'écrire se réalise?



Ut 17/06/2010 18:35



@ Joruri. Ton raisonnement et ta façon de vivre Ta vie, sont magnifiques, et intrinsèquement courbés vers l'heureux. Je t'admire de savoir ainsi faire la part du bon et du mauvais! Ce que tu ne
sais pas, peut-être, c'est qu'Arthi Voit, Vit le beau : si quelque oeuvre par exemple, ne lui plaît pas, elle regarde ailleurs. Elle sublime (de par sa présence même, quelques fois). Ce qu'elle
créé est Beau, même quand cela parle de malheur. Elle ne sait pas être laide... voilà où est votre incompréhension, je pense.


Bisous à tous les deux.



Arthémisia 17/06/2010 18:43



Tout compte fait j'aurai mieux fait de  venir prendre ce café avec toi cet après-midi plutôt que de bosser sur ce dossier qui peut être ne m'apportera
que la grande estime de mon directeur mais pas les kopeks qui me feraient du bien pour ce que tu sais.


 


Merci pour tes mots. On sublimera demain. La fontaine sera fraîche et ton sourire heureux.


Je t'aime toi !


Arthi


 


 



joruri 17/06/2010 18:34



Oh non ce n'est pas la seule. C'est un pis-aller, mais tu peux être certaine que ce n'est pas la seule.



Arthémisia 17/06/2010 18:39



Pour le moment je n'ai rencontrée que celle-là.


J'ai cru à d'autres, mais la vie les a emportées  très vite et très loin.


 



joruri 17/06/2010 18:27



Je ne parlais pas de toi, comme tu t'en doutes, mais de cette propension à une mororsité mondaine qui s'est emparée de l'art. L'art devrait être le servant de la beauté dans ce monde, et cela
d'autant plus que le monde s'enlaidit. je ne dis pas qu'un artiste doit être à l'eau de rose et qu'il n'a pas des problèmes à exorciser, mais il faut penser qu'avec un instrument de musique, un
pinceau, un stylo,un clavier, on peut soutenir quelqu'un qui pleure. On peu ramener de temps à autre un sourire sur un visage affligé. rendre le sourire, n'est-ce pas l'art suprême ? En fait à
mes yeux, un artiste n'a pas le droit de ne pas aimer.


Quant à la jolie fille, ça peut être un bébé qui dort dans une poucette et qui fait fondre le cœur ou un couple de personnes agées un peu perdus, tellement aimables. Avec moi, tôt ou tard, on en
reviendra toujours à l'amour par un chemin ou un autre. Je crois que l'amour est le (seul) salut du monde.



Arthémisia 17/06/2010 18:31



"soutenir quelqu'un qui pleure"


Ah ça oui!


Parce que l'Art Joruri c'est aussi parfois le seul refuge, la seule écoute, la seule main...



joruri 17/06/2010 17:40



Imagine une grosse bécane BMW , tu es à l'arrière et elle file à fond; Crois-m'en, il y a une ivresse bien particulière qui peut relever de l'esthétique. les bikers ont leur mode de vie et leur
art.


Il ne s'agit pas de se perdre dans les fleurs, simplement de les retrouver. Et ne pas se complaire dans l'incontournable misère, soit la sienne, soit celle de l'humanité (idée générale la plus
abstraite qui soit) Il faut un équilibre, ni fuir, ni nourrir. Le discours artistique contemporain est totalement dondé sur des "coups", des gimmicks, en fait il mime la pub. On invente 'ets ans
doute à cause de deleuze, des "concepts" ou des "percepts" et on en faire des objets, pour ne pas dire des choses (médiatiques). A la fin, on en vient à regretter les tasses en porceleine de
grand-maman tu vois. La beauté des choses de tous les jours. Certains sourires surpris dans la rue peuvent rendre meilleur, la banalité n'a pas besoin de mise en scène quand le trésor est dans
nos yeux. Je crois à l'emmerveillement bien plus qu'au "choc". j'échange n'importe quelle mona lisa contre une vraie jolie femme croisée au hasard d'une gare et qui passe son chemin sans savoir
que je l'ai vue... et bénie.



Arthémisia 17/06/2010 17:52



Je ne saurai confondre griserie et Art. Désolée.


 


Je ne peins pas des concepts, des préceptes, des œuvres médiatiques. Je peins par ce que j’en ai besoin et que c’est pratiquement le seul moment de ma
vie où je me sens bien.


Peut-être ai-je trop peu fait l’Amour ?


Peut-être trop mal ? C’est fort possible.


C’est aussi peut être une affaire de rencontre, non ? Ca me paraît un peu tard maintenant...


Il faut que j'apprenne à m'en "foutre"....


 


Après tout je ne suis pas une jolie femme, bénie par un homme. Je ne l'ai jamais été. Je ne suis au fond qu’un minable vermisseau qui rampe sur la
toile en laissant des traces de sa vie.


 


Et  ce serait sûrement plus simple si j’adhérais au « sois belle et tais toi »…


Plus simple pour les autres. Certainement pas pour moi.









joruri 17/06/2010 15:05



Pas plus l'art que la philosophie ou la religion ne peut dire le vrai. Et tu sais pourtant que je suis croyant et que je crois que le vrai existe. Une œvre d'art pour moi n'a que deux directions:
ou bien elle me donne envie de vivre et d'aimer, ou bien elle me donne envie de pleurer et mourir. C'est comme cela et sur ce critère que je pose mon discernement. Il y a une quantité
astronomique de merles autour de chez moi dans les arbres et les buissons. ces ruisseaux de vie qui chantent me transmettent de la vie. MAis si j'entends au loin un crétin passer à fond sur sa
moto dans un tonerre de mazout et de fumée, j'ai envie de lui coller une balle dans la tête. C'est le même critère de discernement. Onreconnait l'arbre à ses fruits. j'ai fais les beaux arts
(mais eux ne m'ont pas fait ça c'est sûr) et j'ai trouvé les gens complètement dégénérés ! Ils voulaient faire l'œuvre ! Eux qui étaient à peine capables de reconnaître leur droite de leur gauche
! je me suis enfuis de ce nid de crétins. Et ne l'ai jamais regretté ! (Malgré la plantureuse prof rouquine qui en pinçait pour moi... ) Elle était la seule œuvre digne de ce nom de cette école !


Je vis dans un tableau de maître ! des arbres, des oiseaux, des volcans, des tempêtes de neige, des orgues basaltiques, des forêts d'arbres tordus par le vent et des clairières perdues. Voilà que
l'Artisan se laisse discerner à travers son œuvre. Et des vermisseaux prétendent créer ! C'est à mourir de rire ! On en arrive à exposer des cadavres plastifiés ! Quand arrêtera t-on enfin de
nous prendre pour des cons ? La vérité dont tu parles n'est que celle à laquelle tu es actuellement sensible. Un jour omù je décrivais la hideur que je percevais de ce monde à un ami, il m'a
répondu une chose tute bête: la vie, c'est ça, mais ça n'est pas QUE ça. Ça a fait tilt. Quelques années plus tard, à une table collective, je disais tout le mal que je pensais de la laideur
urbaine, et là encore une femme m'a dit très calmement: moi, quand je regarde et cherche du beau, je le trouve n'importe où. Tu e es entouré. Tu ne changeras pas le monde, mais tu peux changer de
regard. Elle avait raison. On choisit ce qur quoi on va se focaliser: les merles, ou la moto. J'ai fais mon choix, et des forces de vie aussitôt sont venus à mon aide... Dans ces immeubles
décrépis, des gens s'aiment, et c'est cela qui rend ces bâtiments beaux... Et ainsi de suite. Car sous la "vérité" d'autres "vérités" continuent. j'ai choisi la vie. C'est elle que je veux mettre
en scène, je ne parle pas de toc, mais de ce qui donne une raison d'aimer, d'espérer, et de croire. Et je laisse le reste aux fossoyeurs.



Arthémisia 17/06/2010 15:24




Bien sur Joruri, je ne parle pas d’un vrai universel…(trop vaste utopie) mais de mon vrai à moi.


Ce qui n’est pas la moto qui me fait mal. Ce qui me fait souffrir c’est  celui qui regarde la moto en disant que là est son Beau. Alors, oui, je fuis,
dans ce qui pour le moment est (je me répète) la seule chose qui m’apporte du Bien : le Beau enfin mon Beau.


Même le pire dessin d’Otto DIX me parle de Beau et là je crois que je vais te rejoindre, car il me parle d’humain.


Le bouquet de fleurs sur la table de RENOIR lui me rend malade tant il est en décalage avec ce que je vis. Eh oui, les artistes sont narcissiques, égoïstes,
nombrilistes : ils se peignent dans les tranchées de 14 ou ils peignent le bouquet de fleurs qui est sur le table.


Mais cela a-t-il la même valeur ? Cela porte-t-il le même discours ? Cela parle-t-il autant au cœur ?


Franchement j’ai bcp de mal à m’enfuir la tête dans les fleurs pour ne pas entendre l’appel de l’Autre. Et je me fous du discours des profs des écoles d’Arts
(et pourtant j’y ai rencontré des grandes pointures !) : je veux du sens dans ma vie.


Jusqu’à présent sentir, voir, toucher, goûter, entendre, ont  encore réussi à me contenter…même imparfaitement.  Que ce soit des créations divines
(ou de la Nature, appelons les comme on veut) ou humaines. Car l’homme est aussi un grande source de Beauté…parfois !


Il sait aimer aussi. Si affinité….








joruri 17/06/2010 14:19



Trouves-tu que la mer soit "jolie" ? ne crois-tu pas qu'elle soit aussi dangereuse que belle ? Trouves-tu que l'hiver glacé soit "joli" et pourtant, n'est-il pas ÉLOQUENT ?


Regarde, partout autour de nous, s'étend le royaume de l'homme. Des postures, des visages, des stars, des troupes, des foules, des rangs, des cohues, des traits sans nombre mitraillés sans cesse.
En fait un étalage de nombrils où l'homme est devenu un million de reflets de lui-même, centré sur lui-même, aspiré par lui-même, sous la lumière morte de la lune de la déèsse raison. Plus de
soleil, plus de sagesse, plus de fraternisation sous ce soleil. Seulement une masturbation interminable (et inter-minables) et de narcissisme ou de priapisme mental qui finit par m'écœurer.


Crois-tu que dieu soit joil ? Ou bisounours ? Tu connais le tableau de ustave Moreau où une femme littéralement pétrifiée par la beauté d'un jupiter semble effrayée par l'intensité de la bauté du
dieu.


Tu m'as lu déjà, et tu sais bien que la niaiserie chez moi, que j'assume parfois,  aussi des limites. Un jour un punk à la télé disait: "j'ai les arbres en horreur, il me font vomir, je
voudrais tous les raser". C'était un postulat esthétique. Si j'avais été à la sortie du plateau, je te garantis qu'il aurait pris la rouste de sa vie et aurait fini avec des dents dans le nez.
cette culture URBAINE qui est la nôtre ne vaudra jamais la culture NOMADE. Voilà ce que je pense. Et cette branlette universelle des visages assénés, des corps tordus à l'infini, des trognes, des
viandes, des binettes et des tronches à perte de vue, des poses, des postures, des mises en scène de l'homme par l'homme me font gerber.


Que réponds-tu à ce critique d'art qui a écrit un jour:


-"l'art moderne, c'est quand des gens ont cessé de dessiner des femmes en croyant avoir une meilleure idée ?"


J'ai mis du temps, mais j'ai rejoins ce point de vue. N'y aurait-il qu'UN beau ? Alors il ne serait que totalitarisme ! Et ce totalitarisme de la face de l'homme projetée en toute chose me pèle
le jonc.


Qui a été mordu par un serpent, une corde lui fait peur dit un dicton Juif. recru de violence, de laideur, d'horreur, d'épouvante, de torture, je ne peux plus le supporter. Si tu le peux encore,
c'est que tu n'as pas encore vraiment souffert.


 



Arthémisia 17/06/2010 14:39



J’aime la mer pour sa Beauté mouvante, sa force, sa lumière, sa profondeur, et sa dangerosité aussi.


Elle ne me fait pas peur.


Pas plus qu’un corps meurtri ou même qu’un arbre coupé. Eux ils me mettent en rage, ce qu’on leur a fait me met en rage…mais en fait ce qui me met encore
plus en rage c’est qu’on montre des nanas au corps idéalisé en disant que c’est ça la Beauté (voir les mannequins), qu’on nous bassine les yeux avec des décos de rêves, des univers aseptisés et
froids où ne vit aucune âme.


Je prends un plaisir de dingue (oui, de DINGUE, et c’est même pour ainsi dire mon seul plaisir et depuis belle lurette) à dessiner des corps de femmes (ou
d’hommes) ;  je sens mon dessin dans mon époque mais je préfère de loin un corps qui  raconte sa vie, un parcours que celui de Kate MOSS ou de Carla machi
truc !


Je ne cherche pas la laideur, Joruri ; pas plus que beaucoup d’artistes : je cherche le vrai. Et tant pis ou tant mieux ( ?) si le vrai n’est
pas toujours de miel.


Il n’y a pas qu’un Beau. Je laisse à ELLE magasine, à PLAYBOY, à COTE SUD, à POINT DE VUE, au journal de TF1 et à ses téléfilms de m…leur
Beau.


Le mien, d’ailleurs, je me le garde. Pas d’expo en vue …sauf si malheureusement j’ai besoin de manger. (ce qui risque d’arriver bientôt) . Mais j’ose espérer
que cette nécessité ne me fera pas perdre mon âme. Moi je vomis le commerce…









joruri 17/06/2010 13:43



Si les artistes ne sont que les relais de l'absurdité du système, c'est qu'ils en sont la serve au même titre que les publicitaires. Il y a une véritable subversion, c'est celle qui ne consiste
pas à être l'objet de son milieu, mais à donner la nostalgie d'autre chose et détourner les cœurs de cette merde ambiante dont on est gavés depuis les musées à la télé en passant par l'école, la
politique et la culture de pissotière qui caractérise l'Occident aveuglé par une raison qui ne repose que sur du spectacle pour les veaux.


En quoi peindre des fous des ivrognes et des putes va t-il aider à l'épanouissement de quiconque ? C'est toute la question. Personnellement, et j'insiste sur le mot puisque chacun fait ce qu'il
veut, j'en ai soupé des "dieux morts", des artistes opiomanes ou rendus fous par l'absinthe. j'en ai la nausée. Ils sont coupables de puanteur publique, et personnellement, j'en ai marre.


On se nourrit de ce qu'on laisse entrer en nous, Et je ne vois pas en quoi il est meilleur pour ma vie intérieure de laisser entrer ces délires de dépressifs macabres en moi que les bouses d'un
hortefeux. C'est tout ce que je voulais dire. Et c'est bien parce que j'aime la beauté (existe t-elle par elle-même) que je je ne supporte plus qu'elle soit dévoyée par des "professionnels"...


Aujourd'hui il FAUT être glauque, sans quoi l'intellitgensia des artistes bobo te fond dessus comme la petite vérole sur le bas clergé breton en se foutant de ta gueule. Cette mode est aussi
laide que rentable. Et la société n'a pas besoin de miroir: elle a déjà son odeur à supporter, mais de prophètes.


C'est MON point de vue. Il n'y a que si rarement de la tendresse , de l'amour, de l'élégance, de la bonté dans cet étalage littéralement satanique de daubes ineptes que l'art est devenu le pire
des complices du système que tu dénonces. Il a trahi. Pour du fric. Voilà ce que je crois. Et je peux me tromper, mais mettre ces turpitudes dans mon assiette tous les jours, c'est non. Pas un
regard, et pas urond de moi. C'est une opinion personnelle, mais je m'y tiens.



Arthémisia 17/06/2010 13:59



Ce que tu as écrit me fait penser à ce que moi je ressens devant le "joli", cet idéal que tu voudrais voir partout et qui est si peu présent dans le
monde.
Je me sens une nécessité de dire le monde tel qu'il est, parce que simplement je le vis, de ne pas ME le cacher, et ceci sans pour autant faire l'apologie de la laideur, de la torture psy, ou
physique, d'être dans mon monde car il est ce que je rencontre tous les jours.
Ne montrer que le mignon, l'idéal, ne penses tu pas que c'est aussi vivre dans un royaume des Bisounours, se tromper et tromper les autres sur la marchandise?

J'aime la peinture de vérité (je sais qu'on peut discuter longtemps sur ce mot) mais le gentil bouquet de fleurs n'est pas ma vérité. Va voir ce que je peins, ce que je dessine. C'est le monde,
mon monde et pas un joli paradis sucré. Je dessine, je peins l'humain (moi?) dans sa chair. Si je la vois blessée, je la dessine blessée.
Désolée, je ne peux pas me mentir.
Et je crois que les artistes (je ne parle pas de professionnels...mais là n'est pas la question) se doivent avant tout d'être en accord avec eux mêmes. Ils ne sont pas les relais du système. Ils
sont les relais de ce qu'ils vivent. Non?


 


Être le relais du système, est-ce que ce ne serait pas plutôt se voiler la face, balancer du bling-bling et du cul-cul la praline pour endormir l'esprit des
"regardeurs " lambda qui sont déjà abrutis par le foot, la pub et les niaiseries de Patrik Sébastien et confrères?(je
souligne!)



joruri 17/06/2010 09:34



A part ls grelots dans la tête notre ami a un regard d'amour. Pourtant purée, la folie c'est pas glamour...Pourquoi les artistes sont-ils tellement attirés par le coté obscur de la force ?
Parfois je me dis qu'ils sont trop "intelligents" pour se contenter d'un papillon, les pauvres. C'est un peu affligeant ce choix systématique de la désespérance et cette esthétique du malheur ,
de la douleur et de la sordidité. je le leur ai toujours reproché. En quoi alors ceux qui devraient SERVIR en étant des émissaires de la beauté dans un monde universellement enlaidis ne sont-ils
pas coupables de participer à cette affreuse mélancolie ?  Ce n'est décidément que de l'esthétique, mais de la beauté, point. Ils enterrent leurs talents, et c'est flagrant ici: pourquoi ne
pas peindre, danser, chanter la JOIE et être par là même enfin un véritable rebelle au regard de la depression généralisée et finalement lassante qui se regarde le nombril d'unbout du monde à
l'autre ? Je veux moi que mes enfants voient la beauté Sous-jacente à tous les éléments du réèl, celle que l'on peut discerner derrière la facade des apparences. Nous sommes recrus de tristesse,
de laideur, de ce spleen empoisonné qui décidément n'invente rien: il suffit d'écouter TF1 pour en être gavé à longueur de journée.


Ils répandent des miasmes, et nos enfants sont tristes, goths, désenchantés. C'est à pleurer. Je parle au plan général. Je ne parle pas ici de ce dessin particulier. Cette sempiternelle redite
sur le thème de : " la vie c'est moche" devient épuisante. D'où mon reflexe: je ne mets jamais les pieds dans un musée...Ce ne sont décidément pas des forces de vie à l'œuvre dans la plupart des
cas...



Arthémisia 17/06/2010 11:07



Les artistes sont souvent des révélateurs de leur époque. Je ne sais si nous pouvons parler d’intelligence, ou alors c’est
celle des sens, oui, une extrême réceptivité aux événements, une sensibilité plus pointue qui les fait non pas choisir d’avoir ce regard, mais les met eux-mêmes dans cette façon de dire la vie.
Et puis qui dit leur folie ? Qui les marginalise ? Qui ne les écoute qu’à moitié en espérant qu’ils se taisent vite ? Qui les prend pour des snobs car ils aiment manger leurs céréales avec leur
cuillère de baptême en argent, boire leur café dans une jolie tasse, porter un chapeau orange quand tout le monde est tout gris, zapper la télé et ses informations terrifiantes suivies de
variétés sucrées, fuir les réunions de famille où tout le monde refait le monde après avoir dit du mal de tout le monde ? Qui ne supporte pas les mots, les vérités, les authentiques fracas, les
rencontres intelligentes, sensibles lors desquelles l’échange se fait hors de tout devoir social, professionnel, familial, et sans hypocrisie ou calcul ? Qui ? Ceux ne sont pas eux, pas ces
artistes là qui répandent des miasmes, Joruri. Ce sont ces TF1, les marchands de bonheur, ses illusions footeuses, et dégradantes, ses menteurs d’écoles de commerce, ces vendeurs d’avoir, ces
friqués du pouvoir, ces bon-chic bon-genre qui débitent à longueur de journée à nos enfants qu’être heureux c’est « gagner beaucoup d’argent »….en en faisant le moins possible. Je les entends ces
jeunes, qui ne veulent rien faire, rien voir, pas bouger, pas regarder, même pas marcher et attendent comme des larves que les images que leur débitent les médias débarquent au milieu de leur
salon. Mais bosse mon coco ! Pense ! Fais ! Crée ! Remue ton corps et tes méninges et ouvre les yeux sur ce qui t’entoure, sur le Beau qui t’entoure, l’authenticité de la vie ! Elle peut être là
dans la petite fleur qui pousse dans le béton, mais aussi au bout du stylo de l’auteur ou du pinceau de l’artiste. Elle est une révélation, Joruri et révélation que les enfants ne peuvent pas
avoir tant qu’on les plantent devant du tout cuit-tout rôti comme si c’était la panacée, et qu’ils ne font pas la découverte du Beau par eux-mêmes. Et je tiens à ce mot : REVELATION ! Parce que
par malheur les hommes se sont éloignés de ce qui faisait l’essentiel de leur vie….et que pour le retrouver, le chemin est drôlement dur : c’est tellement plus facile d’aller s’acheter un poster
chez IK…. que de faire son petit tableau soit-même.



VDI 17/06/2010 08:04



Il me semble me souvenir que ce sont les tasses orange que tu préfères...



Arthémisia 17/06/2010 08:10



Bien sûr!L'orange est ma couleur préférée et pour y boire un café c'est l'idéal.



catherine 17/06/2010 07:34



Bizarre qu'elles aillent à Saint Anne car elles ont l'air en parfaite santé mentale..ce sont plutôt les autres qui...


 


Bises et belle journée à toi



Arthémisia 17/06/2010 08:07



Les jugement des uns ne sont pas ceux des autres, Catherine.


Bonne journée à toi.


Bises


A.



frédéric 17/06/2010 00:57



Ste Anne c'est St Jacques chez nous


Mais elle ferait mieux de ne pas chanter cela, cela pourrait trop plaisir à ceux qui parlent de ces saints un peu fous


Qu'elle chante son chapeau orange qui rayonne comme un soleil parmi les jours gris ;o)


bises


St Frédéric (pas encore un asile... ?) :oD



Arthémisia 17/06/2010 07:55



Les amis sont  des asiles, des abris, des oasis pour qui se sent rejeté.