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1197 - Souvent

Publié le par Arthémisia

 

 http://artyparade.com/media/upload/rodin_l_homme_qui_marche.jpg

 

 

 

Les nuages nous ont vus emmitouflés de laine,

Installer en nous l’artifice du cocon,

Serrer fort nos doudous, oreillers de naufrages,

Essayer hic et nunc de croire en la vie tiède,

Derrière des barrages,  des digues de protection

Qu’une simple équinoxe balaie de son vent

En nous mettant à nu telle la plage vierge.

 

Et malgré tout cela, malgré les cris de retour,

Forts des premiers rayons de nos mémoires cendreuses,

Y séchant cependant nos non-dits, nos non faits,

Nos vacuités inertes et nos juste rêvés,

Nous avancerons encore en plein cœur des absences.

 

Les manques sont nos chemins, nos quêtes insondables.

Le comblement aspire,

Et l’homme pose encore un pas devant un autre

En s’étonnant lui-même de le faire

Souvent.

 

Copyright © Arthémisia – mai 2010

 

 En réponse à Bifane.

 

Avec : Auguste RODIN - L'homme qui marche,

Plâtre, avant 1899 – Musée Rodin - © musée Rodin – Photo RZEPKA

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bleu virus 03/06/2010 09:36



Chercher là ou cela fait mal, avancer dans la direction, tourner à gauche puis à droite, recommencer jusqu'à ... ne plus faire demi tour!


Bises



Arthémisia 03/06/2010 12:47



Surtout pas demi tour...


Et monter,monter, monter...





Bises


A.



O. 02/06/2010 17:18



De quètes en quètes, arriverons-nous enfin ?



Arthémisia 02/06/2010 21:07



Il ne s'agit pas d'y arriver mais déjà d'avancer !



lutin 02/06/2010 09:43



Man striding


Dormir à la verticale
fil à plomb insomniaque
cœur percé au sabre
sous l'armure d’acier
tenir debout
l’épée au bout des rails

Un fou-rire dans un hall de gare
l'écho de soi entre les trains
la lumière des yeux qui s’éteint aux vautours
sous la morsure de l'outil
c’est écrit sous la peau
les pas dans le métal
qui fondent en prison de fer


lutin


 



Arthémisia 02/06/2010 20:48



On va essayer de laisser tomber l'armure, la carapace, d'avancer et de cicatriser, et de prendre le train pour le voyage fleuri, lumineux et riant. Le voyage
vers l'accord de l'interne avec l'externe.


Merci pour ce texte très métalique, Lutin.



joruri 02/06/2010 09:14



Tu as lu mon avant-dernier post ?


TOUT est art ?



Arthémisia 02/06/2010 09:20



Non, pas les créations divines. Elles sont d'un ordre autre, peut-être supérieur, je ne sais mais autre.


Elles ne sont pas des illusions, pas des images.


Peut-être le divin sur terre...je l'ignore. Et je ne suis pas panthéiste...enfin pas
trop!



joruri 02/06/2010 08:51



J'ai de toute façon toujours eu du mal avec la sculpture et le théâtre...


je les trouve artificiels...



Arthémisia 02/06/2010 08:53



????





Tout Art est artifice, illusion ou/et ...rassurance....



Joruri 02/06/2010 08:37



Sur le plan technique, il faut au préalble avoir un pierre devant soi,


et de l'extérieur retirer de cette pierre des pans entiers pour faire apparaître la forme.


Alors que l'homme, d'une goutte et d'un œuf se déploie du plus petit au plus grand.


Je ne parlais pas dans un sens métaphorique.



Arthémisia 02/06/2010 08:45



Et pourtant là justement c'est un plâtre donc une oeuvre dont la technique va de l'intérieur vers l'extérieur;


Mais même dans une sculpture utilisant une technique d'enlévement (pierre par exemple) l'artiste écoute toujours le "ventre" de l'oeuvre bien avant sa
surface. Sinon, il fera "plat", dans tous les sens de ce mot. Il s'agit tjs de faire surgir et non d'enfermer, "d'enformer".



joruri 02/06/2010 08:26



Le drame de la sculpture, c'est qu'elle veut faire l'homme du dehors


là où il semble que la vie le forme depuis le dedans..



Arthémisia 02/06/2010 08:29



Je te contredis totalement et surtout en ce qui concerne RODIN qui, comme Michel Ange, n'a cherché dans toute son oeuvre qu'à faire jaillir la forme de
l'intérieur!



Joruri 02/06/2010 07:58



L'homme est infigurable. Pourtant par le biais d'une statue l'homme veut faire de l'homme.


Est-ce pour comprendre comment il émergea du vide,


comment le drapé de la chair enveloppa l'esprit,


ou pour être de roc afin de, comme une figure de proue,


traverser intact la grêle du temps ?



Arthémisia 02/06/2010 08:08



Besoin d'images pourtant mais pas pour autant d'y enfermer un dire, une pensée. Juste de quelques images, de quelques propositions, d'un livre à feuilleter
pour se rassurer, savoir que l'autre existe, au fond de nous, et sous différentes formes.Expérimenter l'Autre, oui, c'est cela.


Et surtout pas se/le poser comme une finalité. Juste un champ immense et largement ouvert au possible.


 



Bifane 02/06/2010 01:02



Merci pour cette jolie petite découverte, Arthi. Voilà un autre blog qui mérite le détour...


Bonne nuit chez toi



Arthémisia 02/06/2010 06:31



"Le Beau c'est d'avoir le courage d'en revenir..." écris tu chez Catherine.


Je ne sais pas si cela est du courage. Je pense plus à une sorte de nécessité, d'élan vital, de ressort de conscience qui nous incitent à trouver jusque dans
la pire adversité une suite à l'histoire. La solidité du  stoïque ou peut-être aussi un peu d'orgueil quand le miroir nous renvoie notre image défaite et que nous ne pouvons admettre de nous
voir ainsi en morceaux. Car au fond nous nous voulons gagnants, et nous avons au fond de nous mêmes bien des ressources que nous méconnaissons souvent,  pour  monter à nous mêmes et aux
autres que nous sommes encore là.


Je crois à cette adversité stimulante, à ce mal qui nous aiguillonne mais que, non nous ne pouvons pas laisser toujours être le plus fort. Je crois encore en
l'homme qui rebondit, en l'homme haut.


 



joruri 01/06/2010 17:35



Là, j'va p'têt toucher l'pompom !!!!



Arthémisia 01/06/2010 21:31



Tu seras publié dans mes brèves de fin juin avec cette phrase si pleine, si... , si...euh...si quoi? Allez, si drôle!



volti 01/06/2010 15:48



Les mots coulent là dans l'authenticité de ton intimité universelle...


Merci


Volti



Arthémisia 01/06/2010 17:31



Je me réjouis de ne pas être unique!



marlou 01/06/2010 15:08



Profondément touchée par la vérité de tes mots...


Merci Arthi



Arthémisia 01/06/2010 17:30



Je pense que nous sommes tous concernés par l'avancée...coûte que coûte.



Bifane 01/06/2010 13:39



"Les manques sont nos chemins, nos quêtes insondables"


Il y a dans ce vers une déchirante vérité, une vision terriblement fidèle de ce que sont nos natures... Oui, il me semble que ce sont ces cicatrices qui dessinent nos visages, ces brûlures qui
expliquent nos âmes, infiniment...


C'est un vers mémorable, Arthi', d'entre les plus beaux que j'aie lus sous ta plume. Un de ceux que je vais garder précieusement, parmi les perles rares.



Arthémisia 01/06/2010 22:23



Merci Bifane pour ton enthousiasme. Tu sais, j'ai écrit ce texte très spontanément, et si un vers peut devenir une petite pierre un tantinet précieuse dans
ton jardin littéraire, j'en suis flattée d'autant que je ne travaille presque pas les textes. Je me refuse à ce qu'ils sentent le laborieux. Je les préfère vivants.


Aussi , cette vision que je pense fidèle de la nature humaine est en tout cas sincère , mais aussi de plus en plus
lucide. Peut-être est-ce que je pers ma naïveté? Peut-être que je comprends mieux les chemins? Peut-être que l'expérience aussi, celle qui laissent des entailles dans les entrailles, je la
comprends mieux désormais comme la source de nos élans, ou plutôt de nos encore élans.


Car il faut bien en avoir, une source, des sources... et le rêve, l'illusion s'éteignant chaque jour un peu plus, il faut peut être que le passé, les doux
couturages du passé, les rafistolages du passé, et même les plaies encore bien saignantes servent à quelque chose, étayent le chemin, le balise même parfois.
Jusqu'à la mort peut être...je ne sais. En tout cas dans le banal avancement des corps et des ames souffrant ou vivant dans le bonheur.


Cherchons encore, l'ami.



Mes bises


Arthi


ps: Catherine a à son tour repris le fambeau et poursuivi notre échange littéraire. Je t'invite à la lire ici



tilk 01/06/2010 12:36



il est vraiment beau ce poème ...d'un grand niveau et d'une grande profondeur


une fois encore je suis conquis


besos


tilk



Arthémisia 01/06/2010 17:28



Merci Tilk. Tu me flattes....



frédéric 01/06/2010 08:29



ah ouais celui de Giacometti ça marche ça ! ;o)



Arthémisia 01/06/2010 17:28



Plus mince, moins pesant.



stellamaris 01/06/2010 07:36



Très beau poème, Arthémisia ! Bises.



Arthémisia 01/06/2010 07:40



Merci. Répondre à Bifane était stimulant!


Bises


 



frédéric 01/06/2010 07:27



cet homme qui marche je trouve qu'il ne marche pas


La Vénus de Milo a perdu ses bras mais gardé ses attributs, elle ;o)


bises


frédéric (les bras m'en tombent , pour le reste ...)



Arthémisia 01/06/2010 07:33



J'ai hésité avec celui de Giacometti  que j'ai déjà utilisé  en "avec" un autre billet et  que je trouve effectivement plus dans l'élan. Mais
après tout pourquoi pas un peu d'inertie, de lourdeur...à traîner derrière soi?


Mes bises. Aussi!



VDI 01/06/2010 07:18



Excellent Bifane.



Arthémisia 01/06/2010 07:24



Le texte est de moi...en réponse à celui de Bifane que tu as en lien en cliant sur son nom.