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1211 - À A.

Publié le par Arthémisia

 

En réponse à la dernière consigne de Juliette sur  Papier Libre : Un bateau dans la brume….

 

 


http://2.bp.blogspot.com/_CrjD8Ifx8dw/SYRw6a_udkI/AAAAAAAADTU/40VsQmH0T8c/s400/sugimoto.jpg




C’est,

Par moment, la mer qui s’éteint

En eaux basses et lointaines.

 

Il faut lutter plus fort

Contre le joug du temps,

Pour recouvrir de nos pas orange

La plage qui nous conduit

Au bateau dans la brume

Que tu pris un matin

En abaissant nos jours.

 

L’eau coule encore,

Dans les orbites du sable,

Créant des petites marres

Qui miroitent au soleil.

 

Je t’y vois. Tu es libre,

Prodigieusement heureux,

Prodigieusement aimant.

 

Tu crépuscules du doux

Au-dedans de mon cœur

Car j’entends les p’tites touches

De ton visage de bronze

Faire chanter la coquille

Du bateau blanc d’hier

Qui mugit dans la brume.

 

 

 

Copyright © Arthémisia – juin 10



Avec : Hiroshi SUGIMOTO – Seascape

 

Commenter cet article

juliette 21/06/2010 22:28



Mais.... tu ne m'as rien envoyé!!!!


Bises



Arthémisia 21/06/2010 22:29



Mais si, mais si! Je te le renvoie tout de suite!!!!


Ah le net...Grrrr!





Bises


Arthi



marlou 21/06/2010 18:36



Magnifique poème. Je le relis pour le plaisir...



Arthémisia 21/06/2010 18:39



Merci Marlou mais je n'ai aucun mérite ; il m'a beaucoup aidée.



Bifane 21/06/2010 16:43



En somme, nous ne sommes pas doués pour le bonheur... Quelque part, ça pourrait me rassurer un peu, ce que tu dis là : je me crois quelquefois dépositaire de cette incapacité...


Sinon, je ne crois pas que ce soit d'être filial qui rend l'amour que tu chantes dans ton poème si beau. Les liens du sang ont perdu toute signification pour moi depuis si longtemps que je ne m'y
perdrai pas. Pourtant, c'est à l'adresse de mon père que s'exprime un amour comparable, et je me dis que le fait qu'il soit mon père n'y est évidemment pas étranger.


Pour les autres, oui, il y a toujours de la représentation, peu ou prou. On n'en sort pas. Et je ne peux nier non plus que le moyen le plus sûr de tomber le masque soit la douleur. Pourtant, je
ne dirais pas que c'est le seul. Il y a quelquefois des rencontres exceptionnelles, des instants fragiles et magiques, où les masques tombent et où nous nous révélons pour ce que nous sommes.
C'est là qu'il y a âme soeur je crois... On en ressort tout bouleversé : il s'est passé quelque chose de rare, de beau, de grand. On voudrait le vivre avec tout le monde, que ce soit une nouvelle
norme universelle... On est un peu frappadingue pour le coup... Mais on s'en aperçoit vite : la banalité et la médiocrité du quotidien suffisent à nous rappeler à l'ordre. Quel dommage...


Pourtant, à le vivre, on se dit que c'est ça, la vie, ça et ça seulement. Ce qui revient à dire finalement qu'on ne vit vraiment que quelques minutes dans une vie d'humain. C'est tristoune comme
constat... Et quand bien même on s'essaie à multiplier ces minutes, on s'aperçoit vite de ce qu'on est trop bien cerné de faux-semblants et de paillettes pour trouver l'authentique à tous les
coins de rue. Soi-même on se surprend à jouer le jeu, c'est assez répugnant à bien y regarder, ou bien non, pas répugnant : pitoyable... Peut-être qu'on ne les mérite pas, les instants
authentiques ?


Bon, en tout cas, il faut songer qu'on les aura au moins assez vécu pour savoir à peu près de quoi l'on parle. Je crois que tout le monde n'a pas ce petit privilège...



Arthémisia 21/06/2010 17:05



« On » ne nous fait pas à l’Amour. On nous fait pour la lutte, la représentation (je reprends ton mot).


Il n’y a que dans les rares moments où justement notre vérité déborde (et je pense que les moments où nous devons affronter la douleur et qui plus est celle
de la mort, sont de ceux là) que nous nous révélons, non pas seulement à l’Autre, mais surtout à nous –même.


 


Mais je connais aussi l’instant superbe et si unique de la rencontre de l’âme sœur, voire du corps frère, qui fait tout basculer sans vraiment qu’on arrive à
expliquer le pourquoi du comment.


Peut-être était-ce simplement le moment et le lieu, qui font que nous devenons lucides de nous-mêmes et tellement aimants (dans les 2 sens du terme) de
l’autre ? Peut-être est ce une affaire de peau, de senteurs, de pensées ? Peut-être est un miracle ? Peut-être est-ce aussi une affaire de nécessité de l'engagement, de survie, de rage, de
courage aussi. De curiosité, d'ouverture pour une fois! 


 


Doués pour le bonheur ? En fait, ne suffit il pas un tout petit peu d’y croire, Bifane, en se moquant totalement des donneurs de leçons, mettant les choses
de notre côté, et de faire de nos illuminations dussent-elles être uniques, non pas un chemin vers la folie (on est toujours le fou de quelqu’un…je ne sais plus qui disait cela) , mais
le phare de notre vie ?


 


Alors oui, nous pourrons vivre en privilégiés, en zinzins, en poètes, en marginaux hors norme mais heureux de nos authentiques parcours
d’Amour.


C’est fou ( !) comme ce soir je me sens riche !!!!


 


Et ceci ne nous empêche pas d’avoir, justement pour mieux apprécier ce bonheur dont je viens de te parler, nos pauvres petits moments de faiblesses sociales.
Mais je t’assure : ça se soigne. Je connais même des méthodes assez radicales mais super efficaces.


 


Mes bises A.



Bifane 21/06/2010 15:50



Est-ce pour ça qu'il a cette humeur d'indestructible fidélité ? Nous avons tous nos exemples d'amour absolu, où les vents contraires soufflent impuissants à rien y changer. La mort n'en est pas
un, quoiqu'elle se veuille définitive : elle souffle d'ailleurs, nous ne savons d'où, non plus que nous ne savons vers quoi. Elle souligne nos sentiments, les sublime, et précisément les rend
immortel d'avoir voulu les effacer.


Nous devrions nous inspirer de cette noblesse pour grandir tous nos moindres sentiments. Aimer vraiment comme si le jour d'après pouvait nous enlever ce que nous aimons. Nous le savons, nous
sommes capables d'y acquiescer, nous le reconnaissons même une larme à l'oeil et la gorge serrée. Qu'est-ce qui nous retient de le vivre en permanence ? De pardonner à celui qui nous blesse pour
l'amour qu'il nous inspire, comme nous aimons désormais inconditionnellement ceux qui nous ont quitté ?


A la relecture, les yeux débarassés de mon erreur d'interprétation, je comprends mieux cette infinie douceur, cette tendresse profonde que rien ne changera, ni le temps, ni le reste. J'aimerais
que les humains s'aiment toujours ainsi.



Arthémisia 21/06/2010 16:24




Je ne suis pas certaine de l’indestructible fidélité qui serait issue des liens du
sang.


Je pense que cela relève plus d’un accord, d’un désir commun d’aller dans le même sens, d’un soucis
le partage d’une transcendance commune,  que tout simplement la fidélité est quelque chose qui se construit autour d’un lien qu’il soit filial ou amoureux et que même si la mort ou
l’éloignement géographique ou temporel mettent des distances physiques entre les êtres qui ont tissé ce lien, il reste sublime et immortel.


 


Car malheureusement  ces situations où l’osmose, la symbiose, l’accord se fait, et où nous
devons à l’Autre toute la reconnaissance pour ce qu’il nous a apporté de grandissement, d’élévation, de bonheur, de bien- être, de plaisir, de lâcher prise, et de révélation sont extrêmement
rares.


 





J’arrive à croire aux erreurs d’aiguillage, parce que nous n’avons pas su trop jeunes, trop mal
voyants, trop rêveurs,  nous diriger vers l’accueil le plus pur.





Et j’arrive à croire aussi surtout et malheureusement au poids des éducations, au lourdeur des
diktats sociaux, des images qui nous cantonnent trop souvent dans nos carapaces parce que nous avons peur de nous dévoiler, de dévoiler que nous avons nous aussi besoin de l’Autre, dans cette
fichue société où il faut être si fort et où nous sommes bien souvent trop seuls.


 


C’est terrible ce que je vais dire, mais je suis terrorisée quand je vois qu’il faut très souvent la
mort pour que l’Amour devienne en nécessité, qu’il faut que nous soyons fragilisés pour l’appeler, qui nous faut de la souffrance pour que tombent les masques.


 








Bifane 21/06/2010 15:23



C'est avec cette tendresse que les amants devraient toujours parler de l'autre, quand il s'en est allé. Ils signifieraient au moins qu'une histoire finie n'est pas une histoire reniée, qu'un
amour vécu poursuit sa belle route, et qu'ils ne sont pas revenus en arrière, le détruire à coups de pioche vengeresse...



Arthémisia 21/06/2010 15:29



A. était mon père.


Notre amour vécu, oui, poursuit sa belle route. Malgré la mort.






joruri 21/06/2010 15:10



http://www.ohmigallery.com/Sales/Sales.htm#Ehon


 


No comments...



Arthémisia 21/06/2010 15:26



Je suis totalement ignare en Art japonais. Je  pourrais laisser parler mon coeur et ma sensiblité
devant certaines oeuvres si raffinées qu'elles me font frémir.


 Bien sûr des noms comme celui d'HOKUSAI, d'HIROSHIGE, d'UTAMARO me disent quelque chose mais je
n'irai pas beaucoup plus loin que la banale analyse plastique de leur travail car je manque totalement de connaissances historiques sur le Japon.


 


J'ai rapidement feuilleté ce site et repéré le travail de Shiro TAGAKI (dans la galerie n°2) dont le dessin net et incisif, se construit sur un fort
contraste de couleurs avec l'arrière plan. Quelque chose des expressionnistes du début du XXème...


 


Merci pour le lien que je mets dans mes favoris et que je transmets à mon ami allemand Thomas dont l'épouse en japonaise.






joruri 21/06/2010 11:43



Quel jolis dégradés gri...



Arthémisia 21/06/2010 11:45



Ce  photographe japonais pose un regard de silence quasiment poudré sur les choses. Beaucoup de délicatesse et de recueillement.



joruri 21/06/2010 11:35



L'absence de "s" à "orange" est-elle volontaire ?


 



Arthémisia 21/06/2010 11:39



Tout à fait :


http://profvirtuel.free.fr/elementaire/orl%20interactif/plurieladjcouleurmemo.htm


 



Ut 21/06/2010 11:04



Ton écriture est de plus en plus magique Arthi. Tu es vraiment une des plus belles plumes du net ; une qui chuchotte si terriblement à l'intime.



Arthémisia 21/06/2010 11:06



Merci mais tu sais c'était facile: c'était la fête des pères hier....


Plein de bises. Tout plein!