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1231 - L'Ecran de fumée

Publié le par Arthémisia

 

http://farm3.static.flickr.com/2202/2277735001_3ccc302b09_o.png

 


L’écran n’est jamais total.  Le cinéma ne trompe vraiment que les acteurs.  Ce n’est qu’une fumée plus ou moins épaisse que les yeux affutés percent facilement. 

 

Au sol gisait un cœur, qui battait.

Il battait seul, relié à aucun tuyau, aucune veine, sans aucun sang. Il battait à vide. Il battait pour lui.  Ou contre lui plutôt, je crois.

 

Je l’ai pris dans mes mains, un après midi. Il était chaud et humide. C’était agréable.

 

Je n’ai pas pu le garder. Pas voulu : on ne garde pas un cœur, sauf le sien.  Et encore même ça c’est difficile.

 

Alors je l’ai reposé au même endroit et je prie pour que tu le ramasses. 

Derrière la fumée, comprendras-tu que tu n’as rien à craindre? Personne ne te voit.

Sauf moi qui te sais.

 

Copyright © Arthémisia – juillet 10

 

Avec : Etienne-Jules MAREY, plan incliné, angle de 60 degrés,

quatrième et dernière version de la machine à fumée, équipée de 57 canaux

(cinémathèque française), 1901

Commenter cet article

Frédéric 22/07/2010 06:35



L'erreur a été de croire ceux qui nous disaient qu'il pouvait être facile de vivre


Le risque serait de croire que parce que c'est difficile c'est "mauvais"


Il n'y a pas de coeur en bandoulière, le coeur est toujours à sa juste place, car c'est la Vie, mais il peut faire souffrir 


et vivre 


en même temps


mais le même coeur peut aimer


et inspirer de l'art


en même temps


je t'embrasse


frédéric



Arthémisia 22/07/2010 11:40



Les coeurs doivent vivre à leur place, sans que quiconque n'aie honte de  les porter, sans qu'ils ne pèsent des tonnes de culpablité, sans qu'il faille
les cacher  : ils doivent être une fierté, un toujours élégant et assumé morceau de nous. ET tant pis si les autres ne les voient pas, ne veulent pas les voir, ne les aiment pas, ne nous les
autorisent pas.


On ne peut être caché.


Moi aussi je t'embrasse fort, Frédéric et merci pour tout ce que tu sais....



Frédéric 21/07/2010 18:13



La fumée aurait elle moins de réalité que ce qu'elle cache ou révèle ?


Nous ne pouvons en effet garder de coeur (même pas le notre !)


mais pourtant ils font partie de nous


C'est en vivant que nous en sommes les dépositaires, du notre comme des autres


bises


frédéric



Arthémisia 21/07/2010 21:30



Vivre, quelle expérience Frédéric. Difficile, si difficile. Surtout s'il nous faut porter notre coeur en bandoulière comme un fardeau mal
assumé.


Je t'embrasse


Arthi



juliette b. 20/07/2010 18:39



Il n'en veut peut-être pas de ce coeur....ou c'est le sien qu'il a jeté



Arthémisia 20/07/2010 19:15



C'est le sien... avec lequel il a beaucoup de mal....



gentle13 20/07/2010 15:29



Bonjour, voilà un bien joli texte que j'ai bien aimé lire. Je te souhaite une excellente après midi


Paul



Arthémisia 20/07/2010 15:32



La fumée c'est toujours grisant.


Bises et bel après midi à toi aussi Paul.


Arthi



Bifane 19/07/2010 12:01



Alors peut-être reposent-elles le coeur pour que d'autres le connaissent aussi, dans une aspiration vers le partage, où le geste prend une belle noblesse. Et la fumée qui voile devient un mystère
qui invite à l'explorer, à le visiter au-delà des apparences d'un rideau mouvant. Ne pas tout montrer, garder la grâce d'une pudeur élégante, qui préserve en même temps les beautés qu'elle
dissimule. C'est pour aimer qu'on y pénètre, qu'on y prend ce qu'on y trouve, puis qu'on l'y laisse pour d'hypothétiques suivants, et la chose est belle, et la vision d'autant plus lumineuse...



Arthémisia 19/07/2010 13:13



Elles reposent le coeur pour lui. Rien que pour lui.


Il a besoin de lui.



Bifane 19/07/2010 11:23



Sans doute qu'il battait trop fort ? Certains font peur : on imagine qu'ils vont battre assez fort pour imposer le silence aux autres battements... Enfin, j'imagine... Un coeur qui bat, on
devrait le prendre et l'écouter, et apprendre son battement, jusqu'à lui prêter la musique des siens. Au-delà, ça ne servirait peut-être à rien, mais avant, a-t-on seulement fait quelque chose ?
Il vaut mieux remettre quelques respirations de fumée bien épaisse tout autour, pour le cacher à ceux qui n'entendent rien...


 



Arthémisia 19/07/2010 11:51



Il ne faisait pas peur.


Il battait fort. Très fort. Il n’était pas le seul.


Mais le concert ne pouvait pas durer. La vie est peuplée de points d’orgue, orchestrés par les
avants....





Et pourtant il me semble beau et bon  de ne pas ranger trop vite les guitares désaccordées, d’affirmer sa musique et de
faire résonner ses sons encore, encore, encore…même et surtout dans les fumeuses volutes des écrans noirs.





Les vents des oreillettes sont tendres aux mains qui accueillent. Elles respirent elles aussi. Et j’en suis certaine, ne sont
pas uniques.


Tant mieux. Elles aiment.  








la vieille dame indigne 19/07/2010 08:42



Pourquoi l'as-tu pris si c'était pour le reposer ?



Arthémisia 19/07/2010 11:01



Il est des nécessités qu'on explique difficilement.


Elles sont quasi viscérales.


Il faut juste les vivre et savoir qu'elles ne sont que d'immenses  instants ...rémanents.



Max 19/07/2010 00:07



J'ai eu un sacré vertige, à l'ouverture, à la prime vision de ce "post", j'étais dans une des twin tower du WTC et je tombais, tombais, tombais, incroyable...


 


Incroyable de putain de vision au départ, ça a duré quelques millisecondes, je te jure Arthi, la vision de cette photo au début était délirante de vérité du 11.09


 


et ce n'est qu'une fuck, de fuck, de fuck de machine à fumée criante de vérité



Arthémisia 19/07/2010 10:57



Désolée si cette photo t'a mis mal à l'aise. La fumée crie parfois très fort.


Mais derrière ses non-couleurs et son évanescence dansante, elle cache aussi le feu, l'énergie, la force et le brassier, qui fait la vie jusqu'à la cendre.
Il s'agit de ne pas nous laisser illusionner par l'écran, cette fausse vérité, et de garder au fond de nos rétines nos présences rassurées.





Je t'embrasse.


A.