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1261 - All over

Publié le par Arthémisia

 

http://www.nga.gov/feature/pollock/pollockautumn2.jpg

 

 

 

Le matin enfle calme et humide. Il ne pleuvra pas pourtant. La pluie ici est une latence.

Avec le jour, grandit ce qui ne doit pas. Quotidiennement.

 

Les volets s’ouvrent et tout recommence, les heures blanches et l’espace infini où, à la manière d’un dripping de POLLOCK, il faut vagabonder all over.

 

Le café sur la terrasse, se parfume à la ville.

 

L’aveugle, en face, ouvre sa fenêtre, se penche et respire le bruit de la rue : il pourrait bien sauter.

Mais non : il sait le Beau lui. Il sait l’Autre, il sait le dedans. Bien obligé…

 

On pourrait en effet croire qu’il suffit de fermer les yeux, d’être pantin du monde,  les poumons gonflés au désamour, et de peindre dans le cadre l’illusion d’un hors-champ ? La bonne blague ! Noyé, bats encore l’air de tes bras pinceautés ! La traversée est loin d’être terminée.

 

Ranger la tasse sale dans le lave-vaisselle.

Imprimer d’eau les fissures de son corps.

Il pleut.

 

C’est tous les jours comme ça.

 

 

Copyright © Arthémisia – Août 10

 

Avec : Jackson POLLOCK peignant

Photograph © 1999 Estate of Hans Namuth

 

 

Commenter cet article

immobile 02/09/2010 14:55



Superbe acte manqué ! 


 


y a un mec intéressant à voir... tu connais peut être  :http://objetsdeconscience.over-blog.com



Arthémisia 02/09/2010 20:25



Le jour suis parfois le jour....


Merci pour le lien. Je crois y avoir été  il y a longtemps. Je vais m'y balader car l'air y est très très parfumé.


 


Merci de ton passage chez moi immobile.La porte reste ouverte.



immobile 02/09/2010 14:46



oui! on crée tout le temps et on peut créer dans tous les sens ( je veux dire avec des pratiques différentes )


j'apprécie bcp ce que tu écris sur la créativité ....


et quant à Pollock même si sa vie a été ... ce qu'elle a été ... quand il a peint en une nuit " the wall " (je ne suis pas sur du titre!) pour Peggy Guggenheinm ( je ne suis pas sur de
l'orthographe non plus !)...il a changé en occident l'acte de peindre ... (ça, j'en suis sur...enfin ... peut être ...)


c'est pénible ces points de suspensions ...!



Arthémisia 02/09/2010 20:21



Bien sûr que l'expressionnisme américain à changer des choses; il s'agit surtout d'un nouveau rapport avec la surface, et bien sûr c'est le geste et donc
aussi la matière obtenue qui font question.


Voilà le neuf.



daniel 01/09/2010 16:29



"mes habitudes ! pas celles qu'on m'impose! celles que j'ai !"


c'est Tachan qui disait ça .... 


je veux dire par là qu'on refait toujours un peu la même toile même si parfois on avance à pas de géant dans et avec une toute petite touche de peinture ...


Se mettre en difficulté ... en folie provisoire ...réintègrer le monde des habitudes de temps en temps ... 


d'ailleurs je vais au jardin ...regarder les tomates murir ! 


en fait je voulais simplement dire que ce texte est vachement bien ! voilà!



Arthémisia 01/09/2010 18:53



Ce que tu dis est intéressant car il explique bien les intersections entre la vie "autre" et la vie créatrice (j'ai beaucoup de mal à les différencier,
j'avoue), disons entre  ce qui n'est pas de la pure création, et l'instant du faire, ou du dire. Même regarder les tomates pousser (même si cela procède peut-être de l'échappement de
l'intellect) peut devenir un instant fortement réflexif, qui portera des fruits (!!!) ailleurs.


C'est pour cette raison qu'à mon avis on est créateur  tout le temps même dans les temps où on n'est pas créatif.


Et merci pour le "vachement bien!"!



Joruri 30/08/2010 09:43



Que l'homme assoiffé approche, que l'homme de désir reçoive l'eau de la vie GRATUITEMENT. Apoc 22, 17. Je ne pouvais pas la rater celle-là...



Arthémisia 30/08/2010 09:44



Je vais me doucher!


(Désolée... c'est un peu hors propos..)



juliette b. 29/08/2010 18:02



Cette photo de Pollock peignant illustre parfaitement cette impression de pluis qui ne vient


Bises



Arthémisia 29/08/2010 20:44



...qui vient mais ne suffit pas.


Bises


Arthi



Joruri 29/08/2010 17:16



Je sais. Pollock n'a pas trouvé la paix. Ni arthaud, ou Michaux. Je sais, et je regarde, et je me tais.



L 29/08/2010 20:37



Ni Van GOGH, ni STAËL, ni CARAVAGE, ni Yves NAVARRE, ni ROTHKO, ni Walter BENJAMIN, ni NERVAL, ni MONTERLAND, ni VERLAINE, ni RIMBAUD....chut...tu as raison
: taisons nous, et écoutons leur chant. Il dure.



joruri 28/08/2010 18:46



Je ne sais pas. ce peintre tentant d'exorciser une rage en jetant des coulures d'âme


d'un geste brutal, aux prises avec la bouteille, aux prises peut-être avec une lucidité dont paul valéry je crois disait qu'elle était la blessure la plus proche du soleil est une chose
effrayante et magnifique...


Il est vrai que moi, j'ai trouvé la paix (pas l'aisance ou le confort, la paix) et que je la lui souhaiterais de tout mon cœur, mais en même temps, de voir le spectacle de cette humanité ravagée
par des millénaires de famines, de guerres de maladies et de mort se ruer et lancer comme des giclures sanguignolentes le sang de son cri sur un linceul abandonné à terre, ça me pétrifie de
respect.



Arthémisia 29/08/2010 14:43



POLLOCK n'a jamais trouvé la paix. Il marchait dans sa douleur à longueur de journée. Je ne sais si sa vie est respectable (il buvait bcp et a entrainé avec
lui dans la mort sa petite amie) mais son travail immensément!



Nova 27/08/2010 18:38



Triste...



Arthémisia 27/08/2010 20:35



Désolée. Je n'y peux rien.



fransua 27/08/2010 14:43



je reprends mon com


j'ai regardé tes travaux et je te disai que l'abstrait te va bien prison verte me plait ainsi que Dieu et le bois.............


a bientôt



Arthémisia 27/08/2010 20:35



Pas si abstrait que ça!



fransua 27/08/2010 14:38



j'aime beaucoup l'image de l'aveugle et aussi le café qui sent la ville......je vais voir tes dessins



Arthémisia 27/08/2010 20:34



Réalisme ...



joruri 27/08/2010 12:17



je n'ai de leçon à donner en personne en matière de mièvrerie ! : ) Mais bah, j'assume, j'aime mieux ça qu'etre méchant ! Mon amour immodéré pour les films à l'eau de rose et mon désir d'un monde
où tout le monde y s'aimerait font rire mon épouse et ma fille. Mais d'un rire tendre et compréhensif.



Arthémisia 27/08/2010 12:20



L'Amour n'échappe vraiment jamais à un soupçon de sucre!


http://corpsetame.over-blog.com/article-24731494.html



joruri 27/08/2010 11:33



Je ne connais que fort mal la peinture, je te crois donc sur parole. Et j'en déduis que la peinture aussi "est un cri qui vient de l'intérieur" comme dit la chanson de Lavilliers.



Arthémisia 27/08/2010 11:46



Un peu mon neveu! Sinon c'est de la décoration, au  mieux du papier peint et au pire une mièvrerie sucrée et écoeurante (cf. Renoir....)



joruri 27/08/2010 11:01



Pour peindre du Pollock avec un instrument de musique, il siffit de jouer du free-jazz.



Arthémisia 27/08/2010 11:02



Ca explique pourquoi j'aime POLLOCK et COLTRANE



Briesing 27/08/2010 10:43



Moi je crois en la possibilité d'inventer le temps. Bien sûr il y a les tasses sales, bien sûr il y a le repassage (ça me fait penser à Brel...) mais le reste, on l'invente !


A voir Pollock, ça me donne envie de peindre, moi qui n'ai jamais tenu un pinceau à part à l'école. D'ahabitude mon truc c'est plutôt la musique, mais cette autre envie, de matière, de couleur,
je sens qu'elle vient. Ce serait une manière de casser la ritournelle du temps.



Arthémisia 27/08/2010 10:58



oh que oui!!!!


C'est même parfois la seule échappatoire aux tasses sales, au repassage, aux courses au supermarché, aux repas à préparer, aux reproches parce que ce n'est
pas comme ça ou trop comme ci, aux soirées foot et Patrick Sébastien, aux lectures reprochées, aux intérêts non partagés, à la fantaisie morte née, aux....J'arrête là...J'ai mon ménage à
faire.


 



aldep 27/08/2010 10:17



Sur la forme, chaque jour est différent mais sur le fond, c'est une chose qui se répète.



Arthémisia 27/08/2010 10:31



A moins d'un nouveau soleil, on ne fait que gribouiller le temps.



joruri 27/08/2010 09:22



Le sang de la souffrance devenu chant visuel.



Arthémisia 27/08/2010 09:26



La peinture ne peut se concevoir pour moi autrement que comme un jus de tripes, quelque chose d'absolument viscéral.



catherine 27/08/2010 07:13



Eh bien, ce n'est pas drôle..


Il est temps que cela change et que la lumière vienne dans les pinceaux de ton écriture.


Je souhaite que bientôt cesse de te venir des mots de pluie.



Je t'embrasse



Arthémisia 27/08/2010 08:00



Cela pourrait cesser très vite....



catherine 27/08/2010 07:11



Eh bien, ce n'est pas drôle..


Il est temps que cela change et que la lumière vienne dans les pinceaux de ton écriture.


Je souhaite que bientôt cesse de te venir des mots de pluie.



Je t'embrasse



Arthémisia 27/08/2010 07:59



Je suis désolée, Catherine.


Je sais : rien n'est drôle en ce moment.


Je t'embrasse.



lutin 27/08/2010 00:52



J'aimerais de l'espace pour délirer sur une peinture, ne pas craindre de salir autour de soi, quelle liberté !



Arthémisia 27/08/2010 07:58



Personnellement j'ai besoin d'espace pour peindre , mais l'espace qui est important c'est celui du support : autour on se débrouille toujours.Il faut rendre
le support grand, le travail grand.


Il m'est arrivé de faire des nus sur les bandes blanches qu'on trouve autour des timbres. C'était une chose intense et même si la plupart du temps le nu n'y
rentrait pas en entier (ça on s'en fiche!), la concentration de l'image, la puissance du dire, la force de l'impact, rendait le travail tout aussi expressif qua si j'avais travaillé sur un format
grand aigle!


 


La liberté de travail, c'est nous qui nous la trouvons sur l'espace de production, jamais les murs....