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1288 - Trouée

Publié le par Arthémisia

http://www.bideford.devon.sch.uk/art/gcse07/viewpoints/slides/chair%20by%20david%20hockney.jpg

 

C’était comme un jour. Mais c’était le temps des riens. Alors c’était forcément beaucoup plus long.

On se demandait si on était le matin ou bien l’après midi. Rien ne nous l’indiquait.

On vivait dans l’ignorance de ce qui allait venir : un début, un milieu, une fin ?

On se tenait là au centre. On regardait autour. Il y avait des arbres nus, trois fleurs, des chaises en métal vert, des maisons hautes et grises et des gens qui couraient, et d’autres qui pleuraient.

Tous gardaient leurs mains au fond de leurs poches. Qui avait-il au fond de ces poches ? Peut-être du retrait ?

Alors à son tour on devenait arbre nu, fleur, chaise en métal vert ou maison haute et grise.

Ou quelqu’un qui pleurait, la main au fond de sa poche.

Trouée.

Copyright © Arthémisia – oct 1

Avec : David HOCKNEY – Chair, 1985, photocollage.

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monik 08/10/2010 13:53



Moi aussi j'aime à croire que les choses se font parfois avec nous( même si ce nous à des fondements incertains/ lire " Au-dessous de  volcan") et pas toujours malgré nous et que.....
même dérisoire , un geste doit être posé.


Merci Arthémise pour Tout ce que tu écris vers les Autres.



Arthémisia 08/10/2010 16:48



J'ai passé l'âge de me poser des questions au sujet de ce qui doit être fait ou pas : si j'ai envie de faire, je fais! Surtout tendre la main, caresser,
montrer à l'autre qu'il existe...même s'il est des temps où je dois plus que tout penser à moi. Mais au fond je me dis que penser à l'Autre c'est aussi penser à soi.


 


Pas de blog, Monik?



poete-enrage 07/10/2010 21:57



Nous attendons tranquillement que les choses se fassent car nous ne les maîtrisons pas. Comme le temps



Arthémisia 07/10/2010 22:06



Et un jour ne crois tu pas qu'il faille donner un coup de pied dans la fourmillière, dire Basta! et sortir la main de sa poche pour aller la tendre à 
l'Autre?


Si nous ne faisons qu'attendre, le temps nous mangera.



monik 07/10/2010 18:09



Le temps des riens c'est effectivement un jour très long, très gris. Mais tu es sûre qu'il n'y avait pas un petit rien?..une esquisse de sourire ou un doigt qui faisait coucou par le trou de la
poche juste pour rire un peu.



Arthémisia 07/10/2010 18:41



Il y avait l'IMMENSE bonheur d'être à Paris et d'avoir son temps à soi pour faire du Beau sa nourriture.


Cela arrive si rarement.


Bienvenue Monik!



chrys722 07/10/2010 09:34



Ma prmiere réaction en voyany cette image fut de me dire  : c'est l'histoire de toute une vie.



Arthémisia 07/10/2010 18:29



Ca peut même être la dernière.



Ut 07/10/2010 09:16



Bon, d'accord... mais vous traduirez, hein, parce que l'allemand, moi je ne connais pas, même par petits morceaux :)



Arthémisia 07/10/2010 18:30



Il traduira! moi je ne fais que recommencer un truc oublié depuis ....tant d'année!



Ut 07/10/2010 08:40



Oui... sauf que je ne crois pas au divin : je crois au Beau, même morcelé :)



Arthémisia 07/10/2010 08:51



Je sais.


Pour moi tout cela est tellement proche. Ma mystique est dans le Beau tu es au courant!


 


ET ok pour les morceaux: on jouera aux puzzles.On fera de la mosaïque. Thomas a le matériel. RDV à Frankfort!


 



Servanne 07/10/2010 08:26



J'aime ton histoire là ...


D'ailleurs il me vient ce mot de René Char ( dans Fureur et Mystère je crois ), je ne sais si tu le connais :


" ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience."



Arthémisia 07/10/2010 08:31



Ô oui, je connais!


Le non-trouble me trouble...



Ut 07/10/2010 08:22



Peut-être que la musique (l'Art) est un des vecteurs de l'infini à l'infini ; ce "goutte à goutte" comme tu dis, qui nous rend compte de notre incomplétude...



Arthémisia 07/10/2010 08:29



En quelque sorte tu parles dela Nature et de l'Art comme vecteurs divins? ....Cela fait longtemps que je suis convaincue de cela ...


Un jardin, de la musique et une incomplétude palpable. dans chacune des gouttes qui tombaient lourdement des arbres chauds....



Ut 07/10/2010 08:13



Quand les fêlures deviennent des crevasses parce que la solitude, il nous semble impossible de retrouver l'unité originelle. Mais l'unité n'existe pas : nous sommes des multiplications de
cellules venues d'un trou au fond d'une poche.


Très beau, très triste. Très vrai...


Bisous Arthi.



Arthémisia 07/10/2010 08:17



Très Jardin du Luxembourg un après midi goutte à goutte de Juillet 2009.


Au loin jouait un orchestre yiddish. Etrange non, après avoir lu le comm. de Jean Marc?


Bises


A.



gballand 07/10/2010 07:26



Votre indéfini rend les choses encore plus troublante. "On" aurait presque peur... méfions-nous, ce temp- là est tout près.



Arthémisia 07/10/2010 07:37



Vous y êtes parfaitement...enfin je veux dire que vous m'avez bien comprise :


On y est.



Jean-Marc 07/10/2010 01:19



C'est très beau, comme toujours, Arthi.


Cela me rappelle la théorie du tsimtsoum, le retrait en hébreu. Selon les kabbalistes, c'est en se retirant du monde, que le Très Haut a créé le vide, la trouée indispensable pour que la Création
ait lieu ! Serais-tu kabbaliste, Arthi ?



Arthémisia 07/10/2010 06:43



Sourire, Jean Marc.


Kabbaliste, moi? Non. Mais j'aime cette image d'une contraction divine qui ménage de la place pour la création.


Je crois à ma grande nécessité de me replier en moi-même pour permettre mes possibles, mais cela ne me fait pas divine! Peut être tout juste une créature
?!!!!


 


Mais ce qu'évoque mon texte est plutôt l'idée d' un isolement auquel procède chacun parce que le contact est devenu impossible; le retrait  n'est pas
voulu ; il est obligé, subi.


Chaque élément, végétal, contruit, humain, se retrouve retourné sur lui, rentré en lui, de façon escargotique, et carcérale aussi tant l'isolement spacial
est fort.


Et parfois, ce lui, de ce fait, s'use, se troue et donc se vide.