Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

1330 - La Lacune

Publié le par Arthémisia

 

http://1.bp.blogspot.com/_htEdnVzrByE/TCgzSHyqbKI/AAAAAAAAHXg/pYkClAQ9W6A/s1600/Boucher_jeune_femme.jpg

 

 

C’est mystérieux les ruines de la nuit.

Autant de morceaux d’air, de morceaux d’où, de morceaux d’espace, qui se dilatent très librement.

Les objets se sont rétractés, en eux-mêmes, jusqu’à perdre toute couleur, toute forme, toute substance, toute densité, aspirés très lentement par leur centre.
Même les sons se sont éteints.

Dans la fosse.

 

Toute l’amplitude est donnée à ce qui ne se voit pas, ce qui est transparent.

Le bout du lit a disparu ; la table de chevet s’est absentée. Plus rien n’est vraiment.

 

Seul le moule d’air autour de notre corps, définit le champ, l’aire, la zone de vide, la lagune, la lacune.

Alors, peut-être, le sommeil ?

 

Copyright © Arthémisia – déc . 10

 

Avec : Jeune femme endormie – François BOUCHER

 

Commenter cet article

fbd 13/12/2010 10:07



elle vient dans le plaisir de faire aussi… et la volupté simple d'exister, même si elle est passagère (l'existence et les moments de calme ressenti)



Arthémisia 13/12/2010 10:15



Tout à fait de ton avis car pour moi faire c'est aussi partir,  c'est partir vers soi, en soi.



fbd 13/12/2010 09:31



"le moule autour de notre corps", l'air autour des peaux… ton texte est un écho à la transparence et la substance des corps… sans sa légèreté…



Arthémisia 13/12/2010 09:39



La légèreté ne vient vraiment que dans le départ, le sommeil. Ou la mort (la petite comme la grande).



lutin 10/12/2010 19:12



Ce texte est magnifique, tu parles trés bien des effets de la nuit.



Arthémisia 11/12/2010 08:34



Je ne sais pas pourtant  si cela est généralisable. Ce n'est que la retranscription d'un moment, un soir, d'une sensation qui n'est pas universelle, ni
quotidienne. Quelque chose d'assez proche du punctum photographique de BARTHES.



lutin 10/12/2010 15:25



Ce dessin est magnifique il en ressort une grande douceur, de la tendresse et finesse



Arthémisia 11/12/2010 08:26



je ne suis pas fan des dessins de FRAGONNARD ou de BOUCHER à la sensualité un peu mielleuse mais ma démarche sur ce blog est aussi d'essayer de trouver une
iconographie qui colle le plus aux mots. Ainsi cette jeune femme est à mon sens tout en elle....



tilk 10/12/2010 00:02



oui vendre savoir se vendre...pour moi c'est le plus dur....


et ne me parle pas de la retraite !!! j'en ai mal aux jambes tellement j'ai manifesté...


besos


tilk



Arthémisia 10/12/2010 06:26



 J'ai honte du commerce. L'idée de vendre de l'Art me révulse. Hélas quand il faut vivre....


Quant à ma retraite, n'ayant commencé à travailler vraiment qu'à 40 ans (avant je m'amusais bien sûr!... non, j'étais un parasite...c'est le mot que j'ai entendu...enfin passons, là n'est pas le sujet...) je ne pourrais espèrer
plus.


C'est le lot de bien des mères de famille qui se sont sacrifiées trop longtemps  pour élever leurs enfants et se retrouvent sur le carreau avec des
revenus de misère; qu'est - ce que j'ai été c...!






tilk 09/12/2010 22:57



c'est à cause de ça que j'ai quitté l'enseignement et que j'ai pris un travail moins prenant au niveaux du temps 35 heures et pas de cours à préparer pas de copies à corriger ... je suis devenu
éducateur bucheron et ça me laisse du temps pour peindre pour être moi...


besos


tilk



Arthémisia 09/12/2010 23:02



Tout n'est pas aussi simple Tilk. Je ne peux pas rentrer dans les détails, mais pour faire court, je n'ai pas fait le parcours professionnel que j'ai
fait  (c-à-d reprendre des études sur le tard) pour laisser tomber ce qui est quand même et risque de l'être encore plus très bientôt, mon seul moyen d'existance.


Et quand je serai en retraite (calcul fait 750 euros à 65 ans!) il faudra bien que je trouve d'autres moyens d'existance que mon salaire de prof...alors je
m'inquièterai peut êre plus de peindre et surtout de vendre!


 


bises


Arthi (maman aussi ....)



tilk 09/12/2010 22:24



oh oui entièrement d'accord avec toi....ce que tu dis me fait réaliser que la nuit je peins jusqu'à épuisement .. et c'est peut être pour ne pas me retrouver seul avec moi même dans mon lit


besos


tilk



Arthémisia 09/12/2010 22:35



JE T’ENVIE !!!


Si tu savais.


Puisque je dois assurer mon beefsteak, j'ai très peu le temps de peindre mais je sais aussi par expérience combien c'est la nuit dans les conditions les plus
difficiles, dans un garage pas chauffé, à 3 heures du matin que j'ai le plus peint.


Je me retrouvais seule avec moi-même mais je pouvais me parler, lutter avec moi, m'aimer aussi. Car la création est une histoire si intime, que personne ne
peut vraiment  la partager avec son acteur. C 'était bon, je ne peux pas le dire autrement.


Bon comme l'orgasme le plus fort!


 


Aujourd'hui mes cours ne me permettent plus ces libertés d'horaires. Et cela me fait énormément souffrir. Je me sens frustrée, terriblement privée de cet
épuisement (ton mot me convient parfaitement) de mes affects, de mes douleurs, de mes angoisses.


Alors l'écriture, ....qui elle n'a pas besoin de tant de place, d'un atelier, et peut se pratiquer n'importe où ; aux  toilettes, au feu rouge,
et...même en classe....et bien sûr dans le noir du lit!



tilk 09/12/2010 21:58



notre monde est dur ..je te le concède ..c'est aussi pour ça que pour moi la nuit à toujours eu un côté positif


je n'ai jamais eu peur du noir


besos


tilk



Arthémisia 09/12/2010 22:11



Je suis de ton avis mais ce que je veux dire c'est que la nuit,  nous sommes très souvent particulièrement seul avec nous-mêmes et que cette solitude,
au moment de faire le bilan du jour, n'est pas toujours un élément qui facilite les abords de l'ombre, non par peur du noir mais parce que nous n'avons personne pour nous dire : tu
existes.


Nous ne sommes que nous et c'est difficile de continuer sans renfort de la simple présence même éloignée d'un Autre.Tout cela parce que la nuit nous
amplifie, fait de nous notre sujet et que nos douleurs s'y trouvent démultipliées.


Les bonheurs quand il y en a, aussi, je le crois.



tilk 09/12/2010 17:54



oui c'est tout a fait cela même nous nous disparaissons dans un autre monde


besos


tilk



Arthémisia 09/12/2010 21:53



Le notre, je crois, uniquement le notre. Et c'est parfois très dur.


Bises


Arthi



juliette b 09/12/2010 17:02



La nuit... on peur laisser l'imagination créer ses mondes... et la belle dormir



Arthémisia 09/12/2010 21:52



Je ne crois pas qu'il s'agisse d'imagination, mais de perception. Les sens sont autres quand la nuit vient...


Où court-on?



joruri 09/12/2010 15:36



On en mangerait. On dirait du veau.


j'aime assez la pulpe rose et le velouté des tissus inutiles. Bel animal à la croupe prodigue. On s'en ferait un oreiller.


Bon, ben c'est pas tout ça, mais quelque soit l'heure, je vais faire la sieste, puisqu'il parait qu'on peut le faire en souriant...


 



Arthémisia 09/12/2010 21:51



sourire ...pour le veau. Les chairs du XVIIIème avaient cette tendreté que les squellettes des podiums ont perdu. Affaire de mode.  ET je comprends très
bien qu'un homme puisse leur trouver des attraits capiteux.


Bonne nuit, Joruri! (ben oui, la sieste est passée depuis longtemps.



bifane 09/12/2010 11:56



Je dirais que, quand on a l'esprit suffisamment libre et léger pour envisager le monde de ce point de vue (ou de cette absence de point de vue ?), le sommeil ne doit pas être un chemin difficile
à emprunter.



Arthémisia 09/12/2010 21:49



Sauf que ce retrait nous ramène à notre pauvre nous, et que nous n'avons plus que le sommeil pour hypothétique porte de sortie.



Alexandre 09/12/2010 11:15



La nuit est quelque chose d'incompréhensible. Nous n'arriverons jamais à percer ses mystères.



Arthémisia 09/12/2010 21:47



il nous faut lui faire confiance.