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1341 - Une Peur

Publié le par Arthémisia

 

http://www.rfi.fr/radiofr/images/102/432-Sans-titre-1981.jpg

 

L’homme est allongé sur le lit blanc. Il vient de faire l’amour. Un amour de sauvetage, rageur et démesuré.

On entend le souffle de sa méditation.

Ses yeux, enroulés sur eux–mêmes, se livrent à l’introspection.

Son sable blanc s’étale lentement sur son ventre.

Un sourire secret s’est figé sur sa lèvre.

 

L’homme s’escargote dans les draps, et part. Je ne sais où. Peut être sous le temps ?

 

J’ai peur.

J’ai peur de l’ornière fatale qui canalise sa trace, pourrit son dessein et ne mène qu’à la faux.

 

J’ai peur.

J’ai peur qu’il n’arrive plus à dire.

 

Le bleu de Prusse veille sur lui, pourtant, je le sais.

 

Mais la petite fleur de fer rouille devant l’océan.

Rassure-moi : es-tu né ?

 

Copyright © Arthémisia – déc. 10

 

Avec : Sans titre - Zao WOU-KI -1981

Eau-forte et aquatinte
© Zao Wou-Ki/ ADAGP 

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Ren 12/05/2012 14:29


la petite  fleur  de rouille  devant l'océan...


 


 élément de contraste  ( fragile) devant la puissance  de l'océan,  mais aussi le grand bleu,  l'anonymat, le vide...


 


 


 


et  la question de la naissance opposée  à celle  de la  "petite mort"...   ( et d'ailleurs  quelle naissance?)


 


d'aileurs un instant paradoxal chez l'humain,  - l'homme  en particulier-


 


puisqu'il est dit que c'était en ceci  que  se révélait "l'homme".....


 


mais  en même  temps celà crée  son basculement dans une  "absence  d'être", qui se matérialise par le sommeil, l'inconscient...


 


En fait  quotidiennement, nous navigons entre ces  extrèmes...   la révélation à soi, pleinement, et
complémentairement  son absence, son évanouissement...


 


( même  en dehors  du regsitre de  "l'accomplissement  sexuel)


 


Je pense par exemple  au côté  créatif.. qu'est-ce qui nous pousse à le  faire ou ne pas  le faire,  si ce n'est  quelque  chose de l'expression de soi, et qui
pourrait se comparer à l'acte .. voir la citation de Rilke


 


-

Arthémisia 13/05/2012 12:23



J'ai tendance à penser que le non-acte pose ontologiquement autant l'homme que l'acte. Même si notre époque veut du "produire".


Et de la même façon, je crois à la dangerosité des deux, donc à la nécessité du regard extérieur.



torpedo palomar 30/12/2010 13:11



eu égard à tout ce qui précède...sur le chapitre des amitiés naissantes, je précise à tout hasard que la citation est  d'antonin artaud, chère antonine


je me plais chez toi



Arthémisia 30/12/2010 13:59



Point de "Galanterie" ...restons simples : Arthémisia me suffit, avec un H, j'y tiens car cela me distingue et de la déesse et de la
peintresse.


 


Et merci pour la précision. Je me coucherai moins bête. Si nous nous connaissions mieux, tu saurais que cela suffit à me combler de joie.



deirdre merdre 30/12/2010 12:46



merci donc...mais pas de "galanterie" entre nous de grâce !


quand je t'aurai lassée, dis-moi stop svp


je m'aperçois que j'aurai dû écrire "pèse -nerfS " :


"tous ceux qui sortent du vague pour expliquer quoi que ce soit dans leur pensée sont des cochons" :


et voilà pour antonine



Arthémisia 30/12/2010 12:55



...désolée...je ne saurai me refaire!


Il n'y a qu'une seule personne que j'expédie hors d'ici très régulièrement, et sans ménagement....autant dire dès que je vois son museau, et elle sait
pourquoi.


 


 


"Rien ne s'explique, rien n'est prouvé, tout se voit."


Encore CIORAN...



mahaut ganny 30/12/2010 11:06



naître ou ne pas naître, tu es shakespearienne de nature !


l'acte d'amour s'est viagratesquement modifié : l'indécence est la délicatesse qui apparait sur le pavé après 20 ans de trottoir...toutes ignobles  soit, mais les hommes seuls
coupables...peu-être au fond  es-tu demeurée  trop chaste : si ton pèse-nerf passe au rouge, éclaire moi antonine


en clair dis-moi svp si je t'insupporte...et je disparais à tout jamais (je crains par ailleurs d'avoir des difficultés à nous comprendre)


 


 


 


 



Arthémisia 30/12/2010 11:37



Shakespearienne...allez je prends! Même si ce terme est un peu ronflant. Je n'ai pas de mal à me faire du bien ...surtout en ce moment, vu que personne
d'autre que moi ne m'en fait. Oups....


Laissez là, chers amis vos images graveleuses : j'ai juste un délicieux café à l'amande à côté de moi...


 


En aucune façon tu ne m'insupportes! Si jamais cela devait en être le cas, j'aurai la courtoisie de te le dire sans ambage!


D'autant que tes réflexions en amènent de nouvelles chez moi.


Mais il me faut bien ramener à ma réalité personnelle ce que tu tends à faire tien, autant dire à rester dans un contexte (t à des faits qui semblent très
très éloignés des tiens, et ceci sans jugement de valeur bien sûr.


 


Certains hommes (rares, extrémement rares, j'en conviens et  j'en ai encore eu la preuve -par le négatif- très très récemment...passons) ne sont pas si
moches. Je ne peux croire cette image par trop généralisante. Certains sont élan, rebond, grand, IMMENSE ressourcement.


Au-delà de toute leur culpabilité (et des jugements extérieurs), et surtout au-delà de leur mort. Et/ou de leur renoncement.


Merci pour lui.


 


Suis-je plus claire?


Antonine...celui-là me laisse perplexe : j'ai tant de lacunes. Tu m'expliques? Ah , oui, j'ai réfléchi : la tentation de St Antoine ; mon Dieu, encore
Lui!


 


Ah! vraiment, ce café....quel pied!



mahaut ganny 29/12/2010 19:30



tes eaux sont fortes, pas ma "pensée" ma chère


je vois que tu ne connais pas le complexe de danielou...cet instant horrible de la fille qui a accompli son job...et qui guette le ahannage de l'impétrant...mon dieu pourvu qu'il ne s'arrête pas
!!!


 



Arthémisia 29/12/2010 20:34



Pas "mes " eaux fortes mais celles de Zao WOU KI!


 


Non, je ne connaissais pas ce complexe. Je viens d'en lire qq. explications rapides sur le net.


A creuser, bien sûr.





Mais pourtant il n'est pas dans mon texte question de l'arrêt de l'acte sexuel mais plus de l'arrêt de la vie. Ou même plutôt d'un refus de
naître.





Et en dire plus serait indélicat, voire  indécent. Désolée.


 



lutin 29/12/2010 18:10



l'art étant subjectif, je ne peux avoir qu'un jugement personnel tant sur un texte que sur une peinture ou toute autre oeuvre. Je ne vais pas aimer parce qu'on aime, je vais aimer parce que
j'aime "moi" je refuse l'engouement des foules. Voilà pour ma première réponse. La seconde est pour le mot "observé" tout simplement c'est que nous avons été nombreux confrontésà ce
genre de tableau, cet homme, que tu exprimes, cette peur aussi, jusqu'à cette question formulée peut-être différemment.



Arthémisia 29/12/2010 18:19



C'est bien pour cette raison et surtout parce que je ne veux pas envahir le goût de mes lecteurs et surtout celui de mes élèves que j'évite l'emploi de ces
adjectifs. Devoir de réserve en fait! Devoir de respect aussi.





Je considère dans mon enseignement que de parler de Bon, de Bien, et de Beau serait pratiquer un dogmatisme. Je préfère laisser chacun trouver sa
voie.





Ma réserve est d'ailleurs la même quand je parle d'observation : il y a tant et tant de façon de le faire. Je suis moi même passée tant et tant de fois à
côté de l'importance.


 


Est-ce que ce que je vois est bien ce qu'il faut voir????


Est-ce que tu montres est bien ce que je dois voir?


Est-ce que je dois chercher ce que tu ne montres pas?


Est-ce que je dois rester, inquiète et garder mes observations pour moi-même?


Je n'ai pas de réponse, lutin. Tout cela est angoissant.



monik 29/12/2010 17:37



" L'amour de sauvetage" il y a une immensité dramatique dans la rencontre de ces deux mots...je la sais.


Avoir peur pour l'autre? non....pour la fleur rouillée plutôt pour qu'elle retrouve " le bleu du ciel"



Arthémisia 29/12/2010 17:46



La petite fleur rouillée se moque d'elle-même.


Elle aimerait qu'on lui dise simplement, rien qu'un tout petit peu, la vie.


 



mahaut ganny 29/12/2010 17:15



moi aussi, mon angoisse, c'est que cet apôtre s'en aille en epectase.


 



Arthémisia 29/12/2010 17:42



Il ne s'agit que d'un homme. Pas de l'apôtre de quelque religion que ce soit, ou d'un abandon dans l'orgasme.


Donc point de crainte qu'il ne parte vers un dieu ou ne se perde dans le plaisir.


La peur n'est  que celle d'une réaction, d'un renoncement à la vie.


 


Merci de votre pensée, très forte, Mahaut ganny



tilk 29/12/2010 13:35



je suis la bouche ouverte comme souvent chez toi..ce texte est magnifique...terrible...mais magnifique...


et le tableau aussi est très beau...ce bleu est d'une grande profondeur


besos


tilk



Arthémisia 29/12/2010 14:31



La Vie, Tilk, n'est-elle pas terrible?


 


Quant à l'oeuvre de Zao WOU-KI dont tu trouveras mille et une mauvaises repros sur le net, elle est inqualifiable tant son discours non figuratif
pourtant  parle  presque comme une calligraphie de la couleur. Un grand dans mon Panthéon personnel, non loin de ROTHKO


 



lutin 29/12/2010 10:54



trés beau et si bien observé



Arthémisia 29/12/2010 14:40



Je ne sais pas si c'est beau. Ni "bien" observé. J'évite toujours les adjectifs qualificatifs "beau, bon et bien". Ce sont trop souvent des
jugements personnels. Mais bien sûr je t'autorise le tien.


 


Observé...Oui. Mais que veut dire "bien"observer? On peut "bien"observer et passer à côté d'un essentiel. Et c'est justement  là
qu'est la peur.



Gladis 29/12/2010 10:00



Pauvre petite fleur de fer...



Arthémisia 29/12/2010 14:35



Je prends vraiment  conscience aujourd'hui, en relisant ce texte écrit il y a plusieurs jours, de la présence de cette fleur orange... en
résistance.