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1381 - Epitomé

Publié le par Arthémisia

 

http://www.ultimateps3.fr/upload/big/escher_belvedere.jpg

 

Cela avait duré bien trop longtemps. Il fallait abréger, monter l’escalier, marche après marche, du trou le plus sombre, de l’abysse, de l’abîme, du retrait, vers l’illumination.

Les premiers niveaux furent quittés, brutalement. La décision ne méritait pas d’atermoiements.

Point de retournement, de regard en arrière.

Les pas se posaient fermement, à plat sur la marche. Le compte suivait sur le calendrier. La main tenait la rampe. Le corps enrobait toute la vie. La vie enrobait tout le corps.

Et le regard portait haut.

 

Puis, le pied se fit plus léger. La pointe attaquait. Le saut venait. L’élan.

 

Le regard porte déjà plus loin.

Ebloui.

 

 

Copyright © Arthémisia – 03/11

 

 

Avec : Le Belvédère – Maurits Cornelis ESCHER

Commenter cet article

Ren 11/05/2014 15:15

Un pas devant l'autre et l'escalier se présente à nous.
On ne sait pas trop où il va,
Mais d'autres sont déjà montés,
Et nous défient dans les étages,
De vouloir les rattraper.
On peut, on se le doit.

Les premiers étages sont franchis, à notre portée.
Il faut continuer.
Les marches se multiplient.
On ne sent pas le poids de la fatigue.
D'ailleurs, avec la hauteur,
Il y a une brise qu'on ne ressentait pas plus bas.

L'air gonfle les poumons.
Nous avons du souffle,
Celui-ci nous habite.
Il nous pousse à aller plus loin, .
Plus haut.
Les chemins mènent bien quelque part.

Ces escaliers aussi.
Ils continuent, sans fin.
Il y a des paliers où l'on peut s'arrêter,
Quelques secondes, quelques minutes.
Nous sommes assez hauts,
Mais curieusement quels que soient les efforts que l'on déploie,

Si on regarde plus loin,
Il ne semble pas que l'horizon suive.
Qu'il s'élève avec nous ( comme il le devrait).
Nous n'entendons plus les appels des autres.
Cela dure longtemps, encore.
Et l'impression persiste,

Jusqu'à ce que la vision, à quelques indices,
Confirme ce sentiment diffus.
Nous sommes déjà passés par là.
Nous avons pensé progresser.
Les pas nous ont portés, oui.
Mais vers où ?

Mais tout paraît sous une autre perspective.
Faussée.
Nous nous retrouvons dans un lieu,
Fermé sur lui-même.
Biaisé.
Il n'y a plus d'issue.

C'est alors qu'on rappelle,
Ce qu'on prenait pour des rumeurs.
Des gens auraient renoncé.
Ils semblaient en pleine forme pourtant.
Personne n'aurait imaginé que ...
Ils auraient sauté...
-

Arthémisia 12/05/2014 23:08

J'avais bien compris ta vision pessimiste de la vie!!!
Bises
A.

Ren 12/05/2014 22:16

Oui, je comprends...
mais ce n'était pas une élucubration faisant allusion à une personne ou toi en particulier,
mais basé sur une litho d'Escher, - puisque tu as choisi toi-même l'une d'entre elles... où les personnages semblent toujours monter alors qu'ils restent enfermés au même niveau ( par la manipulation de l'auteur ), en l'occurence - tu dois visualiser - c'est au sommet d'une tour-cour , à angles formant paradoxalement un " cercle " vicieux.

Bon, c'est un "jeu de l'esprit",
mais aussi métaphoriquement qui renvoit à certaines situations où on nous fait croire à la progression ( au progrès), alors qu'on fait du sur place...

Arthémisia 12/05/2014 15:57

Merci Ren, de ta lecture.
J'ai moi-même sauté 3 jours plus tard dans le vide. Et personne n'aurait imaginé que je le ferai.
Je n'avais pas d'ailes, et pourtant même si je me fais souvent mal très souvent contre les murs de mon quotidien, je ne regrette en rien d'avoir gravi et d'avoir sauté pour me sauver.

bleu virus 09/03/2011 01:21



D'accord avec toi Monique!


Cela me rappelle l'escalier du plongeoire des trois mètres de la piscine. J'avais 10ans je crois et déjà peur de sauter ! 



Arthémisia 09/03/2011 07:08



Voir ma réponse à Monik.



monique 08/03/2011 22:25



Entre Soi et Soi mais avec une place pour les autres..sinon rien.



Arthémisia 09/03/2011 07:01



Certains autres. La vie apprend à se protéger.



monik 08/03/2011 13:01



Patauger dans l'abîme, sortir la tête, accrocher les rampes, avancer et reculer sur les marches ..et puis quel est un jour ce déclencheur? Nous-mêmes! Nos mots, nos vérités! Celui qui porte des
ténèbres ne nous aidera pas! Et là , une respiration comble le vide et nous aspire  vers le haut.


Là- haut  non seulement on a pris de la distance , mais on peut même regarder vers le bas les ténèbres de notre passion.



Arthémisia 08/03/2011 20:36



Je crois, je l'ai déjà dit maintes fois ici, que la vie n'est qu'une histoire entre soi et soi ( Yves NAVARRE). Nous sommes, oui, nos propres ressorts même
si parfois une lumière, un éclair nous met sur notre propre chemin; c'est bien à nous -mêmes qu'incombe nos choix de vie, rester dans la fange noire ou sortir ...enfin...respirer l'air pur,
l'aire pure, avec ...passion.



Versus 07/03/2011 21:10



Merci pour la mise en lien ! Etre en prison Piranésienne chez vous, un délice sans effroi, un calice que l' on boit !



Arthémisia 07/03/2011 21:12



Je trinque avec toi !


(on se tutoie?)


ps: j'aime mieux la liberté!



Alice 07/03/2011 17:33



C'est un très beau texte, j'en suis très admirative. Pour moi c'est quelqu'un qui va sauter dans le vide. Mais bon, c'est peut-être autre chose. Amicalement



Arthémisia 07/03/2011 20:54



oh,non! pas dans le vide : dans la vie!!!!


Merci de ton passage, Alice.


Amitié


Arthi



juliettebeau travail 07/03/2011 14:58



La liberté se voit et se vie toujours d'un b nelvédère, même imaginaire


Bisoux



Arthémisia 07/03/2011 20:53



Il n'est pas imaginaire : il est.


bisous


Arthi



Versus 07/03/2011 14:40



Cela me fait bougrement penser aux Carceri de Piranèse...


http://www.white-sky.com/blog/creation/les-carceri-de-piranese-en-video/ 



Arthémisia 07/03/2011 20:50



Evidemment, j'aurai pu aussi le choisir comme "avec" de mon texte.


Pourtant et malgré l'idée de la prison,  il me fallait quelqu'un de plus "moderne".



tilk 07/03/2011 11:49



c'est pas si facile de s'élever...


besos


tilk



Arthémisia 07/03/2011 20:47



Je suis assez de ton avis tant le fond est parfois gluant, faussement chaud et confortable et qu'il nous tient de beaux discours.


Pourtant il importe d'entendre avant tout nos mots et pas ceux des ténèbres.


Bises


A.



immobile 07/03/2011 09:23



les raccourcis sont parfois saisissants .... ils nous imprègnent d'une constatation toute neuve : pourquoi ne pas y avoir pensé avant !


nous croyons nous perdre dans les escaliers (Escher était un diable d'homme !) et puis nous prenons des ascenseurs vers la lumière ... ( il y en a de très bien maintenant, avec des moteurs et des
poulies fantastiques ...)


mais voilà bien l'homme avec son ingénierie !


l'ascenseur il est dans nos têtes !


Alors comme disait Ferré dans "il n'y aplus rien" :


"Sors! marches ! crèves ! baises ! aimes enfin ! ...les arbres ! les bêtes ! et détournes toi du conforme et de l'inconforme ... lâches ces notions si ce sont des notions ... "


 


mais ...de quoi je parles ? encore une vision d'homme !


il suffit de monter l'escalier en tenant bien la rampe en regardant la lumière tout là- haut ....


 


 


 


 


 



Arthémisia 07/03/2011 20:46



Il arrive souvent que les choses s'imposent à nous comme des évidences alors que nous avons tergiversé des jours et des jours avant de nous décider à les
faire. Et à partir de ce moment là, il faut que tout aille vite, car les faits s'imposent dans leur évidente majesté.


Et la rampe, tout là-haut, notre main la quitte, rassurée par son envol, portée par elle-même.