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1420 - Notre père

Publié le par Arthémisia

 

http://www.mchampetier.com/sitephp/images/9b_Van_Velde_juil071.jpg

 

 

Le pinceau ne tue pas. Il ouvre.

Il ouvre quelque chose qui ne se voit pas.

Il ouvre quelque chose au delà, de l’au-delà, du temps et de l’espace.

Au delà de la révolte. Un calme peut-être ?

Il ouvre le sans nom.

 

Il apprend à se méfier des mirages, des trop dits ou des mal entendus.

Il fait la chose solide.

Il fait qu’après lui on pourrait ne plus voir.

Il dépose.

Il nous dépose, en plein milieu du champ, de notre place.

Il nous statufie dans nos multiples faces, dans notre jour, sous notre soleil, notre ombre et dans notre sang.

Il nous fait naître, nets dans nos couleurs, en écho de nos manques, de nos morts.

Il est le père.

 

© Arthémisia – 04/11

 

 

Avec : L’Envers – Bram Van VELDE – Lithographie – 18x 24.4 cm

 

 

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ren 11/06/2011 15:46



Guy Bellay


 


 


LETTRE A MON PÈRE


 


Ce soir, dans une tempête à s'accuser de tous les crimes, je suis monté dans un bouleau, sur la dernière fourche, triste et libre comme un
marin saoul.


Je n'ai pas trahi l'ancienne vie indigente, proche de la vérité à en toucher l'os. Depuis toujours mes souliers seuls écoutaient. Te
ressembler, mon père, m'aurait rendu étranger à moi-même.


Je n'héritais pas de lois, mais d'espaces. Ton jardin m'affamait. Toi qui t'exilas pour vivre, peut-être m'as-tu aimé pour être
parti.


Et moi, chaque soir renouvelant le fraternel serment de ne pas faire carrière, dans un dortoir de vagabonds inconnus, fidèles à rien
encore, j'entrais dans le sommeil, exposé aux coups de qui veut en donner, comme un roi parmi ses conseillers.


Lorsqu'un adolescent cloue ses portes de l'intérieur et prend le large avec la pure colère des torrents, des sources cachées dans ses
propres eaux l'accompagnent comme des voyageurs clandestins, tandis qu'au loin ceux qu'il croit quitter s'amenuisent, le regard chargé à couler d'humanité.


 


A mon retour, tu as craché entre tes pieds pour affirmer  que tu es le lieu fixe, même s'il est aussi difficile à aimer que le froid.
Toi qui me protégeas quand je fus insoumis, ta bonté se cachait. Comme, dans l'armoire, les économies, la pudeur et la crainte.


En cette nuit de mise à sac, où les branches mortes volent comme des squelettes d'oiseaux, je touche du front, des joues, des mains, le
mur le plus imprévu, le plus sourd : celui de la souffrance que je t'ai infligée, moi, inapte à ton monde.


Tes malédictions au bord des larmes ne me trompent pas : tu es mon frère plus tôt blessé, mais si anciennement  que tu ne pouvais
guérir que dans tes fils et tes filles, mais si désespérément que, même cela, tu ne l'as pas voulu.



Arthémisia 11/06/2011 18:44



Tu te doutes bien qu'à "ça" je ne pourrai répondre...



rechab 04/05/2011 00:02



Très concrete  ( ta réponse) à Monik...


effectivement, c'est le pinceau crayon, plume, si on écrit qui nous tient... je dirai même qui nous dirige...


comme  - et je me suis  déjà exprimé sur le sujet - comme  si nous n'étions  que le catalyseur, au sens chimique  du terme, qui fait que  telle  création soit
possible... 


Il y a tous les ingrédients,   et l'étincelle  que chacun peut  avoir  à sa façon, permettra  de cristalliser  une pensée, une  expérience, une envie de
s'exprimer à travers la couleur...


Chacun à sa façon, c'est à dire  chaque  fois différent...  donc  hors  les normes cadratrices ( comme castratrices)


Qu'une part  d'unique passe à travers  nous,  que l'on mette une majusule ou non à unique...



Arthémisia 04/05/2011 00:06



Ce que nous recevons de nos pères est toujours unique, Ren. Aussi modeste soit-il...



monik 28/04/2011 23:40



Tenir le pinceau c'est donc tenir le père? Hum.


Ceux qui n'ont plus de pinceau,  errent sans repos?



Arthémisia 28/04/2011 23:42



Je crois que c'est l'inverse, Monik: on ne tient pas le pinceau. C'est lui qui nous tient....



MCJ 28/04/2011 19:39



Une autre belle découverte, venue de chez rechab... Un peu complice!  


Arthémisia a toujours été mon nom préféré!


MCJ ~


 



Arthémisia 28/04/2011 20:45



Bien sûr ....Artemisia GENTILLESCHI ....mais pas que....


Merci de venir de chez Rechab...et de l'autre côté de l'Atlantique!


Bonne peinture.


A.



lutin 28/04/2011 10:19



"Il nous fait naître"d'accord



Arthémisia 28/04/2011 10:31



C'est pour cela que je crois fortement à la pluri-parentalité.


http://corpsetame.over-blog.com/article-4232374.html



tilk 28/04/2011 08:45



il est le lien entre nous et l'invisible qu'il sonde...


besos


tilk



Arthémisia 28/04/2011 08:55



C'est tout à fait la filiation que je sens moi aussi.


Bonne journée, Tilk.


Bises


A.