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1444 - Cut-up, melting pot et suite aux comm. du billet 1439

Publié le par Arthémisia

http://expositions.bnf.fr/brouillons/images/3/112.jpg

 

 

 

 

Ceux qui aiment écrire vivent dans le présent, mais ils vont jusqu'à douter de ce qu'ils écrivent.

De quoi, de qui  sont-ils clients?

De la mort?

 

© Arthémisia – juin 2011

 

 

Avec : Antonin ARTAUD - cahier avec autoportrait au couteau - 1947 - 22 x 17.5 cm

BNF

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Versus 13/06/2011 00:16



Bonsoir Arthémisia !


Je rentre d' une belle journée en Corrèze et vous réponds à propos du texte sur l' oeuvre d' Henri Michaux.


Il me semble qu' Anne Brun est très prudente dans son approche et comme elle, comme vous, je pense que l' oeuvre fait énigme et que l' approche psychanalytique ne peut-être qu'  UN
élément parmi d' autres pour la compréhension d' une oeuvre.


Bien sûr qu' une lecture intime est essentielle ! Mais pour qu' une oeuvre existe il faut bien une communauté de vision qui la fasse  exister.


Je pense aussi que l' explication, l' analyse ne résument en aucun cas une oeuvre d' art.


Juste une remarque, on ne peut d' un côté remarquer que l' éxégèse du tableau ne ferait que le " souiller par les beaux discours " et prôner d' un autre côté en reprenant la phrase de M.
Duchamp que " c' est le regardeur qui fait le tableau ". Doit-on sacraliser l' oeuvre d' art ?


Le discours du regardeur, tel un regard du charismatique vers son Dieu ?


Le débat, de toute évidence demanderait un développement plus circonstancié.


A bientôt !



i 13/06/2011 08:14



"Doit-on sacraliser l' oeuvre d' art ?"


Le verbe devoir me gène toujours beaucoup quand on parle d'Art. Devant l'oeuvre il me semble que rien ne doit être imposé.  C'est bien le regardeur qui fait l'oeuvre et
aucun dogme, aucun Dieu.


Mais ceci n'empèche personne d'élever l'Art à une nature quasi divine (si tant est que des croyances de cet ordre, ou même des nécessités, ou des besoin  l'y  portent). Il est
un sauveur parfois...


Attention je ne parle pas d'idolatrie, pas plus de ce qu'il représente ou suggère et/ou de l'objet artitisque lui-même. Je parle de ce qu'est l'Art en général pour certains, j'entends une
porte de sortie, un grand bol d'air et de Beauté (excuse le mot, je n'en ai pas d'autre), une échappatoire aux difficultés de la vie, à l'horreur du jour, ...un Ami.


Mais ça aussi c'est un autre très "gros"mot.



ren 12/06/2011 11:00



Bien sûr   ( ta réponse  à Versus)...   il faut préserver  son expérience, sa sensation première  et ne
pas  se laisser envahir par les  discours prétentieux, qui veulent presque  se substituer à l'oeuvre elle-même  et se faire  croire plus
importants...


 


Et ça cette fraîcheur  de la  "réception", ne semble pas le premier souci des "beaux parleurs"


 


c'est exactement la même  chose  dans l'enseignement du français, où à force de vouloir  tout décrypter  et analyser,- systématiquement -  même si quelquefois c'est utile, on en perd la saveur  du langage, la musique  des mots...


 


c'est notamment  ce qui engendre ma méfiance affirmée, envers tous ceux - les gloseurs, les critiques, les théoriciens - qui ont des idées
sur tout  et notamment  dans le domaine  artistique - mais qui souvent n'ont jamais eu l'expérience sensitive du faire et
du recevoir -  ou alors  ne sont pas capables de trouver leur propre voie,   -  d'aller chercher  au fond  d'eux même 
un savoir faire  qui ne serait  pas un plagiat d'influences  d'oeuvres  qui les ont précédées, et qu'ils ont mal digérées...



Arthémisia 12/06/2011 11:09




J'émets une réserve pour le français qu'il faut aussi savoir lire, recevoir  donc savoir comprendre.La part de l'éducatif, qui s'acquiert déjà tout simplement en se frottant aux
oeuvres n'est pas à nier. (ceci bien sûr pour tous les Arts)



Tout cela est affaire de sensibilité bien sûr et je crois qu'il faut absolument voiler  (sans pour autant la nier) la part intime, personnelle de l'auteur,  que les "savants"
veulent systématiquement accrocher à l'oeuvre. Bien sûr elle est là mais ce que je reçois, au moment où je le reçois, la rejette au loin, doit la rejeter au loin. Le choc de la rencontre, son
authenticité  en dépend.




fbd 08/06/2011 09:49



tiens tu toi aussi un carnet d'écriture et dessins?



Arthémisia 12/06/2011 10:02



Bien sûr, depuis....mon enfance.



Versus 03/06/2011 12:02



Michaux d' Anne Brun - ( suite et fin )....


 


qu'avec la plus extrême prudence. L'appareillage théorique ne risque-t-il pas, en effet, de marquer quelque peu son inadéquation à exprimer des vécus corporels aussi indicibles? De même que
Michaux avoue s'être «bâti sur une colonne absente» (Ecuador, 95 >. pourquoi ne pas reconnaître le manque constitutif du langage à traduire la tour de Babel des sensations, à nommer l'infini
corporel, et à articuler le corps et le code? Prétendre mettre au jour l'inconscient de Michaux grâce à l'analyse des écrits de la drogue relèverait de la pure illusion: il n'en reste pas moins
que le corpus hallucinogène permet de saisir la dynamique des processus d'émergence et de mise en œuvre des représentations. A ce titre, l'œuvre hallucinogène, singulière s'il en est, ouvre sur
une métapsychologie de la création transposable à d'autres écrivains.


Anne Brun, Henri Michaux ou le corps halluciné.


 



Arthémisia 12/06/2011 10:25



Anne Brun écrit : « l'acte créateur a toujours fait corps avec l'énigme ».


Il me sied justement et non par fainéantise mais avant tout par respect de l’œuvre et de son créateur mais aussi de ce que je veux être moi-même devant les œuvres (j’entends
libre bien sûr) de ne vouloir que la recevoir, que l’accueillir et que la laisser grandir en moi, bien loin de toutes les théories ou (psych)analyses qui pourraient m’éloigner de ma
perception première. Ce que me dit l’œuvre, qu’elle soit de Michaux ou de n’importe qui d’autre, je tiens à le préserver comme une intimité partagée, empreinte de liberté (celle de l’artiste mais
aussi la mienne), un instant d’une infinie préciosité (justement parce qu’intime), que tous les beaux discours ne pourront que souiller.


Bien sûr les hallucinogènes. Bien sûr la psychiatrie. Bien sûr la folie parfois.


Ce que je vois, ce que j’essaie de faire mien quand je vois l’œuvre, n’est pas là. Ne dois pas être là. C’est le regardeur qui fait le tableau (Duchamp) pas ce qu’il sait du
peintre. C’est l’œuvre qui éblouit.


L’espace et le temps de l’artiste sont dans l’œuvre bien sûr mais il est l’instrument de son œuvre, au-dessous d’elle (Jung).


Préservons les énigmes, Versus. Restons frais.



Versus 03/06/2011 11:59



Anne Brun- suite -...


son instant d'existence dans cette respiration du monde qui inhale et exhale tout (...)», particulièrement dans Paix dans les brisements. Mais pourquoi le critique céderait-il à une mystique du
silence et de l'indicible? L'ineffable se dit précisément par le truchement du travail sur les mots, et le repérage des différentes modalités du jeu sensoriel avec la langue n'en annule
aucunement les effets. Michaux n'incite-t-il pas d'ailleurs lui-même à procéder à une telle analyse, et ne suggère-t-il pas les prémisses de cette recherche? Il va sans dire que la référence à la
psychanalyse n'exclut absolument pas le sentiment de l'immédiat de la présence du monde et de la fusion avec les choses, dans le silence creusé par les mots. Au contraire, l'invite à écouter, par
exemple, le chant du texte comme une résurgence de la matrice phonique originaire débouche sur une communion extatique avec le cosmos, en dehors du logos et du concept.
La quête d'un originaire fantasmé comme antérieur à l'avènement du signifiant, à la coupure entre le corps et le langage, constituerait un fil unificateur pour une œuvre aussi protéiforme que le
corpus hallucinogène de Michaux. En ce sens, l'expérience de Michaux, quoiqu'aux antipodes des formes actuelles de toxicomanies, qui renvoient à une destruction du représentable, de la pensée et
du langage, joue comme paradigme de la quête toxicomaniaque d'un antéverbal, préalable à la séparation et au manque. Cette errance aux frontières de l'indicible suscite l'émergence de formes
originaires de représentation ancrées dans un vécu corporel, tels pictogrammes et signifiants formels. Par sa folle tentative de mettre en mots des éprouvés aussi infigurables, le poète Michaux
entrouvre fugitivement le secret des processus de création. N'oublions pas pour autant que l'acte créateur a toujours fait corps avec l'énigme et qu'il ne saurait se laisser complètement enserrer
dans les mailles du discours de l'interprète, invité, par la force de silence qui se dégage des écrits mescaliniens, à apprécier les limites des outils conceptuels de la psychanalyse. Michaux
s'aventure dans des contrées si reculées, si lointaines et si sauvages qu'une lecture psychanalytique ne peut les explorer ( à suivre )



Arthémisia 12/06/2011 10:25



Ma réponse à la suite....



Versus 03/06/2011 11:56



Sur michaux...Annie Brun ( Conclusion ).


L'exploration du corpus hallucinogène d'Henri Michaux permet de dégager les sources pulsionnelles du processus créateur de son œuvre, dans l'idée que la spécificité de cette expérience convie en
quelque sorte le lecteur dans l'atelier de création des images, des mots et des figures des écrits michaudiens. Elle éclaire particulièrement l'ancrage corporel de l'écriture et de la peinture de
Michaux, qui transmute les données des sens en émergence de sens. Loin de se limiter à l'œuvre hallucinogène, cette étude concerne l'ensemble du monde michaudien et de ses réseaux associatifs
obsédants, dont elle éclaire les sources inconscientes. Dans une permanente interaction, l'œuvre de Michaux et la clinique s'enrichissent de leurs apports réciproques. L'expérience hallucinogène
ouvre incontestablement à la compréhension de la psychopathologie et invalide toute tentative factice de séparation entre la littérature et la psychiatrie ou la psychanalyse : on peut utiliser
cette œuvre comme une aire transitionnelle entre le thérapeute et le patient, pour aborder, non pas seulement la psychopathologie de l'autre, mais son propre contre-transfert !
D'aucuns objecteront peut-être que le recours à une lecture psychanalytique de l'écriture - et particulièrement des poèmes -de la drogue, détruit l'essence même du poétique, en déployant des sens
superflus. Mais la visée d'une lecture psychanalytique ne saurait se définir comme la création d'un supplément de sens, mais comme un redoublement du sens, par sa logique propre. Encourons-nous
dès lors le risque d'« ouvrir des routes en brisant le réseau des pistes», selon l'expression d'Yves Bonnefoy (1990, 119-121 ), qui dénonce la présomption d'une critique d'essence occidentale qui
«a grandi au soleil du soir, celui qui double d'une ombre même le crabe qui court vers l'eau, même la vague qui le recouvre», autrement dit de l'ombre de l'inconscient dans une perspective
psychanalytique? Michaux, justement, pose le problème, comme l'explique Yves Bonnefoy, «du bien-fondé de cette parole de l'Occident (...) qui tend à accumuler du sens, de l'esprit, dans un
devenir, pour un bien qui serait distinct de l'immédiate et originelle coïncidence de l'être vivant avec (à suivre )



Arthémisia 03/06/2011 12:09



J'ai faim mais je n'en demandais pas tant ...d'un coup. Il va falloir que je me pose avant de te répondre.


Bon app'!



Versus 03/06/2011 11:39



Transcendance ? Avec les " fous ", je serai plutôt pour la transe en dance !!


Il n' y a pas de déviance, et si Artaud était un psychotique, comme tu le dis son art était là aussi. Il n' y a pas plus d' art des fous que d' art des dyspeptiques du genou comme l' a si
bien exprimé Jean Dubuffet !


Et juqu' aux " Misérables miracles " d' Henri Michaux...A lire de Anne Brun, Henri Michaux ou le corps halluciné-Les empêcheurs de penser en rond.


La conclusion est des plus intéressante !


By.



Arthémisia 03/06/2011 11:45



Reste à savoir qui est fou et qui ne l'est pas, et surtout où commence la folie.


Pour le livre, je note. Ma bibliothèque des "à lire" est pleine, alors j'essaie (je dis bien "j'essaie" !) de ne pas en rajouter pour le moment!



Versus 03/06/2011 10:54



Belle réponse Athémisia à 7 h 00 ! ( cf. les propos du peintre Hélion à son égard ).


Mais si écrire ça me regarde, écrire me regarde et écrire se regarde !


J' en reviens à la page d' Artaud...Ecrire et peindre sont-ils identiques en leur fond ? Je cois que oui. La trace n' est-elle pas une constante dans la peinture occidentale ( en constant
dialogue avec les arts des autres continents ) et ce que trace ma main, peu importe l' instrument, c' est toujours  mon corps ?...


Même les prothèses technologiques se meuvent grâce au corps...


Artaud...


Cher Docteur écrit-il, il faut beaucoup d' opium pour faire un ange - trois dés de laudanum dans les os - laissez-moi refaire ma vie - avec l' ombre de Mère Nalpas avec le Mexique pour ciel avec la peur des flèches avec la dérive des mystiques à travers ma cornée -
avec le  rouge des comas avec mes vertèbres cassées-avec ma peau de salamandre et ma ferraille .


Belle discussion !


Bonne journée ! 



Arthémisia 03/06/2011 11:13



hum...l'actualité m'a peut-être portée à cette réponse à Jean Marc?


Et je peux aussi et sans honte y rajouter mon actualité personnelle.


 


Ce que trace ma main, la main, va bien sûr bien plus loin que le corps. A voir comme un vecteur possible de la transcendance.


Quant à ARTAUD...et tant d'autres (tu trouveras sur ce blog des pages consacrées à VERLAINE, à BURROUGH, et récemment à Virginia WOOLF...) avaient ils besoin de ces "ajoûts"
hallucinogènes pour élever si haut cette transcendance? Je ne sais. La médecine le sait-elle? Il me semble tout de même assez réducteur de ne parler d'eux que comme des déviants.J'entends déjà
mes élèves me dire "Mais Madame, ils sont tous sous l'emprise de la coke , ou de l'alcool les artistes (actuels)"...





Leur "folie" n'est-elle pas tout simplement l'aveu de notre déficience à voir le monde les yeux grands ouverts?


 



monik 02/06/2011 23:17



min autore  , nous serions donce en attente de la parole de l' Autre ? de celui qui sait  un peu plus ? peut-être.



Arthémisia 03/06/2011 07:06



Tu liras, Monik, ma réponse à Jean Marc.


L'autor, l'auteur, l'acteur, sont aussi étymologiquement en lien avec l'autorité, et l'autorisation. N'oublions pas cela, Monik.



Jean-Marc 02/06/2011 22:30



Arthé,


Le labyrinthe est la protection du minotaure. A sa sortie, nous attend Ariane.


Et le chemin qui conduit Thésée au centre du labyrinthe puis à nouveau vers la liberté, il n'y a que meurtres, perfidies, promesses non tenues, douleurs, deuils et cruauté. J'avance même l'idée
que seul le minotaure est pur...


http://jmbellot.blogs.com/personnel/2008/07/dualit%C3%A9-et-impairs-en-s%C3%A9rie.html


Deux petites remarques en passant :


1. tu es allée chercher comme moi chez Picasso une image du minotaure s'approchant d'une femme nue avant de la pénétrer. Je ne sais pas pourquoi, dans chacune de ces images - la mienne comme la
tienne - je vois beaucoup de tendresse dans le regard du minotaure. On est loin du regard de satisfaction crue que les hommes arborent généralement avant de planter leur membre turgide dans le
fourreau de leur compagne ;


2. tu as écrit "minautore" au lieu de "minotaure". Le fils taurin de Minos devient avec toi le min-autore. Et de la même façon que "ministre" est le "petit homme" au service de la collectivité,
le "min-autore" est le "petit auteur", voire le "petit père". N'est-ce pas là la réponse inconsciente à ta question "de qui sommes-nous les clients ?"


Je t'embrasse


Jean-Marc



Arthémisia 03/06/2011 07:00



"il n'y a que meurtres, perfidies, promesses non tenues, douleurs, deuils et cruauté."-->>>Parfait résumé de la vie, non?...enfin les jours où elle nous paraît noire, ce qui
arrive quand même de temps en temps....


 


Le Minotaure a la pureté de l'animal.


Pourtant, est-ce parce que je suis une femme, qu'au delà de cette pureté et de la tendresse que je pourrai peut-être lire dans les représentations qu'en fait PICASSO, je vois
avant tout, un monstre, un monstre musculeux et animal, et l'apologie d'une testostérone triomphante. PICASSO y a à mon sens, projeté "son" image
virile, mais je suis désolée de te dire qu'elle ne m'est pas du tout fantasmatique : elle réduit l'homme (encore et toujours présenté comme l'acteur -le mot a son importance- du geste
sexuel) à l'évocation de sa force musculaire, et le concentre dans sa part d'animalité.Et la dame de s'énamourer!


Quel vision machiste de l'amour, Jean Marc!


Alors oui, le sens que tu mets dans mon lapsus d'écriture s'en trouve très juste: "le petit acteur" , "le petit homme", "le petit auteur" est bien dans mon esprit celui qui n'a que ses
muscles pour se positionner face aux femmes. Autant dire le macho.


Ne revenons pas inutilement sur la réputation de PICASSO....


 


Quant au "petit père" la consonance est bien trop politique pour que je la cautionne! Et je n'irai pas non plus jusqu'à un Oedipe féminin!!!!! Trop tordu tout ça!


 


De qui les femmes (qui écrivent) sont-elles les clientes? D'une intelligence partagée.


Mais je sais que cette réponse sent affreusement le vécu.


 


Je t'embrasse, Jean Marc, toi qui n'est pas que muscles!


Arthi


 


PS : je vais corriger ma faute d'orthographe. !



Jean-Marc 02/06/2011 22:19



De qui sont-ils les clients ? De la mort ? Non, certainement pas.


Bien au contraire, ils sont les clients d'une obstination farouche à vivre, d'un désir insatiable à accomplir quelque chose.


Alors clients de qui ? D'eux-mêmes, tout simplement.


L'écriture est leur échappatoire, leur chemin de traverse où exprimer ce trop plein d'eux-mêmes que chaque jour leur apporte.



Arthémisia 03/06/2011 06:31



De la vie alors?



tilk 02/06/2011 18:44



tant que le doute ne paralise pas ...il permet de fantastiques investigations


besos


tilk



Arthémisia 02/06/2011 18:57



tu as raison : il ne faut pas qu'il soit somatisant mais stimulant. Un tremplin à prendre pour le grand saut dans l'ailleurs!


C'est chouette non?


Bises


Arthi



juliette 02/06/2011 18:43



Nous doutons toujours de nous, de la vie, de la mort et de l'après


Bisoux



Arthémisia 02/06/2011 18:56



Crois tu que tous doutent?


Je connais des gens affreusement sûrs d'eux, Juliette, à la limite de l'arrogance, voire de l'indécence!



monik 02/06/2011 18:33



J'ai du mal m'exprimer dans mon  com. Je ne pense pas du tout qu' écrire est une capacité ou un pouvoir mais une nécessité  pour nous révéler à nous-même notre présence mystérieuse au
monde. C'est une recherche intérieure ,  d'approfondissement , parfois de survie , face à face, quand elle est jetée sur un bout de papier ou un carnet. Dès que les mots quiitent la page
privée, ( comme le blog, le mail) il y a volonté de partager , d' échanger. C'est une évidence.



Arthémisia 02/06/2011 18:50



là je suis à 100% de ton avis. Le mot "capacité" m'avait juste un peu génée d'autant  j'ai fait partie d'ateliers d'écriture où j'ai croisé des gens dont je jugeais l'écriture
inintéressante mais ils le faisaient avec plaisir et peut être comme tu le dis pour des raisons de recherche intérieure, ou même de survie. Je n'étais pas la pour là pour dire "j'aime " ou
"j'aime pas" mais pour partager la joie de l'échange humain. Et c'était presque toujours un moment de grande joie pour moi.


 



monik 02/06/2011 14:12



Révéler toute l'intensité de notre présence sincère et lucide au monde, en l'approfondissant, l'intériorisant et l'extériorisant vers les autres par nos mots.


Non, après la peine à errer dans un labyrinthe, il faut qu'à l'issue nous soyons capables du mieux qui est en nous, de notre capacité à créer de l'inédit , de porter des forces créatives.


Je fais court , mais le thème m'intéresse ainsi que tous les commentaires. Je reviens!



Arthémisia 02/06/2011 14:38



De ton court qui ne l'est pas vraiment (!) je retiens l'idée de la capacité à créer.


Pourtant je doute que pour ce qui est de l'acte d'écriture il s'agisse d'une capacité, d'un savoir, voir d'un pouvoir. Je pencherai en tout premier lieu plutôt vers une
nécessité.


Car la notion de capacité induit le regard de l'autre comme juge de la production.


Devant ma page blanche, je ne suis avant tout qu'avec moi-même ...même si l'autre viendra ...ou ne viendra pas d'ailleurs. Cela n'est qu'un aléas (un
alibi?) secondaire.



lutin 02/06/2011 10:40



Ecrire c'est aussi ne pas être satisfait de ce que l'on est qui donne ce besoin d'aller le chercher à l'intérieur, on y puise avec les mains, on met tout sur la table en désordre, et dans ce
désordre nait la poésie.



Arthémisia 02/06/2011 10:55



Tout à fait : chercher et mettre à plat, peut être pour mieux visualiser, organiser, trier, creuser...ce qui fait
question.


Mais aussi sûrement aussi tout le contraire : mettre du relief, extirper ce qui gigote et demande à sortir, à s'élever, à fleurir, à devenir Grand.



tilk 02/06/2011 00:52



c'est le doute qui fait écrire...enfin ...il me semble..


besos


tilk



Arthémisia 02/06/2011 10:08



Peut être pas que.


Le doute est un élément qui engendre des questions. Mais il y en a bien d'autres. Alors là oui, c'est celui qui se pose des questions qui cherche, qui (s')interroge, qui écrit pour
essayer de trouver ou non des réponses, par besoin du dire où ça, où il coince, où il regarde, ce
qu'il regarde, ce qui le fait s'arrêter là ou là.


Tous les autres, les autres, sont ils pour autant des non-penseurs? Je ne sais pas. J'aurai tendance à le penser. J'ai tant croisé de personnes que rien n'inquiètait, qui se
satisfaisaient de leur platitude parce qu'ils ne la voyaient pas plate.


En écrivant cela, me vient à l'idée que les gens qui écrivent sont ceux qui ont des exigences, des nécessités, des besoins (de reliefs, de couleurs, de matières...vision d'artiste me
diras-tu?) ... disons simplement autres que les mangeurs de pâquerettes.


Même si parfois un (bouquet) une
poêlée de pâquerettes c'est délicieux.



ren 02/06/2011 00:15



"clients  de leurs  propres  choses",  récolteurs  de leurs  graines  de rêves...


Douter, se douter,  et de son présent  et de ses capacités d'écriture,  de pouvoir s"approprier le monde  - et d'abord  le
sien,  ce grand inconnu...





Poser des mots sur une page  qui en entraînent  d'autres,    ( surtout  si on ne fait plus attention à eux  -  en tant qu'impulsions conscientes-  )
,  c'est  suivre un bout de chemin  pour  s'extraire  d'un labyrinthe,   le sien peut-être. 


Ce fil d'Arianne, ne mêne peut-être pas  vers une issue,   mais  doute ou pas  doute, il contribue à faire  avancer              
                 (  sans doute)



Arthémisia 02/06/2011 09:58



Tu sais très bien Ren que les labyrinthes sont avant tout des lieux de fidélité à soi-même et qu'à leur sortie nous guettent les Minautore Minotaure prêts à nous faire plier sous leur désir, à nous faire mourir à nous-mêmes.


 


 


est-ce que je peux oser celle-là?: