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1486 - Rien (3)

Publié le par Arthémisia

 

FORTUNE-Maider---Curtain-----2005.JPG




Un son de cloche vient

Lumière qui s’approche

                        ou lambeaux de chansons

Dans l’arbre des oiseaux s’accrochent

Et les autres s’en vont

                        j’écoutais venir toutes les voix

J’attendais les regards qui tomberaient des toits

Et triste dans la rue où j’étendais les bras

J’oubliais que quelqu’un passait

                                   tout près de moi

            Des rumeurs s’élevaient

Au loin la foule passe

On en voit plus glisser que l’ombre dans la nuit

Et le mur s’éloigner du trottoir où je suis

Le vide se ferait

            Il n’y aurait plus de terre

Et la vague qui roulerait

                                   serait une chanson guerrière

            Le monde s’efface

                        Au point où je disparaîtrai

            Tout s’est éteint

            Il n’y a même plus de place

Pour les mots que je laisserai

 

 

Pierre REVERDY  

Sources du vent, 1929

 


 

Un « Rien (1) » se trouve là.

Un « Rien (2) » se trouve là.

 

 

Avec : Capture d’écran de la vidéo Curtain ! de Maïder FORTUNE – 2007  

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lutin 02/08/2011 23:10



Reverdy quand on tombe dedans on ne peut plus s'en passer.



Arthémisia 03/08/2011 08:08



Je ne connais très mal. Je me promets de lire notamment ce qu'il a écrit à l'Abbaye de Solesme.


 



Versus 02/08/2011 11:02



Reverdy, poète apprécié depuis toujours..Son rapport avec la peinture, les livres peints par ses amis artistes...


Et l' union avec l' oeuvre ici choisie, l' opera de sa disparition est merveilleuse. On la fixe, elle est hypnotique !


On demeure, on persiste et rien ne se signe, sinon un ciel probable que l' on scrute à l' infini.


Merci.



Arthémisia 02/08/2011 15:16



Et encore, sur cette capture d'écran, tu ne perçois que l'image arrêtée d'un personnage dont nous ne pouvons appréhender que la silhouette à peine reconnaissable et qui va quitter le
champ en entrant de + en + dans le fond imperceptible de l'écran, qui s'éteint et ne laisse aucune trace sauf mnémonique, d'autant qu'il est aussitôt remplacé par une nouvelle silhouette tout
aussi énigmatique.


 


Désolée : j'ai cherché en vain sur le net la vidéo de Maïder FORTUNE.


Cependant la photo interroge déjà assez bien ce qui fait le visible, ce qui fait l'image et la limite, le basculement entre l'apparition et la disparition. Travail à ne pas rater si ça
passe par chez toi!



tilk 02/08/2011 00:33



magnifique ce poème....


besos


tilk



Arthémisia 02/08/2011 08:06



Je pense que ce qui fait avant tout le charme de ce poème c'est son effet sculpté : le découpage des vers est révolutionnaire et est apparenté au cubisme. Wikimachin... parle de
vers dentelés et en biseaux.


Une simple recherche des textes de REVERDY t'en fera découvrir d'autres de même forme.


Bises


A.