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1521 - Les Brioches

Publié le par Arthémisia

 

http://netia62.ac-lille.fr/bet1/ruitz-prevert/Objets%20(Natures%20mortes%20et%20Vanit%C3%A9s)/Chardin%20-%20La%20brioche%20-%201763.jpg

 

 

 

Le vent cette nuit-là, était salé et les nuages  le trouvèrent, bouche entre-ouverte, endormi, abandonné au monde, au bout du Chemin bleu.

Il les but. Cela le réveilla.

 

Pourquoi ce chemin portait-il ce nom ?

Ce bleu lui allait bien, à lui, mais pas spécialement au chemin, qui, encadré de vieux murs de pierres lézardées, chatouillait l’œil de la mousse courte et vineuse qui les recouvrait.

C’était plutôt un chemin rose.

Pendant les cinquante mètres qui séparaient sa maison de la rue, on croisait deux ou trois roses trémières, arrivées là on ne sait comment, qui tendaient leur cou le plus haut possible pour tenter d’apercevoir ce qui se passait dans les jardins environnants.

Des roses, sentinelles à pompons, surveillaient le passage, allant parfois jusqu'à griffer, jalouses des beautés humaines.

Les petits graviers qui jonchaient le sol avaient pris des couleurs de peau, et à cette époque de l’année quelques feuilles pas encore tout à fait sèches avaient dû se détacher des joues de quelques nymphes timides.

 

Le quartier était sage et calme, et, l'aurore naissant, on aurait pu croiser des sorcières rentant au bercail, ou des dieux juste nés. Tout dormait encore.

 

Il  alla nu silencieusement jusqu’à la cuisine pour y préparer le café.

Il savait qu’elle apporterait des brioches.

 

Elle portait une petite robe à fleurs.

Elle aimait la saveur du café dans sa bouche.

 

© Arthémisia – oct 2011

 

 

Avec : La Brioche – Jean Siméon CHARDIN –

Huile sur toile – 47x56 cm

1763 -  Musée du Louvre

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Fathia Nasr 10/10/2011 12:19



Bonjour, je découvre ton blog via notre amie Suzâme, un très bel univers qui réunit poésie et belles couleurs d'images, c'est un grand plaisir de venir te voir, bonne semaine.


Fathia Nasr



Arthémisia 10/10/2011 12:20



Bienvenue Fathia au si joli prénom!



juliette 05/10/2011 18:55



Jolie évocation d'une rencontre amoureuse matinale


 


Bises



Arthémisia 05/10/2011 21:29



Ce n'est qu'un matin de rêve...


Bises


A.



Alice 03/10/2011 17:36



Tout simplement magnifique, étrangeté de cette scène. Amitiés



Arthémisia 03/10/2011 20:21



Merci Alice.


Tu sais, les choses ne sont pas si étranges quand on va vers le Beau.



monik 03/10/2011 16:08



Arthie, ton texte est tout simplement magnifique!


Je comprends qu'il y ait des " roses jalouses de tant de beauté" qu'il y ait des heures réservées aux dieux et nymphes, des fleurs qui se retrouvent là pour épier par on ne sait par quel mystère
...et tout ce monde bienveillant se recentre sur une bouche à saveur café! C'est vraiment beau!


Mais  tout cet imparfait est si plein de nostalgie!



Arthémisia 03/10/2011 20:16



L'imparfait ne peut être nostalgique ; il n'est qu'un parfait échafaudé.


Le présent, lui, est lucidité.


 


 



Lucien 03/10/2011 12:18



On peut toujours entretenir ... la madeleine, la dalle de la place saint Marc, revisiter les couloirs du labyrinthe ...



Arthémisia 03/10/2011 20:20



Entre-tenir...



Suzâme 03/10/2011 11:24



Bonjour Arthi,


J'ai déjà pris ce chemin aux buissons étranges. Il bruissait de fées tandis que je cherchais Dieu dans l'azur impassible. J'aime ton texte aux dimensions multiples. On y entre par celle du
désir de se promener, de rêver ou d'avoir peur. On y sort par le goût du café et peut-être de l'amour... A bientôt. Suzâme



Arthémisia 03/10/2011 20:19



Tu cherchais Dieu.


Je ne sais qui il est, mais au bout de chemin, il me semble qu'on peut l'apercevoir. Dans une tasse de café, dégustée. C'est une façon étrange mais terriblement heureuse, d'Y croire.Et ça fait
drôlement du bien.


Je t'embrasse fort, et fort.


A.



Nina Padilha 03/10/2011 09:09



J'aime la saveur du café, l'arôme de la brioche et les matins bleus...



Arthémisia 03/10/2011 09:17



On peut toujours entretenir les mythes...