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1540 - Ce que tu n’as pas dit

Publié le par Arthémisia

 

http://pastoradambarton.typepad.com/.a/6a0120a969aca7970b014e5f66a5cb970c-pi

 

 

J’aime ce que tu n’as pas dit.

Cela est resté suspendu dans les gouttes de la pluie. Elles furent lourdes et très rondes ce soir là. Des ventres de femmes.

 

Il y a deux jours, la même pluie est venue. Normal : c’est octobre.

Je l’ai entendue frapper sur les vitres, dans la nuit.

J’ai dormi. Longtemps.

 

Au bout, le ciel a lavé les cheveux de la terre, fouetté les cuisses ravagées, balayé les heures.

Quand je me suis levée, il ne restait rien qu’un parfum d’eau et de framboises.

Et ce que tu n’as pas dit coulait sur les vitres bleuies.

 

© Arthémisia – oct 2011

 

 

Avec : Tet – Morris LOUIS (1912-1962)

Acrylique sur toile – 1958

Whitney Museum of American Art

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Christophe 06/11/2011 14:23



Ton texte est aérien et c'est tout ce qui compte ; maintenant, étant des êtres de chair et de sang, nous restons - avec nos sentiments au quotidien - les pieds sur terre.


(C'est néanmoins cette multiplicité dimensionnelle qui est intéressante chez l'homme...)



Arthémisia 06/11/2011 15:03



C'est justement les réactions au quotidien qui rendent les âmes chtoniennes. Je t'ai déjà parlé de lucidité.



Christophe Le Ham 05/11/2011 19:15



"Les mots que tu n'as pas dit" tout un espace, un monde, presque une vie parallèle, une porte ouverte pour l'imaginaire du poète (de la poétesse). 


Tes gouffres me rappellent le titre de Michaux "connaissance par les gouffres"... Mais ton monde imaginaire est plus aérien, plus dans les airs et entre les gouttes qui t'apportent les messages
muets.


Bon, je résume : ton poème est magnifique, beau, léger, subtile, et ce thème est un de mes thèmes préférés...



Arthémisia 05/11/2011 22:24



Merci de ton enthousiasme, Christophe. Je ne mérite certainement pas la comparaison avec MICHAUX!


Et puis même si pour ce texte, j'exploite une gamme fluide, si tu fouilles un peu mon blog, tu t'apercevras que je ne suis pas du tout aérienne.


Et même plutôt très chtonienne. Surtout en ce moment.


 



juliette 05/11/2011 10:46



les traces du silence


Bisous



Arthémisia 05/11/2011 10:49



Construction mentale d'une durabilité rassurante.


bises


A.



monik 02/11/2011 23:00



De qui est vraiment ce poème? Peut-être pas de Blake! Faut tout  regarder avec une extrême attention ( ecore plus sur le Net  qui a un effet d'amplification et résonnance.



Arthémisia 02/11/2011 23:10



Oui, oui, Monik. J'ai vu que tu l'avais mis sur ton blog et que tu émets des doutes quant à son attribution à BLAKE.


Je pense que tu es mieux placée que moi pour le vérifier; Merci de me tenir au courant.



Nath 02/11/2011 10:03



Aimer ce qui n'est pas dit ,


Peut-être car les ventres ronds de la pluie en portaient le reflet, ou parcequ'un geste entraperçu parlait mieux que les mots, ou un battement de paupières...ou que sais je encore...


Le souvenir du silence est parfois si criant qu'il prend forme en nous...
puis, après, après, il peut y avoir des " tu n'as pas dit" dont la forme est si floue qu'aucune pluie ne l'enrobe...


 


Amitiés Arthi



Arthémisia 02/11/2011 12:54



Certains échanges n'ont d'autre besoin qu'eux-mêmes, que ce qui sont à l'instant T dans le lieu L. Tout ce qui viendrait en plus serait en trop, peut être pas négatif, mais totalement hors du
propos.


 


Savoir fermer la bouche, la porte, savoir s'éloigner, c'est aussi parfois aimer très fort.


Etre fort, aussi.



tilk 02/11/2011 00:23



j'adore....


besos


tilk



Arthémisia 02/11/2011 06:55



La pluie? (!)


Ce matin, on est servi.


Bises


A.



monik 01/11/2011 21:55



Jour de fête


Je suis debout au bord de la plage.


Un voilier passe dans la brise du matin et part vers l'océan.


Il est la beauté, il est la vie.


Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.


Quelqu'un à mon côté dit : "Il est parti ! "


Parti ? Vers où ?


Parti de mon regard, c'est tout !


Son mât est toujours aussi haut,


sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine.


Sa disparition totale de ma vue est en moi, pas en lui.


Et juste au moment où quelqu'un près de moi dit : "Il est parti ! "


Il y en d'autres qui, le voyant poindre à l'horizon et venir vers eux, s'exclament avec joie : "Le voilà ! "


C'est ça la mort.


"Le voilier" de William Blake



Arthémisia 02/11/2011 06:54



Je ne connais pas la littérature de BLAKE; et mal sa peinture.


Ce poème, plein de mélancolie, me donne doublement envie de m'y intéresser plus. Je me permettrai probablement de le faire figurer en bonne et due forme dans un billet de ce blog.


Merci!


 


Wiki..me dit ça ce matin, et ça me va bien aussi :


« If the doors of perception were cleansed everything would appear to man as it is, infinite. »( « Si les portes de la perception étaient purifiées, chaque chose apparaîtrait à l'homme comme elle est, infinie. » in  The Marriage of Heaven and
Hell - Le Mariage du Ciel et de l'Enfer) ....car cette idée d'infinitude est quelque chose qui
me fait tenir. A chacun ses béquilles.



Cédric 01/11/2011 15:39



 


Si tu y es attachée, alors sache que je ne veux pas te les prendre, tes mots.


Personnellement, ce que j'écris, le vent l'emporte et c'est ce que je trouve beau.


Quoi qu'il en soit : heureux de rencontrer tes pages ! :-)



Arthémisia 01/11/2011 15:41



Je garde ce que j'ai à garder et offre ce que je veux offrir. Si c'est là c'est que tu peux le lire!


Merci de ta rencontre!



Cédric 01/11/2011 15:20



Je n'avais pas lu le "FOR YOU", je n'avais pas lu qu'ils étaient écrits sous cette 'rubrique', ces mots.


Alors si tu veux, je retire le "j'étais là" car je ne me prends pas pour 'lui' qui que ce soit ! ;-)


Il n'empêche que j'ai vu la beauté qu'il y a derrière ces mots. Une Beauté qui ne ne concerne que moi, en effet, puisque c'est moi qui les lis.  :-)


Je sais bien qu'ils n'étaient pas écrits "pour moi" ! ;-)


C'est bizarre d'être attaché à des mots ? non ? Moi, je ne le suis pas, 'mes' mots sont à tout le monde !! :-)



Arthémisia 01/11/2011 15:33



Si je publie les textes que je mets dans la catégorie "for you", c'est que tout le monde peut les lire.


Ce qui est trop intime et que je ne souhaite pas partager, mon(s)trer, reste dans mes gouffres.


Et puis comme je l'ai dit, tu peux t'approprier ce qui est ici, pour "l'imager" dans ta vie; Ce ne sera jamais mon image de toute façon, même si ça peut y ressembler très fort!


 


Oui, je suis attachée à mes mots, à tous ceux que j'écris d'ailleurs et même à tout ce que je fais. Surtout ce que je partage.


On se rassure comme on peut, Cédric.



Cédric 01/11/2011 14:56



 


On ne met dans les mots de l'autre que ce qu'y mettent nos yeux.


Alors, c'était ailleurs, mais j'étais là, dans ces mots-là.


Les mots ne mentent pas. Je sais ce que je lis.



Arthémisia 01/11/2011 15:03



Soit! J'ai réagi un peu vite à ton comm. car ces mots là sont pour moi quasi inviolables. Pour le temps où ils restent miens.


Mais puisque je les offre en ...lecture je suis  heureuse que tu puisses te retrouver dans ta lecture de mes mots!


 



Cédric 01/11/2011 14:47



J'étais là.



Arthémisia 01/11/2011 14:50



Oulala! Certainement pas Cédric!


 


Ce moment là tu l'as peut-être vécu mais ailleurs. Je te le souhaite d'ailleurs.


 



Ren 01/11/2011 13:36



Avec ce poème  extrait  de  l'Olivier boit son ombre...  de Rabah Balamri..


 


j'y trouve un écho...


 


et ce matin


la neige rernplissait le chemin les herbes


et l'arôme du café les ombres  se taisaient la rose noire dormait entre ses chiens


encore la nuit


le silence nous serre les lèvres


la pierre de la peur est déjà dans le ventre


quelle main mettra en place le jour quel pied donnera le gué


les chiens se taisent l'attente franchit le rempart


jubilation


de l'autre côté la terre dresse ses mâts


les pirates du soleil dansent sur la grève


 






Arthémisia 01/11/2011 13:41



Surtout la dernière phrase.(je me la garde pour mes brèves de fin novembre)


Merci Ren!



Elo 01/11/2011 12:09



Je reste ébahie devant tant de délicatesse et de beauté... L'oeuvre et les mots en parfaite symbiose ! j'adore ! bIsous



Arthémisia 01/11/2011 12:18



Je ne voyais pas mieux que du Morris LOUIS pour accompagner ce texte. Il était collé sur ma fenêtre, dans mon oeil et même bien plus profond....


Bises


A.


 



Alice 01/11/2011 11:04



"j'aime ce que tu n'as pas dit", me rappelle cette citation de Philippe Jacottet, "le don de leur monde est si profond, que désormais, ma vie en est éclairée" ceci en parlant des personnes
absentes ou disparues. Ce que tu n'as pas dit , ce que j'aurai aimé que tu dises, s'est dit autrement que par la parole, par le corps, puisque je l'ai entendu et aimé. Ainsi je comprends ce
délicat écrit en ce jour. Bises Alice



Arthémisia 01/11/2011 11:21



Je ne suis pas certaine que j'aurais aimé qu'il le dise. Les délicatesses  des images que l'on greffe sur les moments de nos vies, traversent le temps bien mieux que les mots.


Je préfère rester dans cette lumière.


Bises


Arthi



Lucien 01/11/2011 09:24



[ ... ]



Arthémisia 01/11/2011 10:14



[mélancolie]



gballand 01/11/2011 08:27



Un texte qui ne laisse pas indemne.



Arthémisia 01/11/2011 09:16



Aucune pluie laisse indemne



Suzâme 01/11/2011 06:22



Bonjour Arthi,


Il y a de la peinture dans ton écriture. Des touches insolites, de la vie déplacée pour qu'on la voit, s'interroge. Des phrases ici si douces créeent un climat intime et soudainement deux
mots sans violence, cernés entre deux points. On lit mieux ta prose en suivant les gouttes bleues sur la fenêtre. Bisous. Suzâme



Arthémisia 01/11/2011 09:15



Octobre n'est plus.


 


Bisous


Arthi