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1562 - Le Labyrinthe

Publié le par Arthémisia

 

Pour Papier Libre sur un thème suggéré par Juliette

 

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQjMWDBKnV_k_55NFucJSdzMJRBrzV7Z7gr4yys6iu4gJDq6dbylA

 

 

C’était un couloir, long et malodorant.

A droite, du béton. Gris, sale et  plus haut que mon ciel.

A gauche, idem. Peut être un peu plus foncé, parce qu’encore moins éclairé.

Au fond, j’ai ouvert la porte. Il a fallu que j’appuis dessus de toutes mes forces. Elle pesait de tant d’années.

De nouveau, à gauche et à droite, je retrouvais les mêmes rugosités grises et malsaines.

Vint une autre porte. Verte. Celle-là fut facile à ouvrir, tellement facile ; je me suis méfiée : elle donnait sur du vide. J’ai reculé.

Tout était sombre.

J’ai vu une fente, une fine fente de lumière bleue, sur ma droite. Je m’y suis engouffrée. Il faisait froid. Tout était gelé. J’ai couru, glissé. Je déteste l’hiver.

La porte rouge au fond donnait sur un boudoir. De satin puant la luxure. Un homme en noir riait assis sur un canapé Napoléon III.

J’ai fermé les yeux. Il fallait peut-être monter l’escalier ? Le palier, en haut donnait sur un mur transparent et très propre, un mur de verre parfait, qui illusionnait le ciel.

Je m’y suis cognée.

Je l’ai cassé.

J’ai saigné.

 

© Arthémisia – 12/2011

 

Avec : Labyrinthe Mondrian généré

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Ren 15/12/2011 21:50


C'est  difficile  de te  répondre, il faudrait être dans le contexte, ...


 


mais  j'ai  trouvé  soouvent utile  de distancier, pour  ne pas  aller  d'un extrème  à l'autre, pour
ne pas  dépendre  totalement  des couloirs  qu'on te propose,  et des ouvertures  qui s'avèrent  fictives

Arthémisia 15/12/2011 21:57



Pour prendre de la distance il faut 2 choses : du temps et de la force.



Ren 15/12/2011 18:09


Faut-il préférer le parcours terne et sordide des couloirs  gris,  à celui des illusions pimpantes  devant lesquelles  on se casse le nez?


 


ou sinon, y a-t-il un entre deux qui ne soit ni désespoir, ni espoirs fallacieux...


 


justement,  à propos de labyrinthe, Icare  en empruntant la voie des airs aurait presque  réussi spn pari...


 


 


c'est  d'une façon parallèle, ce que  nous dit le merveilleux  film de Alain Tanner  "les  années
lumière"...


( tiens, on retrouve  donc  la notion de lumière  que tudéveloppes ici)..

Arthémisia 15/12/2011 20:53



Crois tu REn, que quand on est dans le labyrinthe, on soit conscient de cet entre-deux? En priorité, il nous faut  fuir, nous sauver.


Et nous frappons de façon peu raisonnée, peut-être, et urgemment, à toutes les portes.



versus 15/12/2011 08:45


Où va se perdre le regard?


Labyrinthe



Arthémisia 15/12/2011 20:45



Là où va se perdre la vie...



ppppppaNina Padilha 15/12/2011 07:04


Ça ressemble à un cauchemar...

Arthémisia 15/12/2011 07:23



Eh oui....



Cédric 14/12/2011 16:33


 


Si tu l'as cassé, c'est que tu es libre.


Peu importe le sang.

Arthémisia 14/12/2011 21:12



C'est comme ça que je vois les choses et les dégâts collatéraux.



monik 14/12/2011 10:00


L'oiseau prisonnier dans la pièce cogne à toutes les vitres illusionantes.. mais nous, nous poussons sans découragement toutes les portes qui encombrent notre passage et j'ose croire aux espaces
apaisés, doucement éclairés et tempérés qu'elles révèlent un jour. S'abandonner quelques heures ou  juste ces quelques instants..

Arthémisia 14/12/2011 21:20



Il arrive un temps où quelques heures ne suffisent pas, où il faut un abandon à jamais. Le don de soi au temps et à l'espace.


Pour enfin pouvoir en recevoir les échos.


 



Lucien 14/12/2011 09:06


Comme tu le dis chez moi, sur réceptacle, c'est étrange cette coïncidence ... sauf que pour moi, c'est le thème proposé "tourner, détourner, contourner, ..." qui m'a fait ressortir un cahier de
2009. Après un long travail, j'en suis sorti. Un outil formidable ce mythe du Minotaure ! Inépuisable, comme tous les mythes.

Arthémisia 14/12/2011 13:31



Pour le plaisir du partage :


http://youtu.be/GMus3MIunTk



Suzâme 14/12/2011 08:25


Bonjour Arthi,


En lisant ton texte ce matin, je commence ma journée, sage et interrogative. L'être est-il prisonnier du monde? de l'Univers? et plus près encore, de sa vie? Trop tard pour rêver. Une lourde
porte cernée de cornières, torturée de serrures me montre le chemin du matin. Bisous. Suzâme

Arthémisia 14/12/2011 13:21



De sa vie...je crois que cela est fort possible. Car même si nous bousculons beaucoup de choses, sommes nous vraiment libres de tout quitter, de tout oublier?


Belle journée à toi, Suzâme.



tilk 14/12/2011 00:36


c'est toujours comme ça quand on croit sortir du labyrinthe....


ça me fait penser aux textes paniques de Arrabal....


besos


tilk

Arthémisia 14/12/2011 06:07



Ta comparaison me flatte!  Mais c'est vrai, je suis d'accord pour notre lucidité commune.


Bises


Arthi