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1564 - Une Tuerie

Publié le par Arthémisia

 

http://www.moreeuw.com/histoire-art/les-temps-modernes-chaplin.jpg

 

J’ai voulu travailler pour me sentir exister. Je voulais vivre socialement et être autre chose que Mme D., mère d’E et de C.

Aujourd’hui certains soirs, quand je rentre du travail, je me sens proche de la mort. Tellement proche d’elle qu’il me faut me coucher et dormir, tellement proche d’elle que des larmes d’épuisement submergent mon âme à gros bouillon alors que j’ai appris à ne plus pleurer pour quoi que ce soit d’autre.

Je peins très peu, écris de moins en moins et ne lis plus que mes Beaux Arts magazines… avec trois mois de retard.

J’ai épuisé ce moi qui m’appelait si fort et me faisait rêver. Enfin nous…ce n’est pas moi qui ai tout vidé. C’est le travail. Travailler m’a eue. Travailler m’a tuée.

Le travail est une tuerie de l’être.

 

© Arthémisia – déc 2011

 

 

Avec : Charles Chaplin, Les Temps modernes (Modern Times) (1936) © Roy Export S.A.S, courtesy Musée de l’Élysée, Lausanne - source : DP exposition Charlie Chaplin, Palais Lumière, Evian

Commenter cet article

Oranadoz 11/03/2012 11:05


Bonjour,

Vous avez mis votre site
  http://corpsetame.over-blog.com/article-1564-une-tuerie-92634582.html
un lien vers l'image se trouvant à l'adresse
  http://www.oranadoz.net/forges-methodes-agiles-les-nouveaux-temps-modernes/les-temps-modernes.jpg

A cause de cela, les visiteurs de votre site utilisent ma bande passante
pour récupérer l'image. De plus, cela perturbe quelque peu les statistiques
d'accès.

Pourriez-vous plutôt copier cette image dans votre espace et changer le
lien en conséquence ?

Bien cordialement,

Arthémisia 11/03/2012 11:23



Bonjour,


Désolée que ma capture d'image vous ait importuné.


J'évite de copier les images dans mon espace qui est limité mais, je viens d'en changer la source et espère que vous ne serez plus dérangé.


Cordialement


Arthémisia


 



Pivoine 28/12/2011 00:40


J'ai lu et le texte et les commentaires et les réponses. Je comprends car j'ai été enseignante (mes deux derniers intérims ont été épuisants physiquement et nerveusement et pourtant, ce n'était
que des bouts d'horaire... Pas des journées de plus de 10 heures ! Donc, il ne faut pas demander ... )


Mais je trouve tout de même que vous êtes bien vivante (sur le plan littéraire et artistique - et sûrement sur d'autres plans que je ne connais pas). Toutefois, je comprends ce désespoir ...
Peut-être autrement, et dans d'autres circonstances, je l'ai vécu. Parfois, je me disais "cela ne durera pas forcément" (mais je ne savais pas comment). Cela n'a pas duré éternellement, mais le
prix à payer, bien sûr, c'est la pauvreté.


Et le regard des autres parfois, qui vous font bien comprendre que vous êtes sur le chemin de la marginalité, si pas largement dedans... Tout ça n'est ni juste ni normal (mots pauvres, je sais),
trop de masse de travail pour les uns, et pas de travail pour d'autres. Et des impostures, comme ce dicton: "on travaille plus, on gagne plus", ce qui est faux, archi-faux.

Arthémisia 28/12/2011 06:07



Oh bien sûr Pivoine que je suis vivante : l'écriture, et l'Art en général me sauvent. Je respire là. Je remercie Dieu (et les muses!) tous les jours pour ça et pour la présene de mes amis et
celle non moins adorable de mes enfants. Ils savent très bien la dureté de ce métier et sa dévalorisation.


 


Quant à la pauvreté, le mot est fort pour parler des enseignants car bien sûr j'ai un toit et je mange à ma faim, mais je pense sincérement que les salaires ne sont pas à la hauteur des tâches
accomplies et surtout des heures de travail. Si je n'avais pas 4 heures supplémentaires et ma prime de prof principal, je passerai mes jours à calculer.


Et je n'ose envisager ma retraite ...qui ne couvrira même pas mon loyer.


 



aliscan 19/12/2011 15:27


Avec mes 18 années d'expérience dans l'EN, je me rends compte que l'ambiance dans mon lycée pro et dans les classes se dégrade depuis environ trois ans. Je ne suis pas le seul à le constater mais
je suis incapable d'en expliquer les raisons. Peut -être la généralisation des Bac pro en trois ans (en seconde, 5 ou 6 élèves n'ont pas un niveau CE1...), le déclassement des enseignants, les
enfants roi, des parents de plus en plus procéduriers, la crise... ? Bref, être enseignant aujourd'hui est loin d'être une sinécure ! Bon courage à toi, et n'abandonne pas tes exigences vis-à-vis
des élèves car ils sont demandeurs. Pour les quelques crétins qui plombent parfois nos classes... "le temps ne change rien à l'affaire quand..."

Arthémisia 19/12/2011 18:37



Je me retrouve tout à fait dans ta description.


L'enfant roi est à mon sens la raison principale de ces dérives :


Elèves qui dès la 3ème  vont "se bourrer la gueule en boîte tous les samedis parce que Mme, c'est génial de se bourrer la gueule"...



Usage de la fumette ++++....



Voire des poppers...



Aucun vocabulaire : un élève de 3ème cette année ne savait pas ce que voulait dire le mot "bord".



Des élèves de 2nde ne savaient pas me montrer le périmêtre sur un cercle (je n'ai pas osé leur demander la formule!)



Des filles de 1ères sont venues me demander après plein de tergiversations, "combien on a de trous entre les jambes?"...



 


...Et après ça, ça s'envoie en l'air à tire larigot, avorte ou même n'avorte pas à 15 ans, (merci maman de bien vouloir t'occuper de mon bébé, je vais en cours cette semaine mais je sors en
boîte samedi, tu n'oublies pas hein?)


Une mère qui me demande un RDV parce que j'ai collé sa fille qui répondait au téléphone en cours à un de ses appels ...ET évidemment le directeur a annulé ma colle...



Ne vous faites pas de soucis : il n'y a plus de place sur la carrosserie de ma voiture pour y graver une insulte de plus, et mes propres enfants assureront l'assistanat de CES crétins.


 


Mais je garde mes exigences. Question d'éthique personnelle.


 


Courage à toi.


 



Nath 18/12/2011 11:07


Bonjour Arthi;


Oui, tu peux bien entendu...


Femmes qui courent avec les loups ...tu as déjà lu ?


Si non, cours y vite justement...ce livre, depuis que je l'ai est devenu ma BIBLE, et devrait être la BIBLE de toutes les femmes, m'est avis même que les n'hommes, pour beaucoup d'entre eux,
devraient y jeter un coup d'oeil, quoique , hum, je crois qu'ils se mettraient à courir plus vite que les loups...


Si je te le conseille, c'est parcequ'en toi, là, bat ce coeur de femme que je connais si bien, celui que je sens battre chez mes amies, qui se démènent aussi...Oui, lis le, j'espère qu'il te fera
du bien, c'est la seule lecture qui passe vraiment en mon sang quand je suis épuisée...alors je souhaite que peut être ça te fasse tout simplement du bien...
Belle journée à toi


Là, je pars marcher une ou deux heures, le ciel était bleu et devient gris pâle, gris perle...alors, oui, j'ai envie...

Arthémisia 19/12/2011 08:27



Bonjour et merci pour tout.


Je note cette idée de lecture dans mon carnet des "à lire".


Mes premiers jours de vacances sont remplis à rattraper tout ce que je n'ai pas eu le temps de faire avant (achat des qq. cadeaux) mais c'est déjà tellement plus cool : dormir jusqu'à 8h est un
réel plaisir dont je ne me prive pas, pas plus que de voir enfin des amis.


Et regarder le ciel où s'arrachent les nuages dans le mistral du matin laissant place à un soleil déjà vif, me comble d'un modeste bonheur tellement rare (ma classe est au nord et donne sur un
très haut mur gris!)....


 


Une très belle journée à toi.


Arthémisia


 



gballand 18/12/2011 08:40


Comme le disait Fernando Pessoa, "si la liberté n'est pas en toi, elle ne sera nulle part ailleurs". Nos ressources sont parfois si grandes que l'on peut y trouver cette liberté-là ; mais
parfois, nous nous connaissons si peu qu'il nous faut de l'aide pour voyager dans l'être que nous sommes.  Bon courage.

Arthémisia 18/12/2011 08:50



En l'occurence je pense que mes limites actuelles ne sont plus que celles de mon corps.A la fin de ce 1er  trimestre il est vidé;


Quant à mes rêves, ils  ont eux été largement dépassés dès ma première semaine dans l'EN.


 



Ren 17/12/2011 14:52


suite à ton annonce


Professeur d'Arts Plastiques cherche autre boulot - Urgent!


tu devrais  sérieusement  songer  à te lancer  dans la publication de tes textes, je te l'ai  déja 
dit... 


c'est  évidemment un autre parcours  du combattant, mais 
au moins  tu ne seras pas dépendante d'administration, de manque  de considération de la part de ton "public", 


car celui qui viendra  à toi sera  volontaire, même  s'il
n'est pas facile, notamment  dans ces temps  de crise   de convaincre un &diteur--- 


alors  que  dans l'enseignement, on oblige à boire les
ânes  qui n'ont pas soif...


 


Il paraît que dans les pays africains, qui manquent de tout, par
exemple  de cahiers  et crayons  que je vais apporter  au Burkina,           la soif  d'apprendre  est au contraire  une position inverse,  et même dans  des conditions  des plus précaires  ( matériellement et économiquement)


 


Quant à ma position  sur le travail,  j'ai  toujours 
choisi de garder  du temps,  donc  de la disponibilité matériellement pour ma tête, afin que le boulot  ne me tue pas, même 
si,  en début  de carrière, j'ai  dû me serrer drastiquement la ceinture...

Arthémisia 17/12/2011 15:04



On peut dire malheureusement que je suis au début de ma carrière et que je ne peux pas me permettre de cracher sur les heures sup'. Tu connais ma situation personnelle.


Avec mon salaire qui fait à peine plus du double de mon loyer ....je ne vais pas loin.


Et je ne te parle pas de ma retraite.


 


Quant à publier mes textes, je sais que tu as raison. De ce côté là je suis trop peureuse et peu sûre  de moi. Et c'est un peu comme pour exposer : toutes les démarches administratives me
saoulent. Le démarchage n'est pas mon univers.J'exécre le commerce!


Mais cela ne m'empêche pas d'y réfléchir de plus en plus....Merci de m'y encourager, Ren. Ca fait chaud au coeur.



Cédric 17/12/2011 11:55


 


Il m'est avis qu'on peut être consciencieux ET ne pas se faire bouffer par son métier.


Et puis c'est surtout notre "être au monde" qui détermine notre relation à un métier.

Arthémisia 17/12/2011 13:07



J'approuve tes mots mais être au monde c'est aussi être en capacité physique de le faire.


Après 14h30 de travail dans une seule journée, je défie quiconque de pouvoir "être au monde" ailleurs que dans son lit.



monik 17/12/2011 11:17


A l'époque où tout semblait possible, quand je revendiquais avec elles et certains hommes des droits pour les femmes, d'autres disaient que l'asservissement était général et dépassait le clivage
des sexes.


Je n'en suis toujours  pas  convaincue et la régression nous épie. Vos témoignages si personnels me bouleversent  et me persuadent que d'étranges boulets de plomb s'attachent
encore aux pas des femmes. Celles qui en explosent les chaines  en connaissent la douleur de chaque maillon et  rend votre cri  plus remarquable.Ainsi, il nous faut  mener nos
vies..

Arthémisia 17/12/2011 13:05



Je sais que  d'autres sont à l'écoute. Mais j'ai la sensation que nous sommes si peu.


Combien,  de femmes et même chez les plus jeunes( je parle avec mes élèves ...), cautionnent encore, sans même s'en apercevoir, ce douloureux héritage culturel (voire cultuel). Oui, je sens
la régression. Fortement.


Sans parler de la culpabilisation qu' "on" veut nous faire porter parce que nous "devons"
...avant tout.


 


Je sais par expérience qu'une femme qui explose ses chaînes (je reprends tes mots) passe -cela m'a été verbalisé très clairement, plusieurs fois, et pas que par des hommes - pour une malade pour laquelle la psychiatrie ne pourra peut-être même rien.


 


Quel est le devoir d'une femme? Il faut qu'on me l'explique. Je crois ne pas avoir tout bien compris.


 



Nath 17/12/2011 10:08


Bonjour Arthi,


Je reviens souvent relire ce cri qui déchire les tripes.Je n'ai pu au début de deux trois premières lectures que rester silencieuse parceque je me suis mise en boule à l'intérieur, comme
recouverte d'un châle froid . J'ai le même cri en moi, c'est pour ça et je m'efforce à ne pas le laisser sortir, car sinon...il m'est arrivé comme toi de rentrer épuisée , au bord de la nausée,
et de jeter le sac dans le couloir, d'oublier de manger, et d'aller dormir...j'aimerais un jour pouvoir monter dans le minuscule atelier, déployer les toiles, sortir les pinceaux, me trouver
heureuse d'être là et n'avoir rien d'autre à penser que mes mots et mes couleurs. J'aimerais, mais je ne suis que Madame B. mère de M. et R., M. est à l'hôpital depuis, pff, en tout 7 mois, je
travaille, certes et tant mieux car la clinique coute cher, je travaille et tant mieux car je ne dépends de rien d'autre que mon petit salaire pour payer le loyer, la bouffe et les factures., et
l'essence pour la voiture.


Je travaille et j'efforce mon petit cerveau à être heureux de ça...mais par moments que c'est difficile !!!


Alors, je ne laisse pas le cri monter, je sais que c'est peut être dangereux qu'il se sclérose ainsi , mais le peu de courage qu'il me reste parfois est celui qui me dit " un jour viendra".
Souvent, oui, j'aimerais avoir la chance d'une année sabbatique, celle que j'appelle sympathique, pour juste laisser éclore tous les germes qui sont en moi...parfois, je me dis " ne rêve pas,
contente toi de ce que tu as" et plus souvent, je me dis " si, rêve ma fille, ça va te faire du bien"...alors, je décroche quelques instants, et j'ai tout qui fleurit au bout des doigts...


Je ne sais pas réellement si je suis heureuse, pff, c'est dur à dire, mais je ne suis pas malheureuse non plus, alors...ne pas s'endormir, certes, rester éveillé comme dit Lutin, mais en
l'occurence dormir est actuellement ce qui me sauve...


 


Arthi, voilà, ce n'est pas mon habitude de parler ainsi de moi sur un blog...Mais tes propres mots douloureux font écho aux miens...tout cachés là bas. Je te souhaite de trouver le sommeil là
pendant ces vacances. Nous allons être nombreux à dormir le plus loin possible.
Je t'embrasse


Nath

Arthémisia 17/12/2011 10:37



Bonjour et merci Nath de ce partage même s'il ne me rassure pas et me réjouis encore moins car je sais combien nous sommes dans ce cas, qui rentrons le soir au bout
de nos forces.


C’est peut être ce qui m’a incitée à publier ce billet parce que même si je suis assez libre avec mes dires, je le savais quelque peu impudique.


Je relève dans ton comm. cette notion de (‘in)dépendance dont je n’avais pas parlé et qui est aussi et beaucoup la raison pour laquelle j’ai décidé de travailler.
Ne pas être subordonné à quiconque pour subvenir à nos besoins, avoir de l’autonomie, être dégagée corps et esprit de toute soumission à l’argent (au pouvoir) de l’autre, nous le payons
cher, surtout dans ces temps difficiles mais je crois que cette émancipation, cette liberté n’a pas de prix.


Oh bien sûr j’écris cela après une nuit de 10 heures….mais je l’écris aussi parce que la domesticité qui règne encore dans certains foyers, a des affinités avec la
domestication et surtout avec la domination. Dominus : le maître en latin...


L’assujettissement à un tiers est à mon sens encore plus lourd à supporter que la fatigue.


Alors comme tu le dis avec ces mots merveilleux, il faut nous accrocher à ces fleurs qui nous poussent et pousseront toujours au bout des doigts et qui nous
préservent du néant blanc.


 


En bouquet.


Arthémisia


 


PS : je décroche quelques instants, et j'ai tout qui fleurit au bout des doigts ....Si tu le permets je garde tes mots pour mes brêves de fin
décembre...avec un lien vers chez toi.


 



tilk 16/12/2011 21:51


vivre de son art ..ce serait merveilleux ...sauf que là aussi ..ceux qui en vive bien sont rares et je te laisse imaginer les concéssions qu'il faut faire...tu passes plus de temps à travailler
la com comme ils disent et puis on entend aussi des mots très sympa du genre il faut savoir se vendre...moralité tu trouves un boulot pour pouvoir faire ce que tu veux...et ce boulot t'empêche de
le faire vraiment!!!


besos


tilk

Arthémisia 17/12/2011 01:09



J'en connais qui vivent de leur art. J'ai un élève dans mon cours de nu qui a un contrat avec une galerie de la rue de Rivoli dont il se vante beaucoup et qui vit très bien en recopiant 100 fois
le même paysage provençal.


Mon Dieu préservez moi de cela!



Cédric 16/12/2011 20:53


 


De toute façon, on est ce qu'on ne peut pas s'empêcher d'être ( je crois que je vais répéter cette phrase toute ma vie)...


Un même boulot est facile pour l'un et difficile pour l'autre, c'est bien la preuve que tout est question de personnalité, de "soi" en face de ce dont on est entouré.


Et là, je répète ma phrase : on fait, dans tous les contextes, seulement ce qu'on ne peut pas s'empêcher de faire, c'est ainsi pour tout un chacun quel qu'il soit !


C'est la vie. La vie ne peut s'empêcher d'être ce qu'elle est, et nous sommes de la vie.

Arthémisia 17/12/2011 01:07



Eh oui, on est un prof consciencieux, ou on lâche prise.


Tout dépend de son éthique.



lutin 16/12/2011 20:50


pardon, de ce qui existe


 

Arthémisia 17/12/2011 01:05



j'avais compris



lutin 16/12/2011 20:49


Dormir c'est la dépression, le refuge, alors non il faut rester éveillé, bouger, s'alimenter de ce existe. C'est la curiosité saine qui pousse à la vie

Arthémisia 17/12/2011 01:04



Dormir c'est aussi le repos du corps. Quand on a travaillé plus de 14h, je t'assure qu'on aspire tout bêtement à son lit!


Et ce malgré toutes les envies de lecture, d'écriture ou de peinture qui peuvent nous tarauder.



lutin 16/12/2011 20:46


La nuit se couche si tôt que même le cerveau prend le deuil.

Arthémisia 17/12/2011 01:02



La nuit n'est pas un moment de deuil. Elle est un recueillement, une paix, un retour à soi. C'est l'entre soi et soi. Enfin.


 



monik 16/12/2011 16:51


Le travail c'est le réel inévitable.Il faut assurer ses besoins , directement par la production ou par un transfert  troc ou monétaire. Il est un mal quand nous ne l'avons pas choisi et
qu'il ne nous permet pas de prolonger certains aspects créatifs de notre personne.( dommage pour tous les artistes qui ne peuvent en vivre) Un haut mal quand il nous asservit par la répétivité,
la pénibilité, la charge, la durée, la hiérarchie,le stress. C'est là qu'il faut se battre et gagner des avancées sociales. Il ne faut pas que le travail mène à l'épuisement avant qu'on ait pu se
demander pourquoi et comment.Le travail, le salaire,  c'est une question de partage et d'équité.


N'accorder au travail que le temps( comme il est dit sur un com) je n'y crois pas car tout geste, toute tâche ne nous convient psychologiquement que s'il y a des parcelles d'investissement de
l'esprit et du coeur.


Il faut revendiquer un allègement du temps de travail qui nous permette de sauvegarder nos énergies de vie pour la vivre partout ailleurs.( lire, écrire, rencontrer et rester actif et
responsable)


Bonnes vacances Arthie, adonne toi à ce que tu aimes.

Arthémisia 16/12/2011 19:05



Comme cette phrase me plait!:


S'investir par l'esprit et le coeur...


Impossible pour moi actuellement.


 


Et pendant ces vacances, je ne me sens capable que de dormir.



Cédric 16/12/2011 15:52


 


Je sais bien. Ce que je voulais simplement "éclairer" c'est qu'on est son propre bourreau dans ce "travail", il ne faut pas reprocher à la personne ou à la "chose" qui prend, ce qu'on consent en
réalité à lui donner.  Ceux que le "travail" tuent, se laissent tuer par lui (je parle au niveau psychologique, car en effet un mineur laisse véritablement des années de vie dans la mine).
Un travail est un don/perte de temps, nous sommes d'accord, mais à part ce "temps", on peut s'épargner de lui donner quoi que ce soit d'autre !  C'est "nous-mêmes" qui lui donnons plus
d'importance qu'il n'a en réalité, la "pression" on ne se la met que "soi-même"...Mais je sais bien que les "chaînes" psychologiques sont aussi (voire plus) difficiles à enlever que ces
véritables chaînes entravant les êtres au temps de l'esclavage...

Arthémisia 16/12/2011 19:03



Oh bien sûr on peut toujours garder son "âme" pour soi, la préserver des tueries.Là n'est pas l(m)a question.


Mais le corps, Cédric, le corps! La semaine dernière j'ai eu un jour de cours de 8h à 17h puis une réunion qui a duré jusqu'à 22h30.


Je suis un être humain. J'ai besoin de me détendre, de manger, de respirer autre chose que l'odeur du lycée, et bien ce soir là je suis rentrée, je ne me suis même pas déshabillée, j'ai jeté le
cartable dans l'entrée et je suis allée me coucher.


 


Ah oui, j'aurai pu ne pas assister à cette fichue réunion. Mais je suis dans un établissement privé, non confessionnel, qui ferme des classes tous les ans et va finir par fermer tout court. Quand
cela arrivera, je serai au chômage et après Pffff... à la rue.


Alors j'assiste aux réunions, en me disant que mes notes administratives feront peut être de moi un prof qui trouvera plus facilement une place dans un autre établissement. Mais je m'illusionne.


 


Si je me mets la pression, c'est bien celle de pouvoir (sur)vivre. Dignement.



Suzâme 16/12/2011 15:16


Bonjour Arthi,


J'entends ton cri qui traverse toutes les contrées. Tu as mal à la vie parce que le travail tel que tu l'endures te prend tout, ta tête, tes tripes et ton coeur. Nous sommes combien à connaître
ce vertige, au bord du vomissement et de l'évanouissement? Les artistes ont déjà un travail, l'oeuvre qu'ils ont en eux qui est une priorité pour eux-mêmes et ce qui serait bien pour nous les
êtres en attente du beau, du profond, du mystère à l'évidence...


Je partage tes douleurs qui s'invitent dans tes prunelles et masquent l'espoir de chaque matin, de chaque jour, de chaque nuit. C'est l'artiste en toi que la société tue. Mais qui a vécu de son
art ? Qui en vit aujourd'hui? C'est le réalisme qui tue. L'idéal s'est envolé de ton âme si belle. Il s'est dit, cette femme formidable qui est artiste au plus profond d'elle-même ne peut pas
tout donner. Ah Arthi je délire dans l'incohérence que je ne maîtrise pas par la réflexion mais par la sensibilité. Pour continuer à vivre, je crois en l'acceptation de cette dualité d'enfer et
de paradis qu'incarne notre vie de poète ou d'artiste, architecte de nos réalités, esclave de ses contraintes. Je trinque à tes vacances ! Bisous. Suzâme

Arthémisia 16/12/2011 18:54



RE bonjour Suzâme,


Vivre de son art? C'est exceptionnel.


Mais vivre en enseignant aujourd'hui c'est aussi exceptionnel ; c'est essayer de faire passer des savoirs, et des savoir faire à des gens qui n'ont aucun savoir être.


C'est s'opposer à eux en le disant NON, mot qu'ils n'ont jamais entendu.


C'est poser des interdits, des limites, des barrières parce qu'une école c'est une société, c'est la société.


Et c'est retrouver hier soir la peinture de sa voiture toute griffée d'insanités en sortant de la réunion de parents/profs à 20h 30 après 12h30 de présence au lycée.


Mais je ne dois pas me plaindre : l'an dernier c'était un pneu crevé. ET l'année précédante, c'était le pare-brise cassé.


Que faut-il faire ? Tout laisser dire? Tout laisser faire? Laisser les élèves écouter leurs MP3 en cours, répondre au téléphone, jouer aux cartes (je l'ai vu faire par certains profs...), dealer
dans les toilettes, arriver alcoolisés, ou dire non, je veux enseigner?


 


Petite annonce personnelle :


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L'école actuellement n'a pas cette dualité dont tu parles. C'est l'enfer : si tu veux avoir la paix, tu laisses faire. Sinon, tu y laisses ta santé.


 


 



Cédric 16/12/2011 12:36


C'est faux !


C'est croire au "moi" qui tue le corps !

Arthémisia 16/12/2011 15:31



C'est vrai : je me tue au travail!...mais j'ai besoin de travailler parce que personne ne va me nourrir, me loger, m'habiller. Personne d'autre que moi.Et j'ai aussi besoin de garder ce job,
aussi dur soit-il.


 


A qui faut-il croire quand on est seul(e)?


 



tilk 16/12/2011 00:55


OUI OUI OUI  le travail est un assassin il aliène il apporte plus a certains ou plustôt


il raporte plus à ceux qui nous exploitent nous on y meurt à petit feu on y laisse nos envies et nos forces...


besos


tilk


c'est toujours très fort ce que tu écris


 

Arthémisia 16/12/2011 07:00



Bonjour Tilk,


En ce moment, avec des journées qui débutent à 8h et se terminent avec des conseils de classe et des réunions parents/profs jusqu'à 22h30 parfois (je me demande si cela est  bien légal...),
oui, cela relève de l'aliénation.


Bises


A.



Frédéric 16/12/2011 00:30


C'est en effet un vrai pb de société. Mais ce n'est pas innocent non plus, plus que le travail c'est le système qui est à remettre en cause. Car rentré ainsi du travail,  dépossédé de soi,
c'est la porte de la soumission et de la compensation par la consommation.


D'ailleurs vouloir changer son rapport au travail, plus qu'un rapport à l'argent ou à la normalité, c'est changer son rapport à la consommation. Dans quelle mesure voulons nous être un
décroissant jusqu'à quel niveau.


C'est un vrai pb, très complexe à résoudre au plan individuel (la maladie peut aider à le résoudre brutalement  mais à quel prix ?  ) et d'autant plus complexe
que le travail est en lien avec l'humain. Car au sein d'une entreprise de production de services, on peut trouver certaines marges de manoeuvre , mais dans le social, le médical, l'éducatif,
c'est TRES difficile car cela se joue au détriment des humains avec qui on travail.


C'est un vrai pb, car jusqu'où aller au détriment de soi ?


Chaleureusement


Frédéric

Arthémisia 16/12/2011 06:57



Merci pour tes mots Frédéric. Ils me parlent, tant de perte en perte, j'ai souvent la sentation de disparaître.



De belles choses pour toi et les tiens.


Arthi