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1566 - Je t'aime ...moi non plus

Publié le par Arthémisia

Lors d'une récente séance de corvée-courses, voilà la musique "d'ambiance" que j'ai entendue au supermarché:

 

 

 



De voir les consommateurs continuer leurs achats comme si de rien n'était, dans une ambiance totalement surréaliste m'a beaucoup intriguée. Il m'a semblé qu'ils n'entendaient pas...ou bien qu'ils faisaient semblant de ne rien entendre, gênés par cette présence érotique au milieu des courgettes et autres crèmes desserts.

 

Mais je m'égare...

(Néanmoins, je me demande encore où va se nicher le marketing !)

© Arthémisia - 12/2011

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Christophe 25/12/2011 21:18


Pour moi ça n'est ni marketing ni gêne qu'on cache, c'est plus grave que ça : les gens sont devenus indifférents à force d'être matraqués de messages publicitaires, de paroles de chansons,
abreuvés de musique contre leur gré, ils sont atteints de surdité affective et ont une totale perte de sens ! A force de chercher des superlatifs toujours plus forts, des représentations
d'émotions positives (amour, érotisme), toujours plus vives, à force de vouloir les choquer, les provoquer, les émouvoir, ils sont devenus totalement anésthésiés ; nous arrivons à nous mettre en
mode off pour pouvoir nous concentrer sur ce que nous avons choisi, nous. C'est le fameux "temps de cerveau disponible" que même les propriétaires de chaînes TV n'arrivent plus à capter.


Quant à la programmation de la musique dans les supermarchés, c'est souvent une chaîne de radio que des gens doivent choisir un peu au hasard, sans même avoir le temps d'écouter la programmation,
"bouffés" comme tous les gens au travail par d'autres tâches.

Arthémisia 25/12/2011 21:28



Je pense pourtant que  " ce temps de cerveau disponible" est justement très très bien accaparé par ça ou ça: le public croit être en capacité de se mettre en mode off, mais il est de toute
façon plongé de façon inconsiente dans ce milieu ambiant programmateur d'achats ; il n'a pas de boules Quiès. 


Quant à la télé, c'est pareil : seul celui qui ne l'allume pas reste disponible ...à lui-même.



kl loth 24/12/2011 21:37


Je me souviens, alors que j'étais bien jeune et ne comprenais pas encore grand chose à cette chanson, l'avoir entendue lors d'une fête de famille assez guindée.
Le contraste était frappant avec le contexte familial. Pourtant je n'ai vu personne réagir. Sagissait-il d'une facétie de quelque cousin adolescent ? En tout cas, ce morceau se diffusait dans
l'air de la garden party comme n'importe quel tube à danser de cette époque.


 


Je pense qu'il y a tout un travail de modelage des esprits pour associer consommation et jouissance, voire "révolte".
Entendre "Born to be wild" en fond sonore d'une pub pour protections contre l'incontinence, avec image de motards vieillissants, me laissera toujours pantoise !

Arthémisia 25/12/2011 15:30



La publicité est un terrain fertile pour les manipulateurs et il me semble que l'utilisation de la musique est encore plus incidieuse que celle du visuel.



estsidestory 23/12/2011 19:34


 


consommateur " responsable " je fais ma liste pour les rares fois où je fréquente les supermarchés de la consommation ( oui je privilégie les
marchés et autres commerces de proximité ) et rien, ni même une ambiance quelle qu'elle soit ne me fera consommer d'avantage. Complots, stratagèmes, que de mots pour masquer l'irresponsabilité de
la " masse consommatrice " Commençons donc à nous conduire en citoyens lucides et responsables " l'enfer " ce n'est pas toujours les autres ( JP.Sartre ) mais souvent nous -même...

Arthémisia 23/12/2011 19:47



COMME JE SUIS D'ACCORD AVEC TOI!!!!!


J'ai appris ce matin en écoutant les personnes autour de moi à la poste que le Centre commercial Grand Var (temple régional de la consommation ) est ouvert ce soir jusqu'à 23h ; certaines personnes disaient vouloir y aller parce qu'il allait pleuvoir! J'ai cru rêver.


 


Je crois pourtant que  nous sommes en crise, j'entends tout le monde raler sur les prix de tout et pourtant , ils vont tous se retrouver ce soir à dépenser de l'argent dans une jouissance
suprême et partagée : la grande partouze!!!


 


Ca me donne la nausée. Je fuis à toutes jambes.


 



estsidestory 23/12/2011 19:19


  L'érotisme,à mon sens ne peut opérer qu'en
«  milieux favorable »   et dans un environnement  «  cozy »  Alors même si Jeanne et Serge sont plus
que sexy dans cette chanson ( écrite pour B.B.au départ ) le décor d'un supermarché,l'ambiance ont en quelque sorte annihilé l'effet non contesté de cette mélodie 


 


 

Arthémisia 23/12/2011 19:24



Mais l'effet souhaité n'est pas d'érotiser le lieu mais de faire dépenser de l'argent aux consommateurs. Et là je pense que la perversité de la manoeuvre est inconstablement efficace.


 



tilk 21/12/2011 00:17


c'est sans doute un délire du progr-amateur ! ! !


besos


tilk

Arthémisia 21/12/2011 09:47



Très très bien joué.


Bises


Arthi



versus 20/12/2011 23:04


Mais non! C' est,  je vais et je viens... dans le magasin!  Et je te  lâche...mon fric!


Voir la notion de dépense chez Georges Bataille.


 


http://www.editions-lignes.com/LA-NOTION-DE-DEPENSE.html


C' est aussi l' éxcédent et la décharge,


http://www.christian-faure.net/2009/04/12/bataille-lexcedent-et-la-decharge/


 


Ce qui veut dire que le MARCHE récupère dans ce cas précis l' inutilité, la gratuité de l' acte d' amour pour le retourner en acte de désir d' achat. Sophistiqué le marketing!

Arthémisia 21/12/2011 09:47



Et la notion de pouvoir chez Freud.


 


Je sentais bien cette immense frustratrion dans ces foules de consommateurs (cons-sommes-acteurs/cons-sommes-matteurs) du samedi PM.


Ainsi les super-hypermachés n'ont rien à envier aux lupanars des bourgeois du XIXème. Et la détresse sexuelle (voire affective) trouve son écho dans la perversité de la manipulation : aimer
dépenser de l'argent est devenu une vertu à la mode.


 


Je m'en vais lire Bataille.


 



Cédric 20/12/2011 21:41


...je vais et je viens...


" Promotion sur les préservatifs ! Rayon "Hygiène et Beauté" ! Dépêchez-vous ! "


...entre tes reins...

Arthémisia 21/12/2011 09:34



Est-ce que ne sont pas les Fêtes de fin d'année ?



monik 20/12/2011 10:48


D'accord avec le commentaire de jean- Marie! C'est une société qui nivelle, qui dit que tout est inter changeable , qui rabote totalement les capacités d'attention et de discernement en gros une
société qui a-culture. Tu aurais pu avoir aussi bien dans les rayons de coserve " il est né le divin enfant"" La marseillaise" que sais-je encore!

Arthémisia 20/12/2011 11:24



Eh oui, et les acheteurs n'auraient pas réagi différemment!



lutin 20/12/2011 10:09


Je  comprendrais mieux dans une parfumerie, l'homme à la recherche d'un parfum qui fera craquer les sens de sa compagne

Arthémisia 20/12/2011 10:15



Ou l'inverse! Mais cela est aussi très banal. Offrir un parfum ou un bijou c'est très très banal.


 


Peut être devrais-je me pencher sur  l'érotisme de la boîte de conserve? Qui sait s'il n'y a pas là de nouveaux terrains à découvrir?



gballand 20/12/2011 08:45


Peut-être avez-vous raté quelques scènes torrides entre deux rayons...

Arthémisia 20/12/2011 08:46



...j'y retourne!!!



j.m. Staive 20/12/2011 08:25


" philosophique", voulais-je écrire!


 

Arthémisia 20/12/2011 08:44



j'avais compris!



Lucien 20/12/2011 08:20


Non, non, tu ne t'égares pas, tu te laisses porter, flotter, un moyen de sortir du labyrinthe ... Tant que Gainsbourg ne sera pas censuré, il y aura de l'espoir !

Arthémisia 20/12/2011 08:25



il y a 2 fois plus d'espoir!



jean-marie staive 20/12/2011 08:19


" gênée par cette présence érotique au milieu des courgettes"...Mais ce n' est que le début d' une érotisation généralisée, d' un tout érotique inaccessible aux fatigués de la vie que nous
sommes.


Notre époque se caractérise comme prise de contrôle du symbolique par la technologie industrielle, ou l' esthétique est devenue à la fois l' arme et le théâtre de la guerre économique.Il en
résulte une misère où le conditionnement se substitue à l' expérience.


Cette misère est une honte, celle qui est dépendante du contrôledes affects.


Voir le travail philosophisue de Bernard Stiegler à ce propos.


Comme il l' écrit, il n' y a plus de dimanche possible!


www.local-contemporain.net/revue02/textes.../bernard-stiegler.pdf


Cela rejont aussi le sujet d' être dépassé par le temps du travail qui nous fait perdre notre force de projection symbolique!

Arthémisia 20/12/2011 08:44



Il n'y a plus de dimanche, que des samedis où l'expérience du conditionnement à l'achat, l'imitation de l'autre par l'autre, l'absence de toute cérébralité, ne fait que ramèner l'homme à une
nouvelle raison, celle de son absence de perception voire d'entendement.


 


Le lien vers les propos de Stiegler ne fonctionne pas mais j'ai réussi à aller sur la page de sommaire. Je vais fouiller pour la trouver.


Merci :  le site à l'air très riche.



Lucien 20/12/2011 08:15


Non, non, tu ne t'égares pas, tu entends et te laisses porter, flotter, un moyen de s'échapper du labyrinthe ! ... Tant que Gainsbourg ne sera pas censuré, il y aura de l'espoir !

Arthémisia 20/12/2011 08:23



C'était très drôle!