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1582 - Du Goût

Publié le par Arthémisia

 

http://www.socialhistoryofart.com/photos/43.JPG

 

 

JJS : Selon vous donc le goût serait la répétition de toute chose déjà acceptée ?
MD : Exactement. C'est une habitude. Recommencez la même chose assez longtemps et elle devient un goût. Si vous interrompez votre production artistique après avoir créé une chose, celle-ci devient une chose en-soi et le demeure. Mais si elle se répète un certain nombre de fois, elle devient un goût.
JJS : Et le bon goût est la répétition de ce que la société approuve et le mauvais goût la même répétition de ce qu'elle n'approuve pas. C'est bien là ce que vous voulez dire ?
MD : Oui, que le goût soit bon ou mauvais, cela n'a aucune importance, car il est toujours bon pour les uns et mauvais pour les autres. Peu importe la qualité, c'est toujours du goût.

 

 

Marcel Duchamp, entretien avec James Johnson Sweeney (extrait), 1955
Reproduit dans Duchamp du signe, pp. 175-185, Flammarion, 1994, © Succession Marcel Duchamp, Adagp, Paris 2007

 

http://3.bp.blogspot.com/_FxSqC3BrO80/TIjlzx8VP2I/AAAAAAAAAOM/Mbx4gCC53Cg/s1600/evx_s31_f1.jpg

 

Avec : Gian Lorenzo BERNINI (dit le BERNIN) - La Béatitude de Ludovica Albertoni (extrait) - 

entre 1671 et 1674 - Marbre - Rome - église San Francesco a Ripa

 

Jeff KOONS - La Cicciolina et moi (extrait) - Résine -  Ludwig Forum, Aken, 2005

Commenter cet article

fazou 19/01/2012 21:23


je pensais à la subilité de la sculpture du Bernin, très peu à celle de la C.

Arthémisia 19/01/2012 21:36



Mais je suis tout à fait d'accord avec toi!!!


 



fazou 18/01/2012 18:08


oui, c'est d'un goût… plus subtil :)

Arthémisia 18/01/2012 18:11



La Cicciolina porte si haut l'élégance italienne!



fazou 17/01/2012 20:48


il me semble que trop d'insistance (c'est comme les parfums), les redondances finissent par lasser… Koons utilise consciemment l'artifice, les codes reconnaissables (modes etc), l'aspect un peu
spectacle, Le Bernin a le souffle du lyrisme…

Arthémisia 17/01/2012 20:58



KOONS utilise les artifices de son époque, et joue la monstation, voire la démonstation à l'excès. Son but est probablement avant tout d'interpeller et peut-être même de choquer.


Avec le BERNIN, on est dans une pâmoison beaucoup plus subtile, d'autant qu'elle a des origines moins ...terrestres que celle de la Cicciolina. Il me semble qu'on peut même parler de raffinement
voire d'élégance.



luno 15/01/2012 10:06


Il y a suffisament d'épices et de saveurs pour accompagner une fade pomme de terre, tout est question de dosage et d'inspiration et ne pas suivre la recette à la mode, créer tout simplement.

Arthémisia 15/01/2012 10:24



C'est (la fleur de) le  sel de la vie!



tilk 14/01/2012 23:53


je sais pas....moi quand on me refait toujours la même chose cela me lasse


et puis en fait j'aime pas trop que l'on me rassure...ou alors c'est le doute qui me rassure...


besos


tilk

Arthémisia 15/01/2012 09:37



Ta réponse ne m'étonne pas du tout, Tilk.


Douter c'est à mon sens croire, croire en autre chose, en une autre possibilité. Je pense qu'aucun artiste, qu'aucun curieux ne se complet dans la répétition, dans ce qui rassure. Il lui faut
l'autre, le nouveau, le plus loin. Ou alors il devient commerçant de lui-même. !


Bon dimanche, Tilk.


A.


 



Roberto 14/01/2012 19:18


Suis un peu déformé par mes lectures du moment (Sartre, le Castor et vice versa...). D'accord en ce qui concerne "l'accoutumance". J'aime bien vos courts propos qui me plongent dans un océan de
réflexion...D'où ma femme vient de me tirer, prosaïquement,  en me rappelant que nous sortons ce soir et que la pitance c'est aussi de l'accoutumance qui assure, bêtement, l'existence...Bon,
la fatigue vient aussi à mon cerveau embrumé...Sourire...

Arthémisia 14/01/2012 19:38



...mais il est tellement "bon" de goûter les plats de l'étranger!


Bonne soirée Roberto!


A.



tilk 14/01/2012 00:42


je me demande si à force de faire la même chose c'est pas le dégôut qui arrive...


besos


tilk

Arthémisia 14/01/2012 12:07



Je crois foncièrement que la répétition crée surtout la "rassurance", le cocon. Dans "la même chose", on ne regarde plus. On ne se pose plus de questions.Il me semble qu'on est "dans" mais qu'on
ne prend aucun risque, qu'on a perdu sa curiosité, et pour prendre une image un peu forte, qu'on n'est pas né, pas sorti du ventre de notre mère, qu'on est encore en dépendance.


Peut être même qu'on n'est pas, qu'on existe pas ? (voir ma réponse à Roberto)


Bises


A.



tilk 14/01/2012 00:40


j'espère qu'on ne te répondra pas tous les goûts sont dans la nature


ou les goûts et les couleurs....


besos


tilk

Arthémisia 14/01/2012 12:02






Bises


A.



Roberto 13/01/2012 23:39


Alors, l'Existence précède bien l'Essence ? Mais pas trop...Sourire...

Arthémisia 14/01/2012 12:02



Peut être pas.


L'essence c'est ce qui fait la nature de l'être.


Mais exister c'est sortir de soi. Il me semble que cela ne peut venir qu'en 2nd.


Mais je ne suis pas philosophe!


Oui...sourire!



Suzâme 13/01/2012 08:29


Bonjour Arthi,


Te dire que ce thème est passionnant et se rapproche de notre interrogation sur la beauté. Qu'est-ce que le goût? Qu'est-ce que la beauté? Je pense qu'au début de notre vie nous avons une
intuition qui nous mène à l'attirance ou au rejet puis nous sommes trop vite éduqués et nos choix sont relatifs à cette période. Grandir, c'est s'affranchir de ce premier regard issu des adultes,
quitte à le retrouver un peu plus tard avec l'envie de comprendre. Notre premier goût d'enfant est nature mais il est donc inculte. Je suis pour cette nouvelle rencontre qui est un jour une
quêtre entre ces deux regards nature et culture, intuition et connaissance. Le goût nous sort des égouts de l'indifférence. Bonne
journée et à bientôt. Suzanne

Arthémisia 13/01/2012 14:10



Bonjour Suzâme,


 


Je crains fort que la part d'acquis soit extrèmement importante dans ce qui forme nos goûts ; ainsi dès les premières minutes de notre vie, nous prenons goût pour les odeurs de notre mère, les
bras forts de notre père, la déco de notre chambre, la musique de notre boîte à musique..et ce que nous apercevons par la fénêtre.


Ainsi je ne crois pas uniquement au savoir mais plutôt au (perce)voir (avec tous les sens) pour ce qui fait la base de notre goût...ou par réaction de notre dégoût.


Donc oui, il est fort possible que les habitudes et la répétition dans tout ce qu'elles ont de rassurant soient ce qui forme nos préférences et nos choix.


 


La connaissance, ne vient qu'ensuite pour éclairer, et éventuellement proposer d'autres regards, d'autres points de vue, d'autres champs d'investigation que notre petit univers
personnel. Reste à savoir si nous sommes tous assez curieux et larges d'esprit pour accueillir l'étranger voire l'étrange? Ca j'en doute beaucoup !


 


A toi aussi une belle journée.


Bises


A.



kl loth 11/01/2012 03:14


Bien vu, cette confrontation entre les deux œuvres, ainsi que l'association avec la citation sur le thème du goût et de la répétition. Le sens circule entre
ces éléments, et s'enrichit…

Arthémisia 11/01/2012 06:13



  4 siècles d'écart pourtant et certains regards restent les mêmes!



monik 10/01/2012 22:04


Du goût de l'extase sous différentes cultures. Intéressant ton post et les commentaires aussi..noblesse du matériau, noblesse de l'origine. Le voile garde le mystère des cheveux et les mains sont
plus proches de l'âme quand il s'agit de Dieu.

Arthémisia 10/01/2012 22:15



Noblesse d'âme....


 


J'ai effectivement aimé cette ambiguité  du sens entre le goût de l'oeuvre (le bon goût/le mauvais goût), le goût esthétique et le goût de l'extase.


 


Je ne suis d'ailleurs pas du tout certaine que la vue de certaines oeuvres d'Art ne puisse pas provoquer des états proches de l'extase, voire même d'une forme de plaisir sensuel.Qui sait où se
situe le sensible?....



lutin 10/01/2012 18:09


magnifique teint de porcelaine

Arthémisia 10/01/2012 18:29



Monsieur y est pour quelque chose!!!!


 



Cédric 10/01/2012 17:08


 


Ne pas avoir de goût, devient un goût.

Arthémisia 10/01/2012 18:02



Le goût de rien c'est la désespérance.



Lucien 10/01/2012 09:37


Cet échange m'a évoqué la double articulation du langage : au niveau du phonème, "pa", dans le babil de l'enfant, n'a pas de sens. La répétition, qui marque une intention, une volonté, une
confirmation, un choix, un libre arbitre, fait dire papa à bébé ! Au niveau des images que tu proposes, la répétition m'évoque la filiation ... ou plutôt une in-scription dans une filiation ...

Arthémisia 10/01/2012 18:51



Pour moi, il n'y a aucun doute , il y a filiation entre les deux "pâmées"...Sauf pour ce qui concerne l'origine de la pâmoison!


Pâ- Pâ!



Ren 10/01/2012 08:41


Ou dire  que le goût  est un habitude  culturelle...  c'est bien possible...


 


et dans le cas inverse, quand  on a affaire  à des personnes  qui changent de système (  voir les impressonistes à leur  époque, voir les arts dits dégénérés  sous
le 3è Reich),  c'est se heurter à une vision différente des choses  que celle  admise  comme l'esthétique "convenable de l'époque".


 


Il y a cependant des ponts possibles  ( quand justement  les artistent  d'vanat-garde  de l'époque: les Matisse, les Picasso, et autres), "découvrent  l'art
africain...   Ils sont  confrontés  à une  vision différente de celle  admise  dans les cercles artistiques  européens,


et élever la différence formelle,  l'invention des formes  en esthétique...  ce qui en principe, n'est pas le fonctionnement  des oeuvres  "ethniques", ...  il faut
savoir  cependant que  dans certaines ethnies, lorsqu'il est nécessaire  de sculpter un fétiche utile à la communauté, il est fait un concours de sculpteurs,  parmi les 
créations  est choisie l'oeuvre la plus significative pour incarner l'esprit auquel la statue par exempel doit être reliée...


 


c'est  donc aussi une  histoire de goût.


 


Inversement les oeuvres  qui ne remplissent plus leur fonction sont  remplacées  "déclassées", dira-t-on...  elles  sont  alors  disponibles pour êtres cédées
aux amateurs non-initiés  ( les  européens par exemple)

Arthémisia 10/01/2012 18:43



La remise en cause des habitudes de lecture ne s'est jamais faite sans mal : il a fallu faire accepter ce qui sortait de l'académisme (à voir tt le XIXème) , ou de diktats établis par les
régimes.


Par contre je pense que les apports des cultures étrangères dans la mesure où ils provoquaient de la curiosité avant de déclancher les goûts que l'on sait, ont peut être pu nous arriver avec
moins de mal; ainsi le public de la fin du XIXème était prêt à recevoir la peinture asiatique par exemple qui choquait moins que les oeuvres Art africain ou mélanaisien qui elles
paraissaient brutales pour ne pas dire brutes.


Ensuite le temps et les réinterprétations et introductions de citations puisées dans les cultures étrangères par des artistes comme les expressionnistes ou les cubistes pour ne citer qu'eux n'ont
plus choquer et sont même devenues les paradigmes d'une forme de modernisme!



Jean-Marc 10/01/2012 00:38


Ah le divin Bernin... maître des élégance et prince voluptueux du goût. Bah la Cicciolona, face d'égout ?


Dans les deux figures offertes, yeux mi-clos, cou offert et lèvres entr'ouverts. Figures de la jouissance et de l'extase. Alors, pourquoi l'une serait-elle vénérée et l'autre vilipendée ?


Pourquoi la première serait-elle parangon du sublime quand l'autre serait synonyme de bassesse ?


Affaire de goût... ou air du temps ?


Baisers


 


 

Arthémisia 10/01/2012 18:35



Peut être que le passé des modèles est à prendre en compte?


Peut être que l'origine de l'extase modifie notre perception des oeuvres?


Peut être que le marbre apporte une noblesse que la résine ignore?


...autres temps, autres moeurs?


En tout cas l'art de montrer sait bien ruser pour l'une et user de la citation pour l'autre.


 


Baisers!


A.