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1620 - Le Numéro 1620

Publié le par Arthémisia

 

http://storage.canalblog.com/60/99/119589/26973847_p.jpg

 

 

 

Après les huit heures de cours de la journée, elle s’était glissée sous la couette. Il faisait de nouveau froid en cette fin avril et les élèves étaient de plus en plus indisciplinés. Les sortir visiter l’opéra avait été une pure folie.

 

Elle aurait pu dormir jusqu’au lendemain, mais elle fut réveillée par des coups épouvantables frappés contre la vitre ; un oiseau se trouvait pris au piège entre la fenêtre et les volets qu’elle avait juste écartés et coincés par l’espagnolette. Il se débattait frénétiquement dans cet espace étroit dans lequel il ne pouvait même pas déployer ses ailes, se cognant violemment, affolé, ne sachant plus où trouver la sortie.

Sa danse macabre dessinait des ombres frénétiques sur les murs de la chambre.

 

Elle ne savait quoi faire. Si elle ouvrait la fenêtre, il était évident que l’oiseau allait immédiatement pénétrer dans la pièce.

Elle se sauva lâchement dans le salon, en fermant la porte avec sureté, ne voulant surtout plus entendre les chocs du volatile contre la vitre. Elle espérait qu’il arriva seul à ressortir du piège où il était entré.

 

Quand elle revint dans la chambre après le dîner, l’oiseau reposait sur l’appui de la fenêtre, mort.

Elle poussa son corps dans le vide avec un journal qui traînait sur la table de nuit, et le vit, les ailes étrangement ouvertes, mais le ventre en l’air, atterrir sur le trottoir dans une position indécente.

 

Elle alluma son ordinateur et écrivit l’article numéro 1620 de son blog.

Où était l’indécence ?

 

© Arthémisia – 04-2012

 

 

Avec : Joan MIRO – Personnage et oiseau – 1973

Fondation MIRO - Barcelone

Commenter cet article

Christophe 30/04/2012 22:32


Belle allégorie !

Arthémisia 30/04/2012 22:40



Heureusement que ce n'est que ça!



Cédric 18/04/2012 09:23


 


Merci ! Je ne connaissais pas. Il est si bon d'apprendre des choses.

Arthémisia 18/04/2012 13:14



Il est dommage qu'il ne soit connu que pour son Parfum (très grand livre néanmoins)



Cédric 17/04/2012 21:04


http://www.youtube.com/watch?v=Q8ZpRe8FKZQ&feature=related

Arthémisia 17/04/2012 21:25



J'ai une autre référence très différente en matière de pigeon :


http://www.e-litterature.net/publier2/spip/spip.php?page=article5&id_article=360



marrant 17/04/2012 17:52


j'ai du mal à voir un piaf avec une "position indécente"


tu dois avoir des piafs mutant dans ton quartier, et l'indécence devait être ailleurs


 

Arthémisia 17/04/2012 20:54



Le ventre en l'air, les pattes écartées...!


Mais oui, le geste de l'héroïne était bien plus indécent.



Ren 17/04/2012 15:59


d'où la fragilité de ces  petites  bêtes...  on ne dirait pas, à entendre narrer leurs exploits ( par exemple  au cors des grandes migrations)...


 


et d'un poids si léger (quanfd j'ai voulu secourir, il y a deux  ans  un bébé tourterelle, qui a refusé ( ou ne pouvait pas  s'alimenter)...  ou bien je m'y suis mal pris, ce
qui est le plus probable...


 


mais je prends soin pendant l'hiver  de laisser à l'extérieur, des corps gras... par exemple  du peanut butter ( périmé), laissé par un de nos visiteurs... cela ne répare pas mais
compense  quelque part, nos maladresses...


enfin, j'espère..

Arthémisia 17/04/2012 20:52



Moi aussi, j'ai suspendu des filets contenant du gras et des graines sur mon étendoir à linge et ils ne sont pas du tout effrayés de venir se restaurer alors que je suis installée à moins d'un
mêtre à mon bureau. Surtout des tourterelles et des pigeons.



Suzâme 17/04/2012 15:42


Etait-ce un cauchemar? Avant d'arriver à la fin de ton écrit, je le croyais. Exprimer ce que l'on voit ainsi nous protège de notre émotivité, de notre impuissance. Aurai-je agi autrement alors
que j'ai peur des pattes d'un serin, de l'oeil du hibou, de l'envergure d'un rapace? Tu nous apprends sur nous-mêmes, sur notre comportement. Ne nous jugeons pas mais tentons de nous interroger
sur nos peurs? Bisous. Suzâme

Arthémisia 17/04/2012 20:51



Ce n'est pas un rêve. La première partie est vraiment arrivée hier. Mais l'oiseau a réussi tout seul à s'en sortir. Heureusement car je ne sais pas ce que j'aurai fait. J'ai pensé à Hitchcock et
cela ne me rassurait pas du tout.


Bises


A.



Cédric 17/04/2012 10:30


Avait-il un coeur en bec, comme celui aux ailes déployées en haut de cette page ?

Arthémisia 17/04/2012 20:47



Ce n'était qu'un pigeon. Il a réussi à se sauver tout seul.



Lucien 17/04/2012 07:57


Comme un mauvais rêve, ...  ça -Es, S-  parle ... écoute ...

Arthémisia 17/04/2012 20:55



En partie, seulement. La fin est pure fiction!