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618 - Les conditions d'un échappement*

Publié le par Arthémisia

 

 
 
Chaque matin elle regardait le mur blanc de la salle de bains sur la brillance glacée duquel ses larmes s’allongeaient. Elles atteignaient le carrelage blanc, lui aussi, d’un blanc sans gourmandise, celui de la porte fermée du réfrigérateur, celui de l’assiette vide, celui de l’œil du mort.
Elles étaient obligées d’affronter le carrelage, de le contourner par ses angles, de se glisser le long de ses joints grisâtres. Elles dessinaient alors des repères orthonormés de la géométrie la plus repoussante. C’était celle d’horizontales sans horizon, de verticales plantées jusqu’à l’os.
 
Soudain le sang courrait courbe, dans la baignoire.
Car il faudra bien s’échapper.
Ne serait-ce que mentalement.
 
Copyright © Arthémisia – mars 2008
 
Avec : Jean Pierre RAYNAUD – La Maison
 

Commenter cet article

Ren 20/03/2014 14:05

La clarté du carrelage heurte les murs.
Une lumière stridente chute en cascade des immeubles voisins.
Reflets des vitres rapprochées des bureaux d’affaires.
Intempestive, alors que les murs restent muets.
Vides,
Silencieux.
Sans ouverture.
Et développent leur moisissure.
Indifférents.
Une langue étrangère, opposée au vide .
Le carrelage blanc.
Nettoyé depuis peu.
Il y a pourtant encore des traces de sang dilué, incrustées dans les joints.

-
Il n’y a plus personne ici .

-

RC – mars 2014

Arthémisia 23/03/2014 14:23

Une réponse là-bas.

Ren 23/03/2014 12:20

Je sais...
cet article sur la difficile question du jugement, apporte un éclairage parallèle... http://ericleny.com/2014/03/20/la-difficile-question-du-jugement/

Arthémisia 22/03/2014 20:21

Il faut bien sûr trouver ou retrouver des raisons de ne pas se laisser emporter dans ce choix là.
Parfois elles sont très très minces, tu sais...

Ren 22/03/2014 20:18

Après - mais bon... tu connais mieux "la question"...
les circonstances font qu'on n'envisage que cette extrémité, ( qu'on ne peut envisager qu'elle ....) et qu'on a la possibilité - ou non- d'aller jusqu'au bout de son acte.

Je suppose quand même que beaucoup de ceux qui " en réchappent", ne recommencent pas de sitôt.

Arthémisia 22/03/2014 19:58

Reste à savoir alors si on a le choix?

Ren 22/03/2014 16:00

quand même ,oui... beaucoup que la subir de la part de quelqu'un d'autre.

Arthémisia 22/03/2014 07:43

Se donner la mort, est-ce un choix personnel?

Ren 21/03/2014 20:18

Bien entendu, ... mais cette blessure, cette condition de l'échappement ... subie ou voulue, pourquoi ne serait-elle pas "propre" si c'est justement son "propre choix" ? ( ou alors je me méprends sur le sens...)... -------------- mon texte , quant à lui, a une portée différente :il vise à rendre "propre", ou plutôt invisible une souffrance infligée à autrui, en effaçant les traces de l'existence... ( métaphore de ce que tentent de faire les négationnistes)

Arthémisia 21/03/2014 18:31

On ne peut pas porter toute sa vie les traces rouges d'un tel désastre.

Ren 21/03/2014 16:41

est-ce le but ?

Arthémisia 21/03/2014 09:28

A savoir si un jour on devient propre de soi-même?

Ren 20/03/2014 21:57

alors peut-être que c'est l'inconscient qui a parlé, mais je n'ai fait le rapprochement qu'ensuite ... et d'ailleurs ces temps ci les coïncidences sont assez fréquentes ( où il s'avère que la teneur d'un texte que j'écris, peut se rapprocher de celui de quelqu'un d'autre - sans que j'en aie eu connaissance avant -... mais c'est chouette -- c'est une sorte d'osmose, à distance. Dans le cas des "vertus du nettoyage" - en fait c'est un peu l'inverse de toi.... c'est à dire que les sensations aboutissent par le texte à un effet visuel... et au contraire chez moi, c'est l'effet visuel, qui a guidé la création du texte.--- de l'opposition au carrelage aux murs moisis, il me "manquait quelque chose" ( quelque chose qui justifie cette blancheur, donc le nettoyage.. ) et pour nettoyer quoi dans cette cellule ? - quelque chose veut faire disparaître mais qui s'incruste et résiste malgré tout.

Arthémisia 20/03/2014 20:14

C'est très troublant cette ressemblance de nos textes. Je l'avais lu chez toi mais je saurais le commenter. Ce sont des moments trop durs pour moi.
Merci de venir ainsi vers moi, Ren.

Ren 10/09/2012 17:09


ben tu vois...


 


et même  si ta modestie doit en souffrir,  c'est  quand  même pas  tous les jours  qu'on  lit des
textes  avec un talent évident, et une ambiance que seule  tu sais créer...

Arthémisia 10/09/2012 18:00



Continue, Ren! Tu me fais du bien....



Ren 10/09/2012 16:02


alors  coila  je fréquente  là bas  trois  section:  "révélations poétiques",  qui est d'un très grande  richesse, et où tu as  "ta" section...


http://www.amicalien.com/membres/famillemembres.cfm?FamilleID=801


 


l'art des mots  intéressante aussi, mais que je fréquente moins  ( on ne peut pas être partout, et puis  j'ai moins de réactions  ici que ds  révélations poétiques)


enfin dans  "En attendant la fin du monde"    le post bis de la poésie  que vous  aimez  http://www.amicalien.com/membres/LeForum/f345-t9312064-s1-post-bis-sur-la-poesie-que-vous-aimez-.htm


 


voila Arthie...  bonne  journée à toi





 

Arthémisia 10/09/2012 16:32



Merc Ren! je vois que tu t'occupes de moi !!!!



Ren 10/09/2012 08:36


Je reviens  souvent à ton écriture, et  aux  "conditions  d'un échappement"...


je viens de trouver - toujours  chez  les  papys ;-)  ,ceci...


 


--


 


L’éveil

Je me souviens des noirs matins du soleil...

Seigneur
j'ai vingt ans
Mes yeux aussi ont vingt ans
et cependant ils ne disent rien...

Seigneur
Ma vie s'est consumée en un instant
La dernière innocence s'en est allée
Maintenant c'est jamais pour toujours
ou simplement ce fut...

Comment ne pas me tuer dans un miroir
et disparaître et réapparaître dans la mer
où m'attend un grand bateau
avec toutes ses lumières allumées?

Comment puis-je me sortir les veines
et en faire une échelle
pour fuir à travers la nuit? ...

Mais mes bras veulent encore embrasser le monde
ils n’ont rien appris
il est trop tard....

Alejandra Pizarnik


 


-

Arthémisia 10/09/2012 13:14



Cette  poésie me va très bien notamment l'idée d'utiliser les veines pour en faire une échelle ...de Jacob?


Peux tu me redonner le lien pour aller chez les papys? Merci REn.



Ren 20/05/2012 21:20


Tu sais bien que ce n'est pas  dans un but  "mercantile"...


 


Mais ceux qui aiment  le vraie  écriture, ne vont pas  forcément sur les blogs, c'est  une autre façon de partager que  de créer un 'thème", dont  tu es auteure, et
c'est visiblement apprécié......


 


-

Arthémisia 20/05/2012 21:47



Tu sais bien que je plaisantais!!!!


MERCI +++ REn!



Ren 20/05/2012 10:47


je viens  de transmettre  trois  de tes textes  au forum  "révélations poétiques " , de chez  amicaliens...   dont  ce dernier...


comme  un "sujet"...   je pense  qu'il y aura des réactions,   donc peut-être les tiennes  en tant qu'auteur...


 


en tout cas  si tu visites  cette  ""famille", comme ils disent ici...   il y a foison de textes  de
grande qualité


 


bises  bises 


 


Ren

Arthémisia 20/05/2012 19:30



Merci de faire ma pub, Ren!


 


...après visite sur le site, je m'aperçois que tu fais ma promotion chez les papys ! ...!!!!!



Russalka 02/11/2010 08:56



La froideur du blanc et celle de la géométrie


en effet


un suaire pour la pensée et pour le corps


alors la courbe du sang qui s'échappe


dernier geste de liberté créatrice
Bien vu...



Arthémisia 02/11/2010 09:36



Mal vécu.



saadou 12/03/2010 20:20


je t'embrasse fort


Arthémisia 12/03/2010 21:06



Et moi donc! :0010:



Ut 21/08/2009 14:54

Oui, si tu veux: c'est horriblement beau.

Arthémisia 21/08/2009 21:14





Ut 21/08/2009 11:46

Quelle salle de bains!!!!!Elle lisse le sang; rien n'y peut arrêter le sang des larmes.Ton écriture est très féminine, très ronde; c'est pour ça que tout ce blanc....!C'est beau Arthi. C'est très beau!Baisers bleus.

Arthémisia 21/08/2009 11:50



Ce n'est pas beau. C'est terrible.
Horrible.



vallisneria 31/03/2008 15:57

ne pas oublier Arthi, lorsque l'on est dans le creux de la vaguequ'après, on remonte !

Arthémisia 31/03/2008 20:01



Quand on a encore la force de nager...
Merci de ton amitié, Vallis.
Bises
Arthi



Alex 30/03/2008 21:47

En touts cas Raynaud, lui, c'était un authentique obsessionnel du carrelage ;-)(ça veniat sûrement de ses problèmes en maths, dans l'enfance, qu'il devaient rédigers sur des feuilles à petits carreaux)

Arthémisia 30/03/2008 23:03



Je crois savoir qu'il a commencé par des études d'horticulture et n'était pas très scolaire.



waid 29/03/2008 10:05

ce lieu n'est plus raynaud la detruite ...

Arthémisia 29/03/2008 11:19



Oui, oui. Tu t'imagines bien que je suis au courant!
bisous
Arthi



Amanieu 28/03/2008 21:49

La maison de Jean pierre Raynaud me fait penser à une chanson de Bashung! Encore une oeuvre éphémère...qui se finit en boite. "Imbécile, t'as encore été traîner/Dans le fond des asiles/pour trouver l'amour fou, imbécile", Bergman/Bashung Bise Amanieu

Arthémisia 28/03/2008 23:41



Ce soir, l'idée de sa destruction me convient bien. J'y aurais même participé joyeusement si j'y avais été invitée...
bises
Arthi



Amanieu 28/03/2008 21:22

Précision chirurgicaleClinique du malentenduAu matin vespéralElle s'est mise nue.          Je t'embrasse Amanieu

Arthémisia 28/03/2008 23:39



Le blanc est si cru qu'il tue toute croyance.
bises
ARthi



joruri 28/03/2008 19:39

Le carrelage est froid, mais si facile à casser. Ne te laisse pas rebuter par les apparences, car derrière ce voile, une clarté luit.Moi non plus je n'aime pas ce décor glacé, qui est d'ailleurs superbement réalisé, mais je n'y CROIS pas, je veux dire que ce n'est pas le dernier mot de la (de ta ?) vie.Il faut être têtu !Je t'embrasse. Que demainS te soit un autre jourS !

Arthémisia 28/03/2008 20:08



Merci joruri!
Ton regard positif sur la vie est encourageant.
Je t'embrasse
Arthi



. 28/03/2008 10:53

Je crois que cela dénie massivement les sensations de naissance.

Arthémisia 28/03/2008 12:08



Oui mais ne désespère pas totalement d'un éventuel acquis dans certains cas rares.



. 28/03/2008 10:45

Le monde autour s'aveugle et fait la sourde oreille.

Arthémisia 28/03/2008 10:50



Je crois que parfois cela est inné.



joruri 28/03/2008 10:22

Je t'entends pleurer...

Arthémisia 28/03/2008 10:37



Je sais combien ta voix entend les fracas.



orchis-mauve 28/03/2008 08:30

qui mieux que Jean-Pierre Reynaud pouvait illustrer ton texte douloureux ?Mais ce n'est pas l'échappée que l'on croit... on en revient toujours et le monde autour n'as pas changé, n'a même pas eu connaissance de ce mini-séisme.Bises doucesO.

Arthémisia 28/03/2008 09:51



Le monde autour est aveugle et sourd.



B. 28/03/2008 02:42

Le carrelage est le piège insoupçonné de nos habitudes conventionnelles. Heureusement l’eau est proche, et la libation dissoudra l’asymptote geôlière.

Arthémisia 28/03/2008 06:27



De l'Art de la dispersion, de la dilution...