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676 - Le Jour

Publié le par Arthémisia


Il faudra bien un jour s’éloigner du rivage,
Prendre le chemin de terre blanche, tant vide de son sang,
Courir après l’aurore et ses papiers de chiffres,
S’accrocher aux calculs, et aux listes du temps.

 

Il faudra bien un jour, rejeter les caresses,
Celles que tu m’as données et celles que j’attends,
Oublier la fournaise des nuits de nos paresses,
Et la cendre des matins dans tes mains de géant.

 

Il faudra bien un jour, renoncer à la joie,
Des rêves et des peaux, des tables bousculées,
Des lits parfumés d’or et couronnés de jus,
Des fleurs qu’on ne fait plus que dans les catalogues.

 

Il faudra bien un jour, creuser soi-même sa tombe,
A grands coups de relents et de larmes en boule,
Et apprendre à connaître la gentillesse émise
Par ceux que l’on appelle si banalement les grands.

 

 Il faudra bien un jour trouver la déconvenue,
Celle repoussée mille fois, image après image,
Oter sa robe de bal et dire joyeusement,
Je suis seule, ce n’est pas grave,

Puisque je suis vivante…

 
Copyright © Arthémisia - mai 2008

Avec : Michelangelo PISTOLETTO - Vénus en loques

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gballand 04/06/2008 11:19

je l'entends déjà chanté...Extrait d'une chanson chantée par Léo Ferré qu'un de vos vers a rappelé :Mais doucement passent les joursAdieu, la jeunesse et l'amourLes petit's mômes et les " je t'aime "On laiss' la place et c'est normalChacun son tour d'aller au balFaut pas qu'ça soit toujours aux mêmesLe cœur, ça se dit : corazonEn espagnol dans les tangosEt dans mon cœur, ce mot résonneEt sur le boul'vard, en automneEn passant près du MikadoJe n'm'arrêt' plus, mais je fredonneC'était bath, le temps du tango !

Arthémisia 04/06/2008 12:43



Merci gballand. Je ne connais pas cette chanson pleine d’atroce lucidité.


On se tutoie ?



aliscan 03/06/2008 20:28

La dernière nuit ou le dernier matinle dernier brin de lumièrele dernier sourirela dernière fleurle premier amourle premier banc vertle premier poing dans la gueulele deuxièmele premier baiserle dernierle troisième poing dans la gueuleLe premier mitterrandle deuxièmele troisième, quatrièmele premier chiracle premier chiracle premier Sarkole dernier SarkoLa dernière séance... et mon dernier commentaire, avant le prochain ! 

Arthémisia 03/06/2008 20:56



...que j'attends avec impatience d'autant que l'humour de celui ci me met en appétit



souvienstoi 03/06/2008 15:33

Il  faudra bien   un jour regarder  le dernier crépuscule qui  borde la nuit  pour comprendre la fin d'un rêve .Il  faudra bien toujours  accorder le dernier baiser à cette tentation d'aimer.Il  faudra  bien  un jour accepter ce  corps veillissant même si l'âme demeure appétissante.Il  faudra bien  un jour raisonner cette conscience qui ne se soumet  pas à la sagesse du  temps..... bise  amitié

Arthémisia 03/06/2008 15:36



Ben ça va être dur!!!!!!!!!
Bises
Arthi



Jamais ! 03/06/2008 08:28

"Que jamais la voix de l'enfant en lui ne se taise, qu'elle tombe comme un don du ciel offrant aux mots desséchés l'éclat de son rire, le sel de ses larmes, sa toute-puissante sauvagerie".

Arthémisia 03/06/2008 08:43



Il ne faudra jamais
Dire tout ce qu'on a vécu
Ça ne regarde pas
Les gens du temps qui passent
Ni mes histoires de cœur
Ni mes amours déçues
N'avantageront
Mon reflet dans la glace


Je suis un enfant
Qui marche à pas comptés
Entre des HLM
Et des fleurs en plastique
Entre trois cimetières
Et quatre vérités
En plein cœur d'un présent
Qui va fermer boutique
Il ne faudra jamais dire
Ce qu'on a compris
On l'a fait par hasard
Et sans aucun mérite
Quand j'ai vidé ma poche
Il me reste le prix
De quatre roses rouges
Et d'un cornet de frites

Il ne faudra jamais
Révéler nos secrets
Ça ne regarde pas
Les gens qui nous regardent
Ils viennent d'un pays
Où plus rien n'est sacré
Ils crèvent entre copains
Tant pis, que Dieu les garde

Il ne faudra jamais dire
Qu'on était heureux
Qu'on avait du talent
Qu'on était magnifiques
Que d'un exploit d'huissier
On savait faire du feu
Et que du mal d'amour
On faisait des musiques

Il ne faudra jamais dire
Qu'on était idiots
Qu'on ne savait rien
Mais qu'on vivait quand même
Quand on a dégusté
Sa jeunesse au boulot
Avec la mort qui vient
On peut faire un poème



Serge Reggiani.


Paroles : Bernard Dimey. Musique : François Bernheim


 



orchis-mauve 03/06/2008 08:25

Cette douce et élégante mélancolie, parfumée de sagesse, me plaît et me surprend de A. la passionnée.Bises tendres

Arthémisia 03/06/2008 08:39



Il m'arrive, O., de me surprendre moi même.
A la relecture, surtout...
bisous
A.



B. 03/06/2008 00:53

Il faudra bien un jour se dire cela a été, jusque là cela a été !
Pourvu qu’un écho ne nous enveloppe pas dans la caverne des sans noms et ne nous couvre pas d’amères solitudes...alors on pourra dire encore, jusque là cela a été !
…Mais jusqu’ici, ça va, je t’assure ! Rire.

Arthémisia 03/06/2008 06:58



Je m'en réjouis...pour toi...