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678 - Le Verbe et le vertige

Publié le par Arthémisia


 

Le verbe et le vertige se cachaient sous tes ailes,

Toi l'albatros meurtri au flot des lèvres humides.

Tu troublais mon fouillis plus fort que le galet,

Qui de l'eau fait trembler la surface assaillie.

 

A l'instant de ton ombre ton mot se révéla.

Il accompagne ma nuit d'onyx et de lapis

Et j'y vois resplendir la révolte chtonienne

De mon corps découvrant d'autres vocabulaires.

 

Tu  parles du calice qu'on dévoile au vestiaire,

Des portes que ta main ouvre dans mon roman,

Et écris à la plume  le tremblement du fruit

En transmutant les chairs en infimes portées.

 

Conjugue avec moi cette grammaire ancienne

Qui fait des langues mortes d'ardentes réalités.

Dis mon amour de toi au plus profond mystère :

Je te le réciterai au  delà des clartés.

Copyright © Arthémisia - mai 2008

Avec :  photo copyright © Arthémisia

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Ile 08/06/2008 11:35

Aspiré par tes fonds ! L'air porte le mouvement aux sensations de l'eau, sensations de peau et de ventre. De l'astre du jour aux grondements de la terre. De l'esprit qui couche, avec le corps, sa musique sur le papier de soi. Si belle poésie qui dans tes mots pense la vie.Merci Arthi

Arthémisia 08/06/2008 12:08



Ô combien je la voudrai vivante cette poésie!



merci Ile, de la lire ainsi.



Bises



Arthi







. 07/06/2008 09:51

Forcément.

Arthémisia 07/06/2008 10:19



;-))) !



. 07/06/2008 00:37

Un phare bien sûr ! Je viens juste de réaliser!!

Arthémisia 07/06/2008 09:44



Lumineux?



catherine 05/06/2008 22:37

Certes...

Arthémisia 05/06/2008 22:41



:0070:



catherine 05/06/2008 22:22

C'est un choix tout temporaire!!! Il y a peu, je n'arrétais pas de sangloter sur mon blog (peut-être qu'on ne se connaissait pas encore à cette époque noire) et ça finira par revenir, ces sanglots, pas de doute, je me connais!!

Arthémisia 05/06/2008 22:34



mais on peut aussi lire des choses sombres sans pour autant être soi-même dans une période difficile...et inversement. Il n'y pas de lien de cause à effet.



catherine 05/06/2008 21:42

tes textes d'hier et d'avant hier me parlaient tout autant mais je ne l'avais pas exprimé sauf peut-être dans mes bises d'encouragement.J'ai sans doute ma vision personnelle de la poésie et de sa fonction et je n'aurais pas dû parler de pureté car le mot est mal choisiCe qui n'est pas dicible (avec un c ?) ne se dit pas. Souvent parce qu'il n'arrive pas à se dire ou difficile à avouer, à montrer, à publier... Comment faire alors pour dire quand même?C'est par excellence, selon ma vision, la mission par excellence de la poésie. Elle fait parler les albatros, la nuit, le calice (des références universelles)Ce qui n'est pas dicible peut être du chagrin ou du bonheur (en excés, si si ça existe....)Et la bonne littérature dépend surtout de son auteur (rire).En ce qui me concerne effectivement en ce moment, j'arrête VOLONTAIREMENT ma pensée sur des moments heureux (histoire que cela déteigne un peu sur mon moral)mais de toute façon je suis tranquille parce que je suis encore à des années lumière de la bonne littératureJe me prépare psychologiquement au pire de demain. Je serai courageuse...Rebises ma petite Arthi

Arthémisia 05/06/2008 22:02



Tu me rassures : ainsi c’est par choix que tu te cantonnes dans du
« bonheur » mais tu ne refuses pas le mot « poésie » à des écrits plus sombres.


J’aurai personnellement beaucoup de mal à faire ce choix qui est tout de même très
limitatif, et par lequel je me sentirai frustrée, voire trompée.


Mais je le respecte puisqu’il est tien.


 


Demain…est un autre jour.


Soyons dans le présent.


Bises


Arthi


Ps : dicible…oui oui, avec un c


 


DICIBLE, adj.
Qui peut être dit ou se dire; exprimable. Nous n'avions rien à nous dire qui fût dicible (ARNOUX, Chiffre, 1926, p. 233) :


Tout ce qui est su, chose, cause ou relation, est déterminable,
et par conséquent exprimable et dicible : le je-ne-sais-quoi est quelque chose de déterminable en droit comme tout ce qui est
déterminable.JANKÉLÉVITCH, Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien, 1957, p.
35.


Rem. Dans un cont. philos., on rencontre le subst. correspondant dicibilité. Qualité de ce qui est dicible. L'usage des signes et la dicibilité de l'être
(Philos., Relig., 1957, p. 3804).


 


 


...Toujours dans mon dictionnaire préféré...


http://atilf.atilf.fr/tlf.htm



fbd 05/06/2008 21:41

C'est très beau et très touchant! ah, la beauté des alexandrins dans tout ce vertige féminin, recueilli en volutes de poésie!

Arthémisia 05/06/2008 21:51



Merci Françoise! Tu sais, quand j'écris je ne me dis pas "tiens je vais faire des alexandrins!".
Cela vient comme ci ou comme ça et après, en me relisant (je fais toujours ça car pour moi la poésie s'entend, s'écoute...) je m'aperçois que..eh bien ils ont 12 pieds ou à peu près ...mes fichus
vers !



catherine 05/06/2008 18:10

Bonjour Arthi,Voilà un vrai poème au sens où je l'entends dans sa pureté. La métaphore et les mots sont utilisés pleinement par le poète pour exprimer ce qu'il y a en lui qui n'est pas dissible et qui ne pourrait pas être lu correctement de toute façon. Le poème exprimant de manière universelle une expérience individuelle "parle" seulement à ceux qui ont vécu le même type d'expérience. On en lit très très rarement et pour ma part, je ne pense en avoir écrit qu'un seul, tout au plus deux. Ce n'est pas la première fois que je constate que tu parviens parfaitement à écrire de la poésie....Ayant entendu quelque chose dans ton poéme, je t'embrasse très tendrement!

Arthémisia 05/06/2008 18:37



Tu écris


« une expérience individuelle "parle"
seulement à ceux qui ont vécu le même type d'expérience »


Ceci explique peut-être pourquoi mes textes d’hier et d’avant-hier te
« parlaient » moins. Mais es tu certaines qu’ils étaient moins de la poésie que celui d’aujourd’hui ?


Pas moi…


 


Qu’appelles tu pureté ? Un idéal positif ?


Ne crois tu pas que le poète (je reprends tes mots) puisse aussi utiliser les mots
pour exprimer ce qu’il a en lui qui n’est pas dicible et qui est douloureux ?


 


Peut-être que toi, en ce moment tu as besoin d’arrêter ta pensée sur des états
heureux…Je ne crois pas que cela suffisent à faire de la bonne littérature (comme de la bonne peinture).


 


Rimbaud a son Dormeur du val…


Verlaine ses Sagesses (après tant de poèmes tellement plus olé-olé !)
et Baudelaire écrit son Spleen…pour ne citer qu’eux.


 


Bises


Arthi


Ps : Demain, je crains le pire pour toi…



B. 05/06/2008 16:55

Chez les gens de la terre, mes amis les paysans, oui, les signes de la nature ont vocation à distiller des prémonitions.
Quant’aux hirondelles en cette période, leurs jeux aériens le soir venu est toujours une fête à voir.

Arthémisia 05/06/2008 17:02



Je suis fille du béton et ne sais par lire les présages dans les ailes des oiseaux...quoique...
sourire....



Sylvaine 05/06/2008 12:16

Un verbe ...que je vois comme un rêve en colimaçonUn vertige qui donne des ailes...à Alcyon ?

Arthémisia 05/06/2008 12:54



Belle image mais l'Alcyon ne supporte qu'une mer calme pour se poser et point de
fous tourbillons!



B. 05/06/2008 12:03

Le pair n’est valable que pour les assemblages des hommes…pour le reste le sensible y pourvoit tout aussi bien.
Le voyage a déjà commencé, n’as-tu point vu ?
Le soir les hirondelles volent bas, signe d’un été à venir caliente.

Arthémisia 05/06/2008 12:50



Les hirondelles font l'été?
rires!!!



Ambre 05/06/2008 11:14

j'aime vraiment beaucoup ce poème !c'est quoi la révolte chtonienne ?

Arthémisia 05/06/2008 11:29




Merci....


CHTHONIEN, IENNE, adj.
[En parlant d'êtres mythiques, de divinités] Qui appartient à l'intérieur de la terre, aux enfers. Êtres, monstres chthoniens. Puissances ouraniennes et puissances chthoniennes
(Philos., Relig., 1957, p. 4005).
http://atilf.atilf.fr/tlf.htm (un excellent dictionnaire en
ligne)



. 05/06/2008 09:53

Tu es sûre qu'il n'y a pas un escalier de service dans cette taule ?

Arthémisia 05/06/2008 11:25



Pourquoi, il ne te plait pas celui là ?



orchis-mauve 05/06/2008 09:07

Ce poème me donne le vertige des mots, 'je ne veux pas fire de jeu de mot) c'est une sensation ailée...Tu préfère maintenant l'albatros au condor.... tu as raison, il glisse si bellement sur les eaux en temp^ête.Ton poèle me donne des ailes(je crois que les moteurs en V ont douze cylindres, mais ce n'est pas sûr que B. aie pensé à cela)

Arthémisia 05/06/2008 11:24



L’Albatros me fera toujours penser à Baudelaire, donc au poème. Je le sens beaucoup plus près de moi.


Le condor reste dans ses Andes, intangible, surplombant, distant.


.. .quant au moteur ……pffff ! Pourvu que ça roule ! Je ne suis pas de celles qu’on attrape avec de la
tôle et des chevaux sous le capot !


Et évidement, B. était beaucoup plus dans l’onirisme que ça.



Lung Ta 05/06/2008 08:42

très belle conque en photo ! ;)

Arthémisia 05/06/2008 11:16



Ce n'est qu'un phare..ne te trompe pas!



entité 05/06/2008 08:13

Madame,tres admiratif de cette abstraction vibratoire.La transparence qui se voudrait n'etre qu'intuitive dimensionne une réalité,celle de votre talent.Merci.

Arthémisia 05/06/2008 11:14



Merci à vous, entité, de votre admiration pour ma réalité.



waid 05/06/2008 08:07

vertige de la photo , comme une echelle de jacob inversée

Arthémisia 05/06/2008 11:12



« Il n’y a rien que la maison de Dieu et ceci est la porte du ciel. »  


Génèse  (28 : 11- 19)



B. 05/06/2008 02:17

Le verbe et le vertige…quelle rencontre !
C’est l’audace des « V » à faire vrombir les vacuités.
 

Arthémisia 05/06/2008 06:24



Sauf errreur, j'en ai compté 9 dans mon texte.(N'y en a-t-il pas  un nombre pair dans les moteurs?...)Ne te moque pas : je n'y connais rien en
mécanique  et d'ailleurs je m'en...fiche!


Aile d'hirondelle,
Victoire,
Petit V, fais moi voyager!
C'est bien tout ce que je te demande.