Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

703 - L'Image

Publié le par Arthémisia

 

Je te revois encore, sur la frange de cette plage.

Je ne te connais pas. Ma vie n'est qu'un outrage.

Tu marches lentement, poussant du pied le sable

En gerbes fleurissant des paillettes effaçables.

Je te revois encore, riant avec les mouettes,

En écartant les bras pour cueillir le vent,

Laissant sur ta peau nue courir imparfaite

La pensée d'un amour avec moi estivant.

Je te revois encore courbé vers la marre

Scrutant le coquillage, des marées, survivant,

Et cherchant à point d'heure, accroché sous le phare,

La lumière d'argent venue de mon levant.

Je te revois géant haranguant les dieux mêmes,

Tourné vers l'horizon, et vomissant  tes flancs,

Hurlant au ciel, aux flots, les mots de ton poème,

Toujours lourd et tendu...époustouflant.

Je te revois ce soir, au seuil de mon rêve.

Où seras tu demain ? Peut être encore ici ?

Tu vis et tu dessines en mon ventre un lacis

Que la mer sans détours ramène sur ma grève.

Je te revois jamais et toujours et encore,

Construisant la demeure où j'habite à plein temps,

Je cours après les jours arrogants  de la mort,

Et je cours après toi, l'image de mon néant.

 

Copyright © Arthémisia - Juin 2008

 

Avec : Nicolas de STAËL - Tempête

Commenter cet article

Ren 08/07/2013 08:48

Oui, c'est pourri ces évolutions restrictives, de plus, comme je le conçois l'oeuvre écrite épaule l'oeuvre picturale ou inversement....

tu es sûre de vouloir rester chez over-blog ? y en a quand même d'autres qui fonctionnent de manière + satisfaisante...

Arthémisia 08/07/2013 09:58

Évidemment cela ne me convient pas. Encore plus pour de Staël!!!
http://25.media.tumblr.com/tumblr_mcfyldm0LS1qi9ir5o1_400.jpg
Mais je ne me sens pas le courage de migrer alors je m'arme de patience en attendant des jours meilleurs.

M. 07/07/2013 23:43

Cette course en pleine lumière est éblouissante!!

Arthémisia 09/07/2013 14:07

Ca y est : j'ai réussi!!

Arthémisia 08/07/2013 00:09

Impossible de remettre le de Staël en place : la nouvelle version d'OB ne me permet plus d'intervenir sur mes billets antérieurs au 1100.
GRRRR!!!!!

Arthémisia 07/07/2013 23:54

Cela est si vieux! J'avais presque oublié.
Aujourd'hui chasse hier.

Je vais en profiter pour essayer de remettre le tableau de de Staël qui s'est envolé.

Ren 21/10/2011 19:12



superbe et très touchant,  avec de Staël en plus  que
demander de mieux ?


 


du coup je l'ai inséré dans le nouvel "écrits et
cris"... (j'aime nos enrichissements mutuels)



Arthémisia 22/10/2011 12:20



Eh oui...que demander de mieux....


(merci de m'accueillir chez toi, Ren. Cela me touche bcp.)



joruri 07/07/2008 18:58

"ma vie n'est qu'un outrage..."

ЉЖбљўў !!!

Voilà, moi, ce que je lui dis, à l'outrage !

A mer alors !

Arthémisia 07/07/2008 20:55



Je ne maîtrise pas bien ton langage mais au vu de l'aggressivité de son graphe, il me semble comprendre que ce que tu dis est assez offensant aussi. On ne se
laisse pas faire chez toi, joruri?
Merci d'être dans mon camp : la guerre n'est pas finie....



Mikel 07/07/2008 14:36

"ce qu'il faut, c'est un sommeil bien ivre sur la plage armoricaine" (Rimbaud)Ou la version jeune (et joyeuse) car Rimbaud a écrit ça jeune Ou alors : "la marée je l'ai dans le coeur qui me remonte comme un signe je meurs de ma petite soeur de mon enfant et de mon cygne" (Léo Ferré)Ou la version vieille (et donc triste) car Ferré a écrit ça assez âgéLes références à la mer dans la poésie sont vraiment intéressantes non ?BisesMikel

Arthémisia 07/07/2008 14:46



Pour moi, plus qu'intéressantes! Fabuleuses, géniales, pleines d'ouvertures, sensibles, fortes de tant d'expressivité...capitales...
Merci de nous rappeler, et FERRE et BAUDELAIRE...merci, Mik!!!!
bisous
Arthi



. 07/07/2008 14:21

Tu vas trop loin aujourd'hui. Reviens !

Arthémisia 07/07/2008 14:43



 « Plus haut que l’amour du prochain est l’amour du lointain et du futur : plus haut que l’amour des hommes est l’amour des choses et des
fantômes.


Ce fantôme qui court devant toi, mon frère, il
est plus beau que toi ; pourquoi ne lui donnes tu pas ta chair et tes os ? Mais tu as peur et tu cours te réfugier auprès de ton prochain. »


 


F. NIETZSCHE Ainsi parlait Zarathoustra.


Edt au sans pareil 1993 – p.70-71



o 07/07/2008 09:23

Recherche par Google, Il s'appelle "Tempête" Un peu surprenant... mais la reproduction est peut-être flouebisous

Arthémisia 07/07/2008 14:39



Merci
Juliette. Je n’avais rien trouvé.
bises
A.



catherine 07/07/2008 09:05

Bonjour Arthi,premier jour des "vacances" pour moi.Autant bien commencer, en venant tôt matin lire tes mots joliment agencés parce que le bonheur c'est toujours ici et maintenant et les jours arrogants de la mort peuvent bien attendre....Je t'embrasse et te souhaite une belle semaine

Arthémisia 07/07/2008 14:38



Et hic et nunc ce n'est pas toujours terrible !!!!


Bon début de vacances, Catherine


bises


A.



o 07/07/2008 09:03

magnifique poème, si intense.... il doit figurer dans ton envoi à Dijon.Ma belle poétessebises tendres

Arthémisia 07/07/2008 14:36



C’est prévu !


Merci de ton enthousiasme.


Bises tendres aussi ma bellissima.


A.



joruri 07/07/2008 08:12

Les mouettes, c'est chouette ! :)) (Et aussi les poèts...)

Arthémisia 07/07/2008 14:35



Quand j’étais gamine, mon père m’appelait « miss couette-couette »…


C’était chouette !
Un nouveau blog?...j'y cours!



B. 07/07/2008 00:32

D’un tel néant, le sourire s’amuse volontiers à conjuguer les rives. Et le sable dans le ciel flanche à la mer le bruit sourd mais constant que le ventre écume telle une mouette bercée par le sirocco. A habiter les jours de vide on se bâtit la demeure de nos trop plein. La caresse est si fluide qu’il faudrait la proximité pour étancher l’horizon.

Arthémisia 07/07/2008 14:34




 


Tu as raison, au combien. Cette demeure c'est bien nous qui la
construisons, cet autre caressant hante nos appels. On meurt de soi(f)...


 


 


 


 



michel gonnet 07/07/2008 00:11

Toujours cet Autre sans qui nous ne saurions qui nous sommes. Et pourtant nous demeurons des nomades, des passagers, des étrangers. La folie est bien nécessaire à tout cela. Il se dit même que si le fou persévérait, il finirait par devenir sage? On sait-y ?

Arthémisia 07/07/2008 14:30



Tu me suis...sourire....
Oui, la folie (m')est nécessaire et je n'ai pas envie de m'engluer dans la sagesse.
Le sage, s'il persévére, ne risque-t-il pas lui aussi d'approcher la folie, cette folie qui étouffe, scélérose, anéantit?
Je ne sais pas. Je vis..j'essaie au moins!