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924 - Au Bois de Chaville

Publié le par Arthémisia



Ce jour-là au Bois d'Chaville y avait du muguet
Si ma mémoire est docile c'était au mois d'mai
Au mois d'mai dit le proverbe fais ce qu'il te plaît
On s'est allongés sur l'herbe et c'est c'qu'on a fait
Comm' nous étions sous les branches
Bien dissimulés
Sam'di-Soir et Franc'-Dimanche
N'en n'ont pas parlé
Le lend'main d'cett' aventure
Nous avons ach'té
Un traité d'puériculture
Et d'quoi tricoter.
Tout ça parc' qu'au bois d'Chaville
Y avait du muguet.

Quand je songe aux conséquences de ce jour charmant
Je me sens rempli d'avance d'un très grand tourment
Car par ma faute il va naître un pauvre ingénu
Qui va forcément connaître
Tout c'que j'ai connu
Le pion, l'adjudant d'semaine
Le meilleur ami,
Autant de choses inhumaines
Plus qu'il n'est permis
Et des tas d'choses inutiles
Comm' les traités d'paix
Les savants, les sergents d'ville
Et l'chef du budget.
Tout ça parc' qu'au bois d'Chaville
Y avait du muguet.

On t'apprendra l'cod' civique
Et la probité
Si tu les mets en pratique
Tu s'ras exploité
Par contr' si tu t'en balances
Tu s'ras respecté
Et selon toute évidence
Tu s'ras député
Pour te fair' faire connaissance
De la liberté
Tu seras dès ta naissance
Fin'ment ligoté
Tu pourras souiller ton lange
Afin d' protester
C'est d'mêm'toi, petit anges,
Qui s'ras embêté.
Tout ça parc' qu'au bois d'Chaville
Y avait du muguet.

On t'enverra fair' la guerre
Dans les fantassins
Pour que ceux de la dernière
Soient pas morts pour rien
C'est c'qu'on a dit à mon père
Et c'est c'qu'on m'a dit
Ça r'vient d'façon régulière
Tout comm' les radis.
Voilà mon cher petit homme
Tout ce qui t'attend
Parc' que j'ai croqué la pomme
Un jour de printemps.
C'est peut-être une folie
Mais si tu voyais
Comm' ta maman est jolie
Tu me pardonn'rais
D'avoir été à Chaville
Cueillir du muguet.

 


Chanson de Pierre Destailles


Interprétée notamment par Robert Lamoureux


(info
Fleur bleue !)

 

Merci très très beaucoup pour ce texte, PACO.

 

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bleu virus 03/05/2009 23:14

Un bon résumé de l'existenceque l'on reçoit puis que l'on donnemême si rien ne nous l'ordonne,a part c'est foutues  hormones! C'est bien la nature qui s'adonne à ce jeu d'avenir comme un majordome!et qui commande à tous les hommes:"au signal, croquez dans la pomme!", kises

Arthémisia 03/05/2009 23:22



C'est aussi pour sourire...de notre Nature ...humaine!
Kisses
Arthi



joruri 03/05/2009 23:13

Mince, j'étais dans un monastère perdu dans la montagne ces jours-là...En silence. Pas entendu la (belle ) chanson.

Arthémisia 03/05/2009 23:15



Rires!
et moi cette après midi j'étais dans le massif de la Sainte Baume et j'ai entendu la chanson de la Nature, celle que tu aimes tant...



Anonyme 02/05/2009 10:48

dans l'histoire Marie-Madeleine n'en demandait pas tant.

Arthémisia 02/05/2009 12:47



Les histoires sont ce que chacun y lit.
Comparons ce qui est comparable.



Rita 01/05/2009 19:10

J aime beaucoup ton travail, et blessure rouge en particulier!

Arthémisia 01/05/2009 19:35



Merci Rita.
Moi aussi j'aime bien celui là...composé autour d'un "morceau" d'un poème sublime de Rémy de Gourmont







I







Que tes mains soient bénies, car elles sont impures !
Elles ont des péchés cachés à toutes les jointures ;
Leur peau blanche s'est trempée dans l'odeur âpre des caresses
Secrètes, parmi l'ombre blanche où rampent les caresses,
Et l'opale prisonnière qui se meurt à ton doigt,
C'est le dernier soupir de Jésus sur la croix.







II







Que tes yeux soient bénis, car ils sont homicides !
Ils sont pleins de fantômes et pleins de chrysalides,
Comme dans l'eau fanée, bleue au fond des grottes vertes,
On voit dormir des fleurs qui sont des bêtes vertes,
Et ce douloureux saphir d'amertume et d'effroi,
C'est le dernier regard de Jésus sur la croix.







III







Que tes seins soient bénis, car ils sont sacrilèges !
Ils se sont mis tout nus, comme un printanier florilège,
Fleuri pour la caresse et la moisson des lèvres et des mains,
Fleurs du bord de la route, bonnes à toutes les mains,
Et l'hyacinthe qui rêve là, avec un air triste de roi,
C'est le dernier amour de Jésus sur la croix.







IV







Que ton ventre soit béni, car il est infertile !
Il est beau comme une terre de désolation ; le style
De la herse n'y hersa qu'une glèbe rouge et rebelle,
La fleur mûre n'y sema qu'une graine rebelle,
Et la topaze ardente qui frissonne sur ce palais de joie,
C'est le dernier désir de Jésus sur la croix.







V







Que ta bouche soit bénie, car elle est adultère !
Elle a le goût des roses nouvelles et le goût de la vieille terre,
Elle a sucé les sucs obscurs des fleurs et des roseaux ;
Quand elle parle on entend comme un bruit perfide de roseaux,
Et ce rubis cruel tout sanglant et tout froid,
C'est la dernière blessure de Jésus sur la croix.







VI







Que tes pieds soient bénis, car ils sont déshonnêtes !
Ils ont chaussé les mules des lupanars et des temples en fête,
Ils ont mis leurs talons sourds sur l'épaule des pauvres,
Ils ont marché sur les plus purs, sur les plus doux, sur les plus pauvres,
Et la boucle améthyste qui tend ta jarretière de soie,
C'est le dernier frisson de Jésus sur la croix.







VII







Que ton âme soit bénie, car elle est corrompue !
Fière émeraude tombée sur le pavé des rues,
Son orgueil s'est mêlé aux odeurs de la boue,
Et je viens d'écraser dans la glorieuse boue,
Sur le pavé des rues, qui est un chemin de croix,
La dernière pensée de Jésus sur la croix.



hozan kebo 01/05/2009 11:33

Mugueter, verbe trans., vx. Courtiser, faire le muguet (auprès d'une femme). Il muguette toutes les femmes de son quartier. Il ne fait que mugueter (Ac. 1835-1935). Suspect à Richelieu, ayant eu l'audace de mugueter ses femmes, le lovelace tortu et batailleur fut obligé de s'enfuir (Chateaubr., Rancé, 1844, p. 122). P. métaph. Sur un fond de marbre noir se découpaient des bouquets de fleurs aux couleurs vives, muguetées par des papillons ailés de pierreries (Gautier, Fracasse, 1863, p. 328). − [mygəte], (il) muguette [mygεt]. Att. ds Ac. dep. 1694. Conjug. : v. jeter. − 1res attest. a) 1528 intrans. « faire le galant » ([G. d'Aurigny] Le Cinquante-deuxiesme arrest d'Amours...o a 3 ro), ca 1536 trans. « courtiser (une femme) » (Farce des trois brus ds Rec. gén. des sotties, éd. É. Picot, t. 3, p. 86), [Paris], Cheradame, fb) 1587 « convoiter, chercher à obtenir (un bien) » (La Noue, Discours pol. et milit., XX, p. 432 ds Hug.); de muguet, dés. -er.

Arthémisia 01/05/2009 15:21



Très très joli verbe fleuri à souhait. Je ne manquerai pas de l'utiliser très vite, connaissant bon nombre de messieurs usant
de cette pratique.
Merci de m'instruire, Hozan.



Gérard+fleur+bleue 01/05/2009 08:27

Je me souviens de cette chanson de Pierre Destailles, chantée notamment par Robert Lamoureux (et bien d'autres !)Bisou à toi, Arthi. Gérard

Arthémisia 01/05/2009 09:56



Merci de l'info. Je l'ignorais; Je vais le préciser.
Plein de bonheur pour toi, Gérard.
Bises
Arthi