Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

794 - Naissance en ombres et lumières*

Publié le par Arthémisia

 

Qui avait-il sur ta peau ?

Quelques ombres des jours passés, des jours que tu avais abandonnés parce qu'ils t'avaient abandonné, mais, qui n'étaient pas encore complètement tombés au sol, que tu ne pouvais piétiner, que ton regard en se penchant voyait encore et, qui t'étaient encore accrochés au corps par des hameçons qui rouillaient lentement en ton derme en provoquant chez toi une douleur grave et sourde.

Quelques visages inscrits comme en un linceul  christique, quelques mémoires figurées d'un drame non résolu à l'énigme tranchante, du choix regretté ou trop tard venu, de la retenue et de la bienséance, d'une morale aux yeux acides et de la peur aussi, si blanche et qui vous mange le ventre .

Quelques empreintes de mains cruelles et offensantes, qui ne savaient peser leur effet rémanent, celui qui porte bien plus loin que le coup, du côté du déni de l'autre et de soi-même, celui des destructions intimes, des creux à combler inlassablement pour faire ses preuves, pour être, pour être grand.

Qui avait-il aussi ce jour là sur ta peau ?

Cette clarté presque phosphorescente, ce luxe de lumière, de brillance et de feu, cet éclair adamantin venu de tes profondeurs à ta surface, qu'il creva rageusement, expulsant toutes ses graines de tendresse, de désir et joie, ce rayonnement solaire échappé d'un plexus incontrôlé, cette révélation duale, cette connaissance de toi, de nous.

Cette naissance.

Copyright © Arthémisia - Nov 2008

Avec : Plâtres érotiques - Auguste RODIN
que je tiens aussi à citer : " C'est donc bien toujours de la lumière et de l'ombre que le sculpteur comme l'architecte pétrit et modèle. "
 

Commenter cet article

Gérard 09/11/2008 15:21

Salutl'ombre et la lumière ...jeu incessant d'un present qui se meut equilibre perpetuel ..sur le fil de la vie BisousGérard

Arthémisia 09/11/2008 15:37



Se mouvoir, sortir de l'immobile, du quotidien sale et gluant, qui nous retient d'aller courir sur le fil de l'équilibriste, de nous griser de peur, et
d'arriver de l'autre côté simplement portés par nos désirs de vouloir. Voilà où nous conduisent si nous ouvrons les yeux et l'âme, les pas de nos ombres et de nos lumières.
Bisous
Arthi



catherine 08/11/2008 22:21

C'est très beau !ça me fait un peu penser à quelques mots de Julien Clerc "il faut apprendre à lire sur elle...."Je t'embrasse Arthi. Que la Lumière t'accompagne surtout!

Arthémisia 08/11/2008 22:25



Quelle coïncidence! Je suis justement occupée à extraire des chansons de Juju pour le mettre sur mon MP3!
De laquelle est extraite cette pensée, Catherine?
Lumière sur toi aussi, ma belle.
Mes bises
Arthi



juliette ou O. 08/11/2008 10:54

Pour les sculpures, je trouve qu'elles font plutôt démonstration de gymnastique... mais ton texte splendide comme d'habitude, apporte des nuances à la pensée, aux souvenirs, au regret, à la tendresseBisous

Arthémisia 08/11/2008 20:11



J'aime à croire que la gymnastique de l'ombre et de la lumière ne crée que du beau....



anonyme 07/11/2008 20:30

De grâce...

Arthémisia 07/11/2008 20:49



de divin.



(Rilke) 07/11/2008 18:11

HEURE GRAVE. Qui maintenant pleure quelque part dans le monde Sans raison pleure dans le monde Pleure sur moi Qui maintenant rit quelque part dans la nuit Sans raison rit dans la nuit Rit de moi Qui maintenant marche quelque part dans le monde Sans raison marche dans le monde Vient vers moi Qui maintenant meurt quelque part dans le monde Sans raison meurt dans le monde Me regarde.

Arthémisia 07/11/2008 18:28



Moi peut être aussi fait de légéreté....



anonyme 07/11/2008 16:57

Qui avait-il ou qu'y avait-il ?

Arthémisia 07/11/2008 17:31



Qui?



Jean-Marc Bellot 07/11/2008 13:44

Amusant comme à partir de votre poème, jeu d'ombre et de lumière, nous nous sommes rendus à l'ivresse. De la griserie, nous avons dérivé vers le gris. Qui dit gris, dit granit. Nous sommes là maintenant au bord de gorges profondes. Une masse de pierre enserre le lit d'une rivière. Nous sommes comme le sculpteur face à la pierre. Voyez-vous la main de Rodin s'apprêter à donner forme ? Il part en guerre. Il va lutter avec les forces telluriques. La masse est encore inerte. Il a encore tout le loisir pour faire émerger un drapé, une arabesque en force de sein, une croupe arrondie ou un regard renversé par le désir ou la peur. Sa préférence ira pour le nu, pour des corps qui ferraillent à force de s'enlacer et de se désirer mutuellement. Entend-il le gémissement de plaisir de la roche lorsqu'elle éclate sous ses coups de poinçon ?

Arthémisia 07/11/2008 13:50



Rodin est dans la chair pas dans la pierre.
C'est ce qui rend ses oeuvres si puissantes, si ...lumineuses!
Il fait l'amour avec la matière, la traite comme du vivant. Et de ce fait elle le devient.

Quand aux analogies entre l'ivresse des corps et la sculpture, relis la citation de Rilke qui est en tête de mon blog....



Jean-Marc Bellot 07/11/2008 13:14

Un camaïeu de gris pour que l'ivresse n'en soit que plus excitante. Du la rugosité du gris granit au velouté du gris souris ; l'amour naît dans le tellurique et se déploie comme une perle brillant sous nos yeux d'enfants émerveillés.   

Arthémisia 07/11/2008 13:18



Il y a quelque chose de tellurique, de chtonien même dans les origines de cette naissance, un magma parfois rude et excessivement sinistre.
Et cependant là aussi est le joyau, la joie de l'autre.



FREDERIQUE 07/11/2008 10:20

Bonjour Arthi,Renversant ! Corps et âme en fusion !Frederique

Arthémisia 07/11/2008 12:31



C'est mon souhait le plus profond....
Merci de ta fidélité, Frédérique.
Arthi



.... 07/11/2008 10:02

Lux et umbra sed semper amor

Arthémisia 07/11/2008 12:40



Du plus sombre ou plus lumineux...toutes les valeurs d'une griserie. 


 


 



Jean-Marc Bellot 07/11/2008 09:55

C'est magnifique, Arthi. Cela rappelle qu'un amour se construit toujours sur une part d'ombre, celle laissée par les remords des mots qui ont blessé et les regrets des mots que nous n'avons pas su prononcer en temps voulu. Mais il y a cette part de lumière aussi : celle de la découverte de l'autre, celle, grisante, de la naissance d'un futur inexploré et plein de promesses folles. C'est là la grande victoire de la vie !

Arthémisia 07/11/2008 12:34



Nous arrivons toujours à l'autre chargés de nos hivers. Il ne faut pas les chasser car il sont tels les pierres sombres du bas des murs, des fondations
enfouies, lourdes mais structurantes. Il convient juste de faire qu'après eux la saison de la peau se charge de lumineux éclats.
Oui, de vie!.