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888 - Dans ma maison sous terre

Publié le par Arthémisia

Lu...

Dans ma maison sous terre

Chloé DELAUME

Edition du Seuil - Janvier 2009

 

 "A l'arbre du jardin, elle s'est."
 

De tombe en tombe, Chloé arpente le cimetière  en compagnie de son ami Théophile et y recueille les confidences des morts.

Que cherche-t-elle ? Un territoire pour ses mo(r)ts....

Car Chloé a pour but d'écrire un livre meurtrier, celui qui tuera sa grand-mère qui lui a révélé l'ignoble secret de famille, ce secret  qui lui a fait perdre son identité.

Maman et grand père sont morts.  Chloé est allongée sur eux. Et Papa ?... Sale histoire... Grand-mère est bien vivante, elle !

Pas question pour la petite Chloé de faire dans la dentelle. Elle a le crêpe abject. Il faut que ça saigne, que ça « boyaute », que ça se fissure, que ça meurt. Et vilainement. Pour (mieux) vivre.

Mais qui est Chloé, l'héroïne de ce livre ?

On hésite. On y croit presque. Et non, Chloé, ce n'est pas..... Et pourtant la réthorique est si proche de l'intime. Et on tremble,  après la traversé de l'expérience, de ce parcours si touffu, aux récits cumulés mais unidirectionnels vers la mort, aux récits si strictement ...réels.

L'écriture très travaillée, élégante et rythmée, a dû en être que plus jouissive. La lecture ne l'est pas moins.

De l'humour, aussi parfois... Il faut bien respirer.

La première raison pour laquelle j'ai acheté ce livre va vous sembler bien ridicule : je vous l'avoue, j'ai tout de suite flashé sur le physique très fortement construit de l'écrivain. Mi gothique  mi déjantée, Mademoiselle DELAUME entretient son personnage : chair blanche, œil et carré noirs, ENAURMES lunettes cerclées de noir, bas sombres et filés sous jupe courte...

Son physique et sa vivacité de réponse. Le journaiste qui l'interviewait en perdait le fil de sa pensée.  La demoiselle est déroutante et entretient son mystère, un mystère narcissique et bien sombre que je ne saurais  dévoiler faute d'être certaine d'en avoir compris ne serait-ce qu'une moitié.
Car bien sûr cette mort particulièrement regardée, rôde tout le long du livre en posant la psychanalyse comme une nécessité.  Nécessité de se construire sur l'échiquier des tombes, d'écrire sur la mort pour oublier les tourments de l’abandon et de poser enfin - in fine - sa réalité.

Copyright © Arthémisia - mars 2009

Avec : Piet MONDRIAN - Composition avec lignes  

Commenter cet article

juliette 14/03/2009 18:21

Je ne peux avoir d'avis sans l'avoir lu... mais ce livre semble règler des comptes, cela m'est pénibleBises

Arthémisia 14/03/2009 19:11



Je ne le vois pas comme ça. C'est plutôt une quête identitaire après un énorme traumatisme.
T'inquiète pas, ça finit bien!



joruri 12/03/2009 20:18

J'ai besoin d'une ouverture sur le spirituel, de sentir une issue.L'homme seul enfermé dans la rue, je ne peux même pas finir une ligne. J'ai "lu" Bukowsky. Quelques lignes, avant de le plaindre...Là, je suis sur Walter benjamin, son Baudelaire. Son concept d'"aura" me plait bien.Mais j'en suis à la page un depuis la semaine dernière.je lis plutôt "en quête de la gnose", de Puech, par qu'il y a des choses comme dans les légendes, des "éons", des "archontes", des mots Grecs impossibles.

Arthémisia 12/03/2009 21:02



Ah les Ecrits Français! J'ai lu avec un engouement passionnel ces magnifiques pages de Benjamin sur l'aura, l'unicité de l'oeuvre d'Art,  sa
purgation de toutes valeurs d'usage et la dévalorisation des choses marchandes.
 Cela ne m'étonne pas que tu apprécies ce philosophe.
Page 1? Tu as encore du boulot....!



hozan kebo 12/03/2009 19:49

"Sweet JeeeeeeZ!" comme s''exclamait La shériff enceinte à ras les yeux dans "Fargo" des frères Coen ! qu'est ce cette alerte (en rose qui plus est !) "ceci est une tentative de meurtre" ?????????????ce blog est il piégé ? y a-t-il ça et là des mines anti-personnel qui trainent ? pour joruri : Manbrino a écrit de fort belles pages sur la poésie (notamment dans "Etudes" la revue des ... Jez !!!!!!) JC Renard : je l'ai lu , avez vous lu Richard Brautigan et Charles Bukowsky ?

Arthémisia 12/03/2009 20:53



Aucune mine sur ce blog...même pas la mienne, Hozan.
Je te laisse avec Joruri...J'ai mes armes à astiquer.



joruri 12/03/2009 19:39

Ou "l'alouette ivre de rosée escalade le soleil dans les averses qui ruissellent." jean mambrino.C'est plus mon style de phrase.Ou encore: " Un sol schisté de soleil m'enrose, m'abeille dans le jardin blanc."Jean-claude Renard.

Arthémisia 12/03/2009 19:49



Ce livre n’est pas aussi …rose.


Et certains chapitres font tout de même…. 5 – 6 pages !


Un dernier, court pour l’apéro… :


 


 


 


Roses, poussière


 


 


 


« La mort saisit le vif, les morts veulent hériter des vivants, de tous sans
exceptions. »


Jean – Jacques Schuhl



hozan kebo 12/03/2009 19:31

joruri ! deux lignes ? par jour ? quelle goinfrerie ! une seule , de temps en temps , suffit largement .Essayer celle là par exemple :"longtemps je me suis couché de bonne heure"ou celle ci :"aujourd'hui maman est morte" ou mieux encore"ça a commencé comme ça" *

Arthémisia 12/03/2009 19:40



pas de numéro au chapître mais voilà le texte d'un, page 65 :


 


Rappel


 


 


 


 


 


Ceci est une tentative de meurtre


 


je répète


 


Ceci est une tentative de meurtre.


 



joruri 12/03/2009 18:22

Ah ? Interessant...

Arthémisia 12/03/2009 18:38



Oui, ce n'est pas un livre banal. Enigmatique dans sa forme comme dans son fond, en décalage avec toutes formes d'écritures "traditionnelles"....je ne peux
pas te le dire autrement, ce livre est fichetrement ...vivant!



joruri 12/03/2009 17:37

J'ai du mal à lire. Deux lignes à la suite souvent.Jamais de romans. Ça m'est impossible.Je picore des fragments ici ou là. Au point qu'on ne peut pas vraiment parler de lecture...

Arthémisia 12/03/2009 17:41



Ce livre est étrange. J'ai même du mal à l'appeler "roman" car certains chapîtres très courts ne sont qu'une citation,  ou une phrase. Ca devrait te
plaire.