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951 - Ta peau d'enfant

Publié le par Arthémisia





 

Je nous ai crus tous deux nus. Mais tu avais gardé ta peau.

Tu ne te déshabilles pas comme ça. Le temps a tissé ton costume si serré sur ta chair.

Mes mains, mes ongles, ma bouche, mes dents, n'ont rien pu faire. Acharnés sur ta trame, ils portent les meurtrissures de ton passé.

Emmailloté d'hier, tu es en résistance. Enfant, parmi les enfants.

Devant ton armure, mes armes sont de papier.

Alors, s'en aller...

 

Copyright © Arthémisia - mai 2009

Avec : Pierre BONNARD - Couple et paravent

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fbd 12/06/2009 18:04

A mes yeux cela ressemble plus à une scène de boudoir, d'amour libertin que d'amour romantique… Chacun semble avoir déjà oublié l'autre: elle joue avec ses chats, lui pense à s'habiller

Arthémisia 12/06/2009 21:37



Pour moi,ni libertin,ni romantique: seulement un après qui ne durera pas.



iskander 12/06/2009 06:56

Les êtres humains portent tous une peau de bêtes que rien ne déchire vraiment, ni les élans du coeur, ni les efforts de la raison. La mise à nue est parfois impossible : l'Homme, comme Dorian, craint comme la peste son reflet intérieur. Un très beau texte, merci.

Arthémisia 12/06/2009 07:04



Merci Iskander.
Pourtant je crois que pour certains cette peau extrêmement présente, est leur nécessité de vie. Ils ne le savent pas, ils en souffrent mais ils se sont construits autour d'elle (je devrais plutôt
dire, en elle). Si jamais ils arrivent à en sortir un peu, elles les rappelle: le déshabillage n'a qu'un temps. Un temps de découverte, de joie et de paix. Mais ils courent vite la remettre sur
leur dos, car inconsciemment c'est elle qui les mène, les tient, les fait.



bleu+virus 10/06/2009 00:08

je le crois aussi, noui sommes tellement en surface dans l'échange de parole. Un ami a coutume de dire que c'est seulement lorsqu'on partage des activités concretes avec une personne que l'on commence vraiment à la connaitre,; elle se révèle alors dans ses principes, sa fragilité, ses peurs,  son audace, ...

Arthémisia 10/06/2009 00:10



Tout partage dénude + ou -



bleu+virus 09/06/2009 23:50

oui, aller vers l'autre est toujours un chemin, encore faut il prendre le bon!

Arthémisia 10/06/2009 00:04



Personne ne sait quel est le bon. D'ailleurs sur quel critères se baser quand on ne connaît pas l'autre. Le Bon peut aussi venir de la surprise, de la
découverte...Oh, oui!



bleu+virus 09/06/2009 23:24

... n'en sais rien, pas vécu !!! mais j'espère oh oui j'espère qu'il ya quelque chose à gagner dans la rencontre même sans lendemain: un élargissement, un accomplissement, de la connaissance de l'amour,  ... sinon je m'abstiendrai ... !

Arthémisia 09/06/2009 23:37



Je ne préfère pas parler de gain ou de  perte et ai envie de dire qu'il y a toujours quelque chose à "apprendre" d'une rencontre, quelqu'elle
soit.



bleu+virus 09/06/2009 23:04

On n'est que son enfance tu veux dire ! et tout ce qui se rajoute encore aprés! Le travail est imense pour "se décoller", faire la part de l'éducation  (qui on m'a dit d'être et de l'acquis (qui je suis-je) ou qui ai-je chercher à être (retour à la case départ !) pour enfin peut être un jour être soi .

Arthémisia 09/06/2009 23:13



Tout à fait Virus; Et malheureusement certains traînent derrière eux des choses bien difficiles à oublier.



bleu+virus 09/06/2009 22:59

curieux comme lessentiments évolus à regarder une toile; à présent cette toile m'apparait come une métaphore de l'amour: recrée l'unité perdu et vivre ensuite  la douleur de la séparation. Rien ne dit finalement que leurs attentes ont été déçu (à ce titre l'homme parait plus"fort" peut être moins sensible , ou si tout cela l'atteind il ne le montre pas,  alors qu'elle semble perdu ...!)what is your opinion ?

Arthémisia 09/06/2009 23:05



Je ne crois pas que leur attente ait été déçue mais chacun repart de son côté, lui se rhabille et elle retrouve ses chats. Ce qui a été ne sera plus.
Je ne sais si l'homme parait plus fort. Il est debout et nous offre sa nudité de façon ostentatoire, comme si elle était ordinaire.
Elle plus ramassée, se replie sur elle même.
Cependant aucun ne me semble  plus fort: il est homme et elle est femme, c'est tout. Perdu/gagné? que gagne ou perd-on quand on a fait l'amour et qu'on doit se quitter?



bleu+virus 09/06/2009 22:49

chic j'ai pas faux ! n'empêche ça fou quand même les boules une histoire pareil ...

Arthémisia 09/06/2009 22:51



On est toujours de son enfance, Virus et certaines pèsent sacrément lourd



bleu+virus 09/06/2009 22:36

Apes avoir bien lu tous les commentaires avant d'écrire une c-------! je trouve ce tableau triste,  cela n'a pas fonctionné entre eux (peut être à cause de "la peau d'enfant" ...); de voir une demoiselle si triste aprés s'être offerte me laisse profondement ...hum .... Le paravent comme séparation oui,pourtant je trouve qu'il flotte en arrière plan encore un parfum d'union; union dans le décallage que sont entrain de  vivre  les personnages peut être souligné par une nuance des tons: flou est clair coté féminin, présent est  plutôt foncé coté masculin.

Arthémisia 09/06/2009 22:43



Oui, tu fais une très bonne lecture de l'oeuvre: en arrière plan , donc dans le passé, l'union.
Au premier plan, la coupure du paravent, et l'instant présent, la séparation.



joruri 09/06/2009 19:54

Le peintre est un coquin: c'est un miroir.

Arthémisia 09/06/2009 20:04



BONNARD effectivement aimait les miroirs mais regarde bien: on aperçoit les charnières du paravent!.
Et puis quoiqu'il en soit, l'important c'est bien qu'il y ait un élément plastique au beau milieu du tableau.



joruri 09/06/2009 19:43

La privauté n'est contraire ni à l'amour ni à l'union. Si on voit un paravent, alors en ce temps là il y en avait dans toutes les chambres, et ce n'est peut-être qu'un paravent, et non un symbole...

Arthémisia 09/06/2009 19:47



N'oublie pas qu'il s'agit d'une peinture et que le peintre en choisissant ce cadrage, instaure du sens.



joruri 09/06/2009 15:54

Le plaisir est jusque dans le décor. Dans son nimbe clair-obscur, les soupirs suspendus luisent.

Arthémisia 09/06/2009 15:58



Oui, mais tout à l'heure? demain? Le paravent....



kl loth 09/06/2009 12:10

Une "mauvaise historienne d'art" ?Non, pourquoi ?Ton billet est une approche plus littéraire, subjective. Et à déguster comme telle. Tu écrirais probablement autre chose si tu envisageais de faire l'analyse de ce tableau.Et moi je réagis en fonction de mes propres tics de pensée. Qui valent ce qu'ils valent…

Arthémisia 09/06/2009 12:13



Tu as raison: je n'ai pas écrit  quelque chose de pédagogique.
Ouf!!!! L'honneur et mes élèves sont saufs!



kl loth 09/06/2009 11:45

Oui, c'est vraiment un superbe exemple de ce que par la représentation (peinture, photo…), notamment le choix du point de vue, de la composition, on peut mettre en évidence du sens à partir d'une situation réelle.C'est aussi intéressant de voir ton interprétation subjective, le fait d'avoir choisi un des deux personnages du tableau, pour développer…

Arthémisia 09/06/2009 11:57



...Merci mais  de ce fait je serai une très mauvaise historienne d'Art!!!!

Mais en fait c'est l'inverse qui se produit pratiquement toujours quand j'écris : j'écris et ce n'est qu'après que mon choix va vers telle ou telle oeuvre.
Je n'écris pas d'après une oeuvre; c'est elle qui vient ensuite pour accompagner ma pensée.



kl loth 09/06/2009 11:14

La composition du tableau est très curieuse, osée, avec ce paravant replié, situé juste au milieu de la toile, qui crée une partition de l'espace et une incommunicabilité entre les deux parties. Ça diverge…Très dérangeant, malgré la promesse de la douceur qu'auraient pu apporter la jeune femme et les chats, malgré les charnières au premier plan.

Arthémisia 09/06/2009 11:24



Je suis tout à fait de ton avis: c'est en osant une composition plastique très nouvelle, que BONNARD, par la présence centrale de ce paravent qui devient
lui-même, le sujet de l'oeuvre, nous parle d'un déjà après, d'un qui n'est plus et nous projette dans le temps.
La peinture a ainsi le pouvoir de ne plus s'arrêter à son image mais développe une narration future, celle de la séparation, de la coupure, du partage sombre et géométrique de l'espace jadis
commun et qui déjà ne l'est plus.



bleu+virus 08/06/2009 22:47

... mais trés parlant.

Arthémisia 08/06/2009 22:59



Je crois, oui.



bleu+virus 08/06/2009 22:37

commentaire trés ... laconique !?!?!?!?

Arthémisia 08/06/2009 22:58



désolée....



bleu+virus 08/06/2009 21:39

Il faut parfois du temps pour juste se laisser aller, accepter d'être aimer, laisser pour un moment son armure  de coté et glisser dans les bras d'un être aimé; Je veux prendre pour exemple que lorsque l'on va chez un osteopate, la guérison passe automatiquement par un lacher prise.Plus de résistance, juste un glissement vers ces mains et ses bras qui acceuille notre corps endoloris. Dans une relation de couple  chacun s'applique parfois à tenir un rôle consciement  ou inconsciement et cela pendant des années ce qui ne laisse pas à l'amour véritable beaucoup de chance de se déployer, reste  juste à vivre des sensations physiques. 

Arthémisia 08/06/2009 22:08



Comme je suis d'accord avec toi!....Du temps....



Juliette 08/06/2009 17:21

étonnant ce tableau de Bonnard...Il y a des meurtrissures si profondes que rien ne peut guérir, ni les caresses, ni les ongles acérés de la passion

Arthémisia 08/06/2009 17:27



J'espère que non.



Bifane 08/06/2009 10:32

... ou peut-être le prendre avec son barda, sa misère des jours tristes, ses joies encore vives en partage, comme un livre qu'on aurait de longtemps déjà commencé à écrire, mais où il resterait des pages à remplir encore... Ce serait pas triste un être tellement simple et lisse qu'on le déculotterait sans résistance, qu'on lui pourrait fourrer l'oeil dans l'intrinsèque jusqu'aux tréfonds sans rencontrer aucune faille, aucun bouclier ? Et la peinture... Elle m'évoque les maisons closes, moi... Est-ce que ce pourrait-ce que j'aye l'esprit mal tourné !?

Arthémisia 08/06/2009 17:24



L'enfant derrière sa cuirasse, son armure, n'est pas toujours si simple. Elle cache jusqu'aux  stigmates les plus puissants en rendant l'être
difficile à appréhender et, sous prétexte de le rassurer, l'enferme, l'éloigne et construit une barrière dont il a nécessité pour avancer mais qui le clôt en lui-même.

Maison close? Bof? bof?....
Bien sur l'ambiance rouge mais cela pourrait bien être celle d'un intérieur bourgeois. 
 
Pour moi, il s'agit plutôt de l'évocation d'un moment, de celui où chacun repart vers lui-même, de l'affreux moment où semble se dissoudre le 3ème personnage de l'histoire, cette magnifique
entité issue de l'union des 2 protagonistes. Bien sûr le lieu est important, mais observe-le bien : Il n'est fait que de la barre centrale du tableau, la lame du
paravent  qui nous dit ce retour de chacun en lui-même, l'affreuse coupure, le mur...



"Ta peau d'enfant" 08/06/2009 09:30

Au moyen-âge la main de la dame adoubait le chevalier.

Arthémisia 08/06/2009 09:35



Au moyen-âge....



Gerard 08/06/2009 08:45

Une cuirasse d'écorchée vive...

Arthémisia 08/06/2009 09:19



D'écorché vif...non, pas vraiment...Simplement quelque chose de la souffrance qui se serait accumulée comme un ancien décor fané mais
immuable.