Jeudi 18 juin 2009




 

Abandonnée à sa faim, la bouche  n'a rien reçue. Confiante, elle ne se hâtait pas. Elle laissait le temps.

Mais les voiles de la vérité sont de terribles linceuls dans  lesquels les corps qui meurent  perdent leurs espérances, lardées des sillons du quotidien.

La parole devient lourde, purée coincée au fond du ventre. Plus rien ne peut sortir. Blocus.


Alors quand la farouche lumière des derniers jours cherche le halo de paix, elle ne sait plus accueillir l'inconnu. Même les nécessités s'éteignent. On s'habitue à l'épaisseur du jour, à la croute des heures. Au tic-tac névrotique.

Alors on évite de penser, de se faire des images.


On ne renonce pas ; on est, différemment.


Il n'y a rien à regretter. Tout était prévisible : la fin est dans la lignée de la route. Seule.


On le savait.


Copyright © Arthémisia - juin 2009

Avec : Richard Long - Walking a line in Peru - 1972

 

Par Arthémisia - Publié dans : MES TEXTICULES (oui, oui... les miens!)
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