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978 - Oasis

Publié le par Arthémisia


 

«Il n'y a pas de femme au monde nommée comme moi. Vous savez quels noms ridicules échangent les amants : quelles appellations de chiens et de perruches sont les fruits naturels des intimités charnelles. Les paroles du cœur sont enfantines. Les voix de la chair sont élémentaires. M. Teste, d'ailleurs, pense que l'amour  consiste à pouvoir être bêtes ensemble, - toute licence de niaiserie et de bestialité. Aussi m'appelle-t-il à sa façon. Il me désigne presque toujours selon ce qu'il veut de moi. A soi seul, le nom qu'il me donne me fait entendre d'un mot ce à quoi je m'attende, ou ce qu'il faut que je fasse. Quand ce n'est rien de particulier qu'il désire, il me dit : Être, ou Chose. Et parfois il m'appelle Oasis, ce qui me plait. »


Paul VALERY -  Lettre de Madame Émilie Teste in  Monsieur Teste - Édit. Gallimard - août 2008. p. 46.

 

Avec : Edouard DEBAT - PONSAN - Massage - Scène de hammam

(Musée des Grands Augustins - Toulouse)

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gicerilla 19/07/2009 09:41

Ah, mais quelle clarté des idées, quelle lucidité. Je n'ai jamais lu Paul Valéry mais ses mots là me parlent par leur justesse de vue. Et bien que le sachant, pouvons-nous vraiment nous empêcher de devenir bête dans l'alcôve ?

Arthémisia 19/07/2009 10:01



Peut-être convient-il de nuancer ?


Etre bête en
utilisant des petits noms d’animaux dans l’alcôve, n’est ce  pas aussi  revenir vers l’enfance, assumer notre part de fragilité (ou même de
dépendance ?) voire nous resituer dans des rapports adultes-enfants (mais je ne veux pas faire de psychanalyse). Ce n’est pas à mon sens manquer d’intelligence, mais simplement nier une
certaine part de notre évolution liée à notre âge.Why not?

De la même manière être bête , dans l’alcôve (ce que ce mot a de charmant..) en exerçant une
forme d’animalité dans nos rapports sexuels, tout en nous éloignant de ce qui nous fait « raisonnables » et mûrs, je trouve que c’est aussi assumer nos origines (hello Darwin !)
et, sous couvert du jeu (l’enfance encore ? mais le jeu serait-il uniquement réservé aux moins de 15 ans ?), introduire une fantaisie intelligente .


Pour résumer, jouons et soyons animal ou enfant ou …je ne sais quoi…et pourquoi pas une oasis…Mais surtout,
aimons nous dans le plaisir du partage !



O. 17/07/2009 09:55

je lis toujours trop vite, j'ai vu "à" à la place de "de"!!!!!!

Arthémisia 17/07/2009 09:57



Et tu n'as pas fait que cette erreur là! Va voir tes mails, Juliette: tu me fais beaucoup rire!!!!!!
Bisous joyeux
Arthi



O. 17/07/2009 09:31

Je suis un peu perdue, c'est une femme qui parle, je ne m'en aperçoit qu'à la relecture....être l'"Oasis" d'un homme.... c'estt rès agréable

Arthémisia 17/07/2009 09:44



Oui, c'est Madame TESTE qui écrit au narrateur et lui parle de son mari.

Oasis...c'est un surnom absolument ravissant. Mais c'est Paul VALERY....



O. 17/07/2009 09:27

Ce personnage noir me fait penser à un diable et à des masages donc diaboliques.Valery me surprend par cette "lettre" à lui-mêm peut-on penser. Je n'avais jamais réfléchi à cet aspect du personnage. Mais à l'époque !!!!!!Par eilleurs ce qu'il dit sur les appellations des amants est intéressant et très justeMoi j'ai toujours aimé les mots qui rappellent les "petits chats"Ne le dit à personne

Arthémisia 17/07/2009 09:42



Tu sais très bien que dan sles tableaux orientalistes et même dans la fameuse Olympa de MANET, la femme noire est là pour mettre en valeur la carnation
claire de la femme blanche.

Cette lettre est écrite au narrateur par la femme du héros, Monsieur TESTE.

Les petits chats...hum, hum...n'en dis pas plus...je vois très bien...