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1027 - Derrière le mur

Publié le par Arthémisia



 

Il y avait toujours ce mur, ce mur fin et sans porte. Ce mur blanc, et mou.

Elle avait d’abord cru qu’il était d’eau, de pluie, peut-être de fumée. Mais il était inerte.

Au travers, parfois, elle croyait apercevoir son ombre, son ombre à lui, cerclée dans une mandorle bleuâtre.

Ce mur, jour après jour, se recouvrait de mots, de haut en bas, sagement d’abord, puis très vite dans tous les sens, de mots et de dessins. Papier vain.

 

Aujourd’hui elle sait très bien qui est derrière ce mur. Elle l’entend respirer : un souffle nasillard.

Le mur est fin. Si FIN. 
Surtout ne pas s'y appuyer.

Copyright © Arthémisia – Sept 2009

Avec : Jean Michel  BASQUIAT – Sans titre - 1981

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kalei 05/10/2009 10:22


Derrière le mur... Un mur... vert
Plus mûr, plus dur...
Dur murmure mûr d'un mur encore vert,
derrière le mur...

Bizzz
Kaléi


Arthémisia 05/10/2009 10:26



L'idée d'un mur végétal, d'une haie par dessus laquelle le mot est possible...le mot vert bien sûr!
Bises
Arthi



Renard 30/09/2009 02:58


A t'elle si peur que ça de s'y appuyer pour retrouver celui qu'elle sait être derrière?
Je me le demande...
Bises du mercredi à toi 


Arthémisia 13/10/2009 23:26



Celle qui est derrière n'est pas amie



nora 29/09/2009 11:42


Je suis restée de longues minutes face ton texte. Magnifique! Il a tant de significations, tant de suggéré, d'à peine évoqué.
J'ai dû un jour m'appuyer sur un mur que je croyais solide, que je connais depuis des années. Avant d'y chercher appui, je me suis retournée, il n'y avait qu'un vide extrême.


Arthémisia 13/10/2009 23:25


Il faut toujours méfiance garder devant ces barrières.


Ut 28/09/2009 19:28


Oui, tu as raison.
Il y a plusieurs murs; ou formes de murs... hélas!


Arthémisia 13/10/2009 23:25


des centaines...


Ut 28/09/2009 13:23


http://www.wat.tv/video/harcelement-moral-1hzj7_1j8dv_.html
C'est un discour très fin sur le harcèlement moral au travail.
Ce mur; c'est de ce mur que tu parles. Aussi.
Sauf que pour toi il est plus fin encore, plus urgent de ne pas t'y appuyer, parce qu'il est plus proche.


Arthémisia 28/09/2009 18:56



A nuancer.
Je ne parle pas vraiment de ce harcelèment mais plus de la bêtise, de l'ignorance qui met des barrières sociales entre les hommes.
Le harcèlement moral me parait relever de quelque chose de  pervers, de méchant qui , bien sur est parfois issu de la bêtise, de l'ignorance à évaluer l'autre pour ce qu'il est, en tant
qu'être humain, ceci  en se retranchant derrière des questions de rentabilité, de normalisation, de formatage .



Ut 28/09/2009 12:28


Tu es dure, non?
Tout le monde n'a-t-il pas un p'tit bout d'âme transparente?


Arthémisia 28/09/2009 12:38



Par expérience je peux t'affirmer que non. Au contact de ce(ux) qui les déroute(nt), ce(ux) qu'ils me comprennent pas, de ce(ux) qui ne les
intéresse(nt) pas, ils sont encore plus durs de leur besoin de "rassurance", de leur sureté primitive, de leur fierté arrogante.

Mais,  certes, je suis juge et partie...



Ut 28/09/2009 10:18


Va savoir Arthi... et devant le mur de leur mort???


Arthémisia 28/09/2009 10:25



Devant le mur de leur mort, ils ne traversent pas. Ils tombent comme des rochers, lourds de leur hermétisme.



Semeuse 28/09/2009 09:11


Te v'la dans le mur comme monsieur triste ...En attendant si tu pouvais écrire dessus le nom de cinq femmes écrivain que tu aimes lire, ben voui, c'est un TAG... oups.

Belle journée !! Je fais un petit tour mais je reviens ...


Arthémisia 28/09/2009 09:32



Pas tout à fait dans le mur...disons plutôt devant....

Pour le tag...Oulala!
Il va me falloir réfléchir...
See you soon.



Juliette 28/09/2009 08:57


Il y a beaucoup de mur :
le mur de la honte de triste mémoire
le mur du silence
le mur d'incompréhension
le mur de la vie et de la mort.
De toutes façons ne pas s'y appuyer, tu as raion. Restons dans notre réalité, parfois gaie, parfois  un peu triste, souvent amicale et compréhensive

Bisous


Arthémisia 28/09/2009 09:31



Il est si transparent parfois. Pauvre béquille...



Ut 28/09/2009 08:55


Papier de soie de l'humaine solitude recouverte de mots. La fin est toujours à portée d'âme, mais ne clôt rien: il est une fin en soi... faim...
Ton texte est très beau Arthi. Il ouvre des interprétations très personnelles, et pourtant universelles....
Je t'embrasse doucement.


Arthémisia 28/09/2009 09:29



Je ne sais si cela est vraiment universel : il en est qui n'écrivent pas, ne dessinent pas, ne lisent pas. Eux peuvent s'appuyer sur leurs murs : ils ne sont
que de briques, de parpaings, de ciment.
Et derrière, aucune ombre ne les porte.
Baisers.
Arthi