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354 - Les Chemins qui ne mènent nulle part (5)*

Publié le par Arthémisia

 

 

 
 
 
Chapitre 6 :
La peur
 
            M. avait peur. Et cette peur grandissait au fil des minutes qui se succédaient dans l’immobilité de leur deux corps. Elle avait peur qu’il lui en veuille de ce plaisir solitaire, qu’il ne puisse comprendre la douleur de son ventre en manque de lui, qu’il ne puisse admettre l’urgence, l’impérative urgence du plaisir alors qu’elle savait son retour imminent. Quand son corps l’appelait ainsi, M. le voulait tout de suite. Elle vivait ce besoin telle une adolescente capricieuse, sans délai.
            Et elle avait raison d’avoir peur.
 
             A. détestait qu’elle se touche alors qu’elle était seule.
            Bien sur, lors de certains jeux, il lui était arrivé de lui demander de se livrer à des caresse sur elle-même ; cela l’excitait beaucoup, de la voir se conduire seule à l’orgasme alors que ses yeux le suppliaient toujours vainement de l’aider à y parvenir, mais surtout, il prenait un plaisir sans nom à admirer ce supplice. Il avait l’impression de la tenir en laisse juste avec le regard.
 
            Dans les premiers jours de leur liaison, elle était gênée de cette pratique devant lui, mais elle avait appris – il lui avait appris- à introduire l’attention de A. dans son jeu et elle trouvait désormais un plaisir beaucoup plus grand à le faire devant lui, pour lui.
            Mais A. éprouvait une espèce de colère d’où transpirait toujours de la jalousie quand il percevait que M. avait joué seule avec son sexe. Et c’était le cas ce matin là.
 
Le vent taquin fit encore vaciller la branche, osciller le jonc.
 
Copyright © Arthémisia - avril 2007
 
Illustration : Francis BACON - Table

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ambre 17/05/2007 11:45

bonjour Arthi,
ce que j'adore c'est
"elle avait appris à introduire........;l'attention de A" ;-)
un peu cruel en effet.......;
bisous

Arthémisia 23/05/2007 16:54

Je reconnais de la cruauté dans ce feuilleton...mais ...à trop donner trop vite...est ce qu'on ne lasse pas? L'envie doit s'entretenir,non?
bisous
arthi

Frederique 16/05/2007 12:39

J'espère que dans la vraie vie tu n'auras pas attendu aussi longtemps pour que ton bel appolon veuille bien assouvir ton envie.

Arthémisia 23/05/2007 16:52

Où est la vraie vie, dans ce qu'on écrit ou dans ce qu'on vit?

orchis-mauve 16/05/2007 09:10

Ce cruel A....jouissant du regard et de la tentation qu'il inflige.Lui donnera-t-il enfin ce qu'elle désire tant, LUI Bisous d'attente

Arthémisia 23/05/2007 16:51

Wait and see...